Chroniques
Nerlov revient avec « Naïf », un album plus sérieux qu'il n'y paraît
- Artiste
- Nerlov
- Album
- Naïf
- Label
- Wiser Records
- Sortie
- 25 septembre 2026

Deux ans après son album « Pas si grave », Nerlov revient avec « Naif ». Un projet touchant de simplicité, dans lequel il se livre sur notre époque, ses doutes et ses sentiments.

L'amour comme réponse au monde
Le fil rouge de ce nouvel album aux sonorités rythmées, c'est indéniablement l'amour et le lien avec les autres. Qu'il s'agisse de moments passés ensemble, de rupture, de l'amour familial ou encore de sa musique, Nerlov y embrasse ce côté naïf et beau de choisir l'amour et non la haine, l'espoir et non le cynisme.
Sur Plein de sang déjà, il argue que les mots apaisent davantage que les poings et invite son adversaire à redescendre en pression : « je préfère qu'on s'amuse ». Mais c'est Si tu meurs qui nous offre la plus belle chanson d'amour. Chaque compliment est suivi de cette question « comment je vais faire si tu meurs ? » Comme pour rappeler l’appréhension qui nous touche à l'idée que nos proches ne soient pas éternels, alors même que ce sont eux qui rendent notre vie plus belle : « Chaque instant avec toi est meilleur ». Alors que la musique semble s'intensifier, comme l'angoisse qui peut monter, les cuivres apportent une sorte de nostalgie dynamique au morceau.
Difficile de ne pas évoquer également l'outro de l'album, qui redit l'essentiel : « si seulement je pouvais leur dire, qu'il n'existe aucun avenir, mais qu'il faut s'aimer ».
Retrouver une forme de naïveté enfantine
Sans pour autant manquer de profondeur, l'Angevin aborde des thèmes émotionnellement complexes avec une simplicité désarmante, sans détour et sans artifice. En écho avec le titre de cet album, il choisit le ton de la naïveté pour porter ses messages et ses émotions.
Sur Mon plus grand regret, la prod dynamique contraste avec les questionnements qu'il traverse sur le fait d'avoir, ou non, des enfants. Il nous livre un refrain presque enfantin : « Et si je change d'avis, et bah je le ferai ». Sous ces paroles candides, le morceau remet au centre une idée fondamentale : c'est une décision sur laquelle les autres n'ont rien à dire : « peu importe ce que t'en dis ». C'est la chanson parfaite à envoyer à votre tante qui, à chaque repas de famille, revient avec son éternel : « et les enfants, c'est pour quand ? »
L'enfance, c'est aussi l'insouciance. Avec Merci, Nerlov propose une chanson nostalgique et touchante, dans laquelle il évoque des souvenirs d'enfance ordinaires. Il évoque cette deuxième lecture qui vient à l'âge adulte, où l'on réalise toute l'importance des moments qu'on a vécus : « J’étais pas fan, mais être avec toi, c'était chouette ». Une musique qui évoque des souvenirs tellement universels, « les dimanches entiers à rire dans le canapé » qu'il est difficile de ne pas s'y reconnaître. On a peut-être eu les larmes aux yeux en l'écoutant, mais ça reste entre nous...
Accepter de douter et de changer
Malgré la naïveté apparente, les idées sont donc bien réfléchies, et portent des messages essentiels et nécessaires. Et si ça passe aborde le temps qui passe, en incitant à ne pas le laisser filer sans rien faire : « il est jamais trop tard pour rectifier le tir, vise un peu plus haut ». Comme le chanteur le rappelle justement, « même si c'est bateau », la vie est courte. Et en plus, on n'en a qu'une. Bref, une musique qui nous invite à ne pas rester campés sur nos positions, mais à accepter que parfois, il faut agir et prendre « le problème à bras-le-corps ».
Nerlov rappelle toutefois qu'on ne peut pas toujours faire les bons choix. Que la douleur et le doute font partie du chemin : « j'ai des choses à régler, enfin comme tout le monde, je crois ». Sur Tout à l'heure, il évoque la rupture et les choix qu'on fait sous le coup de l'émotion. Puis qu'on regrette ensuite. Sur cette chanson très intime, les cuivres nous enveloppent dans une bulle douce et mélancolique. La musique prend sa place, laissant respirer le chanteur.
Mais bon, il ne faut pas trop douter non plus, notamment quand il s'agit de nos projets. En témoigne Colleurs de stickers, un morceau dynamique où Nerlov parle du fait de croire en sa musique avec beaucoup d'auto-dérision : « laissez-nous juste une fois, car on y croit du fond du cœur ».
Avec son franc parler et sa musique rythmée, Nerlov nous offre un album plus sérieux qu'il n'en a l'air. Si vous ne trouvez personne pour faire un badminton le 18 novembre prochain, on vous conseille de vous rendre au Point Éphémère pour découvrir le chanteur sur scène.
Pour en savoir plus sur les influences musicales du chanteur, n’hésitez pas à aller découvrir son ADN musical. Et si vous vous demandez à quoi ça ressemble un concert de Nerlov, rendez-vous juste ici !