Chroniques
chest. présente son premier éclat : Happy, Broken
- Artiste
- chest.
- Album
- Happy, Broken
- Label
- Howlin Banana, Exag Records, A Tant Rêver du Roi
- Sortie
- 16 octobre 2026

Le quintet chest., se définissant par un post-punk incarné et explosif, revient mettre de la chaleur dans notre rentrée. Après un premier EP, All Good Things End, sorti en 2025 et salué par la critique, dévoilait déjà un potentiel abrasif pour les cinq parisiens. Cet automne, chest. présente son tout premier album : Happy, Broken. D’autres horizons et influences se révèlent, propulsant le groupe parmi les groupes incontournables de la scène rock émergente.

Happy, Broken, est entièrement auto-produit par le groupe, fort de 3 ingés-son dans son line-up (ça aide!). Le noise-rock de All Good Things End est bien toujours présent, mais le groupe a décidé de passer à la vitesse supérieure. Davantage d’expérimentations shoegaze et même électro/techno ! De quoi surprendre, avec ambition et justesse.
L’aventure débute avec Everyone Learns To Leave Quietly, qui fait mine de démarrer calmement, sur une voix traînante et mélancolique. Puis des notes saturées font leur apparition, avant de laisser place à la batterie et à l’explosion du refrain.
Stop
And I’m looking for another life
I’m waiting for this love to die
Les frissons montent au fur et à mesure du morceau, pour une entrée en matière grisante !
Lotus Eater prend la relève, et on retrouve le punk originel du groupe, mélangé à des effets et nappes électroniques. Le groupe y aborde cette addiction frénétique à la fête, à la fuite dans les excès, au silence assourdissant d’un lit vide.
Mélange de punk, rock et d’indus, Cor propose également un refrain presque aérien. Un des titres qui met le plus l’accent sur cette expérimentation souhaitée et la liberté totale dans la composition de chest. Une cavalcade de guitares et voix enveloppantes viennent clôturer ce titre explosif.
Nous avions parlé de Otto dans une précédente sélection des clips… Probablement un des meilleurs titres de l’album, chest y tourne en dérision cette course à la masculinité.
When you stand your ground
It’s coming down
When you wanna be
The man, the man
chest joue beaucoup sur les pauses, les silences et interludes, pour mieux apprécier les explosions de guitares et de voix, donnant du rythme à son album.
Le seul titre qui vient démentir mes lignes précédentes est Half Step//Full Step. Allant crescendo dans son intensité, il vient marquer la moitié du chemin. Telle une rage qui monte, des mots qui s’envolent trop vite, des regrets. Puis la voix prend le dessus, prend tout l’espace.
Débutant presque comme un titre techno, Raincheck surprend par sa voix modulée, sa boucle électronique. Mais le naturel revient au galop et le punk-rock revient rapidement, le morceau prend alors une tournure live saisissante. Taillé pour être joué en concert et pogoter dessus, Raincheck est l’un des titres les plus intenses de Happy, Broken.
Roger Roger prend la relève, et vient installer une tension palpable, bondissante, qui donne envie de ne pas toucher terre. Les guitares incisives donnent la réplique à un chant mélodieux sur le refrain, et se taisent sur les couplets, où la batterie donne l’impulsion. Les paroles explorent les relations familiales, leurs contradictions et leur toxicité, parfois.
L’ambiance ne faiblit pas sur Entertainment, qui rappelera certains morceaux des Fontaines DC ou encore de Turnstile. La tension ne fera que grandir, la rage face à la perfection attendue, aux codes à respecter, aux cases à cocher.
I’m sorry, it’s all gone
It’s not all
This is all I want from life
Entertainment all the time
De l’”entertainment”, chest. nous en donne à foison : refrains récités tel un mantra, guitares tantôt acérées tantôt reposées quand vient le bridge. Le bouquet final est presque cinématographique, haut en couleurs.
On bascule quelques instants dans un titre empruntant les codes du shoegaze et du hard-rock, pour en faire une bombe explosive ! Again joue avec l’intensité et les décibels tout du long, installant ce genre de malaise et d’inconfort addictif. Le talent de chest. dans ce morceau est indiscutable : ils réussissent à la fois à former un morceau percutant, mélangeant des styles pourtant différents, tout en imbriquant une mélodie et des paroles qui résonnent.
La pépite shoegaze qui vient mettre le point final de Happy, Broken s’appelle I’m Proud. Des percussions légères et régulières nous bercent jusqu’en moitié de morceau, accompagnées d’un chant aérien.
You’re speaking slow
My lifes in the sink
I’ve hit a new low
Puis, comme les parisiens nous y ont habitués, la seconde moitié du titre bascule dans un autre univers, jouant à nouveau à nous surprendre. Ce dernier titre est assez triptyque et mystérieux, nous poussant à imaginer et visualiser un univers, des couleurs, derrière la mélodie. Finalement, I’m Proud et ainsi Happy, Broken se termine, dans un écho.
Pour un premier long format, chest. place la barre haut ! La formation n’a pas peur d’expérimenter et d’assumer un rock sans cesse aux frontières des genres. Les cinq parisiens ont désormais toutes les cartes en main pour déployer leur musique en France et à l’étranger, où l’on commence déjà à beaucoup parler d’eux. Happy, Broken, est sorti le 16 octobre sur Howlin' Banana, Exag Records et A Tant Rever du Roi.
Pochette : Artwork de Ludivine Pommet