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Nos concerts préférés de l'édition mythique de Rock en Seine (Partie 1)
- Artistes
- Miki, Magi Merlin, Jean Dawson, Djo, Sam Quealy, Sarāb, Sparks, Franz Ferdinand
S’il y a bien un événement qu’il ne fallait pas rater cet été en France, c’était Rock en Seine. Avec une affiche très alléchante et dense, l’édition 2026 était remplie de têtes d’affiche rock aux genres variés chaque jour. Le bilan est par ailleurs très positif pour le festival puisqu’il atteint sa deux deuxième plus grosse affluence historique de son histoire avec 175 000 festivaliers en cinq jours soit l’équivalent de la ville de Saint-Etienne. Et sans contexte une victoire pour la programmation rock des trois derniers jours qui a réalisé un sans faute avec un solt out (ou presque) chaque soir malgré la pluie. La Face B y était et vous partage ses concerts préférés du mercredi, jeudi et vendredi de Rock en Seine 2026.

Sur les trois premiers jours du festival, l’intensité est montée crescendo. La journée de mercredi n’a réuni que 26 000 spectateurs. Il s’agit peut être de l’un des rares flops du festival. Pourtant, la venue du charismatique rappeur Tyler, The Creator était censée créer l’événement. Ce ne fut pas le cas. Sa scénographie minimaliste a déçue. On comptait sur Sugar On My Tongue, son humour et sa fougue pour tenir sur ce concert bien porté par ses fans. Attention, la prestation fut globalement bonne et loin du fiasco Kid Cudi de l’an dernier, mais l’ensemble paraissait bien fade.
C’est finalement l’artiste new yorkais qui a créé la ferveur d’un public très, très jeune. Défilant comme une rockstar sur scène mais également dans la foule, Shane Michael Boose a su surjouer son rôle pour nous enivrer de son charme et de ses tubes dansants comme sur 12:12, joué deux fois. Le lendemain, autre étoile montante de la pop, Djo a suscité l’admiration de ses fans. Ravi de l’engouement, l’artiste s’est montré souriant et sa bande a joué un set plus fourni que sur d’autres festivals.
Si cette journée de jeudi a eu plus de succès avec 31 000 festivaliers, elle a surtout été marquée par les fortes pluies qui sont tombées durant Lykke Li et Wednesday. C’est donc dans la boue qu’il a fallu observer Lorde danser et remuer des épaules face caméra durant tout son show. Sûrement lassée de le jouer, la pop star néo-zélandaise a bâclé volontairement son premier tube Royals en la jouant en intro durant une minute pour davantage jouer ses deux albums récents Virgin et Melodrama, en plus de sa cover Girl, so confusing. C’est la moindre des choses.
Puis vient le vendredi où le festival prend une saveur particulière dès ses premières heures. Sold out (c’est-à-dire 40 000 festivaliers), cette journée sentait savoureusement la guitare et la nostalgie d’un rock 90s - 00s qui refait surface. Il y a eu la nouvelle génération avec Wet Leg qui ne cesse de gagner en consistance en live, The Blacks Keys qui ont été moins décevants qu’à l’accoutumé et l’emblématique Nick Cave. Le géant australien en impose sur scène par sa prestance messaique. Presque deux heures de concerts intenses où la gravité et la mélancolie ont plané sur la Grande Scène. La magie du Prince des Ténèbres opère encore avec une prestation encore plus sombre que celle de 2022 au même endroit.
Il est temps désormais de vous présenter nos concerts favoris de ces trois premiers jours de festival.
MIKI
Mercredi 26 août, 17h30 - Grande Scène

Miki, en outfit Calvin Klein assumé, ouvre cette journée avec une assurance déconcertante, devant un public déjà venu en nombre dès l'ouverture des portes. Lunettes de vue sur le nez, elle contemple une foule déjà compacte, massée devant la scène bien avant le début du concert. En formation trio avec un bassiste, un batteur et elle au centre, elle alterne entre son synthé Virus, sa guitare et son pad, sous le regard de son scorpion fétiche qui domine l'arrière-scène.
Miki a su confirmer qu'elle est en train de changer de dimension. Sur scène, ses morceaux gagnent en relief et en intensité, portés par une présence magnétique dont elle ne laisse jamais retomber la tension. Ses tracks s’enrichissent en live. Particule débute comme une balade suspendue avant de muter en déflagration electroclash, jusqu'à provoquer un improbable circle pit. Cela fait de belles images mais l’effet est réussi.. Échec et Mat suit la même montée en pression : le morceau se fissure peu à peu avant d'exploser dans un final dubstep aussi brutal que jubilatoire, parfaitement maîtrisé.
En à peine 30 minutes de concerts, la chanteuse niçoise a compris qu’il fallait chauffer la foule pour les convaincre de la découvrir davantage. L’iconique Spider Man (référence à son clip Particule) débarque d’ailleurs sur scène pour promouvoir son futur Zénith fin 2026. À la hauteur de l'enjeu, Miki signe l'une des entrées les plus marquantes de cette édition de Rock en Seine.
Magi Merlin
Mercredi 26 août, 19h15 - Scène Roc-On Volkswagen
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On l'attendait comme une reine, Magi Merlin ne nous a pas déçu. Avec l'exceptionnel POWER HOUSE tout juste paru, la montréalaise donnait le ton de cette édition de Rock en Seine avec une performance cinq étoiles.
Du charisme à revendre, une aisance scénique qui ne la fait pas trembler, comme son nom l'indique Magi Merlin, accompagnée de ses deux comparses, a transformé ses morceaux en sortilèges qui nous auront fait danser, vibrer et à certains moment réfléchir.
C'est là toute la magie de Magi, l'inattendu, une musique qui passe du R'n'B à la pop en bifurquant par la soul et sur scène des sonorités que n'aurait pas renier le Rage Against The Machine de la grande époque.
Impossible de bouder son plaisir face à la performance de titres comme SpiceKick ou WHIP.
On s'en doutait, mais ces 45 minutes de live nous l'ont prouvé: Magi Merlin est déjà grande et on a hâte de la retrouver dans la chaleur d'une salle de concert pour un show en headline. Au vu de la réaction du public en ce premier jour de Rock en Seine, on n'a pas trop de doutes sur le fait de la retrouver prochainement sur les scènes françaises.
Jean Dawson
Jeudi 27 août, 17h - Scène Boursobank

On ne l’avait pas forcément recommandé lors de notre article de présentation. Quel fut notre surprise devant ce musicien, disons si charmant et touchant ! Avec son gabarit musclé, sa grande veste en cuir et son bonnet noir, on s’attend à la démonstration d’un mascu toxique. C’est tout le contraire. Il vient poser sa voix sur le micro dont le pied porte une signature eighties de son nom, ce qui ajoute une touche glamour à son style.
Ses tracks sont imprévisibles mais se rangent clairement dans la catégorie expérimentation pop. On prend une claque sur Play Dead où il commence en douceur comme une salve soul imprégnée d’électro. Puis surgit une fougue rap punk dont le punch enthousiasme le public. Son troisième album CHAOS NOW*, sorti en 2022, sera l'album le plus mis en avant et cela tombe bien, la guitare y est omniprésente. On s’y plait à découvrir sa discographie variée et donc une setlist enthousiasmante et jamais monotone.
Jean Dawson semble assez agité malgré ses nombreuses chansons douces. Il cogite dans ses chants comme s’il traînait encore ses peines. Son hit Darlin’ fut l’un des moments les plus bouleversants car l’artiste montre toute sa vulnérabilité, renforcée par le manque de regard vers la foule durant toute la durée du titre. A l’image de son set, l’artiste parvient à nous surprendre et à nous émouvoir dans la noirceur de ses émotions.
Djo
Jeudi 27 août, 19h35 - Grande Scène

Plus d’un an que Djo n’avait pas foulé le sol parisien. C’est dire à quel point sa musique manquait à nos cœurs. Grand bien nous fasse, l’artiste américain et sa belle bande étaient programmés - aux côtés de Lorde - en guise de têtes d’affiche de ce jeudi 27 août.
Après un concert à l’Élysée Montmartre resté dans les annales en juin 2025, un fait subsiste : Joe Keery ne déroge jamais à sa règle : celle de faire de chacun de ses concerts le meilleur qui soit. Alors, ni une ni deux, nous nous sommes empressés de nous faufiler pour trouver une (bonne) place, malgré les quelques milliers de fanatiques, certifiés ou en devenir, déjà agglutinés devant la Grande Scène, bien trente minutes avant le début du set. Et ce, malgré la pluie battante, qui n’a trouvé son terme qu’au moment où le très acclamé Djo a foulé la scène. Hasard ou non, la belle synchronicité est à souligner.
Un concert qu’il a ouvert avec Awake, morceau issu de la version Deluxe de The Crux, son dernier album en date. Planant puis progressif, le titre laisse peu à peu éclore une énergie brute que Djo fera sienne jusqu’au bout. Exit les problèmes techniques qui ont, semble-t-il, chagriné l’artiste l’espace de quelques minutes : les tubes se sont enchaînés, portés par les voix du public à l’unisson, que ce soit sur Basic Being Basic ou Delete Ya, mais aussi sur des morceaux plus nichés (Roddy, Fool) issus de ses premiers albums. Des morceaux marqueurs d’une époque où la folie TikTok ne s’était pas encore emparée de son univers, quand Djo pouvait encore se vivre comme une découverte que l’on avait envie de garder pour soi.
On a aussi compté jusqu’à 29 (Gap Tooth Smile), espéré un guest sur Charlie’s Garden, chanté la nécessité d’apprendre à habiter sa propre solitude avec Lonesome Is a State of Mind, pleuré sur le très fort Egg et son arrangement live teinté d’une mélancolie qui nous est si chère. Et enfin, le très attendu End of Beginning, dont on aurait pu se lasser à force de l’entendre sur tous les canaux du web pendant des mois et des mois. Pourtant, la performance en est toujours aussi unique et forte, portée par une sincérité, une passion et un talent indubitables.
Et c’était beau à en pleurer : la nostalgie chantée, les yeux de nos camarades alentours qui brillent, les étreintes de tous les côtés… Ah, le pouvoir de la musique : s’unir pour aimer encore plus.
Merci Djo pour ce moment fort qu’on n’oubliera pas de sitôt.
Sam Quealy
Jeudi 27 août, 20h35 - Scène AXS

L’un des premiers grands coups de cœur de cette riche édition aura été Sam Quealy. Avec autant de talents au compteur, il nous est presque difficile de savoir par où commencer. Et c’est à peine remis de nos émotions post-Djo que nous nous sommes dirigés vers la scène AXS, qui nous réservait bien des surprises. En effet, Sam Quealy n’est pas venue à Rock en Seine pour faire dans la demi-mesure. Chanteuse, performeuse et danseuse, l’Australienne, véritable princesse de la techno-pop, ne cloisonne visiblement pas les disciplines, et nous l’a bien prouvé une fois sur scène.
Accompagnée de quelques danseurs vêtus de cuir et de porte-jarretelles, fessiers à l’air pour certains, Sam Quealy a lancé les festivités sans jamais laisser de place au répit. Un tableau aussi sulfureux qu’extravagant, où rien ne semble laissé au hasard, porté par ses innombrables déjà-tubes (Londontown, Watch Me Now, Starlight…). Son nom, hissé en lettres monumentales au sommet de la scène, devient presque un élément de décor à part entière. Jeux de lumières, scénographie et direction artistique particulièrement travaillée construisent un univers visuel cohérent, où chaque détail semble avoir sa place.
À l’image de Jawbreaker, son nouvel album produit notamment par Marlon Magnée de La Femme, dont l’influence musicale est évidente, le show témoigne d’un virage vers une musique plus flamboyante et débridée. Sur scène, l’artiste est partout à la fois : elle danse, arpente l’espace, joue avec ses acolytes et embarque rapidement le public dans son univers.
Cerise sur le gâteau, Rock en Seine a également eu droit à deux exclusivités : l’annonce de son premier Olympia, le 9 février 2027 (on y sera), mais aussi un avant-goût de son prochain single, I LIKE IT, interprété sur scène aux côtés d’un membre de The Bloody Beetroots. Et il a fallu qu’on nous pince pour y croire.
Une performance aussi libre que travaillée, où musique et danse se rencontrent sans jamais laisser le public de côté, transformant le tout en une expérience partagée et inoubliable.
Sarāb
Vendredi 28 août, 17h05 - Scène AXS

Il était à la fois naturel et audacieux de programmer Sarāb. Avec son troisième album, Mit Warde, le groupe tisse un fascinant dialogue entre la poésie syrienne et la fièvre du post-punk, dans une matière sonore à la fois onirique et électrique. Sur scène, le déferlement brut prend toute sa place. La grâce du chant arabe sur Electric Yasmin se heurte à des riffs dévastateurs qui évoquent par moments Queens of the Stone Age. Electric Yasmin comme King Bayat incarnent ce versant le plus chaotique et viscéral de Sarāb, deux morceaux qui avancent constamment sur le fil de la rupture.
Ce virage résolument rock accompagne des textes plus frontaux, plus politiques. On comprend alors pourquoi la chanteuse Climène Zarkan s'empare d'un mégaphone pour faire de la scène une tribune. A côté d’elle le guitariste Baptiste Ferrandis semble porté par une excitation communicante, bondissant sur la scène AXS sans jamais relâcher la pression. On retiendra surtout cette coupure nette avant l'explosion des guitares sur le très punk Zidni : une décharge qui pousse autant à danser qu'à lâcher prise. On a hâte de les revoir en salle !
Sparks
Vendredi 28 août, 18h55 - Scène Boursobank

On pensait vivre un concert patrimonial, au respect dû à ce groupe légendaire vieillissant. On a eu tout l’inverse. Ron et Russel Mael sont âgés respectivement de 81 ans et de 77 ans. À tous ceux qui se plaignent d’une nuit trop courte ou un verre de trop pour expliquer leur fatigue à 30 ou 40 ans : les frères Mael risquent de vous faire passer pour des retraités précoces.. Certes, ils n'ont plus la fougue de leurs 20 ans, mais ils compensent par une irrésistible autodérision.
Déjà, Russel Mael a gardé sa voix singulière de contre-ténor du rock. Passant du grave à l'aigu avec une technicité acrobatique juste, il nous surprend aussi dans son rythme de chant assez soutenu. Il gigote aussi beaucoup sur scène, frappant régulièrement des mains pour nous entraîner. Son frère aîné reste assis studieusement à son synthé. Puis il se lève et se découvre chanteur sur Let’s Get Funky. Il nous surprend même à esquisser quelques pas de danses assez timides. Puis il se rassoit en essuyant ses sueurs. C’est très drôle. Les Sparks jouent sans cesse sur leur âge mais ne s’y enferment pas.
Évidemment, le duo accompagné de jeunes musiciens, ne lésignent pas sur les classiques attendus comme When Do I Get To Sing “My Way” ou encore This Town AIn’t Big Enough For Both of Us seront exécutés à la perfection et on s’étonne à rester captivé devant eux. Devant tant de classe et de perfection, on ne peut que s’incliner devant ces géants qui ont près de 60 ans de carrières. Ce fut un récital d’une grande classe, bravo messieurs !
Franz Ferdinand
Vendredi 28 août, 21h05 - Scène Boursobank

Peu avant 21h, la foule s’amasse déjà devant la scène Boursobank. Il faut dire que c’est la première fois que Franz Ferdinand ne sont pas sur la Mainstage à Rock en Seine. Il va donc falloir jouer un peu des coudes pour être devant.
La nuit est déjà tombée, et Franz Ferdinand arrive en grande pompe sur scène, costards-cravates sous les acclamations du public. Le groupe démarre fort : The Dark of the Matinée , du premier album, vient faire jumper toute la fosse du festival avec son riff puissant dont on ne se lasse pas. Le groupe est en forme, Alex Kapranos ne cesse de sauter et donne de lui pour embarquer le public. Le groupe enchaîne directement avec Night or Day, du dernier album, avant d’attaquer leur titre Do You Want To. On voit les têtes dans la fosse devant s’agiter, des petits pogos se dessinent, mais c’est encore sage par rapport à leur dernier passage à Rock en Seine en 2017. Franz Ferdinand gâte le public avec le titre 40’, sorti du premier album, mais avec un tempo bien plus lent qu’à l’époque où le groupe avait 30 ans !
En milieu de concert, le groupe joue surtout des nouveaux morceaux. Les bras des festivaliers se balancent sur Build It Up, et on observe quelques pas de danse disco sur Glimpse of Love. On sent que le public est demandeur, après tout, on est à Rock en Seine, il faut que ça envoie : le groupe lance « Michael », on aperçoit un premier slam dans la foule, la fosse s’embrase et un pogo qui fait quasiment toute la largeur de la scène se dessine dans les premiers rangs. C’est le Franz Ferdinand qu’on aime, ça. Vient le tour de Love Illumination et Hooked, la fosse ne perd rien de son énergie, au contraire, le pogo s’agrandit. C’est l’heure de Take Me Out, tout le groupe est aligné sur scène et jump pendant le riff. La foule couvre presque Alex Kapranos, on entend hurler : « I say, don’t you know, you say, you don’t know ! »
Le concert se termine sur This Fire, avec même un circle pit devant, et tout le public qui s’assoit pour mieux exploser sur le dernier refrain. On s’éloigne de la scène un peu sonné par ce beau concert, le cardio encore un peu élevé, les cheveux décoiffés. On aurait aimé que ça dure plus longtemps et que Franz Ferdinand nous fasse une heure de morceaux énergiques, mais on ne peut que s’incliner face à l’agilité qu’a le groupe à emmener avec lui, en toute circonstance, ses différents publics.