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Violet Indigo : "Ma seule volonté, c'est d'écrire des morceaux cool"

A l'occasion de la sortie de son premier album, Blunt Love Trauma, nous avons rencontré Violet indigo pour échanger sur ses influences, la place du live et son processus créatif.

Crédit photo : Fred Margueron

LFB : Pour ceux qui te découvrent avec cet album, comment tu présenterais le projet Violet Indigo ?

Violet Indigo : Avec cet album, j'avais envie de donner une large palette de la musique que j'aime et qui m'inspire. Je le considère vraiment comme de la pop, déclinée dans plein de styles différents, avec toujours comme fil conducteur ma voix et les hooks que j'aime faire quand je compose. On est sur une écriture très pop, avec parfois des influences un peu plus niches. Pour moi, la pop, ce n'est pas un style de musique : tout peut être pop tant que ce sont des mélodies ou des sons populaires, que les gens peuvent reconnaître sans avoir forcément une oreille avertie. Je voulais juste m'amuser avec ce concept.

LFB : Justement, même si on parle de pop, il y a aussi des influences indie rock, électroniques, un peu de jazz. Comment tu as construit ce mélange ?

Violet Indigo : Ça vient de Joe (Joe Mambo) et moi. Lui arrive avec un son plus pop, mais façon Stevie Wonder, dans les accords, l'harmonie. Moi, j'ai grandi dans le jazz, puis j'ai fait du rock à la batterie pendant sept ans, avant de découvrir le hip-hop et toute la musique électronique. On s'inspire l'un l'autre : lui aime certains styles électroniques sans en avoir tous les codes, et je vais lui dire « j'ai envie qu'on fasse un morceau dans un style que tu ne connais pas, mais avec ta patte harmonique ». Au final, on veut juste créer des morceaux qu'on aurait envie d'écouter. Soit c'était moi qui avais envie d'un style en particulier, soit ça partait d'une maquette que Joe avait commencée, et on se disait « ça sonne un peu comme tel artiste, c'est cool, allons-y à fond ».

LFB : La drum and bass revient sur plusieurs titres, et c'est un style qui fait son retour en ce moment. Pourquoi ce choix ? Tu as été influencée par des sorties récentes, ou c'est un amour profond pour ce style ?

Violet Indigo : C'est un amour profond. C'est le style que j'ai découvert le plus récemment dans tout mon parcours en musique électronique. Ce qui me parle beaucoup, c'est que la drum and bass, c'est du hip-hop doublé. C'est clairement un style qui s'inspire harmoniquement de choses soul, R&B ou hip-hop. Il y aura peut-être des remixes, parce que rythmiquement, c'est logique de doubler. Il y a aussi beaucoup de voix dans la drum and bass, souvent la figure du MC ou du rappeur, qui me ramène au hip-hop. Je trouve que c'est un style particulièrement réussi. Même s'il a été créé il y a maintenant 25 ans, le cycle de la mode fait qu'on redécouvre ses sonorités vingt ans plus tard et qu'on les emmène plus loin. C'est un style qui me représente bien, à la fois électronique et hip-hop. Ça peut être assez vénère, un peu absurde, ou au contraire très calme et aérien, mais c'est toujours aussi rapide. J'aime les différentes atmosphères qu'on peut y créer.

LFB : Quelle musique a nourri l'album ? On sent énormément d'influences. C'est ce que tu écoutais pendant l'écriture ?

Violet Indigo : Ça s'est étalé sur quelques années, donc ça a pas mal changé. Mais côté pop, Joe et moi, on aime beaucoup PinkPantheress. Ses morceaux ont l'air simplement produits, mais avec sa façon d'écrire et de chanter, c'est un super produit pop, très anglais. On sent vraiment ses inspirations britanniques. Dans cette énergie-là, j'ai aussi découvert Basement Jaxx, que j'aime beaucoup.

Sinon, ce ne sont pas forcément des morceaux qu'on écoutait pendant la création, plutôt des références. Sur LOV3CORE, un des premiers morceaux écrits pour l'album, on s'est clairement inspirés des Black Eyed Peas, de toute cette énergie-là. Sur So Pure, je trouve qu'il y a un truc un peu Gorillaz, indie rock avec une pointe d'électronique. Avec HOMESICK, j'avais envie de faire référence à Uffie. Encore une fois, le cycle des vingt ans : ça revient. Quand j'ai commencé, j'ai découvert Uffie, et même si ce n'est pas forcément mon artiste préférée, elle a amené des choses qu'on retrouve aujourd'hui chez Charli XCX, et je voulais y faire référence. Et sur DJAY DELIGHT, on voulait reprendre quelque chose qu'on écoutait à ce moment-là : Steve Lacy ? et son premier album, avec pas mal de morceaux courts, de la guitare et beaucoup de voix. Ce n'était pas « on écoute ça, on fait pareil » : c'étaient plutôt des envies de styles qu'on ne touche pas forcément d'habitude.

LFB : Revenons à l'album, Blunt Love Trauma. D'où vient ce titre, et qu'est-ce qu'il dit de l'album ?

Violet Indigo : C'est un jeu de mots sur l'expression blunt force trauma : quand quelqu'un est percuté par quelque chose sans que ça traverse la peau. J'ai eu un accident de voiture il y a un an, et c'est exactement ce qui m'est arrivé, au dos. Ça a pas mal ralenti les choses, j'ai dû décaler la sortie de l'album, et malheureusement j'en subis encore les conséquences. Mais plutôt que de faire quelque chose de premier degré, j'ai ajouté le mot love, parce que l'amour est assez présent dans l'album, sans être premier degré non plus : l'amour amoureux, l'amour de soi, l'amour qu'on porte à ses amis, la frontière entre amour et haine. Ça amène un côté romantique à quelque chose qui ne l'est pas du tout et qui reste, pour moi, un événement physique assez grave. Et j'ai parfois l'impression que certains événements qui m'ont fait écrire ces morceaux n'ont pas eu d'impact direct : ils me sont arrivés, puis ils ont fini par me percuter plus tard. L'album mélange des réflexions de plusieurs années, qui ont mis du temps à arriver là.

LFB : Ce sont des choses qui se sont un peu imposées à toi.

Violet Indigo : Oui, et j'ai du mal à accepter les choses. Il me faut du temps pour me dire « ok, je vais suivre ce qui s'impose au lieu d'aller à l'encontre ». Cette rupture amicale, par exemple, elle m'a été un peu imposée, mais je vais essayer de comprendre ce qui s'est passé et aller dans le sens des choses.

LFB : C'est ton premier album. Pour un artiste, c'est un gros projet, une étape. Est-ce que ça change ton rapport à la création ? Maintenant que la case est cochée, tu vas t'autoriser plus de choses, ou continuer comme avant ?

Violet Indigo : Je vais continuer, carrément. Je pense que l'album va nous donner, à Joe et moi, un blueprint de ce qu'on peut faire et de notre façon de travailler. Je vais garder cet état d'esprit pour ma musique. Mais ça ne change pas grand-chose pour moi : c'est plutôt l'aboutissement de plein de sessions, d'idées, de remises en question. Ça laisse une trace d'où je viens, peut-être pour plus tard, mais ça va surtout approfondir ce que je faisais déjà.

LFB : Ta voix reste légère sur tout l'album, même sur des thèmes plus durs. C'était un parti pris dès le départ, ou ça s'est imposé aussi ?

Violet Indigo : Un peu un parti pris. Avant, j'utilisais surtout ma voix de poitrine. C'est la première fois que j'utilise autant ma voix de tête, que je cherche un timbre un peu différent. Surtout, on s'est rendu compte que ça sonnait bien, que c'était un terrain un peu inexploré, tout en rappelant pas mal de mes inspirations, avec des harmonies très aiguës. Même nombreuses, comme elles sont aériennes, elles vont plutôt caresser l'oreille que s'appuyer dessus. On s'est beaucoup amusés avec ça. J'écris les mélodies, et Joe vient les approfondir, ajouter des petites notes qui font ressortir certains accords à certains moments. C'est souvent lui qui m'a poussée vers les aigus, et j'aime beaucoup le rendu. Parfois, j'ai même pris presque un autre accent, une autre voix, pour percuter davantage, mieux suivre le morceau. C'était vraiment cool de trouver une autre personnalité vocale.

LFB : Sur It's All in Your Head, j'ai l'impression que la voix se perd dans la production. Comment tu as travaillé cet effet ?

Violet Indigo : Il y a deux pistes de voix et deux pistes d'harmonies, donc la voix principale n'est pas très présente. Au mix, on voulait jouer sur pas mal d'effets, de delay, d'écho. C'est un des morceaux où on ne voulait pas d'une structure couplet-refrain, et où on a presque mis la voix au même niveau que la prod. C'est volontaire, pour le message : se perdre dans ses pensées. On voulait aussi faire durer la prod, même sans la voix. Et Joe tenait à ce que ce soit très nu, qu'il n'y ait presque rien pour embellir la voix, et qu'elle se noie, comme tu dis, dans la production.

LFB : Dans l'écriture, tu abordes plusieurs thèmes : le doute, la peur de s'engager, l'envie de réussir. D'où viennent-ils ?

Violet Indigo : Je suis quelqu'un d'anxio-dépressif. Je prends un traitement depuis quelques années, depuis l'écriture de l'album en fait. À des moments où j'allais mieux, j'ai baissé ce médicament, et ça m'a affectée beaucoup plus que je ne le pensais. J'ai traversé des moments où j'étais vraiment pas bien, mais ça m'a permis de toucher des sentiments un peu douloureux. Je ne pensais qu'à ça pendant qu'on faisait le morceau, alors pourquoi ne pas en parler ? Je trouvais que j'arrivais à le faire avec une certaine honnêteté. Ça vient entièrement de moi, il n'y a pas de personage. Ce sont des sujets auxquels je pense tous les jours, qui me hantent : le doute, l'envie d'être reconnue pour son art, ou celle de continuer à faire quelque chose qui nous fait du bien. Ma façon de gérer ces émotions, c'est d'en parler d'une manière qui me fait du bien. Quand je réécoute, je me dis : yeah, that's exactly how I felt.

LFB : Justement, SUPAstar parle d'avancer malgré le doute en espérant garder la lumière. Vu ce que tu viens de dire, c'est vraiment un titre personnel.

Violet Indigo : Oui. Ce n'est pas humiliant, mais je n'étais tellement pas bien quand je l'ai écrit qu'en le réécoutant, j'ai pleuré. C'est une de mes plus grosses peurs : savoir quelque chose que les gens ne voient pas encore. Mais si tu es la seule à le savoir, est-ce que c'est vraiment vrai ? En ce moment, j'en suis vraiment là : il faut que je continue à défendre ce que je fais. J'ai l'impression d'arriver à un point où, à la fois, j'ai envie de tout laisser tomber parce que ça fait remonter beaucoup de choses, et en même temps je me dis que je suis arrivée jusque-là, qu'il faut que je persévère encore un peu, au moins pour vivre pleinement cette expérience. C'est certainement le titre le plus personnel, et quand je l'ai fait écouter, ça a parlé à beaucoup de monde. J'aime beaucoup ça : partir de choses hyper personnelles et toucher quelque chose d'universel.

LFB : Il y a aussi Vinted, ton premier titre en français. Pourquoi sur cet album ? Et tu comptes en refaire ?

Violet Indigo : Oui, carrément. Ce n'était pas faire du français pour faire du français : on s'est rendu compte avec Joe que certaines productions sonnaient mieux en français. Et le fait que Joe écrive en français à la base me mettait en confiance. Je ne sais pas si je pourrais écrire tout un morceau en français, je n'ai pas encore assez de recul avec cette langue, sur certaines tournures, certaines façons de faire rimer les mots. Mais simplement, on a écouté ce genre de prod, on a essayé en anglais, ça ne marchait pas, donc on est passés au français. Il y a aussi l'autre titre, jsp, que j'aime beaucoup. Quand on parle une autre langue, notre voix change : c'était très amusant d'entendre ma voix sous cette autre forme, et de voir que les gens à qui je l'ai fait écouter apprécient. Mais c'est venu tout seul, ce n'est pas du tout quelque chose que je me suis imposé. On a refait un titre en français parce que le premier fonctionnait bien. On voulait qu'il y en ait au moins deux, parce que ça nous parlait, et pas que ça fasse effet de titre bonus.

LFB : J'ai l'impression que, dans toute la construction de l'album, la plupart des choses se sont imposées d'elles-mêmes. Tu n'avais pas un cahier des charges avec des cases à cocher, et je trouve ça super cool.

Violet Indigo : Oui, le seul cahier des charges, c'était qu'il y ait plein de styles différents, parce que j'adore faire de la musique avec Joe. Chaque fois qu'on faisait un morceau, y compris ceux qui ne sont pas sur l'album, ça nous emmenait quelque part. Même avec des références communes, on arrivait sur un morceau qu'on ne pensait pas faire au départ, et on voulait juste prolonger ce sentiment. Ça t'est déjà arrivé de découvrir qu'un album avait été fait avec des règles ?

LFB : Oui certains artistes peuvent dire : « Pour cet album, je voulais qu'il soit construit de telle façon, ce morceau est placé ici parce que j'avais pensé l'album comme ça. » Alors que là, j'ai l'impression que ce n'est absolument pas le cas.

Violet Indigo : Non, limite, la majorité des choix, j'ai demandé à quelqu'un d'autre de les faire. Le titre de l'album, par exemple : j'avais fini l'album, je parlais avec un très bon ami qui me faisait des blagues sur d'autres titres, et je lui ai dit « bon, envoie-moi des idées ». Il m'a envoyé une liste d'une trentaine de titres ridicules, avec peut-être deux ou trois bons dedans, et c'est après l'avoir trouvé que j'ai construit l'explication. L'ordre, je l'ai demandé à Joe. Je fais le morceau qui me plaît, et je ne suis pas encore à ce stade de mon processus créatif où tout est pensé. Pour moi, faire de la bonne musique, ça reste assez instinctif. Et j'ai fait l'album avec beaucoup de gens, donc ça me paraît normal. J'aime collaborer, même sur les décisions. C'est peut-être aussi parce que je n'ai pas trop confiance en moi, mais j'aime savoir ce que l'autre ressent, et voir ce qu'on en fait à partir de là, comme avec Joe. Ma seule volonté, c'est d'écrire des morceaux cool.

LFB : Il n'y a qu'un seul featuring sur l'album. Comment est née cette collaboration ?

Violet Indigo : C'est une amie. En ce moment, je vis à Rouen. C'est une artiste normande qui habite à Paris. À Rouen, il y a pas mal de projets assez rock, et le sien est extrêmement humble : elle fait autre chose à côté, elle est choriste de Julien Doré. Elle est archi prise, et elle sort ses morceaux, qu'elle fait avec son copain, qui joue aussi avec Julien Doré. Honnêtement, c'est super bien. Je suis peut-être un peu difficile, mais pour un projet français qui chante en anglais et reprend des codes de musique anglophone, elle le fait super bien. J'ai envie de faire un album de remixes, peut-être avec plein de feats, mais je ne voulais pas non plus que cet album-ci soit que moi, même s'il y avait déjà Joe. Et s'il y avait un feat, je voulais que ce soit avec quelqu'un dont je respecte énormément le travail, pas juste quelqu'un qui marche en ce moment. C'est venu tout seul : je lui ai envoyé l'album, elle m'a dit sur quel morceau elle se voyait, et c'était justement celui pour lequel je l'avais contactée au départ. Ça s'est fait super naturellement, aucun retour, rien n'a été changé, c'est vraiment sa prise. Elle a ajouté des choses qu'on n'imaginait pas, c'est trop bien. Je trouve même qu'il y a une inspiration un peu Lana Del Rey, même si je n'aime pas trop Lana Del Rey, et ça marche super bien sur le morceau. Pour moi, c'est à ça que servent les feats : t'emmener là où tu ne pensais pas aller. J'aime beaucoup ce qu'elle fait, j'espère qu'elle va continuer, j'adore ses chansons, et je voulais la mettre un peu en valeur.

LFB : Est-ce qu'un titre a été particulièrement difficile à finir ?

Violet Indigo : Il y a des morceaux qui ont été durs à commencer, comme One Step. J'ai dit à Joe : « Allez, on fait un morceau de drum and bass », et il n'en avait jamais fait. Il n'y croyait pas du tout. Je lui ai envoyé un kit de drum and bass, ça l'a un peu aidé, mais pendant qu'il composait, il me disait « je ne sais pas ce que je fais, ça ne va pas bien se passer ». Je m'en suis littéralement inspirée pour écrire le morceau : un pas à la fois, ça va aller. C'est seulement quand j'ai posé la topline du refrain qu'il m'a dit « ok, là ça prend tout son sens, on peut continuer tout droit ». Avant, il n'était vraiment pas sûr de lui.

HOMESICK, c'était dur parce que le morceau est très contrasté, et faire en sorte que chaque partie complète l'autre, c'est compliqué. En plus, on a dû exporter plein de choses nous-mêmes, donc ça a pris beaucoup de temps. Même à la fin, Fabien voulait retoucher le morceau, puis il a finalement décidé de ne pas y toucher. Ça a été long jusque dans le kick : il n'a pas d'attaque, donc à un moment il était trop fort, puis pas assez… Trouver le juste milieu a vraiment pris du temps. Et LOV3CORE, c'est un des premiers morceaux qu'on a faits et presque le dernier qu'on a fini. On se demandait sans cesse si on le mettait sur l'album, pourquoi, pourquoi il ne sonnait pas encore comme il fallait. Il en existe plusieurs versions. Le reste est venu assez simplement.

LFB : Est-ce que tu comptes défendre cet album en live, et comment tu imagines les titres sur scène ?

Violet Indigo : Absolument, et je suis en plein dedans. Je veux intégrer Joe sur scène. Après avoir défendu ma musique toute seule, avec en plus mes problèmes de santé physique, je ne veux plus être seule sur scène. J'ai fait quelques concerts dernièrement en me disant « je vais tout donner, c'est le dernier concert en solo ». Encore une fois, j'aime travailler avec des gens : avoir quelqu'un sur qui me reposer sur scène, quelqu'un qui emmène le public ailleurs. Je suis beaucoup trop dans ma tête, et parfois il suffit d'un élément extérieur pour me sortir de mon carcan mental.

Ce qui est super avec Joe, c'est qu'on est vraiment devenus amis en faisant de la musique. On continue d'apprendre à se connaître à travers ça, et on est super contents de passer plus de temps ensemble. On est tous les deux très perfectionnistes, on a des standards assez hauts pour une musique qu'on a beaucoup aimée. Donc il faut faire un bon show, et j'aime cet esprit, même si ça met beaucoup de pression. Joe va me backer, on va jouer quelques-uns de ses morceaux, parce que j'aime beaucoup ce qu'il fait, surtout sur son dernier EP, et il y aura des moments où il jouera du synthé. Moi, je pourrai toujours bidouiller avec mes machines.

On veut quelque chose de plus spectaculaire qu'avant, avec un DJ set où je pourrai chanter un peu plus à l'anglaise, façon MC. Il y a cette envie que ce soit différent, et de mettre en valeur la collaboration avec Joe. J'adore ce qu'il fait, et ça me fait plaisir de promouvoir sa musique et sa musicalité en même temps que la mienne, parce qu'au point où on en est, c'est vraiment une grande partie du projet. Il s'appelle Joe Mamo, avant c'était Caramilk.

LFB : Dernière question : un mot pour ceux qui vont écouter l'album le 16 octobre. Qu'est-ce que tu as envie qu'ils ressentent ?

Violet Indigo : J'ai envie qu'ils le réécoutent directement. L'album est court et il s'y passe beaucoup de choses. Même si certains morceaux sont parfois un peu trop courts, on voulait qu'on ait envie de les relancer juste après, pour comprendre tout ce qui vient de se passer. Ça, c'est plus une action. Mais au point où j'en suis, je n'ai même pas envie d'avoir d'attentes sur ce que les gens vont en retirer. Je ne sais même pas si j'ai envie qu'ils trouvent ça cohérent, et ils ont totalement le droit de dire que non. J'ai plutôt envie qu'ils se disent « c'était un voyage, on est passés par beaucoup de choses ». Qu'ils ne se sentent pas forcément renouvelés à la fin, mais qu'ils aient l'impression d'avoir vécu quelque chose.

LFB : Il y a une vraie ouverture : on traverse plein de choses, tu ne t'es pas enfermée dans un seul style. C'est ce qui donne envie de s'y replonger. Avec un artiste qui fait un seul style, au bout de 30, 40, 50 minutes, tu peux avoir ta dose. Là, comme il y a plein d'influences, tu as envie d'y retourner.

Violet Indigo : C'est exactement ça. Je ferai peut-être un jour des projets plus centrés, mais c'est pour ça qu'on a envie de les réécouter. Merci d'avoir mis des mots sur ce sentiment.

Écouter Blunt Love Trauma :

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