Chroniques
Viens faire un tour dans le manoir hanté de Fat Dog
- Artiste
- Fat Dog
- Album
- Cancel Me (I'm Tired)
- Label
- Domino Records
- Sortie
- 2 octobre 2026
La légende raconte qu’en astrologie chinoise, 2026 est l’année du chien. Pas n’importe quel chien, évidemment : il s’agit d’un canidé qui prend de la place, d’une corpulence imposante, autrement dit un gros chien ou un Fat Dog comme diraient nos voisins anglais. Ça tombe bien, car un groupe portant le même nom vient de sortir un album intitulé Cancel Me (I’m Tired). Un choix intriguant qui nous donne envie d’en découvrir plus.

Nous devons nous confesser. Depuis toujours, notre amour et notre affection sont réservés aux chats, que ce soit celui de notre voisin, de nos amis que l’on harcèle pour recevoir des photos de leur animal, ou même celui que l’on croise toujours au même croisement de rues et qui accepte nos caresses avec un regard agacé. Pourtant, en ce vendredi 2 octobre, nous avons trahi tous ces félins qui entendent nos appels trop aigus avant même de nous apercevoir. La cause de cette trahison sans nom : un groupe de Britanniques qui, en 2020, ont pris la décision de se nommer Fat Dog.
Rangez votre amour au fond de votre poche
Après s’être abreuvés dans les écueils du monde entier, les septs canidés qui composent la formation Fat Dog reviennent avec un nouvel album. C’est en traînant la pate que ces derniers acceptent l’attention reçue lors de leur tournée, un exercice mondain qu’ils rejettent à coup de single disco porté par des synthés entêtant. « If you wanna cancel me, then go ahead and do it please » (« Si tu veux me cancel, alors fais-le, je t’en pris ») lance le chanteur, Joe Love, en introduction du morceau éponyme Cancel me (I’m Tired) après nous avoir gentiment invités à nous faire cuire un oeuf - pour être poli - lors du morceau précédent, Go Fuck Urself. Deux morceaux qui donnent le ton et dont on espère sincèrement qu’ils nous sont adressés… Sommes-nous masochistes ? Pour Fat Dog, oui.
Course poursuite
En toute sincérité, on accepte toutes les insultes sur Terre si ces dernières sont précédées de Smile and Wave, l’ouverture d’album la plus explosivement angoissante que l’on ait écoutée depuis longtemps. Le morceau résonne comme l’ouverture des portes d’un manoir hanté peuplé de créatures qui nous poursuivent à travers des couloirs interminables où trônent des portraits des précédents propriétaires. Cette sensation, elle nous accompagne tout au long de l’album, coincés dans un manoir décoré de milliers d’objets de décoration qui proviennent de toutes les époques confondues. On pense encore pouvoir trouver la sortie, puis, arrivé au morceau Call It What You Want, on comprend qu’on ne la trouvera pas, ce qui n’est pas un souci car on ne la cherchait plus depuis un moment comme le confirme le splendide The Devil qui pourrait parfaitement s'intégrer dans un jeu Mario Kart.
Un amour non réciproque ?
On ne veut plus quitter l’embrassade de Fat Dog, comme Brad et Janet dans The Rocky Horror Picture Show on finit par prendre goût à ce train de vie extravagant aux côtés de personnes aussi charmantes que déroutantes. Dans cette configuration, on ne finit pas par tomber amoureux d’un corset à paillettes et d’un short moulant doré, mais d’un chapeau de cowboy, de riffs de guitare flirtant avec le metal, de synthés tout droit venus des années 80, de guitares acoustique western, mais aussi de sonorités qui rendent hommage à l’âge d’or du punk.
Si vous en êtes arrivés jusque-là de cette chronique, déjà bravo, vous devez sûrement vous demander comment on a pu aborder autant de choses qui n’ont rien à voir en si peu de temps. On ne sait pas non plus, mais ce qui est certain, c’est que cela correspond bien à Cancel Me (I’m Tired), un album qui officie l'union de différents genres musicaux qui n’ont pourtant aucune affinité. Le tout sans jamais tomber dans le ridicule, c’est ça, le pouvoir de Fat Dog.