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comment debord : "On a décidé de peser plus fort sur le bouton danse, disco, funk"

Crédits photo : Juliette Devie

Aujourd’hui sort « DES FOIS DANSER », le troisième album du groupe comment debord. Des chansons qui groovent encore plus que sur les opus précédents, une invitation à la danse et au lâcher-prise. On a rencontré Rémi, Karolane, Étienne et Willis cet été pour parler de cette nouvelle sortie qui devrait ravir vos oreilles.

La Face B : Comment ça va?

Rémi : Ça va super bien !  On est vraiment en mode pré-sortie, donc très excités. On a des tounes dans la tête et on ne les a pas encore vraiment partagées, donc l’excitation grandit de jour en jour.

La Face B : Comment vous envisagez le passage entre le dernier album, qui vous a fait tourner partout au Québec, et ce troisième album-là?

Karolane : On espère qu’on va continuer dans la même lignée, qu’on va continuer à faire des spectacles. On aimerait aussi agrandir un peu notre public, aller jouer en France, en Belgique…

Étienne : Il y a une équipe qui travaille là-dessus, et nous on est prêts. Notre prochain album est aussi axé sur le groove, la danse. Des gens nous ont dit que ça allait peut-être mieux fonctionner en Europe que nos albums précédents, qui avaient des trucs groovés, mais qui étaient quand même plus chanson, parfois folk. 

Rémi : Je me fais constamment écrire sur les réseaux sociaux : « Est-ce que vous allez venir en Europe ? ». Tout ça pour dire que c’est excitant de sortir un troisième album, et on sait qu’il va y avoir une sortie en Europe aussi. C’est le fun de se dire que ça va être notre premier album qui sort des deux côtés de l’océan. On est très, très, très excités de faire la transition. C’est toujours un moment magique de jouer de nouvelles tounes en spectacle. On a tourné beaucoup, beaucoup au Québec, comme tu dis, et à un moment donné, on les connaît, nos chansons. C’est le fun de toucher à du nouveau matériel et de partager ce moment magique-là avec le public.

Karolane : Ça va être nouveau pour le public, mais aussi pour nous. C’est comme ça, les nouveaux spectacles, les nouveaux albums : c’est excitant. En espérant que le public français va aimer notre groupe !

La Face B : Vous dites que l’album était moins folk, mais il y a une touche plus jazz, et encore plus de groove que sur l’opus précédent. Est-ce que toute l’expérience du live a eu un impact sur la manière dont vous avez composé cet album-là ?

Rémi : Oui, définitivement. La première chose, c’est un constat : une des influences communes qu’on a toujours, c’est les groupes de disco et de funk des années 70. Quand tu mets un spectacle en scène, c’est complètement différent de faire un album. Il faut gérer l’énergie, le pacing, l’ordre des chansons.

Pour le premier et le deuxième album, dans les sections du show où ça dansait un peu plus, on était comme contaminés par les dieux de la danse (rires) et c’est difficile de revenir de ça et de ne pas être touché par cette énergie super positive, parce que ça concrétisait vraiment notre lien avec le public. On fait parfois des gros festivals ou des grosses salles, mais même dans les plus petites salles un peu partout au Québec, à la fin du show, le monde se levait et venait danser en avant, donc on a pris l’habitude d’inviter les gens, et les gens viennent. D’avoir vécu ça en tournée, ça nous a donné naturellement le goût d’aller vers quelque chose qui invite à la danse et la fête et de se dire : « Hey, et si on composait un album fait sur mesure pour le tourner en festival, sur scène? ». D’avoir tourné autant, ça nous a aidés humainement et musicalement.

Willis : Je pense aussi que les autres membres se sont de plus en plus impliqués dans la composition à chaque album. Sur le premier, c’était vraiment Rémi qui avait écrit les accords pis les textes. Sur le deuxième, tranquillement, un pied vers une composition plus partagée, et là sur le troisième, on s’est vraiment impliqués plus comme band. Je pense que ça a influencé le son.

Rémi : Oui, et il y a beaucoup de monde dans le band qui a étudié en jazz.

La Face B : L’aspect jazz se sent vraiment bien, mais j’ai aussi l’impression qu’il y a eu une grande place pour jammer.

Rémi : Oui, encore plus assumé.

La Face B : Est-ce que ça s’est vraiment passé comme ça en studio ? 

Karolane : En fait, sur cet album-là, il y a plus de chansons qui n’étaient même pas terminées. On a décidé d’aller en studio quand même pour les travailler. Certaines ne sonnaient pas du tout comme ça en démo. En les enregistrant, on a réalisé que ça ne fonctionnait pas, et on a changé plein de choses. Tous nos albums, on les a enregistrés sur du tape, en live, parce qu’on voulait garder cet aspect-là. C’est pour ça qu’on entend quand même un côté jam : on l’a vraiment fait comme ça en studio.

Rémi : Maintenant que j’y pense, contrairement aux autres albums, on avait fait une préproduction plus tôt dans le processus. Les tounes n’étaient pas nécessairement très avancées, mais on avait déjà commencé à les enregistrer sous forme de maquettes, dans un studio. On a pu jouer avec le matériel, le développement et la composition étaient un peu plus imbriqués l’un dans l’autre. Souvent, on commençait à travailler les morceaux sans que les textes soient terminés, alors que les premiers albums étaient vraiment conçus comme des chansons, avec une musique qui les supporte. Là, ça s’est fait un peu à l’inverse. Il y a eu beaucoup d’allers-retours entre la composition et le jam. Une chanson, ça ne se fait pas juste comme ça : ça se fait souvent sur plusieurs semaines, plusieurs mois, avec plusieurs versions. Là, il y a eu des allers-retours entre le moment où on jammait, la co-composition entre les musiciens, et moi qui m’occupe des textes. Ça s’est fait de manière plus organique. Du moins, il n’y avait pas de hiérarchie, j’ai l’impression.

Karolane : C’est vrai. On se fait de plus en plus confiance avec le temps. Ça fait depuis 2017 que je suis dans le groupe, et c’est la force de travailler ensemble : on se fait confiance dans le processus. Au début, je me rappelle que Rémi, dans les premiers albums, n’arrivait pas avec une chanson s’il n’avait pas terminé les paroles. Je pense que ça le gênait mais maintenant il essaie des choses avec nous.

Rémi : Des fois, j’ai juste l’idée d’un thème, d’une mélodie de voix ou d’un bout de parole qui revient, et après, on travaille par section. On apprend à se connaître dans le band. Tu fais de la tournée, tu es tout le temps en show, tu es assis dans un camion, tu fais le tour du Québec, c’est beaucoup de kilométrage. Puis tu peux pratiquer comme tu veux dans un local de répétition, mais arriver sur scène, c’est une autre affaire. Il y a une autre énergie, des imprévus : une guitare qui lâche, un ampli qui grésille, quelqu’un qui est moins dans son affaire. On laisse de la place pour l’impro dans notre spectacle. Plus ça va, plus on apprend à se connaître comme musiciens et à s’entendre. Notre musique est basée sur le groove : on veut qu’il y ait de l’espace, de l’air, mais pour que ça groove, il faut quand même être précis, et surtout être à l’écoute, pour que chaque petite note réponde à l’autre. Dans l’ensemble, ça bouge, il y a quelque chose qui respire, un cœur qui bat ensemble.

Karolane : Mais en se gardant du lousse.

Rémi : Il faut être beaucoup à l’écoute, et se connaître beaucoup pour être capable de faire cette espèce de chorégraphie-là ensemble.

Karolane : Ça me fait penser à un dernier point. Tu parlais du fait qu’on a beaucoup tourné et passé beaucoup de temps dans la van, mais avant chaque spectacle, on fait des tests de son, et il y a bien des chansons qui ont été travaillées dans ce contexte-là. On n’a presque pas jammé l’album, on a surtout fait des tests de son.

Étienne : Individuellement, comme musiciens, on est plus vieux, on a plus d’expérience, et en tant que groupe, c’est aussi beaucoup amélioré. On a moins besoin de se parler : on connaît plus notre son, notre direction, on ne fait plus les choses tout seul. On est confiants, on arrive en studio et on sait. Avant, ça nous aurait angoissés, on se serait chicanés, mais là, même quand on part dans une direction pas prévue, il y en a un qui dit « c’est correct ». Finalement, tout le monde l’écoute, et c’était sûr qu’il fallait aller là.

Karolane : Notre son, c’est quand même nous individuellement : on n’essaie pas de se détacher de qui on est. À force de travailler ensemble, on a compris quelle partie de nous fonctionnait avec l’écoute.

Rémi : On est peut-être un peu plus intuitifs, on fait plus confiance à notre intuition. Quand elle nous amène quelque part, comme là, où on a décidé de peser plus fort sur le bouton danse, disco, funk, on se dit : « OK, allons-y. » On ne l’avait pas exploré à fond. On avait déjà une ou deux tounes plus dansantes sur chaque album, et là on s’est dit : « Allez hop, on se fait confiance, on essaie cette patente-là, puis on verra où ça nous mène. » Mais c’est sûr qu’on a hâte de le faire en spectacle, parce que c’est un peu ça, la démarche.

La Face B : Justement, sur le fait d’essayer des trucs, il y a une chanson qui m’a plus surprise que les autres, c’est « redoux ».. Est-ce que toute cette expérience-là, et le fait d’avoir eu un succès auprès du public, vous donne plus de liberté pour tester de nouvelles choses et aller peut-être là où on ne vous attend pas ?

Étienne  : Cette toune-là, c’est Willis qui l’a composée. Pas les textes, mais une partie de la mélodie, des idées, ça venait vraiment de lui. C’est lui qui la chante d’ailleurs. Je me rappelle, au début le monde était comme : « Ah mais c’est-tu comment debord ? » Il y avait des réticences dans le band. Et finalement on l’a mise, et le monde trippe sur cette toune-là. Ça nous a fait comprendre que même si Willis compose un peu différemment de nous, avec les mots de Rémi et tous les autres membres, ça va finir par sonner comme du comment debord.

Karolane : Parce que quand tu écoutes la démo de Willis, c’est pas du tout la même chose (rires)

Willis : Je trouvais que c’était un bon fit. Avec les années, comme je suis le dernier membre arrivé, c’était dur de prendre ma place. Je prends mon temps de me sentir confortable de partager, de proposer des choses. Même de montrer cette toune-là, j’avais un peu peur que le monde n’aime pas, et finalement, ils l’ont aimée. J’espère que le monde l’aime.

Rémi : J’ai vraiment hâte de la jouer. Pour moi, c’est une toune très Yacht Rock, de la musique groovy, fin des années 70, 80.  Je pense qu’on a la chance de pouvoir se permettre ça. Dès le début, on piochait dans plein d’influences. Il y a clairement quelque chose de cohérent, mais ça fait partie de la cohérence d’avoir des influences diverses. Au début, on était peut-être insécures par rapport à ça, mais maintenant, on assume que c’est ça, et que le monde aime ça aussi pour ça. Les gens aiment voir un groupe avec plein de monde, plein de visages. On est des êtres humains différents, donc ça amène ça à un groupe. C’est ça qui est beau, c’est ça qui est intéressant.

La Face B : Pour cet album-là, est-ce que vous avez des albums ou des artistes qui vous ont marqués ?

Rémi : C’est clairement une référence dont on parle tout le temps : Nile Rodgers, qui est producteur et guitariste. Il a produit Sister Sledge, un band qu’on adore, il a touché à plein de hits dance des années 70-80, et même encore maintenant, comme avec Daft Punk par exemple. Ça demeure une influence majeure. Après, il y en a plein d’autres. Je suis un gros fan de Gwen Guthrie, une chanteuse de disco, disco-funk de ces années-là. 

Étienne : Ça, c’est plus pour la forme disco, mais on a aussi un band vraiment fort pour l’aspect funk : The Meters et Allen Toussaint. Ça revient tout le temps.

Karolane : Il y a The Band aussi.

Étienne : Les Meters, The Band, toute la gang de Chic : ce sont les mêmes gens qui gravitent autour de plusieurs albums. Une constellation de musiciens qui se rencontrent. 

Willis : Moi, je ne pense pas que j’ai les mêmes influences que vous. Moi, c’est The Beatles, des artistes jazz, des pianistes comme Oscar Peterson. 

Rémi  : Stevie Wonder!

Karolane :  Quand Willis fait du karaoké, il chante du Stevie Wonder… 

Étienne : C’est intéressant, parce que tu ne penses pas à tes influences, mais même dans ton langage, tu es influencé par tout ce que tu entends, par ce que tu lis. Ça fait partie de ta culture, des gens qui sont autour de toi. Tu ne penses pas nécessairement à tes influences, mais quand tu écris ou quand tu parles, c’est la même chose en musique : à un moment donné, tu as ta propre sensibilité. Quand tu écoutes The Beatles, tu es comme « oh my god », le songwriting et tout. Quand tu écoutes Stevie Wonder, c’est les grooves. Ça t’influence sans le savoir.

La Face B : Dans votre musique d’ailleurs, le texte a quand même une grande place malgré toutes les influences musicales qui la traversent. Comment vous arrivez à faire sonner ça ? Pourquoi c’est important pour vous de faire de la chanson francophone avec tout ce matériel là ? 

Rémi : Le projet, à la base, était plus vu comme des chansons. Les textes ont toujours été importants. Le contexte québécois fait que, malheureusement, c’est encore un statement de chanter en français au Québec.

Karolane : Dans notre langue, avec notre accent.

Rémi : C’est ça, dans notre langue, avec notre accent, nos mots, nos expressions. J’ai l’impression que quand un artiste arrive à faire ça, il y a une sincérité qui n’est égalable d’aucune autre manière. Donc d’avoir une poésie qui nous ressemble, puis le mariage avec une musique où il y a une instrumentation avec beaucoup de monde, une musique qui bouge, ce n’est pas si contre-intuitif que ça. Il n’y a rien de plus puissant que d’être sur un dancefloor, dans un mix de house ou de disco, d’entendre des mots répétés qui deviennent une espèce de mantra. Il y a une force, quelque chose d’accrocheur dans ces mots-là, et de touchant en plus. Si tu arrives à accoupler une musique qui danse, qui a de l’énergie, avec des mots qui touchent, nous autres, merci bonsoir, notre travail est fait. C’est ça qu’on essaie de faire. 

Étienne : Je trouve aussi que t’as développé (Rémi) ta manière d’écrire, une poésie propre, avec une singularité dans ton approche. Ça aide : musicalement, on peut aller un peu partout, mais comme il y a toujours ce trait commun dans les textes, ça crée une cohésion à travers le manque de cohésion musicale qu’on peut avoir.

Karolane  : C’est le fil conducteur, c’est la langue québécoise.

Étienne : Je le pense vraiment, ça change tout. Si on écoutait juste les démos de nos albums, surtout les deux premiers, ça pourrait aller dans toutes les directions, ça pourrait quand même être deux ou trois bands différents des fois. Quand tu mets le texte, d’un coup, c’est comme : « Ah ben non, c’est un band. » Mais ça, c’est mon opinion : il y a des gens qui n’écoutent pas tant que ça les textes, d’autres, c’est vraiment les paroles et la voix aussi est importante. Même quand ce sont d’autres membres qui chantent, il y a tout le temps le texte de Rémi derrière et c’est ce qui crée cette cohésion. C’est comme ça que moi je le perçois, en tout cas.

Karolane : Ça fait beaucoup de sens.

Étienne : Mais c’est intéressant de se demander ce qui fait que cette tuune-là, ça fait comment debord ? 

Karolane : Le son est live, un peu jam. Je ne pense pas qu’on puisse trop s’éloigner de ça.

Rémi : Ça fait vraiment partie de notre essence. Il y a quelque chose où tout le monde chante, tout le monde chante ensemble.

Karolane  : Et on ne chante pas tous super juste, mais ça fait partie de la beauté de la chose. C’est un peu à la bonne franquette. 

Rémi : D’être juste vulnérable aussi, de ne pas chercher la perfection. On veut que ce soit produit dans nos albums, mais pas trop produit. On garde plus d’émotion, notamment en faisant des erreurs. Avant, j’étais tout seul, c’était moi qui décidais et je corrigeais tout. Là, plein d’autres membres s’en foutent plus, on joue de manière instinctive. On ne veut pas tous se mettre à tout corriger. On en parle souvent : on essaie d’avoir en tête l’objectif commun que la toune se tienne, que l’album se tienne, que le spectacle se tienne. Ce n’est pas important que chacun se regarde dans le miroir et voie sa petite imperfection. Ce qui compte, c’est que ce qu’on propose en tant que groupe.

Karolane : Je pense que notre son est en grande partie grâce à notre réalisateur, Warren Spicer. Il met beaucoup de sa touche, de son son. Quand il fait des mixes, on ne lui demande pas de mixer la toune d’une façon précise. Souvent, il mixe la chanson, et on le laisse faire ce qu’il veut.

Étienne : C’est notre huitième membre. Il n’est jamais allé en show, à part de temps en temps, quand on fait un petit spécial. Des fois, on est en train de tracker une toune qu’il n’a jamais entendue, il pogne des percussions ou une guitare, et il joue avec nous. Il nous a beaucoup poussés à jouer tout le monde en même temps. Ça ne sert à rien de tout refaire. On a trouvé l’émotion, on a trouvé l’énergie, ça ne sert à rien d’être super analytique, il nous encourage à rester dans un certain laisser aller, il fait partie de notre son. Peut-être que ça nous fait défaut pour certaines sphères, parce que des gens vont écouter un truc super produit, où tout est clean, tout est carré. 

Rémi : À l’époque de l’intelligence artificielle, je pense qu’assumer ça, il y a quelque chose d’un peu révolutionnaire là-dedans. Je pense pas qu’on soit des révolutionnaires, mais c’est intéressant de se dire qu’on assume l’imperfection, l’authenticité de l’humanité dans ce qu’on fait.

La Face B : Je suis curieuse par rapport au fait de vouloir aller jouer en Europe. Qu’est-ce qui vous attire là-dedans?

Karolane : Le pain, le fromage.

Willis : C’est vraiment des bonnes raisons….

Rémi :  Non, mais sans blague, de pouvoir parler à un bassin de population francophone qui est immense, c’est intéressant. Moi, j’ai aussi fait un échange de 10 mois à Paris. En France, on peut dire ce qu’on veut, mais il y a quand même la culture de la culture : les gens s’intéressent à ce qui est produit en musique.

Étienne : Il y a un respect aussi. Pas juste en France, mais en Allemagne, en Suisse aussi. Il y a quand même un respect pour l’artiste musicien qui est différent de celui du Québec, je trouve. C’est aussi explorer la francophonie. On a plein de choses à partager, et on est curieux de voir comment des gens qui parlent la même langue que nous, mais qui ont une culture un peu différente, peuvent apprécier la musique. Je pense qu’on a déjà plein d’amis, plein d’artistes qu’on aime qui vont un peu en Europe et qui vivent des bons moments, donc ça nous inspire aussi. C’est le fun aussi, des fois, de sortir de notre zone de confort. Au Québec, on connaît ça : les salles sont pas mal pleines, on voit le même public, des fois. D’aller dans un territoire un peu plus inconnu, où on ne sait pas s’il va y avoir du monde dans la salle ou non, c’est un petit risque intéressant, excitant.

Karolane : C’est le fun d’être en France. Ici, tu fais 3 heures de route, il y aura peut-être un village. Tandis qu’en France, si on regarde une montagne au loin, il y a 2-3 villages. C’est vraiment différent.

Rémi : C’est plus vieux.

La Face B : Si vous deviez conseiller à quelqu’un d’écouter votre album, où est-ce qu’il faudrait qu’il soit ? Qu’est-ce qu’il faudrait qu’il mange ? Et qu’est-ce qu’il faudrait qu’il boive ?

Rémi : Moi je dirais dans un appartement avec un bon petit coup de rouge et une bonne côte de bœuf.

Étienne : Faudrait un rouge un peu léger, pas trop chaud, frais, nature. Et un peu de rhum, pas trop mais juste assez. Et faut que y’ait de l’espace, un petit salon où t’as de la place pour danser. Ou sinon dans un bar.

Willis : Moi je pense que je préférerais dans un chalet.

Rémi : Oui, et on pourrait aller cueillir des girolles en fin de soirée.


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