Interviews

CQ Wrestling : "Les pires moments peuvent devenir les meilleurs"

Menée par Charlie Woods et Jake Mac, la formation de Brighton CQ Wrestling est revenue en force avec la parution de son deuxième album, Resistance, sorti en mai dernier. Ils étaient en tournée française durant le mois de septembre. Nous avons pu longuement échanger sur leur parcours, si difficile sur ces deux dernières années, leur album Resistance évidemment mais également leur impatience de sortir de nouveaux titres ! Au programme de cette interview : label, Interpol, Carlos Baleba et Japon


ENGLISH VERSION BELOW

La Face B : Bonjour ! Comment allez-vous ?

Charlie Woods : Bonjour !

Jake Mac : Bonjour !

Charlie : On va bien. Très bien même. On est assis près de ce magnifique canal…On adore cette salle, mec. Je suis tellement impatient de jouer ici. On est là depuis quelques jours et maintenant, on est prêts.

La Face B : Ma première question concerne votre nouveau nom. Vous avez dit que CQ Wrestling n’était pas simplement un nom plus court, mais une rénovation. Qu’est-ce que vous vouliez laisser derrière vous en arrêtant Chappaqua Wrestling ?

Jake : Ce n’est pas qu’on ait nécessairement laissé quelque chose derrière nous. C’est simplement qu’il y a eu un moment où le groupe était en train d’évoluer. La configuration du groupe, les musiciens, notre manière d’écrire les morceaux… Tout devenait plus développé, plus grand, plus lourd.

On a en quelque sorte fait une pause de deux ans en tant que Chappaqua Wrestling, et on s’est dit que, pour tout revitaliser et revenir avec une nouvelle énergie, on voulait changer légèrement les choses. On voulait que le nouveau son et la nouvelle direction s’accompagnent d’un nom légèrement différent, tout en continuant à rendre hommage aux gens qui aimaient le groupe précédent. Le groupe est toujours le même, la configuration et les dynamiques sont toujours les mêmes, mais on avait le sentiment qu’on avait besoin d’un changement sain.

Charlie : Oui. Je pense que c’était lié à la musique et à notre état d’esprit. Jake et moi jouons ensemble sous le nom de Chappaqua Wrestling depuis peut-être huit ans, mais pas sérieusement. Sérieusement, ça fait environ cinq ans. Ensuite, on a pris un peu de temps, la musique a changé et on s’est rendu compte qu’on s’était beaucoup amusés avec Chappaqua Wrestling à l’université. C’était tout un mélange de choses. Mais maintenant, on a l’impression que : « Ça y est. » C’est ce qu’on veut. Pas qu’on va arrêter de changer, parce qu’on aime écrire différents types de musique, mais là, ça nous ressemble beaucoup plus.

La Face B : Et certains membres du groupe ont aussi changé.

Jake : Oui, certains. Notre batteur original, John-Paul Townsend, est toujours notre batteur en studio et celui avec qui on écrit. C’est notre meilleur ami mais il n’a pas pu partir en tournée.

Donc on a un autre batteur pour les tournées, Nick, qui est lui aussi devenu une partie vraiment importante du groupe. Coco joue avec nous depuis maintenant longtemps, et on a un nouveau bassiste, Archie, qui est un excellent musicien. Le groupe existe depuis longtemps et il a connu différentes versions de lui-même. Le son a évolué à mesure que les gens ont évolué. Mais on ne s’est pas encore virés les uns les autres. (rires)

La Face B : Vous avez dit que Resistance était un album qui vous définissait vous-mêmes. À quoi ressemble un CQ Wrestling qui se définit lui-même, comparé à Chappaqua Wrestling ?


Jake : La comparaison, c’est vraiment que c’est une version plus adulte, plus mature de ce qu’on faisait avant. Je pense qu’on est plus confiants dans nos textes et plus… alignés.

Charlie : Oui, alignés en tant qu’auteurs. On a passé plus de temps ensemble, on a vécu les mêmes choses, on est devenus plus proches en tant qu’amis, et je pense qu’on écrit maintenant sur les mêmes types de choses. On a beaucoup évolué, à la fois en tant qu’amis et en tant qu’auteurs, parce qu’on écrit tous les deux des chansons. On a l’impression que tout va dans la même direction. Je pense que Chappaqua Wrestling, c’était plutôt : « Ce morceau est comme ça, celui-là est comme ça. » Le premier album partait dans plein de directions différentes. Celui-ci donne l’impression de rester sur une seule voie.

On venait de vivre deux putains d’années difficiles, pour différentes raisons. Le monde nous semblait être un endroit complètement dingue. Personnellement, on avait traversé des moments difficiles et on avait le sentiment d’être très alignés dans notre manière de voir le monde et dans notre volonté de rester positifs et d’utiliser la musique comme une échappatoire. C’est ça qui a uni cet album. Le premier album, c’était davantage une question de s’amuser.

Jake : On était plus jeunes, donc on était moins transparents dans nos textes et peut-être moins authentiques. Les chansons l’étaient quand même, mais maintenant, elles se livrent davantage. Je pense qu’elles sont plus honnêtes, et c’est pour ça que je préfère la nouvelle musique. Comme tous les artistes… tous les artistes préfèrent leur nouvelle musique.

La Face B : Vous êtes aussi plus âgés maintenant. Vous avez décrit l’industrie musicale comme étant « truquée contre les artistes ». On y reviendra plus tard, mais est-ce qu’il y a eu un moment précis où vous vous êtes dit : « Il faut qu’on sorte de ce système » ?

Charlie : Ouais… Je ne pense pas qu’il y ait eu un moment précis. On avait une bonne relation avec notre premier label, EMI. Ils étaient sympas et ce n’était vraiment la faute de personne. Mais les labels, le management… tout le système peut te donner l’impression que personne ne sait vraiment comment ça fonctionne.

Tout le monde avec qui on travaillait était sympa et essayait de faire au mieux, mais parfois, il fallait attendre un an pour sortir de la musique sans véritable raison. En tant qu’artiste, c’est vraiment frustrant parce que tu veux juste putain de sortir ta musique. Donc ce n’était pas : « Allez vous faire foutre. » C’était plutôt : « On veut sortir plus de musique. Il y a probablement un moyen de le faire, mais ça va prendre beaucoup de temps et on ne veut pas attendre. » On a pris le contrôle pour une raison positive. On n’était pas énervés. C’était simplement trop lent.

La Face B : Donc maintenant, vous voulez travailler avec moins de pression et plus de liberté créative ?

Jake : Je pense qu’on a toujours été libres créativement. Mais les artistes ont besoin de systèmes différents, et nous étions dans un système qui ne fonctionnait pas pour nous. Devenir indépendants, ça a été vraiment beaucoup de travail. Beaucoup plus de choses reposaient sur nous en tant qu’artistes, parce qu’on devait tout faire fonctionner nous-mêmes. Mais on a le contrôle. On avance à notre propre rythme.

Comme Charlie l’a dit, on sort notre musique plus rapidement, on décide quels sont les singles et on montre le côté créatif du groupe comme on le souhaite. Un label a des objectifs différents. On a adoré travailler avec un label pour différentes raisons, mais ce système ne fonctionnait pas pour nous à ce moment-là.

Charlie : Ouais, ça fonctionnait quand même sur certains aspects. Il y avait de bonnes choses. Pour nous, c’était vraiment une question de rythme. À la fin, on avait simplement l’impression que c’était trop lent. Encore une fois, toutes les personnes avec qui on travaillait étaient géniales. C’est juste le système dans son ensemble qui ne fonctionnait pas pour nous. On n’est absolument pas contre les labels. Les labels ont un rôle vraiment important. Le système est difficile pour les artistes, tout le monde le sait. À qui la faute, c’est difficile à dire.

Pour Resistance, on s’est dit qu’on avait la possibilité de le faire nous-mêmes, alors on l’a fait. Ça a été difficile, mais on en est fiers. Maintenant, on peut sortir plus de musique et continuer d’avancer. On discute avec certains labels et on retravaillerait clairement avec un label si c’était le bon partenaire. On écrit tellement. On veut enregistrer davantage, sortir notre musique et ne pas être lents. C’est juste putain d’ennuyeux. Dans dix ans, les robots vont prendre le contrôle. On n’a pas de putain de temps à perdre. Sortons cette musique. Bordel.

La Face B : Jake, j’aimerais parler de quelque chose de plus personnel. Tu as dit que le groupe devait continuer après la mort de ton père. Est-ce que faire Resistance était aussi une manière de lui rendre hommage ?

Jake : Oui. C’est drôle parce qu’il y a beaucoup de deuil dans certaines paroles, surtout dans celles que j’ai écrites sur l’album. Mais en réalité, l’album était déjà écrit à moitié lorsque mon père est décédé.

Donc pour moi, l’album est devenu ce mélange complètement dingue entre la musique qu’on avait déjà écrite ensemble et ces énormes moments d’explosion émotionnelle. Shine Not Burn parle complètement de la perte. C’est une chanson vraiment puissante parce qu’elle est née d’un moment très brut, et que tout s’est fait très, très vite. Certaines des meilleures chansons, et les plus honnêtes, sont écrites très rapidement.

C’était vraiment important pour moi de pouvoir canaliser beaucoup d’émotions difficiles et douloureuses dans quelque chose de positif. Ça m’a donné beaucoup de sens pendant cette période. Je me souviens aussi avoir pensé que ça allait être étrange de réécouter cet album. Mais maintenant, quand je l’écoute, je pense à ce qu’on a fait ensemble en tant que meilleurs amis au cours des trois dernières années, et pas seulement à ce moment vraiment triste. Le nom Resistance, et tout le concept qui se trouve derrière, viennent vraiment de cette période difficile qu’on a traversée.


La Face B : C’était justement ma prochaine question. J’ai l’impression qu’il est impossible de comprendre complètement Resistance sans savoir ce qui vous est arrivé au cours de l’année écoulée. Tu es d’accord ?

Jake : Ouais. Je ne sais pas si ça répond exactement à la question, mais les gens interprètent « Resistance » de plein de façons différentes. Certains voient ça comme le fait qu’on se bat contre le monde pour défendre ce qu’on a à dire. Pour Charlie et moi, c’était en partie ça, mais c’était aussi le fait de résister ensemble à des moments très, très difficiles, en tant que meilleurs amis.

Charlie :Et personnellement aussi. Quand on a quitté l’équipe avec laquelle on travaillait, on a tout recommencé. On a construit tout un nouveau système et, honnêtement, on avait l’impression que tout était contre nous à ce moment-là. Concrètement, c’était très difficile de faire ce qu’on voulait faire.

On avait travaillé très dur pendant quatre ans et, soudainement, tout est devenu plus difficile parce qu’on faisait tout nous-mêmes. On se disait : « Putain… pourquoi ? » Puis le père de Jake est mort et c’est devenu ce moment tragique. Mais on n’a jamais pensé qu’on allait s’arrêter. Il fallait continuer. Le père de Jake était notre plus grand soutien. Il nous emmenait partout. C’est l’une des raisons pour lesquelles Jake et moi sommes si proches.

Donc oui, cet album est un hommage à sa mémoire. Il avait aussi entendu beaucoup de ces chansons avant de mourir. C’était une putain de période horrible, évidemment. Mais on n’allait jamais s’arrêter.

Jake :Le mot « Resistance » résumait simplement tout. On a même essayé de trouver un autre titre. On se disait : « Il ne peut pas ne pas s’appeler comme ça. » C’était simplement ce que c’était. On voulait tout résumer en un mot simple, avec une signification simple.

Charlie : Parfois, les pires moments peuvent aussi devenir certains des meilleurs moments. Il y a eu des moments émotionnels incroyables pendant cette période vraiment dingue. Certaines paroles sont aussi des commentaires sur la société. Elles ne sont pas politiques, mais on ne peut pas s’empêcher de parler de ce qui se passe autour de nous. Le monde est un putain d’endroit sombre. Donc « Resistance », ça semblait juste, à tellement de niveaux.

Jake : Et techniquement, l’album n’est sorti que depuis trois ou quatre mois. Je pense qu’on est encore en train de comprendre ce que cet album signifie réellement. Quand tu traverses quelque chose de traumatisant, tu es pris dans un tourbillon. Je pense que je comprendrai encore mieux Resistance dans un an. Je pense que c’est ce qui se passe avec un bon album.

La Face B : Il y a une phrase qui semble définir votre état d’esprit : « Rien ne change si rien ne change. » Qu’est-ce qui a changé dans votre manière d’écrire ?

Charlie : Où est-ce qu’on a écrit ça ?

Jake : Je ne sais pas… quelque part. Bien trouvé ! Charlie m’a dit ça et, en quelque sorte, on a vécu selon cette phrase. On en est probablement morts quelques fois aussi. Si quelque chose ne va pas, il faut que ça change. C’est une philosophie très simple, mais elle fonctionne pour nous. Pour moi, le plus gros changement, c’était d’être plus honnête. Plus honnête dans les paroles, mais aussi dans ma manière de chanter. Je voulais que ma voix sonne plus britannique, plus naturelle, plus vraie sur cet album. Ça m’a vraiment fait du bien.

Charlie : Ouais. Je pense que ce qui a changé, c’est qu’on a beaucoup plus écouté Interpol… et beaucoup plus de musique lourde. Je pense qu’on est simplement devenus un peu plus énervés. On a beaucoup tourné avec John-Paul Townsend, notre batteur, et on a joué le premier album encore et encore. Ces morceaux sont devenus vraiment lourds en live et on s’est rendu compte que c’était là qu’on se sentait le mieux ensemble : quand tout était plus fort. On aime toujours les moments calmes, mais surtout, on voulait simplement que tout soit putain de grand. Grand, grand, grand.

Après quelques années de tournée, ça nous a semblé naturel d’écrire des morceaux qui sonnaient comme nos concerts. Avant, on commençait souvent avec une guitare acoustique. Puis on a passé deux ans à jouer fort tous les soirs et ça nous a simplement semblé naturel. Et… ouais, on a beaucoup écouté Interpol.

La Face B : Vous avez déjà répondu à ma prochaine question : qu’est-ce qui a changé dans votre manière de construire vos morceaux ?

Jake : Ouais. J’ajouterais simplement qu’on a commencé à écrire ensemble, dans la même pièce que notre batteur. On est allés dans un endroit appelé Mayfield, un magnifique petit village dans le Sussex, et on y a écrit ensemble. Des morceaux comme Smoke Screen et Guns In Their Hands sont devenus beaucoup plus gros, plus grungy et plus bruyants parce qu’on était tous dans la même pièce. Je ne pense pas qu’ils auraient sonné comme ça si on les avait écrits chez nous.

Charlie : C’est un tout petit village. Vraiment minuscule. Un pub, une boulangerie… et on y est restés environ huit jours.

La Face B : Autour de quelle bière ? Je vois que c’est là que l’avenir du groupe s’est décidé.

Jake : (Rires). En fait, on aime bien la Stella Artois.

La Face B : Votre premier morceau s’appelle Pacifico. C’est aussi le nom d’une bière.

Jake : Tu sais ce qui est drôle ? En réalité, il n’y a aucune signification derrière ce titre. La démo s’appelait Pacifico parce que je suis presque sûr d’avoir simplement vu ce mot quelque part. J’avais aussi regardé un film de guerre japonais dans lequel ils répétaient sans arrêt « Pacifico, Pacifico », donc j’ai enregistré la première démo sous ce nom, je l’ai envoyée à Charlie et… on ne l’a jamais changé.

Charlie : Certains de nos noms de démos sont des trucs comme « New Acoustic Loud Synth Thing », « New Jam », « New Jam 2 »… Ils sont généralement horribles. Les morceaux commencent normalement sans titre, puis le titre trouve le morceau plus tard. C’est assez rare qu’un nom de fichier de démo devienne le titre définitif.

Jake : Parfois, le titre d’une chanson n’a pas d’importance.

La Face B : Je trouve que c’est un excellent titre. Qu’est-ce qui a changé dans vos influences musicales ?

Charlie : Honnêtement, je ne pense pas qu’elles aient tellement changé. J’ai parlé d’Interpol tout à l’heure. Ils ont été une énorme influence sur cet album. On les écoutait tout le temps, surtout pendant les longs trajets en voiture. On est devenus obsédés par la production de la batterie sur leurs deux premiers albums. Ça sonne tellement chaleureux, tellement bien enregistré. Les guitares sont vraiment sombres aussi.

La Face B : L’énergie de Resistance sonne vraiment comme du grunge des années 90.

Charlie : Ouais, clairement. Un peu de Smashing Pumpkins et de groupes comme ça.

Jake : CQ Wrestling, et même Chappaqua Wrestling, ont toujours eu un lien avec le grunge des années 90 et les groupes de Creation Records venus d’Écosse, comme Teenage Fanclub. On a toujours adoré cette musique. Mais quand on était plus jeunes, on écrivait beaucoup plus de morceaux à la guitare acoustique, comme Charlie l’a dit.

Je pense que Resistance est en réalité le groupe qu’on a toujours voulu être. Chappaqua Wrestling, c’était peut-être un peu plus indie ou un peu plus acoustique. Cet album est le pont vers le groupe qu’on a toujours imaginé : quelque chose de beaucoup plus proche du rock des années 80 et 90 qu’on a toujours aimé. Évidemment, on adore The Clash, mais je pense que la musique des années 90 est probablement ce qui a le plus influencé ce groupe.

Charlie : On aime toujours plein d’autres musiques. Comme tous les putains de groupes, on aime Mazzy Star, Steely Dan, The Beach Boys… On adore aussi jouer des morceaux à la guitare acoustique. On a même sorti une version acoustique de Catherine Wheels sur Spotify. Ce côté acoustique de notre musique est toujours vraiment important. On aime simplement aussi jouer de la musique lourde. On a toujours aimé les deux. Qui sait ce qui arrivera ensuite ? Mais ça nous semblait être la bonne chose à faire.


La Face B : Dans Innocence, vous utilisez des images vraiment peu ragoûtantes comme de la javel, de la pisse et des canalisations. Vous aimez utiliser ce genre d’images pour parler de la société et de la santé mentale ?

Jake : Ce morceau, en particulier, repose beaucoup sur les images.

Charlie : Ouais. Je suis vraiment fan des mots qui sonnent bien quand tu les chantes.

Jake : Des mots phonétiques.

Charlie : Ouais, des mots phonétiques. J’adore les images fortes. Je suppose que j’essayais de dire quelque chose sur la société, mais cette partie du morceau, ce ne sont que la batterie et le chant. Ça m’a semblé être le moment parfait pour remplacer les instruments par des mots absolument dégueulasses. Pourquoi pas ? C’est parfait.

La Face B : Cet album me semble très différent. Il y a davantage de grunge, davantage de shoegaze sur les premiers morceaux comme Catherine Wheels, davantage de synthés… et il y a aussi la voix d’Alice. Pourquoi était-il important pour Alice de chanter sur ce morceau ?

Charlie : Oh, c’est Coco en fait, pas Alice. Google dit toujours Alice. Elle a joué avec nous il y a quelques années. Elle est adorable et elle fait maintenant sa propre musique. Mais non, c’est Coco.

Jake : On a toujours aimé cette dynamique entre lumière et obscurité. Lourd, calme… comme Pixies. Des morceaux qui peuvent vraiment exploser avant de redescendre complètement. Catherine Wheels a ce chant principal très rauque, très crié, et Coco complète parfaitement le côté plus doux qu’on aime aussi. Ce contraste est quelque chose qu’on a toujours aimé.

Charlie : Ouais. Elle chante aussi sur plein de petites parties tout au long de l’album. Elle aime le shoegaze et la musique électronique, donc elle fait beaucoup de ces couches de voix très aériennes. On l’entend vraiment clairement sur Finish Line, où elle chante par-dessus tout le morceau. Elle est assez présente dans ce style. Elle a une manière vraiment intéressante de faire des voix presque électroniques, et on en retrouve partout sur l’album. Elle joue aussi du clavier, donc elle apporte plein de choses différentes et cool. C’est une excellente musicienne et on apprend à jouer davantage ensemble, et peut-être même à écrire davantage ensemble, au fur et à mesure des tournées. C’est une très belle collaboration. Mais Jake et moi écrivons toujours l’essentiel des morceaux, puis on les termine ensemble en tant que groupe.

La Face B : J’ai regardé votre Instagram et vous avez écrit : « The pretense drops. » Qu’est-ce que ça signifie pour vous ?

Jake : Ouais. Ce post servait vraiment à résumer le parcours, du début à la fin de la campagne. C’est intéressant parce que la manière dont tu te sens au début d’une campagne d’album est complètement différente de celle dont tu te sens à la fin. Ta relation avec la musique change. Donc c’était simplement une partie de la formulation, une partie de l’histoire qu’on voulait raconter.

La Face B : Vous avez également remercié votre producteur, Cam Blackwood. À quel point Cam a-t-il été important pour cet album ?

Jake : Cam est arrivé à un véritable moment de changement pour le groupe. On arrivait à la fin de notre collaboration avec notre équipe précédente, puis on a rencontré Cam. Il a compris les morceaux et la production presque immédiatement.

Il était aussi vraiment enthousiaste à l’idée de faire un album de grunge lourd. Il vient de cette époque, donc il adorait ça. Il a travaillé avec énormément d’artistes et a eu une carrière vraiment réussie, mais il possède aussi énormément de matériel incroyable qui nous correspondait vraiment bien. Il avait toutes ces pédales complètement dingues, notamment de vieilles pédales chorus des années 90 dans le style de Nirvana.

La Face B : Et vous avez utilisé tout ça ?

Jake : Ouais. Il avait du matériel incroyable et ça nous a vraiment aidés à trouver le son qu’on cherchait. C’est simplement un très bon producteur polyvalent, et c’était vraiment amusant de travailler avec lui.

La Face B : Je suis vraiment impressionné par vos concerts. Je vous ai vus au Café de la Danse.

Charlie : Oh ouais ! C’était un bon concert.

La Face B : Quelle est votre chanson préférée à jouer en live ? Laquelle vous procure le plus de plaisir ?

Jake : Je dirais Health+. Health+ et Pacifico en ce moment. Elles fonctionnent vraiment bien en live. Je ne sais pas… il y a quelque chose avec ces morceaux.

Charlie : Ça change. Ça change tout le temps.

La Face B : Donc vous n’avez pas le même avis ?

Charlie : Je ne sais pas… J’aime Health+ parce que c’est différent pour nous. C’est un morceau horrible et bruyant. C’est un rat. Un rat qui pue, sale. Et c’est exactement pour ça que c’est amusant. C’est juste très rapide et très bruyant. Mais ouais, ça change. On a aussi recommencé à jouer les anciens morceaux. Football est devenu vraiment amusant à jouer.

La Face B : Vous rejouez cette vieille chanson ?

Charlie : Ouais, c’est un vieux morceau, mais il a eu une deuxième vie. On n’allait même plus le jouer, puis les fans ont commencé à crier : « Jouez Football ! Jouez Football ! » Donc on s’est dit : « Putain, OK. » C’est amusant.

Jake : Les fans demandent toutes sortes de morceaux. Parfois, c’est juste : « Putain, non. » Mais parfois, des chansons reviennent après quelques années et te surprennent à nouveau. On a toujours joué Culture dans nos concerts parce que c’est amusant, mais maintenant, on lui a donné une toute nouvelle énergie avec cette longue intro, et c’est génial aussi.

La Face B : Vous supportez Brighton, c’est ça ?

Charlie : Ouais. On supporte tous Brighton.

La Face B : Vous faites une bonne saison. Vous avez recruté un joueur de Lille…

Charlie : Oh, Lille ! Je vois de qui tu parles. Le défenseur ?

La Face B : Carlos Baleba.

Jake : Baleba ! Ouais, il venait de Lille. Il est tellement fort.

Charlie : Il est vraiment, vraiment bon.

Jake : Il finira à Manchester United un jour, je pense. Il pourrait partir bientôt.

La Face B : Avant de terminer, j’ai une dernière question. Je veux faire un petit jeu avec vous. Je vais vous donner une référence culturelle et vous me direz quelle chanson de CQ Wrestling lui correspond le mieux.

Jake : OK.

La Face B : Par exemple, si je dis « FIFA », vous pourriez répondre Football ou Full Round Table.

Jake : OK, vas-y.

La Face B : GTA VI.

Charlie : Oh… c’est un gros reboot. Je dirais Innocence.

Jake : Moi aussi. En fait… ça dépend de la voiture dans laquelle tu es et de la station de radio que tu écoutes.

La Face B : Ouais, ça se tient.

Jake : Peut-être Health+. J’imagine bien cinq étoiles, des hélicoptères partout, la police qui te poursuit… Health+, ça colle bien.

La Face B : Un film Spider-Man ?

Charlie : Oh, mec… Catherine Wheels (Acoustic). Sous la putain de pluie, juste à la fin. Triste.

Jake : Ou peut-être Full Round Table. Spider-Man, ça fait assez grandiose, assez énorme.

La Face B : 1984 de George Orwell.

Charlie : Oh putain… c’est dingue.

Jake : Pacifico. Il a ce rythme de batterie presque robotique, façon krautrock, qui pourrait vraiment correspondre.

Charlie : Ouais… Je choisirais probablement quelque chose de fun parce que c’est un livre tellement intense.

La Face B : Danser sur le dancefloor au Haçienda ?

Jake : Ça doit forcément être du four-on-the-floor.

Charlie : Wide Asleep. Ouais, je dirais celui-là.

La Face B : OK, Wide Asleep.

Jake : Moi, je dirais probablement Full Round Table.

La Face B : Un week-end romantique à Paris ?

Jake : Peut-être All Change. C’est assez romantique.

Charlie : Ouais, même réponse.

La Face B : Enfin, que peut-on souhaiter à CQ Wrestling ?

Jake : On va continuer à sortir de la musique, et pour ça, il faut qu’on continue à enregistrer, donc c’est ce qu’on va faire très bientôt. Je pense aussi qu’on a un très bon feeling à l’idée de jouer davantage en Europe. La France a été incroyable pour nous. On adore jouer ici.

Je pense que le concert de ce soir va être vraiment bien rempli et on a construit une très bonne relation avec Aurélien et toute l’équipe. On a vraiment envie de jouer davantage en France et partout en Europe. Et, avec un peu de chance, on ira en Amérique pour la première fois l’année prochaine.

La Face B : Donc vous allez jouer en Amérique l’année prochaine ?

Jake : On travaille dessus. On a une proposition, on essaie juste de régler les problèmes de visas.

Charlie : On en est à un stade où on reçoit plein de messages et de propositions vraiment adorables pour jouer en Amérique. On a aussi énormément de fans au Japon et en Corée, et on aimerait beaucoup y aller aussi. Pour l’instant, on essaie surtout de trouver comment on va payer tout ça… mais ça, c’est la partie facile. Je suis sûr qu’on trouvera une solution.

La Face B : Donc vous aimeriez voyager à travers le monde ?

Charlie : On reçoit tellement de messages de fans partout dans le monde. Certaines personnes dépensent énormément d’argent juste pour se faire expédier nos produits dérivés en Australie, au Japon ou en Corée, et on reçoit ce genre de messages depuis des années. Pour l’instant, on ne peut tout simplement pas y aller, mais on en a vraiment envie. Et maintenant, on a deux groupes de reprises.

Jake : Un au Japon et un en Corée.

Charlie : Ils sont probablement meilleurs que nous. (Rires.) Ce n’est même pas vraiment une question de voyager à travers le monde, parce que les tournées sont en réalité assez étranges et assez intenses. J’ai simplement envie d’aller rencontrer ces gens et de jouer pour eux. Ce serait vraiment génial. Et évidemment, on veut continuer à sortir de la musique.

Mais le plus important pour nous, c’est de continuer à nous amuser. L’industrie musicale est l’une des nombreuses industries vraiment difficiles. On connaît beaucoup d’artistes qui ont des difficultés avec leur santé mentale et ça peut être vraiment intense. On essaie de prendre des nouvelles les uns des autres et d’être bienveillants les uns envers les autres. On veut continuer à faire de la musique, mais on veut aussi continuer à en profiter. C’est le plus important. Juste en profiter.

La Face B : Merci beaucoup pour cette interview. C’était un plaisir de discuter avec vous.

Jake : Ravi de t’avoir rencontré. Merci. De bonnes questions.

La Face B : Merci beaucoup !


ENGLISH VERSION

La Face B: Hello! How are you?

Charlie Woods: Bonjour!

Jake Mac: Bonjour!

Charlie : We're good. We're very good. We're sitting by this beautiful canal... river, sorry, river. We love this venue, man. I'm so excited to play here. We've been here for a couple of days, and now we're ready.

La Face B: My first question is about your new name. You said CQ Wrestling isn't just a shorter name, it's a renovation. What did you want to leave behind when you stopped being Chappaqua Wrestling?

Jake Mac: It wasn't that we necessarily left anything behind. There was just a moment when the band was shifting. The setup of the band, the performers, our songwriting... everything was becoming more developed, bigger, heavier.

We kind of had two years off as Chappaqua Wrestling, and it felt like, to revitalise everything and come back with new energy, we wanted to change things slightly. We wanted the new sound and the new direction to come with a slightly new name, while still honouring the people who liked the previous band. The band's still the same, the setup and the dynamics are still the same, but we felt like we needed a healthy shift.

Charlie Yeah : I think it was about the music and our state of mind. Me and Jake have been playing together as Chappaqua Wrestling for maybe eight years, but not seriously. Seriously, it's been about five years.

Then we took some time off, the music changed, and we realised we'd had a lot of fun as Chappaqua Wrestling at university. It was a whole mix of things. But now it feels like, "This is it." This feels like what we want. Not that we'll stop changing, because we like writing different kinds of music, but this feels much more like us.

La Face B: And some members of the band changed too.

Jake: Yeah, some did. Our original drummer, John-Paul Townsend, is still our recording drummer and the drummer we write with. He's our best friend.

Charlie: John-Paul.

Jake Mac: John-Paul Townsend. He's the original drummer and the drummer we write with, but he hasn't been able to tour.

So we have another touring drummer, Nick, who's become a really important part of the band too. Coco Keys has been playing with us for a long time now, and we've got a new bassist, Archie, who's a great player.

The band's been going for a long time and it's had different versions of itself. The sound has grown as the people have grown. But we haven't kicked each other out yet.

La Face B: You said Resistance is a self-defined album. What does a self-defined CQ Wrestling sound like compared to Chappaqua Wrestling?

Jake: The comparison is really that it's a more grown-up, more mature version of what we were before. I think we're more confident lyrically and more... aligned.

Charlie: Yeah, aligned as two writers. We've spent more time together, we've been through the same things, we've become closer as friends, and I think we're writing about the same kinds of things now. We've grown a lot, both as friends and as writers, because we both write songs. It feels like everything is moving in the same direction.

I think Chappaqua Wrestling was more like, "this song is like this, this song is like that." The first album went in lots of different directions. This one feels like one lane.

We'd just had a fucking difficult two years for different reasons. The world felt like a pretty fucking crazy place. Personally, we'd been through bad times, and we felt very aligned in the way we saw the world and in our journey to stay positive and use music as an escape. That was the thing that united this album. The first album was more about having fun.

Jake: We were younger, so we were less lyrically transparent and maybe less authentic. The songs were still authentic, but now they wear their heart on their sleeve. I think they're more honest, which is why I prefer the new music. Like every artist... every artist prefers their new music.

La Face B: You're older now, too. You described the music industry as "rigged against the artist." We'll come back to that later, but was there one moment when you said, "We need to leave this system"?

Charlie: Yeah... I don't think there was one moment. We had a good relationship with our first label, EMI. They were nice, and it wasn't really anybody's fault. But labels, management... the whole system can make you feel like nobody really knows how it works.

Everyone we worked with was nice and trying to do the best thing, but sometimes you'd have to wait a year to release music for no real reason. As an artist, that's really frustrating because you just want to fucking release music. So it wasn't "fuck you." It was more like, "We want to release more music. There's probably a way to do it, but it's going to take a long time, and we don't want to wait." We took control for a positive reason. We weren't angry. It was just too slow.


La Face B: So now you want to work with less pressure and more creative freedom?

Jake: I think we were always creatively free. But different artists need different systems, and we were in one that didn't work for us. Going independent was really hard work. So much more fell on us as artists because we had to make everything happen ourselves. But you're in control. You work at your own pace.

Like Charlie said, you release music quicker, you decide what the singles are, and you show the creative side of the band the way you want to. A label has different agendas. We loved working with a label for different reasons, but that system didn't work for us at that time.

Charlie: Yeah, it did work in some ways. There were good things about it. For us, it was really the pace. By the end, it just felt too slow. Again, all the individuals we worked with were great. It was just the whole system that didn't work for us. We're not against labels at all. Labels have a really important role. The system is difficult for artists, everybody knows that. Whose fault that is, it's hard to say.

For Resistance, we felt like we had the chance to do it ourselves, and we did. It was difficult, but we're proud of it. Now we can release more music and keep moving. We're talking to some labels, and we'd definitely work with one again if it was the right fit. We write so much. We want to record more, get it out, and not be slow. That's just fucking boring. In ten years, the robots are going to take over. We don't have fucking time. Let's get the music out. Bloody hell.

 

La Face B: Jake, I'd like to talk about something more personal. You said the band had to continue after your father passed away. Was making Resistance also a way to honour him?

Jake: Yeah, about my father? Yeah. It's funny because there's a lot of grief in some of the lyrics, mostly my lyrics on the album. But the album was actually already about halfway written when my father passed away.

So for me, the album became this crazy mix of music we'd already written together and these huge emotional outpouring moments. Shine Not Burn is completely about loss. It's a really powerful song because it came out of a very raw moment, and it happened very, very fast. Some of the best songs, and the most honest songs, are written very quickly.

It was really important for me to be able to channel a lot of hard, painful emotions into something positive. It gave me a lot of purpose during that time. I also remember thinking it was going to be strange to listen back to this album. But now, when I hear it, I think about what we've been doing together as best friends for the last three years, not only about that really sad moment. The name Resistance, and the whole concept behind it, really came from that difficult period we went through.

La Face B: That was actually my next question. I feel like it's impossible to fully understand Resistance without knowing what happened to you over the last year. Do you agree?

Jake: Yeah. I don't know if this answers the question exactly, but people interpret "resistance" in lots of different ways. Some people see it as us fighting the world for what we have to say. For me and Charlie, it was partly that, but it was also about resisting through very, very difficult times together as best friends.

Charlie: And personally too. When we left the team we were working with, we started everything again. We built a whole new system, and it honestly felt like everything was against us at that time. It was practically very difficult to do what we wanted to do.

We'd worked really hard for four years, and then suddenly everything became harder because we were doing it all ourselves. We were thinking, "Fucking hell... why?" Then Jake's dad died, and it became this tragic moment. But we never thought we were going to stop. We had to keep going. Jake's dad was our biggest supporter. He took us everywhere. He's one of the reasons Jake and I are so close.

So yes, this album is a tribute to him. He also heard a lot of these songs before he passed away. It was a fucking horrible time, obviously. But we were never going to stop.

Jake: The word "Resistance" just summed everything up. We actually tried to find another title. We were like, "It can't not be called that." It was simply what it was. We wanted to boil everything down to one simple word with one simple meaning.

Charlie: Sometimes the worst times can also become some of the best times. There were amazing emotional moments during that really crazy period. Some of the lyrics are social commentary as well. They're not political, but we can't help talking about what's happening around us. The world is a fucking dark place. So "Resistance" just felt right in so many ways.

Jake: And technically, the album has only been out for three or four months.I think we're still learning what this album actually means. When you go through something traumatic, you're in a whirlwind. I think I'll understand Resistance even better in a year's time. I think that's what happens with a good album.

La Face B: There's a sentence that seems to define your spirit: "Nothing changes if nothing changes." What changed for you in your songwriting?

Charlie: Where did we write that?

Jake: I don't know... somewhere. Good find! Charlie said that to me, and we've kind of lived by it. We've probably died by it a few times too. If something isn't right, it has to change. It's a very simple philosophy, but it works for us. For me, the biggest change was being more honest. More honest in the lyrics, but also in the way I sing. I wanted my voice to sound more British, more natural, more real on this album. That felt really good.

Charlie: Yeah. I think what changed is that we listened to a lot more Interpol... and a lot more heavy music. I think we just got a bit angrier. We toured a lot with John-Paul Townsend, our drummer, and we played the first album over and over again. Those songs became really heavy live, and we realised that's where we felt best together: when everything was louder. We still like quiet moments, but mostly we just wanted everything to be fucking big. Big, big, big.

After a couple of years of touring, it felt natural to write songs that sounded like our live show. Before, we'd often start with an acoustic guitar. Then we spent two years playing loud every night, and it just felt right.And... yeah, we listened to a lot of Interpol.

La Face B: You already answered my next question: what changed in the way you build your songs?

Jake: Yeah. One thing I'd add is that we started writing together in the same room with our drummer. We went to a place called Mayfield, a beautiful little village in Sussex, and we wrote there together. Songs like Smoke Screen and Guns In Their Hands became much bigger, grungier and louder because we were all in the room together. I don't think they would have sounded like that if we'd written them at home.

Charlie: It's a tiny village. Really small. One pub, one bakery... and we stayed there for about eight days.


La Face B: Which beer? Which beer? I see that's where the future of the band was decided.

Jake: Laughs. We actually like Stella Artois.

La Face B: Your first track is called Pacifico. That's the name of a beer too.

Jake: You know what's funny? There's actually no meaning behind that title. The demo was called Pacifico because I'm pretty sure I just saw the word somewhere. I'd also watched a Japanese war film where they kept saying "Pacifico, Pacifico," so I saved the first demo with that name, sent it to Charlie, and... we never changed it.

Charlie: Some of our demo names are things like "New Acoustic Loud Synth Thing", "New Jam", "New Jam 2"... They're usually terrible. Songs normally start with no title, and then the title finds the song later. It's actually pretty rare that a demo filename becomes the final title.

Jake: Yeah.

Charlie: I don't know... it's just a nice word.

Jake: Sometimes the song title doesn't matter.

La Face B: I think it's an excellent title. What changed in your musical influences?

Charlie: Honestly, I don't think they changed that much. I mentioned Interpol before. They were a huge influence on this record. We listened to them all the time, especially during long car journeys. We became obsessed with the drum production on their first two albums. It sounds so warm, so well recorded. The guitars are really dark too.

La Face B: The energy on Resistance really sounds like '90s grunge.

Charlie: Yeah, definitely. A bit of Smashing Pumpkins and bands like that.

Jake: CQ Wrestling, and even Chappaqua Wrestling, always had a connection to '90s grunge and Creation Records bands from Scotland, like Teenage Fanclub. We've always loved that music. But when we were younger, we wrote a lot more songs on acoustic guitar, like Charlie said.

I think Resistance is actually the band we've always wanted to be. Chappaqua Wrestling was maybe a bit more indie or a bit more acoustic. This record is the bridge towards the band we always imagined: something much closer to the '80s and '90s rock that we've always loved. Obviously we love The Clash, but I think '90s music has probably influenced this band the most.

Charlie: We still love loads of other music. Like every fucking band, we love Mazzy Star, Steely Dan, The Beach Boys... We love playing songs acoustically too. We even released an acoustic version of Catherine Wheels on Spotify. That acoustic side of us is still really important. We just also love playing heavy music. We've always loved both. Who knows what happens next? But this felt like the right thing to do.

La Face B: In Innocence, you use really ugly images like bleach, piss and drains. Do you like using that kind of imagery to talk about society and mental health?

Jake: That song, specifically, is very image-led.

Charlie: Yeah. I'm a real sucker for words that sound good when you sing them.

Jake: Phonetic words.

Charlie: Yeah, phonetic words. I love strong imagery. I suppose I was trying to say something about society, but that part of the song is only drums and vocals.It felt like the perfect moment to replace the instruments with some fucking horrible words. Why not? It's perfect.

La Face B: This album feels very different to me. There's more grunge, more shoegaze on the first songs like Catherine Wheels, more synths... and there's also Alice's voice. Why was it important for Alice to sing on that song?

Charlie: Oh, it's Coco actually, not Alice. Google still says Alice. She played with us a few years ago. She's lovely, and she's doing her own music now. But no, it's Coco.

La Face B: Is Coco the newest member of the band, or was she already a friend of yours?

Charlie: No, she's been with us for a while. Coco was on the first album, Plus Ultra, and she's on Resistance too. She plays keyboards on all the songs, she sings vocals... she's just a really great singer.

Jake: We've always loved that light-and-shade dynamic. Heavy, quiet... like Pixies. Songs that can really explode and then come right back down. Catherine Wheels has this really raspy, shouted lead vocal, and Coco completely complements the softer side that we also love. That contrast has always been something we've loved.

Charlie: Yeah. She also sings on lots of little parts across the album. She loves shoegaze and electronic music, so she does a lot of those washed-out vocal layers. You can hear her really clearly on Finish Line, singing over the whole thing. She's featured quite a lot in that style. She has a really interesting way of doing almost electronic vocals, and that's all over the album. She also plays keys, so she brings loads of different cool things. She's a great player, and we're learning to play together more, and maybe even write together more as we tour.

It's a really nice collaboration. But me and Jake still write basically all the songs, and then we finish them together as a band.

La Face B: I checked your Instagram, and you wrote: "The pretense drops." What does that mean for you?

Jake: Yeah. That post was really about summarising the journey, from the start of the campaign to the end of the campaign. It's interesting because the way you feel at the start of an album campaign is completely different from the way you feel at the end.

Your relationship with the music changes. So it was really just part of the wording, part of the story we wanted to tell.


La Face B: You also thanked your producer, Cam Blackwood.How important was Cam for  this album?

Jake: Cam arrived at a real moment of change for the band. We were coming to the end of working with our previous team, and then we met Cam. He understood the songs and the production almost immediately.

He was also really excited about making a heavy grunge record. He's from that era, so he loved it. He's worked with loads of artists and he's had a really successful career, but he also owns loads of amazing gear that really suited us. He had all these crazy pedals, including old Nirvana-style '90s chorus pedals.

La Face B: And you used all of that?

Jake: Yeah. He had some incredible equipment, and it really helped us find the sound we were looking for. He's just a really good all-round producer, and he was a lot of fun to work with.

La Face B: I'm really impressed by your live shows. I saw you at Café de la Danse.

Charlie: Oh yeah! That was a good show.

La Face B: You're so intense and full of energy on stage. What's your favourite song to play live? Which one is the most enjoyable?

Jake: I think Health+. Health+ and Pacifico at the moment. They just work really well live. I don't know... there's something about them.

Charlie: It changes. It changes all the time.

La Face B: So you don't have the same opinion?

Charlie: I don't know... I like Health+ because it's just different for us. It's a horrible, loud song. It's a rat. It's a stinking, dirty rat. And that's exactly why it's fun. It's just really fast and really loud. But yeah, it changes. We also started playing the old songs again. Football has become really fun to play.

La Face B: You're playing that old song again?

Charlie: Yeah, it's an old song, but it's had a second life. We weren't even going to play it anymore, and then fans kept shouting, "Play Football! Play Football!" So we were like, "Fuck it, okay." It's fun.

Jake: Fans ask for all kinds of songs. Sometimes it's just, "Fucking no." But sometimes songs come back after a few years and they surprise you again. We've always played Culture in the set because it's fun, but we've given it a whole new energy now with this long intro, and that's been great too.

La Face B: You support Brighton, right?

Charlie: Yeah. We all support Brighton.

La Face B: Yeah. You're having a good season. You signed a player from Lille...

Charlie: Oh, Lille! I know who you mean. The defender?

La Face B: Carlos Baleba.

Jake: Baleba! Yeah, he came from Lille. He's so good.

Charlie: He's really, really good.

Jake: He'll end up at Manchester United one day, I think. He might leave soon.

La Face B: Before we finish, I have one last question. I want to play a quick game with you. I'll give you a cultural reference, and you tell me which CQ Wrestling song fits it best.

Jake: Okay.

La Face B: For example, if I say "FIFA", you could answer Football or Full Round Table.

Jake: Okay, you go first.

La Face B: GTA VI.

Charlie: Oh... that's a big reboot. I'd go with Innocence.

Jake: Me too. Actually... it depends which car you're in and which radio station you're listening to.

La Face B: Yeah, that makes sense.

Jake: Maybe Health+. I can imagine getting five stars, helicopters everywhere, police chasing you... Health+ fits that.

La Face B: A Spider-Man movie?

Charlie: Oh, man... Catherine Wheels (Acoustic). In the fucking rain, right at the end. Sad.

Jake: Yeah. Or maybe Full Round Table. Spider-Man feels pretty grand, pretty big.

La Face B: 1984 by George Orwell.

Charlie: Oh God... that's crazy.

Jake: Pacifico. It has that almost droid-like, krautrock drum beat that could really suit it.

Charlie: Yeah... I'd probably choose something fun because it's such an intense book.

La Face B: Dancing on the dancefloor at The Haçienda?

Jake: That's got to be four-on-the-floor.

Charlie: Wide Asleep. Yeah, I'd go with that.

La Face B: Okay, Wide Asleep.

Jake: I'd probably say Full Round Table.

La Face B: A romantic weekend in Paris?

Jake: Maybe All Change. It's pretty romantic.

Charlie: Yeah, same answer.

La Face B: Finally, what can we wish for CQ Wrestling?

Jake: We're going to keep releasing music, and to do that we have to keep recording music, so that's what we'll be doing very soon. I also think we've got a really good feeling about playing more in Europe. France has been amazing for us. We love playing here.

I think tonight's show is going to be really busy, and we've built a really good relationship with Aurélien and the whole team. We really want to play more in France and across Europe. And hopefully we'll go to America for the first time next year.

La Face B: So you'll play in America next year?

Jake: We're working on it. We have an offer, we're just trying to sort out the visas.

Charlie: We're at a point where we're getting lots of really lovely messages and offers to play in America. We also have loads of fans in Japan and Korea, and we'd love to go there too. Right now, we're basically just working out how we're going to pay for it... but that's the easy part. I'm sure we'll figure it out.

La Face B: So you'd like to travel around the world?

Charlie: We get so many messages from fans around the world. Some people spend loads of money just to get our merch shipped to Australia, Japan or Korea, and we've had those messages for years. At the moment we just can't get there, but we really want to. And we've got two cover bands now.

Jake: One in Japan and one in Korea.

Charlie: They're probably better than us. (Laugh). It's not even really about travelling the world, because touring is actually pretty weird and pretty intense. I just want to go and meet those people and play for them. That would be really nice. And obviously, we want to keep releasing music.

But the biggest thing for us is that we want to keep it fun. The music industry is one of many really difficult industries. We know a lot of artists who struggle with their mental health, and it can be really intense. We try to check in on each other and be kind to each other. We want to keep making music, but we also want to keep enjoying it. That's the most important thing. Just enjoy it.

La Face B: Thank you very much for the interview. It was great talking to you.

Jake: Great to meet you. Thank you. Good questions.

La Face B: Thank you very much.


 

 

 

 

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