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Rora and the Untamed : " les meilleures choses arrivent lorsque l'on sort de sa zone de confort "

Après plusieurs années à composer dans l'intimité de leur studio et à ne partager leurs morceaux qu'avec leur chat. Aurora Nishevci de The Last Dinner Party et le compositeur Nathen Durasamy dévoile leur album, Do You Like Me Now ? Rencontre avec Rora and the Untamed.


English version down below


La Face B : Votre album, Do You Like Me Now ? est sorti ce vendredi. Comment se sont déroulés ces derniers jours ?

Aurora : À vrai dire, nous sommes tombés malades. Le jour même de la sortie de l'album, nous nous sommes réveillés en nous disant : « Oh non ». Nous sommes comme éteints sous le coup de tout le travail que nous avons fourni ces derniers temps.

Nathen : Nous avons passé au moins 30 jours à travailler sans relâche, notre corps a simplement dit : « Non, tu dois arrêter maintenant. » L'album est sorti et toute la fatigue est arrivée, alors nous sommes restés au lit pendant trois jours.


LFB : Malgré la maladie, comment vous sentez-vous à l'idée que l'album sur lequel vous avez tant travaillé est enfin entre les mains des auditeurs ?

Nathen : Exalté, vulnerable, anxieux, aux anges , et tous les sentiments au milieu.

Aurora : C'est difficile de concevoir que les gens ont écouté et écoutent notre album, car nous l'avons nous-mêmes écouté tant de fois. C'est étrange de se dire que les auditeurs l'écoutent pour la première fois.

Nathen : Nous vivons avec ce projet depuis tellement de temps que cela nous surprend que personne ne l'ait encore entendu.


LFB : À propos d'écouter l'album pour la première fois. Il y a une question que j'aime poser : Où est-ce que les auditeurs devraient écouter, Do You Like Me Now ?, pour la première fois, selon vous ?

Aurora : Ooh, quelles sont les meilleures conditions d'écoute ? Mon endroit préféré pour écouter de la musique est dans la voiture, ce qui n'est pas idéal car on ne peut pas écouter de la musique correctement dans une voiture, c'est souvent très bruyant. Mais cette sensation de conduire, particulièrement quand le premier morceau se lance, est spéciale.

LFB : C'est comme conduire vers une autre dimension.

Aurora : Oui, je pense que c'est mon endroit préféré.

Nathen : C'est pareil pour moi. J'adore écouter de la musique quand je voyage, dans mon esprit, c'est comme si je devenais une autre personne, un personnage qui explore un monde au coeur de la musique. Je pense que c'est comme ça que l'on devrait écouter de la musique, en explorant le monde.


LFB : Vous composez de la musique ensemble depuis longtemps. Quand avez-vous réalisé que vous ne vouliez plus seulement faire ça pour vous, mais que vous souhaitiez le partager ?

Nathen : Cela ne s'est pas déclenché un jour en particulier. Nous avons toujours composé ensemble, parfois il s'agissait de chansons, parfois c'était de la musique de film, ou pas. Comprendre ce que nous voulions raconter au travers de nos morceaux fut une aventure. Au fur et à mesure des morceaux, cela nous a semblé plus évident. C'est ainsi que nous avons créé cet album.

Aurora : L'écriture nous vient assez naturellement. À l'inverse, ce choix de le partager est plus réfléchi. Puis, nous nous sommes demandé sous quelle forme nous allions le partager, car nous avions tellement de chansons. Nous avions l'impression que Rora And The Untamed, en tant que groupe, avait du sens. Nous avions envie de le faire ensemble, car c'est agréable de partager ce travail avec son partenaire. Faire de la musique ensemble est spécial, les interviews sont spéciales, puis toutes les séances photos et le reste.

Mais il n'y a pas eu de déclic, on s'est simplement demandé : « Est-ce que l'on devrait le faire ? Essayons et voyons où ça nous mène au fil du temps. » L'image de ce que nous souhaitions est devenue plus claire au fur et à mesure.


LFB : Etait-ce stressant pour vous de démarrer cette nouvelle aventure ?

Nathen : Complètement. Je ne suis jamais sous les projecteurs et je n'en ai pas envie. J'aime être dans mon studio en compagnie de mon chat en train de composer, c'est mon espace de réconfort. Choisir de sortir de la lumière, alors que j'observe Aurora le faire, n'a pas été facile. Je pense que ma première réponse a été : « Non, je ne veux pas le faire. J'écrirai la musique si tu le souhaites, mais c'est toi qui seras sur scène. »

Aurora : Je pense que les meilleures choses arrivent lorsque l'on sort de sa zone de confort. Je suis toujours à la recherche de cela, je suis peut-être accro au stress, car c'est à cet instant que des choses magiques se produisent. C'est lors de ces moments que l'on en apprend le plus sur soi-même et que l'on grandit en tant que personne. C'est effrayant et vulnérable, certes, mais c'est important de le faire.


LFB : Pour aborder plus en détail l'album, pouvez-vous évoquer votre processus créatif ?

Nathen : Pouvons-nous parler des couches ?

Aurora : Oui, tu peux.

Nathen : La manière dont nous composons est sous forme de couches. C'est-à-dire que l'un d'entre nous démarre, puis l'autre vient ajouter sa proposition, qui peut être le squelette du morceau. Puis, à nouveau, l'autre ajoute son travail par-dessus, et ainsi de suite.

Aurora : Exact, nous travaillons rarement dans la même pièce.

Nathen : Ce n'est pas vrai. Il nous arrive d'en discuter dans la cuisine.

Aurora : Nous sommes dans la même maison. Mais nous avons nos propres configurations, chacun à son bureau avec nos instruments, etc. Donc, lorsque je travaille sur un morceau, il travaille sur un autre. Puis, au milieu de la journée, quand l'on commence à perdre espoir et que l'on se demande ce que l'on fait, on fait appel l'un à l'autre afin d'avoir son avis. C'est un processus que j'affectionne particulièrement, car cela nous motive et nous permet de voir les choses sous un nouvel angle.


LFB : Combien de temps a nécessité la composition des morceaux ?

Nathen : Cela depends. Certaines chansons ont nécessitées une heure et d'autre plusieurs semaines.

Aurora : C'est assez car The Hearse était une composition pour un film au depart. Ce n'était que de l'instrumental. Nous aimions tellement ce morceau que nous avons décidé de lui donner une seconde vie en se demandant quels mots mettre dessus ? Car lorsque tu écris pour un film qui n'existe pas encore, tu essayes de t'imaginer une scène, un sentiment.

Nathen : Je pense que Do You Like Me Now ?, le morceau, est venu à un moment où nous avions déjà beaucoup de morceaux. Les paroles de ce dernier, qui résume bien chaque chanson du projet, ont été trouvées lors d'une longue discussion de près d'une heure autour d'un café que j'ai confectionné dans la cuisine.

Le morceau est une composition d'Aurora sur laquelle j'ai ajouté mes idées afin de le proposer pour une série que nous n'avons pas obtenue.


LFB : Vous évoquez les musiques de film. C'est assez intéressant car, lorsque j'ai écouté l'album pour la première fois, j'ai eu l'impression que cela provenait d'une comédie musicale. Était-ce intentionnel ? Avez-vous réfléchi à l'idée de conter une histoire ?

Aurora : Je pense que oui. L'histoire de se trouve pas dans les paroles mais plutôt dans l'instrumental, il y a eu certaine narration. La construction de l'album fut comme un puzzle, en essayant d'emboîter les morceaux pour que ces derniers fonctionnent entre eux de façon fluide. Les chansons voguent entre les genres musicaux. L'album s'ouvre avec des compositions plutôt sombres, à travers des sonorités électroniques et se clôturent avec l'arrivée de compositions qui comportent plus d'instruments live.

Nathen : Quand tu poses la question Do You Like Me Now ? Elle peut être sarcastique, sérieuse ou desespérée. Ainsi chaque morceau est une version différente de cette question. Elle prends plusieurs formes et se métamorphose.


LFB : Quelles étaient vos inspirations pour cet album ?

Aurora : Labyrinth, c'est un artiste versatile et possède ces inspirations orchestrales que l'on affectionne. C'est aussi un compositeur de musique de films. Rosalia, nous l'avons vu en live et étions complètement transportés, son univers artistique à un autre niveau ! Tous ses éléments électroniques avec la participation de Björk qui est aussi une grande influence.

Nathen : Je suis particulièrement influencé par Stromae et Yamê.

Aurora : J'adore Christine and the Queens, Alice Glass. SOPHIE est une grande influence avec son univers et son travail autour de la musique hyperpop.

Nathen : Mulatu Astatke, jazz ethiopien. Bernard Herrmann, un compositeur de musique de films m'inspire particulièrement sur les arrangements des cordes.

Aurora : Florence and the Machine dont on retrouve l'influence sur le morceau d'ouverture. Et évidemment, le groupe The Last Dinner Party, faire partie de ce groupe se retrouve dans ce que je produit.

Nathen : C'est aussi le meilleur groupe au monde !


LFB : Aux côtés des artistes que vous nommez, il y a beaucoup de références à la mythologie au sein de l'album. En l'écoutant, j'ai réalisé à quel point ces textes, bien qu'écrit il y a longtemps, sont toujours d'actualité. La littérature a-t-elle joué un rôle important lors de l'élaboration de Do You Like Me Now ?

Aurora : Je ne dirais pas que je suis une grande lectrice.

Nathen : Tu te rabaisses, ce n'est pas vrai.

Aurora : J'adore ça, c'est vrai. Oui, la mythologie grecque et nordique a influencé certains morceaux. On retrouve l'histoire d'Héphaïstos sur Artisan Lover, évidemment la figure des Valkyries sur le morceau du même nom. Si ces histoires sont encore pertinentes à notre époque, c'est grâce au fait que ce sont des histoires sur des êtres humains. Des récits universels auxquels nous nous connectons. Alors nous écrivons en y faisant référence et cela nous aide, pour lire nous aide à nous comprendre en tant qu'être humains : nos émotions et comment nous les vivons.

Mais c'est aussi amusant de prendre ces personnages qui existent déjà et de les transformer complètement en les intégrant à son propre univers. Artisan Lover est inspiré par Héphaïstos mais nous ne parlons pas du dieu grec. Écrire des chansons te permet de prendre tellement de libertés.

Nous puisons aussi dans nos expériences personnelles pour écrire. Je pense que je suis encore trop timide pour écrire frontalement comme Lily Allen, par exemple, et dire « À 5 h du matin, cet homme n'a pas répondu à mon message et je suis en colère contre lui. »

Nathen : C'est la magie de l'art, les grandes histoires racontent la vérité en utilisant le mensonge. Parfois c'est encore plus honnête quand tu n'es pas précis. je crois que je viens de voler une réplique de V for Vendetta, et je n'ai pas honte de l'admettre.

LFB : Je me demandais pourquoi cela me semblait si familier.

Nathen : Je ne l'ai même pas fait exprès.


LFB : Dans le press kit vous dites que l'album évoque votre relation avec le rôle d'artiste. Quelle est votre définition d'un artiste ?

Aurora : Quand je suis allée à l'école de musique pour la première fois afin d'étudier la composition. Tout le monde me catégorisait comme une compositrice, car je l'étudiais, les enfants qui apprenaient le violon étaient dans la case des violonistes, etc. Tu portais une étiquette dès que tu intégrais le lien. Pourtant, je me disais : « Je ne suis qu’un enfant. J'aime aussi dessiner lors de mes temps de loisir, cela ne fait pas de moi un peintre. » J'aime composer, cela ne veut pas dire que je suis une compositrice. Je l'étudie car ça m'intéresse.

Avec du recul, c'est étrange que désormais, c'est comme ça que l'on me nomme et ce qui me définit. Je pense que lorsque tu décides de te déclarer comme un artiste, c'est ce que tu es. Tu crées tes propres règles, ta propre mythologie et c'est quelque chose de puissant. Plus tard, j'ai aussi compris que lorsque la manière dont tu te présentes aux autres à une importance. Lorsque je me présentais comme une professeur de piano, j'obtenais des emplois dans ce domaine. Quand tu dis aux autres ce que tu es, tu le deviens, c'est comme de la manifestions.

LFB : Cela t'aides également à comprendre ce que tu veux être et ce que tu es.

Aurora : Exactement . Tu apprends et le définis car c'est ce que tu veux comprendre. Je pense que quelqu'un qui s'engage créativement parlant est un artiste.


LFB : J'ai aussi pu lire que cet album provient de l'amour et de la joie. Où trouvez-vous ces émotions au quotidien ?

Nathen : Honnêtement, faire de la musique nous rend vraiment heureux. Récemment, nous avons travaillé sur un projet de long-métrage, on se levait à 6 h du matin. Nous avons continué à écrire et à composer toute la journée. Il était minuit lorsque nous avons fini, nous étions tellement investis que nous en avons oublié de manger et de se reposer. Mais c'est ce qui nous fait vibrer ! Malgré l'effort nous n'avions qu'une hâte, c'était de recommencer le lendemain.

J'aime le fait de trouver de l'amour dans cet état de création.

Aurora : Je pense que je trouve ces émotions dans le fait de réaliser des choses pour mon enfant intérieur. L'amour et le bonheur peuvent venir du fait d'être bienveillant avec soi ou l'enfant qui sommeille en nous, de rester ouvert et joueur. L'amour vient aussi de notre entourage, de nos amis, notre famille, ceux qui nous soutiennent.


English Version


La Face B : Your album, Do You Like Me Now ?, was released this Friday. Howe have you’ve been since then ?

Aurora : Well, we’ve been sick for the last few days. Literally, the day the album came out, we were both in bed like : « Oh no ». We totally crashed out, we'd been working so hard.

Nathen : It felt like we'd done 30 days, at least, without a day off, and then our body just went : « nope, you need to stop now ». The album came out and we just crashed and stayed in bed for about three days.


LFB : How do you feel about the album you’ve been working on for some time finally being out ?  

Nathen : Elated, vulnerable, anxious, over the moon, and all the feelings in between. 

Aurora : It’s hard to conceive that people have listened to it, because we've listened to it so much. Weird to think that people are just hearing it for the first time. 

Nathen : We’ve lived with it for so long that it surprises us than no one heard this.


LFB : Talking about listening the album for the first time. There's this question I like to ask : Where do you think people should listened to Do You Like Me Now ? for the first time ?

Aurora : Ooh, the best listening conditions ? Well, my favorite place to listen to music is in the car, which is not good because you can't hear it properly, because it’s so loud. But the feeling of being in a car, especially when the first track comes in is special.

LFB : It's like you're driving into another dimension. 

Aurora : Yeah, I think that's my favorite place to listen to music. 

Nathen : I think the same for me. I love listening to music when I'm travelling because in my mind, I kind of become a character exploring this world in the music. And I think that's how our music should be listen to.


LFB : You’ve both been making music together for such a long time now. When did you realized you wanted to share those creations ? 

Nathen : It wasn't like a day in particular. We've always been writing music together, sometimes it was songs, sometimes it was film music, sometimes it wasn't. Finding out what we wanted to say as songs was an exploration. And over time, we figured out what it was as each song became more and more obvious to us. And through that, we created an album. 

Aurora : The writing happens naturally. But deciding to share it is more of a conscious. Then deciding how to share it, because we've got so many songs, so deciding which ones fit together as a project. It just felt like Rora and the Untamed as a band, as a concept, made sense to us with this collection of tracks that we have.

We wanted to do it together because I think it's so nice to share something you’ve created with someone as a whole. To play the music together is special, to do interviews together is special. And all the photo shoots and stuff.

There wasn't like a click moment. It was like : "Should we do this? Let's try, and see what comes out of it and what feels right over time". The picture of what it should be becomes clearer rather than like bingo moment.


LFB : What is stressful for you to make the decision and to start this new music journey?

Nathen : Totally, yeah. I'm never in the spotlight and I don't really want to be. I like to be in my studio with my cat writing music. That's my happy space. The decision to be in the spotlight as I watched my partner do that in her life. That wasn't an easy decision. I think my first response was no, actually. I don't want to do it. I'll write the music and then you just go along and do it live.

Aurora: I think the best things happen when you're slightly out of your comfort zone. And so that's what I'm always searching for. I think I'm maybe a bit addicted to stress because that's when the most magical things happen. And that's when you learn more about yourself and you grow as a person, hopefully. This was scary and vulnerable. So that's why it felt important to do it. 


To go in depth on the album, can you explain your creative process ?

Nathen : Should we talk about layers? 

Aurora : Yeah, talk about layers.

Nathen : The way we make music is we tend to work in layers. Either one of us might start, then one of us will make one layer, maybe it's the skeleton. And another one of us will put another layer on top. The other one will just carry on working in layers like that. 

Aurora : Yeah, we actually rarely work in the same room together. 

Nathen : That’s not true. Because when we run down to the kitchen, we argue about stuff. 

Aurora : We’re in the same house. But we have our own setups. We have our own desks and instruments and things. So while I'm working on one song, he'll be working on another one. And then halfway through the day, when you lose hope and faith, and you're like : "What the hell am I doing ?" We call up to each other, then we edit each other's work or bring something new to the table. I really enjoy that process that we have. Because it keeps us motivated and keeps things fresh. 


LFB : How long did it take to construct the tracks? 

Nathen : It can go on like that within an hour, it varied. Some songs were done in like an hour. And some songs took weeks.

Aurora : It’s funny, with The Hearse, we were using it to pitch films. It was film compositions, it was just instrumental. We really love the track we asked ourselves : Why don't we give them an extra life ? What would the words be ? Because when you write for a film that doesn't exist yet, you're kind of trying to imagine a scene or a feeling. 

Nathen : But I think with Do You Like Me Now ?, it came at a pinnacle moment where we had done a lot of the other songs. And the lyrics for this track, which does sum up every song, were the lyrics we were arguing about for a good hour while I was making coffee in the kitchen. It was originally some sound design that Aurora did. And then, I did some work to create it into a cue for a pitch for a TV show that we never got.


LFB : You talk about making film music. It's interesting, when I first listened to the album, it really sounded like musical to me. Was it intentional, did you think about telling a story ? 

Aurora : I think so, yeah. Not conceptual in a way of lyrics or telling a story, but musically, there's a musical kind of narrative, I'd say. It felt like a puzzle, trying to put together the tracks that feel like they're in the same world and kind of flow into each other the best.

Because all the songs do kind of drift through genres. It feels like it starts very dark and goes through this kind of electronic, dark space, then starts to open up towards the end. Like it kind of brightens up into sunshine and more live instruments come in, especially on the last track.

Nathen : When you ask the question : Do you like me now ? You can ask it sarcastically, you can ask it earnestly, you can ask it desperately. And I think each track is a different form of how you ask it. Each one is a different persona that's morphing and changing.


LFB : What were your inspirations for the album ?

Aurora : Labyrinth, because it's such a versatile artist and has those kind of orchestral influences and obviously is a film composer as well. Rosalia, we saw live and we were blown away. Her artistry is next level. And all the electronic elements with Björk as well is massive, massive influence.

Nathen : I'm influenced by Stromae and Yamê.

Aurora : I love Christine and the Queens, Alice Glass. SOPHIE is a massive inspiration with her work in PC world music. Mostly on the electronic tracks. 

Nathen : Mulatu Astakte, ethiopian jazz. Bernard Herrmann, a classic film composers, definitely plays a part in the string arrangements.

Aurora : Florence and the Machine on the first track, I'd say, was a big influence. And the band, The Last Dinner Party, like obviously being in that band, just it seeps into what you make as well. 

Nathen : And it's the best band in the world.


LFB : Alongside like the artists that you name, there's a lot of reference from literature, from mythology. Listening to it, made me realize also how mythology, even if written long, long ago, is still actual. Did literature took a lot of place in the making of the album ? 

Aurora : I wouldn't say I'm like a massive reader.

Nathen : You're putting yourself down. That's a lie.

Aurora : I love it. But I'd say like Greek mythology, Nordic mythology was definitely an influence on the tracks. The story of Hephaestus influenced Artisan Lover. Obviously, Valkyries is inspired by Nordic mythology. 

They are so relevant because they're just stories about people. It's just these universal stories that we connect to. So we write about it and it helps us. Like reading helps you understand yourself, your emotions and how you experience them.

But it's like also fun to take these characters that already exist and then completely shift them in your mind, to create a fantasy around that. So like Hephaestus, that is based on that story, but it's not actually about that Greek god. You can take so many liberties in songwriting. And there's always like experiences from your real life. I think I'm too scared to be as direct as Lily Allen, for example, to say exactly : "at 5 a.m. in the morning, that man didn't text me back and I'm really angry". I'm quite scared to be that direct.

Nathen : It's that thing with great art, great stories are the truth, but using lies to tell the truth. Sometimes it's even more honest when you're kind of not being specific. I think I just stole that thing from V for Vendetta, and I'm not ashamed to admit that.

LFB : I was wondering where I've heard it before this. 

Nathen : I didn't even do that on purpose.

LFB : I've read on the Press Kit that the album is about the relationship as an artist. What is your definition of an artist? 

Aurora : When I first went to music school and studied composition. Everyone was calling me a composer, the kids playing violons was a violinist, etc. You were defined as soon as you entered the school. And I was like : « I’m just a kid. I like to draw as well,  it doesn't mean that I'm a painter. » I like to compose, It doesn't mean I'm a composer. I'm just studying this thing because I'm interested. 

But it's weird that now this is what I'm being called all the time and what defines me. As soon as you call yourself an artist, that's what you are. You create your own law, your own mythology. I think that is very powerful.

And I also found it later in life when I was telling people : « hey, I'm a piano teacher. » I would get more work as a piano teacher. When you tell people who you are, that's what you become, like manifestation.

LFB : Saying it helps you understand it.

Aurora : Exactly. You start to learn and define it because you want to figure out. I think, someone that engages in deep thought is an artist to me in any kind of sense of the word.


LFB : I also read that this album for you comes from love and joy. Where do you find love and joy in your life ? 

Nathen : Honestly, music makes us really happy. We worked on a feature film recently, we were getting up at 6.00 am. We carried on writing though the day. It was midnight by the time we'd finished and we'd forgotten to eat, we’d forgotten to sleep. We just love it. And we couldn't wait for the next day where it'd be the same. We love that the love is in the state of flowing.

Aurora : I think that doing things for your inner child, That’s where the love comes from. It's like being kind to yourself or the kid in you and allowing yourself to be open, be playful. That's where the love comes from. And friends and family and support.


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