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Les clips de la semaine #321 - Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, voici la seconde partie de notre 321ème sélection des clips de la semaine.


Thierry Larose - Le X du Y

"Vive la musique québécoise", nous répète inlassablement Thierry Larose, comme un slogan, un mantra qu'on a tous fini par faire notre.

Le X du Y, titre de son troisième album et morceau éponyme qui lance cette nouvelle aventure, est sans aucun doute une extension de cette idée. Un morceau qui part d'un constat plein d'humour sur certains titres d'albums québécois, un jeu entre ami qui se transforme en un morceau à la puissance évocatrice et qui montre le chemin parcouru par l'artiste depuis la sortie de Sprint!

En effet, avec ce titre Thierry Larose impose une veine plus puissante à sa musique, influencée par ses tournées récentes, que ce soit pour son propre projet, en tant que musicien accompagnateur ou lors d'expériences plus collectives. Ce morceau, on pourrait le voir comme la nouvelle peau de Thierry, plus intense, direct et toujours porté par un sens de la mélodie hors pair.

À l'humour du morceau et à son côté presque nonchalant, Marianne Boucher apporte une vidéo presque naturaliste et à l'élan cinématographique assez puissant. Thierry Larose se transforme ainsi en grand conférencier de la musique québécoise, faisant défiler les pochettes des albums qu'il cite, avant de laisser apparaître celle de son troisième album.

Une présentation en bonne et due forme que l'on peut aussi voir comme l'acceptation d'un passé et d'une culture qui a forcément influencé sa musique, l'a nourri et lui a apporté dans sa vie jusqu'au X du Y.

Thierry Larose démarre actuellement sa tournée au Québec et, de notre côté, on espère secrètement le retrouver sur scène en France l'année prochaine.

Hélène Sio - Bye Bye

Quelques mois après la sortie de Bye Bye, Hélène Sio revient cette semaine avec une vidéo réalisée par Maya Le Bars & Roman Goldet pour l'accompagner.

Avec Bye Bye, la musicienne à l'iconique mèche noire reprend le mouvement. Une pop song enjouée où elle nous incite à faire comme elle : arrêter de penser et se mettre à danser. Bye Bye, c'est un adieu à une relation qui fait du mal et toutes les questions qui l'accompagnent. C'est aussi une prise de conscience, un morceau d'empouvoirement où Hélène Sio reprend le contrôle de sa vie, s'exprimer enfin et laisser sur le bord de la route les doutes, les peurs et enfin passer à autre chose et retrouver le soleil et le plaisir de vivre.

Bye Bye est un morceau touchant, au rythme généreux et qui permet à Hélène Sio de mêler ses deux facettes : un côté solaire et lumineux dans la production associée à des textes intimes, directs et humains.

Maya Le Bars & Roman Goldet viennent donc mettre en images ce morceau pour donner toute la place au côté pile électrique d'Hélène.

Des références évidentes au Risky Business de Tom Cruise, un été rempli de lumière et de joie et nous voilà en pleine aventure avec Hélène Sio. On la suit dans cette grande libération, cette danse sans fin qui fait beaucoup de bien alors que les cheveux laissent passer le vent et la vitesse.

Bye Bye, le titre et le clip, viennent ajouter des sourires dans nos vies. Et en ce moment, c'est déjà énorme.

TeddyBear - L'Humain

La veille d'une journée de manifestation, TeddyBear revenait avec un morceau que l'on peut voir comme un hymne des prochaines semaines.

Alors que son premier album est attendu pour le 30 octobre prochain, le belge nous offre cette semaine l'humain, morceau sensationnel à l'intensité grandissante et au propos d'une clairvoyance assez incroyable.

Observateur du quotidien, TeddyBear ausculte dans se titre l'Humain avec H majuscule. Une leçon de vie, une leçon d'époque portée par cette voix incroyable qui gagne, au fil du titre, autant en puissance qu'en colère alors que le piano se retrouve noyé et caché dans des nappes électroniques et une ligne percussive entêtante qui se transforme peu en peu en chaos.

Avec l'humain, on entend la violence, la colère, l'incompréhension, les mots se répètent, se confrontent, se mélangent dans une danse où il faut s'exprimer pour échapper à un monde qui nous engloutit.

La vidéo de Nathalie Dunselman se concentre sur TeeddyBear. Le monde autour, d'abord indifférent, se fait plus hostile, les regards se transforment, les corps se rapprochent, bousculent, agressent.

Une chorégraphie se joue alors autour du musicien, alors que la caméra se met à bouger, prend du recul et laisse apparaître le monde autour de TeddyBear. Tout s'enflamme dans une spirale qui finit par revenir en gros plan sur son visage. Le piano revient, le souffle se reprend et la caméra se tourne sur un autre visage, avant le grand vide.

Un titre nécessaire, qui touche du doigt sans même le vouloir une actualité brûlante. Un coup du destin pour mettre encore plus en avant le talent de TeddyBear.

Lesneu & Djokovic - Même si tout vous sépare

La Bretagne, ça vous gagne. La mélancolie aussi. Et on peut dire que celle de Lesneu et Djokovic nous fait énormément de bien. Car il est parfois nécessaire de pleurer, de laisser les vannes s'ouvrir et de se laisser envahir par des émotions qu'on refoule parfois trop.

Et autant le dire, même si tout vous sépare est le morceau idéal pour ce genre de moment. Un morceau qui joue sur la longueur et la langueur, qui laisse sa place autant aux instruments qu'aux voix qui se mêlent. On se laisse envelopper par ce morceau, par sa poésie, sa douceur qui peut parfois se faire inquiétante et qui prend parfois la tangente.

L'association des deux musiciens est une réussite absolue car elle met sur une même ligne la sensibilité à fleur de peau de chacun d'eux. Impossible d'y échapper, et on ne le cherche même pas, tant ce morceau nous frappe en plein cœur.

La vidéo de tienot tienot joue sur la même ligne. Le réalisateur semble avoir pris pleinement conscience de ce qui se joue dans le morceau, transformant le clip en véritable petite oeuvre d'art expérimentale.

Entre images, superpositions et incrustation du texte, on se retrouve face à une drôle d'hypnose où les couleurs se transforment, nous oppressent et lance ce qui semble être une course sans fin et sans but jusqu'à retrouver une conclusion vers la grande bleue, l'horizon infini et la prise de recul, et de souffle nécessaire.

Un morceau et un clip saisissants, il nous tarde de découvrir la suite.

Bibi Club - J'arrive à la ville

Cela fait plusieurs années désormais que Bibi Club rend hommage en live à Lhasa de Sela avec son titre J'arrive à la ville. Un morceau qui a pris une place importante dans leur setlist au fil des ans et qui trouvent une résonance avec l'actualité, que ce soit en France ou au Québec, alors que le duo publie enfin sa reprise.

Avec J'arrive à la ville, Bibi Club prend à bras le corps toute la portée et la puissance du texte de Lhasa de Sela pour en offrir une interprétation plus brute, accompagnant la mélancolie d'une forme de colère rentrée, d'une violence qui ne demande qu'à exploser. Car ce morceau a une portée politique assez énorme, à une époque où la méfiance envers l'autre se fait de plus en plus dangereuse et inquiétante aux quatre coins du monde.

J'arrive à la ville est un morceau de grand renouveau, d'intégration à monde nouveau qu'on arrive peu à peu à faire sien pour se retrouver pleinement et pouvoir devenir soi. Il est donc nécessaire de le mettre en avant, de protéger l'autre et de l’accueillir pour que la ville qu'il découvre puisse devenir la sienne sans peur et sans mensonge.

La vidéo qui l'accompagne aujourd'hui est tirée d'un spectacle hommage datant de 2024 et réalisé par Derrick Belcham où l'on retrouve Adèle et Nicolas dans ce qu'ils font de mieux : le live. Une interprétation sans failles, remplie d'émotions, de respect et d'humanité pour un morceau qui nous accompagnera encore longtemps. C'est là toute la beauté et l'héritage laissé par Lhasa de Sela : une musique qui ne laissera jamais le temps avoir d'emprise et qui continuera à faire vibrer sa flamme encore et encore.

The Cat Empire - Rocket

The Cat Empire, ce super groupe qui mélange diverses influences comme le jazz, le rock ou encore le ska, semble définitivement de retour. Le groupe australien vient de sortir «Rocket», un titre aux couleurs musicales ensoleillées qui donne envie de taper des mains dès l’intro. Très vite, les cuivres s’imposent comme un élément central du morceau, accompagnant le chant lors des couplets et prenant le lead sur les refrains. L’instant piano façon salsa est un pur moment de régal et donne envie de danser, même en ces moments tristement sombres et agités.

Côté paroles, Rocket joue la carte de l’énergie et de la séduction, avec un texte rempli de métaphores et de jeux de mots autour du désir, de l’excitation et de l’envie de foncer sans trop se poser de questions. Le refrain donne le ton : le compte à rebours est lancé, le «rocket switch» est enclenché et il ne reste plus qu’à appuyer sur le bouton pour décoller !

Le clip rime avec simplicité, mais avec efficacité. On retrouve le groupe et toute son énergie dans un studio, mêlant performance musicale et création artistique autour d’une toile. Une petite parenthèse pleine de couleurs et de sourires qui colle parfaitement à l’esprit du morceau. On a déjà hâte de retrouver The Cat Empire sur scène, car on sait que les concerts du groupe sont souvent de grandes fêtes !

Fontaines D.C. - Japan

Le clip de Fontaines D.C. pour leur chanson Japan est une énigme visuelle aussi troublante qu'hypnotique, portée par une atmosphère de thriller psychologique et la présence de Charlie Heaton (Jonathan dans Stranger Things). 

Entre un vieil homme énigmatique au quotidien qui semble routinier et ennuyeux, les mystérieuses cicatrices que partagent les protagonistes et l'image déroutante de la jeune femme qui se met à manger de la terre dans le jardin, la vidéo m’a laissé les yeux plissés, avec des interrogations qui selon moi, resteront délibérément non résolues. C’est un très beau travail esthétiquement parlant, et le côté cryptique est en parfaite harmonie avec l'univers brut du groupe.

PS : si quelqu’un comprend le storyline, merci de me l’expliquer.

Zara Larsson - Blue Moon

Paru le 15 octobre, le vidéoclip de Zara Larsson pour sa chanson Blue Moon est absolument envoûtant. Il capture à la perfection l'essence de la pop des années 90, rappelant les divas, tout particulièrement Christina Aguilera. 


La vidéo joue brillamment sur les contrastes en mariant une esthétique pop soignée et lumineuse à des décors plus bruts de ruelle urbaine parsemés de déchets, ce qui donne un cachet visuel unique. La magie opère grâce à un mélange d'influences pop culture inoubliables : une fée rose façon Clochette, une ambiance aquatique rappelant la série culte H2O, et cette fameuse séquence sous la pluie inspirée du film Step Up 2. Un cocktail visuel à la fois magique, mythique et intemporel. Une réussite visuelle totale !


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