Interviews
FAT DOG : "J’ai déjà réalisé un rêve, un titre dans EAFC27"
Il s'agit de l'un des albums les plus attendus de cette rentrée. Fat Dog revient avec un deuxième album dans la lignée du précédent : déjanté. On a pu rencontrer les deux protagonistes de la bande, c'est-à-dire Joe Love et Chris Hughes, pour parler de Cancel Me, I'm Tired au tout début de l'été. Au programme de cette interview TRES AMUSANTE : Bouillon, Peter Segers, Crabe et EA Sports FC 27.

ENGLISH VERSION BELOW
La Face B : Salut Fat Dog ! Vous allez bien ?
Joe Love : Bien. C’est un peu la course pour commencer, mais ce n’est pas grave.
La Face B : On peut attendre que vous ayez terminé de vous installer
Joe Love : Non, non, non. On peut commencer à discuter
Chris Hughes : Vous allez juste nous entendre parler plus vite quand on va boire le café !
La Face B : Il est trop tôt pour vous ? (ndlr : L'interview s'est déroulé aux alentours de 10h)
Joe Love : Oui. Je me suis levé vers 9h30. On est sortis boire quelques bières hier.
Chris Hughes : On est allés manger un bon repas et prendre quelques verres. Désolé.
La Face B : Oui… La dernière fois qu’on s’est rencontrés, c’était à Rock en Seine 2025, pendant le festival en août. Je ne sais pas si vous vous en souvenez.
Joe Love : Oui, je m’en souviens.
La Face B : Qu’est-ce que vous avez fait depuis cette tournée ?
Chris Hughes : Oh, on est partis aux États-Unis juste après, non ?
Joe Love : Oui… On est allés à Sheffield, puis environ une semaine plus tard on est partis un mois aux États-Unis.
Chris Hughes : Oui, à peu près. On n’a presque pas eu de temps entre les deux. On a traversé les États-Unis, de la côte Ouest à la côte Est, en perdant un peu la tête au passage. La chaleur en Californie était vraiment trop dure pour moi. On a fait ça, puis on est rentrés directement des États-Unis et on est passés à…
Joe Love : Faire un album.
Chris Hughes : Faire un album, oui. Et ça nous amène à aujourd’hui.
La Face B : C’était une bonne expérience de tourner aux États-Unis ?
Chris Hughes : C’était très humble comme expérience, parce qu’on venait de jouer à Rock en Seine devant environ 20 000 personnes, puis on s’est retrouvés à Sacramento devant… six personnes.
Joe Love : C’est bizarre, les États-Unis. Tu arrives parfois dans une salle et il y a cinq personnes.
Chris Hughes : Et deux d’entre elles sont des barmans qui sont obligés d’être là. Une autre est le videur. Et puis il y a juste… le cinglé du coin.
La Face B : Mais il faut quand même prendre soin de son public.
Joe Love : Oui, c’est ce qu’on a toujours fait. On a joué devant quatre personnes, puis six, puis huit. C’est juste beaucoup plus cher quand tu fais ça aux États-Unis.
Chris Hughes : À Londres, tu peux faire ça pendant des semaines et des semaines.
La Face B : Vous avez perdu de l’argent sur cette tournée américaine ?
Chris Hughes : Mon Dieu, oui. Bordel. C’est tellement cher.
Joe Love : Oui, c’est une somme complètement folle. Surtout quand tu es un groupe de sept personnes.
La Face B : C’était une longue tournée pour vous.
Chris Hughes : Elle a paru très longue.
Joe Love : C’était putain de long. On est restés un mois. Un mois, c’est quand même long, non ? On avait probablement six, sept, peut-être huit jours de pause entre certains concerts. Peut-être un peu plus.
Chris Hughes : Un mois en Europe, ça ne ressemble pas du tout à un mois en Amérique. En Europe, tu peux bien manger tous les jours et passer de bons moments. Puis tu arrives aux États-Unis, et dès la deuxième semaine tu sens tes artères se remplir.
Joe Love : Tu es en train de couler lentement. Tu meurs doucement.
Chris Hughes : Exactement. J’ai trouvé ça beaucoup plus dur qu’une longue tournée en Europe.
Joe Love : J’ai eu une semaine de pause à Los Angeles et je me suis dit : « Génial, je vais enfin bien manger. » Puis tu te rends compte qu’un morceau de saumon coûte 14 dollars ou un truc comme ça.
Chris Hughes : Hier soir, on est allés dans un bouillon pas loin d’ici. C’était vraiment bon et beaucoup moins cher. Par rapport aux États-Unis, comme Joe le disait, là-bas tu paies 14 dollars pour un morceau de saumon gros comme ça, et il vient probablement d’un élevage. Hier soir, tous les trois, on a dîné avec une bouteille de vin et ça nous a coûté… quoi ? Une vingtaine de livres par personne ? On a mangé du steak, des escargots, du pâté de canard… Qu’est-ce qu’on a pris d’autre ? On a mangé énormément de choses hier soir. C’était vraiment délicieux. Il y avait aussi un steak-frites. C’était très bon. Et maintenant, on a ce petit-déjeuner
La Face B : Cette longue tournée que vous avez faite… Est-ce qu’elle est au cœur de votre nouvel album ? Vous aviez l’air fatigués, épuisés. Je pose la question parce que votre nouvel album s’appelle Cancel Me, I’m Tired.
Joe Love : C’est un peu étrange, parce que cet album n’a pas vraiment encore pris vie. La dernière fois, on avait composé la plupart des morceaux, puis on les a joués en concert pendant environ trois ans avant d’en faire un album. Cette fois, ça s’est passé à l’inverse. On courait un peu partout pour rassembler des morceaux et construire un album. Mais c’est plutôt cool. Je préfère cette façon de faire.
La Face B : Quand avez-vous commencé à écrire ces morceaux ?
Chris Hughes : Environ un jour après notre retour des États-Unis.
Joe Love : Oui. J’imagine qu’à partir du moment où tu termines ton premier album, tu commences déjà à écrire le deuxième. Chaque petite idée que tu as est déjà destinée au prochain disque. Mais je ne m’y suis pas vraiment mis pendant longtemps, et ça a rendu les choses incroyablement difficiles. J’ai laissé traîner pendant six mois… ou quatre mois. Puis à un moment, il faut juste le faire. Domino nous disait : « Bon, il faut y aller. »
La Face B : Est-ce que vous écrivez les paroles avant de composer la musique ?
Joe Love : Non. La plupart des paroles sont arrivées après. J’avais déjà des textes, puis je les ai posés sur les morceaux et je me suis dit : « Tu sais quoi ? C’est de la merde. C’est vraiment de la merde. » (Une moto passe en faisant énormément de bruit.)
Et là je me suis dit : « Allez, tant pis, je vais tout réécrire. » Je crois que ça se passe souvent comme ça : tu trouves d’abord la mélodie, puis tu réalises que tu peux lui donner un sens un peu plus fort. Sur le premier album, j’étais davantage dans l’idée de me dire : je m’en fous si ça n’a pas vraiment de sens. Je ne devrais peut-être pas dire ça. Mais sur celui-ci, je voulais être un peu plus direct.
La Face B : Il y a une critique qui revenait souvent sur le premier album : il était très court. Il y avait peu de nouveaux morceaux, parce que beaucoup étaient déjà sortis auparavant. Est-ce que vous avez tenu compte de cette critique pour ce nouvel album ?
Joe Love : Absolument pas, parce que cet album dure… 32 minutes.
Chris Hughes : Il fait exactement la même durée ! (rires)
Joe Love : Oui, mais celui-là a dix morceaux.
Chris Hughes : Oui, et cette fois… il n’y a que des tueries.
Joe Love : Je pense que la différence, c’est que mon éthique de travail me permet de faire dix chansons d’affilée. Après ça, j’ai juste envie de me tirer une balle. (rires) J’en suis vraiment arrivé à ce stade. C’était dingue. Tu as l’impression que le monde entier te tombe dessus. Puis, quelques mois plus tard, tu te dis : j’aurais peut-être juste pu rajouter deux ou trois interludes. Mes albums préférés sont des albums assez concis. Les albums interminables, ce n’est pas mon truc. Drake sort trois albums… Franchement, qui a envie d’écouter 70 chansons ?
Chris Hughes : Ça ne me donne même pas envie d’appuyer sur lecture. C’est une montagne impossible à gravir.
Joe Love : Et puis c’est du bullshit.
Chris Hughes : En plus, la plupart des morceaux finissent par tous se ressembler.
Joe Love : Oui. Tu n’as pas vraiment l’impression que quelqu’un a mis tout son cœur dans dix chansons et qu’il a essayé de les rendre les meilleurs possibles. Pour moi, c’est comme ça qu’il faut faire : te concentrer à fond sur chaque morceau. Ces mecs ont des ghost producers et tout le reste. Ils font juste des trucs bizarres.
La Face B : Vous m’aviez menti, parce qu’à Rock en Seine vous m’aviez dit que votre nouvel album serait du corporate jazz.
Chris Hughes : Ça allait être du corporate jazz. Du corporate jazz. (rires)
La Face B : Ce n’est pas du corporate jazz.
Chris Hughes : On n’est vraiment pas passés loin.
La Face B : Vraiment pas loin.
Chris Hughes : On a failli en mettre un, juste pour toi.
La Face B : Votre humour est complètement absurde, mais je le trouve aussi beaucoup plus critique et cynique sur le monde d’aujourd’hui. Par exemple : « Life is but a dream of bitching NPCs », « Was gonna write the next line, I can’t be bothered », « Only pro-life ’til you’re born » ou encore « You’re the reason why aliens don’t come ».
Joe Love : C’est ma phrase préférée de tout l’album.
La Face B : Est-ce que Fat Dog fait passer un vrai message derrière toutes ces blagues ?
Joe Love : Je pense que les deux vont de pair, non ?
Chris Hughes : Je pense que c’est quelque chose d’assez britannique : utiliser l’humour pour faire passer un message plus sérieux. Et les gens y adhèrent plus facilement comme ça.
Joe Love : Oui. Et puis tu n’as pas envie d’être trop sincère, putain. Je trouve ça presque gênant parfois.
Chris Hughes : Tu n’as pas envie d’être…
Joe Love : …vraiment sincère, surtout dans tes propres chansons. Il faut y aller avec un peu de retenue. J’ai écrit des choses qui étaient un peu trop sincères sur cet album, et quand je les réécoute, je me dis : « Non. » (rires)
Chris Hughes : Tu deviens Pete Seeger.
Joe Love : Oui. Je pense que l’humour et l’obscurité vont ensemble. Dans ma tête, il faut que ce soit drôle. Tu dois avoir envie de pleurer, mais aussi envie de rire.
Chris Hughes : Ceux-là. (il imite les pinces du crabe)
La Face B : Encore un crabe.
Joe Love : Oui. Il y a encore plus de crabes sur celui-là. Encore plus de crabes. Parce que lui ne voulait plus en entendre parler, alors j’ai dû les ramener. (rires)
La Face B : Le crabe est devenu le deuxième animal de Fat Dog après le chien. Il y a d’abord eu la danse du crabe, puis la stratégie de survie du crabe dans Smile and Wave. D’où vient cette obsession pour les crabes ?
Chris Hughes : Ce sont juste des créatures assez fascinantes, non ?
Joe Love : On prenait énormément de kétamine. C’est la vérité. Et après, on ne pouvait plus marcher droit.
Chris Hughes : Oui, on prenait de la kétamine, puis on se mettait à marcher comme ça. (rires) Mais ce sont aussi des animaux vraiment intéressants en eux-mêmes. C’est drôle parce que, pour une raison quelconque, plein d’espèces finissent par évoluer… en crabes. C’est étrange. Ce sont des créatures bizarres. J’ai l’impression que si les crabes pouvaient parler, ils passeraient leur temps à dire : « S’il vous plaît… non. Tuez-moi. » Ils diraient juste : « Pitié, non, non, non. »
Joe Love : Non, ils sont en colère.
Chris Hughes : Oui, en fait, ils sont clairement énervés.
Joe Love : Les crabes devraient avoir des sourcils, non ?
Chris Hughes : Oui. If Crabs Had Eyebrows. Voilà le titre du troisième album.
La Face B : Vous vous êtes rendu compte que l’album sonne un peu « Eurovision » ?
Joe Love : Oui, c’est vrai qu’il sonne un peu Eurovision. On nous a même proposé de faire l’Eurovision l’année dernière. Donc ça aurait peut-être pu être notre chanson. Enfin, je ne pense pas qu’elle aurait été retenue.
Chris Hughes : Ça n’aurait pas gagné. Mais ça aurait été meilleur que ce que ce mec a fait. (rires) Non… je pense qu’il a fait du bon boulot. Il a fait du mieux qu’il pouvait.
Joe Love : Il s’en est très bien sorti, mon frère.
Chris Hughes : Tu vois sa tête ? Il avait juste l’air un peu seul.
La Face B : Que pensez-vous de Eins, Zwei, Drei de Look Mum No Computer, le futur vainqueur britannique de l’Eurovision, évidemment ?
Joe Love : Nous, on aurait fait mieux. Mais c’était quand même bien.
Chris Hughes : Ce n’est pas ma tasse de thé, mais il a fait de son mieux. Il a montré cet esprit britannique indomptable, donc rien que pour ça, il mérite du crédit.
Joe Love : Tu n’as même pas mentionné Greggs une seule fois.
La Face B : Pour vous, quelle est une bonne chanson de l’Eurovision ?
Chris Hughes : Je ne sais pas… ABBA en a fait de bonnes.
La Face B : Une chanson qui pourrait gagner aujourd’hui.
Chris Hughes : Ah, une chanson pour gagner.
Joe Love : Je pense que Go Fuck Yourself gagnerait. Tu sais, tu aurais les Lituaniens…
Chris Hughes : C’est vrai, en fait.
Joe Love : Tu aurais les Polonais, ils voteraient pour. Je ne pense pas que tout le monde aimerait. Peut-être qu’Israël aimerait.
Chris Hughes : Israël n’aimerait pas. (rires)
Joe Love : Oui… Je ne sais pas.
La Face B : Est-ce que vous avez déjà essayé d’écrire une chanson pour l’Eurovision ?
Chris Hughes : Oui, je vois ce que tu veux dire.
La Face B : Peut-être que vous pensez pouvoir écrire une chanson pour votre pays.
Chris Hughes : Oui, on devrait essayer de faire le prochain Eurovision. Écrire un hymne de l’Euro.
La Face B : Comme un hymne de football ?
Chris Hughes : Oui, comme ceux pour le football. Je crois que mon père a essayé d’en faire un pour l’Euro 1996.
Joe Love : Oui… c’est devenu tellement mauvais maintenant. Tout est parti en vrille.
Chris Hughes : Mon père avait carrément fait enregistrer le son d’un vrai canon qui tirait. C’était assez incroyable. Il faut que je te fasse écouter ça.
La Face B : Vous supportez une équipe de football ?
Chris Hughes : Oui, je suis supporter de Crystal Palace.
La Face B : Vous pourriez mélanger football et musique.
Joe Love : Je ne trouve pas que ça marche. Tu peux mélanger le business et le plaisir, mais je déteste quand les gens… Tu sais, quand ils chantent ces chansons-là…
Chris Hughes : Tu as vu celle de Lynx ?
Joe Love : Oui, c’est affreux.
Chris Hughes : C’est tellement drôle. Kick the ball.
Joe Love : C’est évidemment une blague. Mais non, je ne pense pas que ça aille ensemble. Vraiment pas. Tous ceux qui ont un minimum d’intégrité n’ont pas envie de faire ça…
Chris Hughes : Tu dis ça, mais…
Joe Love : Je ne sais même plus si nous, il nous reste de l’intégrité. (rires)
La Face B : Go Fuck Yourself pourrait devenir un hymne national.
Chris Hughes : Oh, ça ferait un super chant de stade.
Joe Love : Go…
Chris Hughes : C’est comme le truc de Noël, tu sais : « Go and be merry. »
La Face B : C’est vrai. Heart of Darkness est probablement votre chanson la plus romantique. Mais à chaque fois qu’une émotion sincère apparaît sur l’album, elle est immédiatement suivie d’une blague.
Joe Love : C’est vrai.
La Face B : Il y a toujours une blague juste derrière.
Joe Love : Oui, c’est exactement ça. J’essaie d’être sincère, mais je n’y arrive pas. C’est comme quand je parle de mes émotions à ma femme.
Chris Hughes : C’est juste être un mec.
Joe Love : Être un mec anglais. Je n’arrive pas à regarder les gens dans les yeux… Je n’arrive pas à regarder les gens dans les yeux ni à parler de mes émotions. C’est quelque chose sur lequel je dois travailler.
Chris Hughes : Ce que tu viens justement de faire, en le regardant dans les yeux et en parlant de tes émotions.
Joe Love : Parce que je dois travailler là-dessus. C’est parfait.
La Face B : Donc votre musique est une manière de parler de choses sérieuses.
Chris Hughes : Oui.
Joe Love : Oui.
Chris Hughes : Tu écris sur des choses qui te sont vraiment arrivées. C’est comme Robin Williams : tu trouves la douleur, puis tu fais une blague avec. J’ai l’impression que la dernière fois que des gens ont écrit des chansons sur des choses qui n’existaient pas vraiment, c’était dans les années 60, quand plein de hippies écrivaient des chansons sur des gnomes et des fées. C’est très difficile à faire… sauf si tu es complètement défoncé. Au fond, c’est naturel de prendre ce que tu vis et de le transformer en musique. C’est une façon de digérer tes émotions.
Joe Love : Je pense que beaucoup de chansons naissent d’une dispute ou du fait de s’être fait baiser. C’est assez toxique, non ? Tu n’écris presque jamais une chanson qui dit : « On a passé une super journée. » (rires) « Allez, écrivons une chanson là-dessus. » Pour moi, c’est plutôt une émotion à vif, une émotion qui coupe.
Chris Hughes : Les gens écoutent des chansons parce qu’ils veulent y retrouver quelque chose qui leur parle.
Joe Love : C’est quand même très négatif, non ? Je pense que je devrais écrire des chansons plus heureuses.
Chris Hughes : C’est difficile. (rires)
Joe Love : J’essaie de trouver… Une chanson heureuse, ce serait juste : « Quel bon repas. » Je trouve que Cancel Me, I’m Tired est une chanson plutôt heureuse.
Chris Hughes : Elle est assez… affirmée.
Joe Love : Oui, c’est juste une blague. Je pense que tu es de bonne humeur quand tu écris une chanson comme ça.
La Face B : Mais il y a aussi des chansons beaucoup plus tristes. Les deux dernières, surtout Aliens, sont beaucoup plus mélancoliques. Donc Fat Dog n’est pas seulement un groupe chaotique. Ça peut aussi être un groupe pop.
Chris Hughes : C’est ce qu’on essaie de faire. On tente le coup.
Joe Love : Je trouve que le post-punk est ennuyeux.
Chris Hughes : Tout le monde nous colle cette étiquette de post-punk. Surtout en France.
Joe Love : Je trouve ça vraiment chiant. Sans vouloir vexer qui que ce soit, mais si tu restes strictement dans cette voie-là, c’est putain d’ennuyeux.
Chris Hughes : Le post-punk ne veut plus vraiment dire grand-chose aujourd’hui. Ça voulait dire quelque chose pendant peut-être dix ans, dans les années 80.
Joe Love : Je pense que ça voulait encore dire quelque chose il y a une dizaine d’années, vers 2017.
Chris Hughes : Honnêtement, aujourd’hui tout est post-punk. Tout le monde décrit tout comme du post-punk.
Joe Love : C’est mieux quand les groupes créent leur propre son.
Chris Hughes : Ils ne rentrent tout simplement pas dans cette case.
Joe Love : Même en tant qu’auteur-compositeur, ce serait chiant de refaire toujours la même chose.
Chris Hughes : Ce n’est pas drôle de s’enfermer dans ses habitudes quand tu fais quelque chose de créatif. Si toutes tes chansons ressemblent à la même complainte énervée, tu finis par t’ennuyer. Même les jouer devient ennuyeux, alors les écrire…
Joe Love : Quand tu écris quelque chose pour la première fois, j’adore cette sensation. Ça fonctionne parce que c’est nouveau. Mais si je ne faisais que recycler cette formule encore et encore, ça donnerait des chansons de merde. Il n’y aurait plus aucune excitation. Il faut faire quelque chose qui te sorte un peu de ta zone de confort.
La Face B : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire quelque chose de plus pop ? Pour vous, le post-punk… c’est terminé ?
Joe Love : Non, je pense que…
La Face B : Est-ce que ça vous paraît devenu un peu démodé ?
Joe Love : Oui. C’est amusant à écrire. Aucune chanson de cet album n’a vraiment des paroles pop, même si certaines ont une sonorité pop. Tu ne pourrais pas vraiment les passer à la radio. Enfin… c’est un peu une blague. En réalité, j’aime beaucoup les chansons pop. C’est ce qui m’excite en ce moment, parce que, comme je le disais, le délire post-punk commence à être un peu chiant. J’ai envie de jouer des morceaux accrocheurs en concert. Tu peux appuyer sur une touche de clavier et faire de la pop.
Chris Hughes : Faire une pop brillante, propre, toute lisse.
Joe Love : Un truc très années 80. J’adore la pop des années 80.
Chris Hughes : C’était aussi une musique très optimiste.
La Face B : Dans dix ans, qu’est-ce qui vous ferait dire que Fat Dog est un groupe qui a réussi ?
Chris Hughes : Qu’on soit toujours tous là. Enfin… dix ans, ça paraît tellement loin.
Joe Love : « Mon moi » de dix ou douze ans a déjà gagné, parce qu’on a une chanson dans EA SPORTS FC l’année prochaine. Donc « mon moi » de douze ans peut déjà prendre sa retraite. (rires)
Chris Hughes : Il a déjà atteint son objectif. Vous pouvez arrêter maintenant.
Joe Love : Je pense que c’est surtout continuer à faire des morceaux, continuer à être enthousiaste à propos de la musique, faire un autre album. Là, je suis déjà partant pour en faire un nouveau. Quand je suis chez moi, je suis tellement au chômage… Tout ce que je fais, c’est aller au parc. C’est tout. Il faut que ça s’arrête. Le truc, c’est que la musique est une excellente excuse pour s’enfermer chez soi.
Chris Hughes : C’est agréable. Mais je pense que tu veux surtout que ça reste amusant. Tu veux continuer à prendre du plaisir à écrire une chanson.
Joe Love : Sauf que tu n’en prends jamais vraiment, si ? Tu trouves une idée et tu te dis… Au début, tu l’aimes, non ?
Chris Hughes : Et puis ça devient du sérieux.
Joe Love : Oui. Ensuite, tu passes quatre mois à essayer de retrouver la sensation que tu avais quand tu aimais cette idée au départ, alors qu’à la fin tu la détestes. Mais je pense aussi que c’est important d’écrire des chansons de merde. J’en arrive un peu à cette conclusion. Je préfère écrire plein de trucs nuls, tout jeter, puis sortir un quatrième album qui soit, au final, plutôt pas mal.
La Face B : Merci beaucoup pour cette interview. Passez une excellente journée, et à bientôt sur un prochain concert !
Joe Love : Merci de porter notre t-shirt.

ENGLISH VERSION
La Face B: Hello, Fat Dog! You’re fine ?
Joe Love: Yeah. It’s a bit of a rush to start with, but that’s okay.
La Face B: We can wait until you’re done.
Joe Love: No, no, no. We can talk about it.
Chris Hughes: You’ll just hear us talking faster, otherwise we’ll drink the coffee.
La Face B: Is it too early for you?
Joe Love: In the morning?
La Face B: Yeah.
Joe Love: Yes. I got up at about half nine. We went out for a couple of beers yesterday.
Chris Hughes: Went for a nice meal and some drinks. Sorry.
La Face B: Yeah … So, last time we met was at Rock en Seine 2025, during the festival in August. I don’t know if you remember.
Joe Love: Yeah, I remember this.
La Face B: What have you been up to since that tour?
Chris Hughes: Oh, did we go to the States after?
Joe Love: No... We went to Sheffield, and then about a week later we went to America for a month.
Chris Hughes: Yeah, pretty much. We didn’t have much time in between. We basically went across the States, to the West Coast and then the East Coast, kind of losing our minds along the way. The heat was too much in California for me. So we did that, then came straight back from America and went into this...
Joe Love: Made an album.
Chris Hughes: Made an album, yeah. And that pretty much brings us to now.
La Face B: Was it a good experience, touring the US?
Chris Hughes: It was humbling, because we’d just played that Rock en Seine gig to about 20,000 people, and then we were playing in Sacramento to about six people.
Joe Love: It’s weird in America, because sometimes you turn up and there are five people.
Chris Hughes: And two of them are bartenders who have to be there. One of them’s a bouncer. Then there’s just, like, the local weirdo.
La Face B: But you still need to take care of your audience.
Joe Love: Yeah, that’s what we’ve always done. We played to about four people, then six people, then eight people. It’s just a lot more expensive when you’re doing it in America.
Chris Hughes: In London, you can do that for weeks and weeks.
La Face B: Did you lose money touring in the US?
Chris Hughes: God, yeah. Jesus. It’s so expensive.
Joe Love: Yeah, it’s a crazy amount of money, especially when you’ve got a seven-person band.
La Face B: It was a long tour for you.
Chris Hughes: It felt very long.
Joe Love: It was fucking long. We were there for a month. A month is quite long, isn’t it? We probably had six, seven, maybe eight days off in between. Maybe a bit longer.
Chris Hughes: A month in Europe feels different from a month in America. In Europe, you can eat well every day and have a good time. Then you go to America, and by the second week you can feel your arteries filling up.
Joe Love: You’re slowly treading water. You’re just slowly dying.
Chris Hughes: Exactly. I found that much rougher than doing a long tour.
Joe Love: I had a week off in LA and thought, “Oh yeah, I’m going to eat some good food there.” But a piece of salmon is like $14 or something.
Chris Hughes: Last night we went to one of those bouillons not far from here. It was really good and way cheaper. Compared to America, like Joe was saying, you pay $14 for a piece of salmon this big, and it’s probably from a farm. Last night the three of us had dinner with a bottle of wine, and it was, what, £20 a head? We had steak, escargots, duck pâté... What else did we have? We had so much food last night. It was really tasty. Steak and chips too. That was good. And now we have this.
La Face B: So that long tour you had... is it the subject of your new album? Because you seem tired and exhausted. Iasked because the title of your new album is Cancel Me, I’m Tired.
Joe Love: It’s a bit weird because it hasn’t really become a real thing yet. Last time, the album was basically... we made most of the songs, then played them live for about three years, and then made the album. This time it was the other way around. We were scrambling around trying to get stuff together for an album. But it’s kind of cool. I prefer it this way.
La Face B: When did you start writing these songs?
Chris Hughes: About a day after we got back from America.
Joe Love: Yeah. I suppose as soon as you finish your first album, you start writing your second album, because every little idea you have is going towards the next record. I’d probably say that. But I didn’t really get my ass into it for a long time, and that made it incredibly difficult. I left it for six months... or four months. Then you just have to get it done. Domino was saying, “Yeah...”
La Face B: Do you write the lyrics before creating the music?
Joe Love: Most of the lyrics were done afterwards. I had lyrics, then I put them on the songs and thought, “You know what? This is shit. This is shit, man.” (A very loud motorcycle passes by.) Then I was like, “Yeah, fuck it. I’ll just rewrite them” I think it’s one of those things where you get the melody down first, and then you realise, “I could actually make this mean something a bit more.” On the first album, I was a bit more like... I just didn’t really give a shit if it didn’t make sense that much. I probably shouldn’t say that. But on this one, I wanted to be a little more on the nose.
La Face B: On the first album, there was one criticism that came up a lot. It’s a very short album. There were only a few new songs because a lot of them had already been released before. Did you listen to that criticism for this album?
Joe Love: Well, definitely not, because this album is 32 minutes long.
Chris Hughes: It’s the same length! (laughs)
Joe Love: I mean, this one’s got ten songs.
Chris Hughes: Yeah, this one’s actually... it’s all killer.
Joe Love: I think it’s different because my work ethic can only make ten songs in a row before I start feeling like I’m going to shoot myself. (laughs) I got to that point. It was crazy. It feels like the whole world’s coming down on you a bit. Then you give it a couple of months and think, “I probably could have just slapped some interludes in there or something.” My favourite albums are still quite concise albums. I’m not really down for... Drake released, what, three albums? Who gives a shit about listening to 70 songs?
Chris Hughes: It makes me not even want to listen to it because it’s an impossible mountain to climb.
Joe Love: Also, it’s bullshit.
Chris Hughes: They mostly just sound the same.
Joe Love: Yeah, it’s not really like someone’s put all their love into ten songs and really tried to make them work. I feel like that’s the way to do it. You’ve got to be really focused on them. These guys have ghost producers and shit. They just do some weird shit.
La Face B: You lied to me, because during Rock en Seine you told me your new album would be corporate jazz.
Chris Hughes: It’s going to be corporate jazz. Corporate jazz. (laughs)
La Face B: It’s not corporate jazz.
Chris Hughes: It nearly was.
La Face B: It nearly was.
Chris Hughes: We almost put one in there for you.
La Face B: Your humour is absurd, but I also find it more critical and cynical about today's world. For example: "Life is but a dream of bitching NPCs" ; "Was gonna write the next line, I can't be bothered" ; "Only pro-life 'til you're born" or "You're the reason why aliens don't come"
Joe Love: That’s my favourite lyric on the album.
La Face B: Does Fat Dog have a real message behind those jokes?
Joe Love: I think they kind of sit hand in hand, don’t they?
Chris Hughes: I think that’s quite a British thing, using humour to convey a more serious message. People can get behind that more easily as well.
Joe Love: Yeah. And also, you don’t want to be too fucking sincere. I think that’s gross sometimes.
Chris Hughes: You don’t want to be...
Joe Love: ...really sincere, especially in your own songs. You want to tread lightly.
I’ve made stuff that’s a bit too sincere on this album, and I hear it and I’m like, “Nah.” (laughs)
Chris Hughes: You’re like Pete Seeger.
Joe Love: Yeah. I think it all comes hand in hand, doesn’t it? The humour and the darkness. In my mind, you have to make it funny. You want to cry, but you want to laugh.
Chris Hughes: These ones.
La Face B: A crab.
Joe Love: Yeah. There are more crabs in here. More crabs. Because he doesn’t want to do it anymore, so I had to bring it back. (laughs)
La Face B: The crab has become the second Fat Dog animal after the dog. First there was the crab dance, then the crab survival strategy in Smile and Wave. Where does the crab obsession come from?
Chris Hughes: They’re just quite interesting creatures, aren’t they?
Joe Love: We used to get really ketamined up. That is the truth. Then we couldn’t walk straight.
Chris Hughes: Yeah, so we’d do ketamine, then we’d start walking like this. (laughs) But they’re also really interesting animals in their own right. It’s funny that, for some reason, loads of creatures end up evolving back into crabs. That’s strange. They’re weird creatures. I feel like if crabs could speak, the whole time they’d just be going, “Please, no. Kill me.” They’d be like, “Please, no, no, no.”
Joe Love: No, they’re angry.
Chris Hughes: Yeah, they’re definitely angry, actually.
Joe Love: They should definitely have eyebrows, shouldn’t they?
Chris Hughes: Yeah. If Crabs Had Eyebrows. That’s the name of the third album.
La Face B: Did you realise the album before Eurovision?
Joe Love: Yeah, it does sound a bit like Eurovision. We actually got asked to do Eurovision last year, so maybe that would have been the entry. I don’t think that would have got fucking in anyway.
Chris Hughes: That wouldn’t have won. But it would have been better than whatever that guy did. No, I think that guy did a good job. He did as good a job as he could have done.
Joe Love: He’s done great, bro.
Chris Hughes: You see that face of his? He’s looking a bit lonely.
La Face B: What do you think of Eins, Zwei, Drei by Look Mum No Computer, the future UK Eurovision winner, of course?
Joe Love: We would have done better, but it was still good.
Chris Hughes: Not my cup of tea, but he tried his best. He showed that indomitable British spirit, so give it to him for that reason.
Joe Love: You didn’t mention Greggs once.
La Face B: What’s a good song for Eurovision, for you?
Chris Hughes: I don’t know. ABBA had some good ones.
La Face B: A song to win.
Chris Hughes: Oh, a song to win.
Joe Love: I think Go Fuck Yourself would win. You know, you’d get the Lithuanians...
Chris Hughes: That’s true, actually.
Joe Love: You’d get the Polish, they’d vote for it. I don’t think people would like it. Maybe Israel would like it.
Chris Hughes: Israel wouldn’t like it. (laughs)
Joe Love: Yeah... I don’t know.
La Face B: But have you ever tried to write a Eurovision song?
Chris Hughes: Yeah, I get that.
La Face B: Maybe you think you could write a song for your country.
Chris Hughes: Yeah, we should try and do the next Eurovision. Try and write a Euro anthem.
La Face B: Like a football anthem?
Chris Hughes: Yeah, like the football one. I think my dad tried to do one for Euro 1996.
Joe Love: Yeah, it’s so bad now. It’s all gone downhill.
Chris Hughes: My dad actually had someone record a real cannon firing. It was kind of sick. I’ve got to show you that, actually.
La Face B: Do you support a football team?
Chris Hughes: Yeah, I’m a Crystal Palace fan.
La Face B: You could mix football and music.
Joe Love: I don’t think it’s good. You can mix business and pleasure, but I fucking hate it when people... You know, when they’re singing those songs...
Chris Hughes: Did you see the Lynx one?
Joe Love: Yeah, that’s terrible.
Chris Hughes: It’s so funny. Kick the ball.
Joe Love: It’s obviously a joke. But no, I don’t think they mix. I don’t think they mix. Anyone with a little bit of integrity doesn’t want to...
Chris Hughes: You say that, but...
Joe Love: I don’t know if we’ve got any integrity left. (laughs)
La Face B: Go Fuck Yourself could be a national anthem.
Chris Hughes: Oh, that would be a good football chant.
Joe Love: Go...
Chris Hughes: It’s like the Christmas thing, you know. “Go and be merry.”
La Face B: It’s true. Heart of Darkness is probably your most romantic song. But every time a sincere emotion appears on the album, it’s followed by a joke.
Joe Love: It’s true.
La Face B: It’s always followed by a joke.
Joe Love: Yeah, that’s what I mean. I’m trying to be sincere, and I can’t do it. It’s like talking to my wife about my emotions.
Chris Hughes: Just being a bloke.
Joe Love: Being an English bloke. I can’t look people in the eyes...
Joe Love: I can’t look people in the eyes or talk about my emotions. That’s something I’ve got to work on.
Chris Hughes: Which you just did while looking him in the eyes and talking about your emotions.
Joe Love: Because I’ve got to work on it. This is terrific.
La Face B: So your music is a way of talking about serious things.
Chris Hughes: Yeah.
Joe Love: Yeah.
Chris Hughes: You write about things that have actually happened. It’s like Robin Williams: find the pain, make the joke about it. I feel like the last time people wrote songs about things that weren’t happening was when loads of hippies were writing songs about gnomes and fairies in the ’60s. It’s really hard to do... unless you’re off your head. It’s just natural that you take experiences and turn them into music. It’s a way of processing your emotions.
Joe Love: I think a lot of songs come from getting into an argument or being fucked over. It’s quite toxic, isn’t it? You’re not usually writing a song like, “Oh, we had a really nice day out.” (laughs) Let’s make a song about that. For me, it’s more about cutthroat emotion.
Chris Hughes: People go to songs because they want something they can relate to.
Joe Love: It’s quite negative, though, isn’t it? I do think I should write some happier songs.
Chris Hughes: It’s hard to do. (laughs)
Joe Love: I’m just trying to think... A happy song would be like, “Lovely meal.” I think Cancel Me, I’m Tired is quite a happy song.
Chris Hughes: It’s quite... defined.
Joe Love: Yeah, it’s just a joke, isn’t it? I think you’re in a happy mood if you write a song like that.
La Face B: But there are sadder songs too. The last two songs, especially Aliens, feel much more melancholic. So Fat Dog isn’t just a chaotic band. It can also be a pop band.
Chris Hughes: That’s what we’re trying. We’re giving it a go.
Joe Love: I think post-punk is boring.
Chris Hughes: Everyone calls us post-punk as well. Especially in France.
Joe Love: I think it’s fucking boring. No offence to people out there, but if you stay strictly in that lane, it’s so fucking boring.
Chris Hughes: Post-punk doesn’t really mean anything anymore. It meant something for maybe ten years in the ’80s.
Joe Love: I think it meant something ten years ago, like in 2017.
Chris Hughes: To be honest, everything’s post-punk now. Everything gets described as post-punk.
Joe Love: It’s better when bands create their own sound.
Chris Hughes: They don’t really fit into that label.
Joe Love: Even as a songwriter, that would be boring.
Chris Hughes: It’s not fun to get set in your ways if you’re doing something creative. If every song sounds like the same angry dirge, you get so bored. Even playing it, let alone writing it.
Joe Love: When you write something for the first time, I love it. I think it works because it’s new. But if I was just going to rehash it again, they’d be shit songs. There’s no excitement in that. You need to do something that puts you out of your comfort zone a bit.
La Face B: What made you want to write something more pop? For you, is post-punk... over now?
Joe Love: No, I think it’s...
La Face B: Is it becoming old-fashioned for you?
Joe Love: Yeah. It’s fun to write. None of the songs on this album really have pop lyrics, even if some of them have pop sounds. You couldn’t really put them on the radio. I mean, that’s kind of a joke. I actually quite like pop songs. They’re exciting to me right now because, like I was saying, the post-punk shit is kind of boring. I want to play stuff live that’s catchy. You can bang a key and make some pop music.
Chris Hughes: Make some glistening, clean, shiny pop.
Joe Love: Kind of ’80s stuff. I love ’80s pop music.
Chris Hughes: That music was also very optimistic.
La Face B: In ten years, what would make you say that Fat Dog has been a success?
Chris Hughes: That we’re all still going. I guess in ten years... that seems like a long way away.
Joe Love: My ten-year-old, or twelve-year-old, self has already won because we’ve got a song in EA SPORTS FC next year. So my twelve-year-old self is already done. (laughs)
Chris Hughes: He’s passed that milestone. Just stop doing it now.
Joe Love: I think it’s about making more tunes, still being excited about music, making another album. I’m down to make another album now, man. I’m so unemployed when I’m at home. All I do is go to the park. That’s it. I need to stop. The thing is, music is a great reason to lock yourself away.
Chris Hughes: It is nice. But I think you just want it to keep being fun. You want to enjoy the process of writing a song.
Joe Love: You never do, though, do you? You come up with something and you’re like... Yeah, you like it at the start, don’t you?
Chris Hughes: And then it gets real.
Joe Love: Yeah. Then you spend four months chasing the feeling you had when you first liked it, and by the end you hate it. But I think it’s cool to write shit songs as well. I’m kind of getting to that point. I’d rather write loads of shit, throw it all out, and then come out with a fourth album that’s actually half decent.
La Face B: Well, thank you for the interview. Have a great day, and see you at the next festival.
Joe Love: Thank you for wearing the T-shirt.
La Face B: Thank you.