Chroniques
Charles Dollé nous emmène dans une épopée céleste avec Panthère à la fenêtre
- Artiste
- Charles Dollé
- Album
- Panthère à la fenêtre
- Label
- Tricatel
- Sortie
- 25 septembre 2026
Charles Dollé, le compositeur qui chante, a sorti son nouvel album Panthère à la fenêtre le 25 septembre dernier. En onze morceaux, il nous emmène dans une épopée presque cinématographique. Une quête pour trouver sa place et affronter le monde avec douceur.

Un album qui se vit comme un film
Commençons par le commencement. Et posons le contexte. Avec ce nouvel album, Charles Dollé nous emporte dans une aventure cinématographique. Car oui, apparemment il lui suffit d’assembler les sonorités pour nous faire voyager à travers l’univers. Sans jamais avoir besoin d’un quelconque élément visuel.
Les ambiances sonores varient, montent et descendent au gré des morceaux. Parfois enfantines et rigolotes dans Tout seul ensemble ; parfois orchestrales et puissantes dans Maïa ou Faux Départ. On passe de bruitages aux airs d’effets spéciaux à des choeurs enveloppants, comme si l’on suivait une histoire.
Pour finir, on laisse carrément tomber les paroles avec, ironiquement, Conversation. On se concentre alors sur la musique et les émotions qu’elle peut nous faire ressentir. Pour nous transporter une dernière fois.
On se sent enveloppé dans cette savante juxtaposition de sons qui offre un ensemble final digne de l’aventure que l’on vient de traverser. C’est doux, apaisant et optimiste. Comme la fin d’un film qui nous offre un happy end.
Sous les métaphores célestes, une réflexion sur notre place dans le monde
Nous voilà donc dans un film. Super, mais quel genre ? Un thème se dégage largement dans cette expérimentation musicale : l’univers et son immensité. A grands coups de métaphores célestes, c’est tout le champ lexical de l’espace qui y passe. Déjà avec Maïa, on part dans les étoiles, au contact des « supernovas ».
Mais ne vous y trompez pas. Ce n’est pas parce qu’on est en apesanteur qu’il s’agit d’un film de science-fiction. On laisse Spock au placard. Ici, c’est un drame qui se joue. Celui de trouver sa place dans un univers si grand, quand la route semble toute tracée.
Dans Les yeux mimosa, l’auteur questionne le fait de traverser l’existence sans se poser de question. Arguant que « vivre une vie sans enjeux » n’est peut-être pas la meilleure manière de « vivre heureux ». Sans jamais lâcher les jeux de mots galactiques « Dans ta tête c’est le big bang ». Avec Marmite, il confirme cette vérité qui est au centre. Il faut ressentir chaque émotion pour avancer : « les goûts amers sont les plus forts ».
Et si parfois, cette quête est trop lourde à porter, on peut toujours se réfugier dans un monde imaginaire. Celui de nos écrans, attrapés dès que le réveil sonne : « pixel bleu dans le ciel, je glisse dans monde virtuel ». Une douce critique de notre surconsommation des écrans qu’il signe avec Gaétan Nonchalant sur Tout seul ensemble. On peut aussi fuir ses pensées comme nous le propose Pause : « je veux voir le monde en pause pour quelques secondes ».
Une épopée où l’on apprend à avancer ensemble
La grande quête finalement, c’est d’affronter ce monde à la fois fascinant et terrifiant. Charles Dollé nous propose d’y arriver. Mais pas seul.
Promesse, c’est l’histoire d’amour. Une déclaration lors de laquelle la musique semble prendre le pas. Comme si les sentiments étaient finalement plus forts que les mots. Même sans savoir ce que le futur nous réserve, car après tout « C’est l’univers nous deux ». Mais tout n’a finalement pas besoin d’être si sérieux. L’album sait aussi nous faire danser sur un rythme entraînant. Avec Stroboscope, c’est le rassemblement qui prime, avec « quelques zigzags entre des corps ».
Charles Dollé nous livre donc une véritable aventure aux confins de l’univers. Celui qui nous entoure, mais aussi celui à l’intérieur de nous. Les instrumentales nous donnent l’impression d’être le personnage d’un film qui se balade dans le ciel, parmi les étoiles. Tandis que les paroles abordent des questionnements universels, jonchés de jeux de mots et autres métaphores. Difficile de ne pas se sentir apaisé après avoir écouté cet album. Et un point bonus si vous l’écoutez sous les étoiles.
Pour en savoir plus sur les influences musicales du chanteur, n’hésitez pas à aller découvrir son ADN musical !
Crédit photo : Jauris Bardoux