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Les clips de la semaine #319 - Partie 2
La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, voici la seconde partie de notre 319ème sélection des clips de la semaine.

MARTIN LUMINET - ARMURE
Trois ans après DEUIL(S), Martin Luminet à fait son grand retour il y a deux semaines avec ARMURE, nouveau titre qui annonce donc l'arrivée de son tant attendu second album.
Il y a des retours qui font du bien, qui sonnent comme une évidence dans l'instant et dans le futur. La musique de Martin Luminet est de celle qui fait du bien car elle raconte un quotidien que l'on partage tous, une colère que l'on porte en soi et qu'il permet de libérer grâce à sa musique.
Pile dans son époque, ARMURE est un morceau de combat autant que de réconciliation, un titre qui appelle à se révolter, à ne rien trouver inéluctable et surtout à se réconcilier avec soi et ses petites faiblesses et à laisser derrière soi les erreurs qui nous hantent parfois.
Un titre qui appelle aussi à faire corps, à s'unir pour avancer ensemble, pour ralentir la course et regarder vers l'horizon plutôt que de voir ses pieds faire des pas un peu pourris l'un après l'autre.
Avec ce retour, toujours accompagné de Benjamin Geffen à la composition, Martin Luminet continue de tisser la toile d'une écriture qui évolue, qui joue avec les mots et les histoires, alors que la composition se fait toujours plus pop, donnant au morceau une espèce de colère rentrée qui ne demande qu'à exploser.
Toujours aussi attaché à l'image, Martin Luminet, accompagné de Manon Mavor à la réalisation, se nimbe de noir et blanc pour s'offrir un clip hyper cinématographique.
La vidéo évolue et laisse à voir un combat intime, un esprit qui lutte contre soi autant que contre les autres, une image qui joue sur le mouvement autant que sur la lumière pour donner ce sentiment d'un fil tendu, d'amure qui fatalement se craquèle pour laisser sortir les sentiments qu'on garde trop souvent en soit.
Alors pas de doute, embarquons tous dans le bus magique pour retrouver Martin Luminet.
nuit noire - forteresse
De l'armure à la forteresse, il n'y a qu'un pas que nous franchissons avec bonheur. Cette semaine 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 est de retour avec forteresse, un nouvel extrait tiré de l'EP du même nom attendu pour le début de novembre.
Délicat sur la forme mais rempli de force dans le fond forteresse n'invite pas à se renfermer face aux autres mais plutôt à enfin s'imposer, se montrer tel que l'on est sans avoir peur du jugement de ses proches ou de l'autre.
Forteresse prend la forme d'un conte, une ritournelle aussi intime qu'universelle dans laquelle 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 parle en miroir des attentes des un.es et de la peur de décevoir des autres. Avec ce morceau poétique et électronique, 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 répare les failles de son cœur, et laisse tomber les protections qu'elle a pu se construire grâce à une musique curative qui soulage.
On pourrait voir dans forteresse une sorte de cri de soie, une chanson qui sans forcer fait peser le poids des mots pour mieux alléger l'âme.
La vidéo réalisée par Coraline Benetti joue avec l'idée médiévale du nom du morceau pour nous entrainer dans un univers à l'esthétique DIY rempli tout à la fois d'humour, de tendresse et d'un positionnement politique assez évident.
Cachée dans sa forteresse, 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 semble attendre son preux chevalier. Du moins c'est ce que l'on pense au premier regard. Alors que celui-ci arrive, on le voit se débattre avec la légendaire épée plantée dans la roche.
Un peu fatiguée par ce spectacle un peu pathétique, 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 s'échappe donc du château, d'abord pour observer puis pour inverser les rôles, devenant ainsi l’héroïne et laissant de côté la passivité qu'on a toujours fait peser sur les princesses des histoires.
Dans un retournement de situation, on réalise alors que le chevalier n'est qu'un reflet de l'artiste, deux morceaux d'une même âme avec ses faiblesses, ses peurs et ses histoires. Ensemble, ils retournent dans la forteresse avant de la faire brûler pour s'en libérer et pouvoir partir ensemble vers un futur apaisé.
D'ailleurs, pour rester sur la note du futur, 𝖓𝖚𝖎𝖙 𝖓𝖔𝖎𝖗𝖊 sera sur la scène des trois baudets le 25 novembre prochain pour y présenter son premier EP.
Katrine Noël - Jaloux
Besoin de douceur ? On vous invite à vous pencher cette semaine sur Jaloux de Katrine Noël.
Un titre un peu trompeur tant il est question ici d'amour, d'amour pur, incandescent et explosif, un amour si fou qu'il peut rendre ... jaloux.
Alors que l'actualité est des plus sombres, la musique de Katrine Noël agit comme un antidote, un grand câlin, une petite dose de bonheur qui se diffuse des oreilles jusqu'au cœur. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que son premier album attendu pour février s'intitulera Musique pour les temps durs.
Jaloux est une petite dose de bonheur aux accents folk et country qui fait remuer la tête et porte le sourire aux oreilles, c'est mélodiquement enjoué, les chœurs sont absolument parfaits et le tout nous fait doucement remuer la tête.
La vidéo de Fred Guitard suit le même chemin et nous entraine dans le mariage de Kat et Nico. Un jour rempli de soleil, des gens heureux, amoureux, des scènes drôles et tendres de communauté et de joie simple.
Des fleurs partout, des yeux qui brillent et des processions qui rendent le tout à la fois théâtral et évident. L'amour et dans l'air et personne ne sera jaloux de cette évidence toute simple.
BEN plg et Orelsan – Mentir au psy
BEN plg vient de nous dévoiler son tout nouvel album, L’histoire sans fin, mais aussi le clip de Mentir au psy en compagnie de l’unique Orelsan. À travers ce titre, on rencontre deux univers qui se ressemblent et qui partagent des histoires avec une sincérité désarmante et touchante. Ce morceau crée un sentiment de nostalgie intense. On retrouve Orelsan sur un couplet à l’ancienne avec BEN plg, qui nous bouleverse à travers sa voix, la construction du récit, mais aussi un clip exceptionnel.
Le clip joue sur les rythmes, les couleurs et les lumières. Cela suit précisément l’histoire. On voit Orelsan et BEN plg étendus comme du linge propre pour signifier un changement. Sans doute le fait de reconnaître que mentir au psy est déjà une étape pour aller mieux.
Il s’agit d’une musique intemporelle qui touchera aussi bien les enfants que les adultes qui font de leur mieux pour s’en sortir et devenir de meilleures personnes.
BEN plg sait nous toucher en plein cœur et, si je peux vous donner un conseil : écoutez son album, aussi sensible que percutant !
Fontaines D.C. - Tongue
Il y a quelque chose de fascinant et d’assez rare chez certains artistes, cette capacité à toujours se réinventer sans pour autant se dénaturer. Peu d’artistes ont vraiment réussi ce tour de force On remarquera d’ailleurs que, si vous deviez citer un artiste ou un groupe, il s’agit sûrement d’un groupe à la longévité remarquable, dont l’affection vous vient de vos parents. Dans notre cas, on pense à Radiohead et Prince, découverts non pas grâce à nos parents, qui ne jurent que par Elton John et France Gall, mais grâce à Internet.
C’est sur cette même plateforme que l’on a découvert le dernier titre de Fontaines D.C., Tongue. Après la première écoute, une question émerge : « Est-ce le groupe que l’on recommandera à nos enfants ? » Car ce nouveau morceau, issu de leur prochain album Dopamine Chamber, ne ressemble à aucun autre du groupe. Pourtant, il est impossible d’imaginer un autre groupe en être l’auteur, il y a ce petit « je-ne-sais-quoi » d’intimement Fontaines D.C.
L’esprit du groupe, on le retrouve particulièrement dans le clip de Tongue qui s’inscrit parfaitement dans l’univers instauré depuis Romance. Cette mise en scène un peu floue, saturée par un flash aveuglant, semble tout droit sortie d’un rêve réalisé lors d’une nuit où l’on a pris un anxiolytique de trop.
Malgré sa construction simpliste, sans grands effets spéciaux ni jeux de lumière, on se retrouve à regarder ce clip plusieurs fois. Durant ces quelques minutes, on y trouve un équilibre parfait entre angoisse et légèreté.
Pomme - Seule dans la foule
Titre qui n’est pas sans rappeler un certain Orelsan, seule dans la foule marque le retour de Pomme avec un premier extrait de son prochain album, La forteresse. Et pour l’accompagner, un clip aussi sombre qu’introspectif.
Au programme : nuances rouges et sombres, endroit étroit et intérieur, et surtout les différentes personnalités de Pomme qui se confrontent dans sa tête. La chanson parle de ce sentiment de ne pas toujours trouver sa place, d’avoir parfois du mal à s’intégrer ou même à se sentir appartenir à la même espèce que les humains qui nous entourent. Et puis il y a toutes ces choses qu’on nous répète sur nous-mêmes, jusqu’à finir par se demander qui l’on est vraiment.
Ça vaut le coup d’œil, ne serait-ce que pour l’apercevoir en véritable star de la pop, en mode Ariana Grande, avec une queue de cheval plus grande qu’elle.
La réalisation est précise, juste, et finalement bien plus surprenante que les images qui pouvaient nous venir en tête à l’écoute du morceau. Normal : c’est Igor Dorembus aux manettes, avec Pomme elle-même à la co-réalisation. Les différents personnages, les costumes et la chorégraphie donnent ainsi une forme très concrète à cette bataille intérieure, sans jamais rendre le propos trop lourd.
Une Pomme qui se cherche, donc, mais qui semble surtout avoir envie de jouer avec toutes les versions d’elle-même.
MOGWAI feat. IGGY POP - UNDERGROUND
Nos oreilles ont eu droit à l'un des meilleurs titres de la semaine sous la forme d'une association iconique qui se transforme en morceau rageur et punk.
En effet, alors que MOGWAI vient d'annoncer l'arrivée d'une compilation célébrant leurs 30 années de carrières, ils ont eu la bonne idée de célébrer cela avec un inédit en collaboration avec Iggy Pop. Cette collaboration porte le doux nom d'UNDERGROUND, et on peut imaginer que c'est un joli clin d’œil à leurs débuts mais aussi à la volonté de continuer à rester radicaux dans leurs manières d'envisager la musique qui s'associent ici.
En résulte morceau percutant et intense où l'évidence mélodique des écossais se mêle à l'ironie et à la voix toujours aussi parfaite de l'iguane.
Un morceau sur la solitude d'une personne, sur le besoin de s'exprimer, de provoquer et de l'ouvrir pour se sentir encore exister dans un monde où tout devient étrange et différent.
Du moins, c'est ce que l'on peut croire, mais la vidéo qui accompagne le morceau nous donne une idée différente. Et si Iggy Pop incarnait une entité électronique qui gagne conscience et souhaite rêver d'autre chose que ce pour quoi on l'a programmé ?
À travers une succession d'écran qui alterne les paroles du morceau et des images de parties du corps d'Iggy Pop, notre perception du morceau se transforme et nous emmène sur un terrain beaucoup plus contemporain où la technologie avale lentement la réalité pour rendre les frontières entre l'une et l'autre de plus en plus flou.
Un titre et un clip fascinant pour une association aussi inattendue qu'explosive.
Mei Semones - Howl
Le charme lancé par la musique de Mei Semones ne semble pas prendre fin et sa productivité non plus. En effet, la musique basée à Brooklyn annonce cette semaine l'arrivée de son second album, Howl, et en présente un premier extrait éponyme.
On retrouve dans Howl la petite formule magique qui nous a fait tomber amoureux de la musique de Mei Semones. Ce mélange de japonais et d'anglais sur des sonorités bossa teintées de jazz.
Impossible pour nous de résister à ces rythmes qui ne faiblissent jamais et à la voix si particulière de l'artiste. Surtout on voit bien toute la virtuosité qui se cache derrière cette musique et la manière dont elle parvient à la rendre toute à la fois évidente, attachante et collective.
Comme toujours, un soin tout particulier est apporté aux vidéos de Mei Semones. On se retrouve donc cette fois-ci au Japon avec une vidéo réalisée par Takuto Shimpo.
Comme souvent, un aspect très onirique est apporté à l'histoire de la vidéo. On retrouve donc l'artiste en employée d'une superette qui semble avoir une légère obsession pour sa guitare au point de la voir apparaître dans les nuages et derrière les clients.
La nuit, alors que la lune est pleine, la voila qui se transforme en sorte de gentil loup-garou dont le super pouvoir est de tout déchirer à la guitare.
Les derniers plans de la vidéo voient la guitare tenue par Mei Semones s'envoler et disparaître, comme si tout cela n'était qu'un rêve.
De notre côté, on ne se laisse pas de sa musique et on espère la retrouver très prochainement sur les scènes françaises.