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Zed Yun Pavarotti : «C’était une manière de me convaincre que j’existais encore»

Le 6 novembre 2026 marque la sortie du nouvel album de Zed Yun Pavarotti : Unmiracle. Trois ans après son dernier album, Encore, il revient avec un projet très personnel. Un album pensé avant tout pour lui, mais qui semble déjà résonner avec son public. Assis sur le rebord de la scène du Transbordeur à Lyon, on a rencontré le chanteur stéphanois pour une discussion entre musique et cinéma.


Pochette de l'album « Unmiracle » de Zed Yun Pavarotti. On le voit de profil, sur un fond bleu.
Crédit photo : Jason Destraits


La Face B : Comment tu te décrirais à quelqu’un qui ne connaît pas encore ta musique ?

Zed Yun Pavarotti : Je suis une espèce de Don Quichotte du voyage musical, disons. Je suis un peu tout droit, solitaire, mon truc. Et dès que je suis inspiré, je m’arrête ou je ne m'arrête pas, un truc comme ça. Mais je ne suis jamais fixé en tout cas. Il n’y a pas de point de chute pour l’instant, je n’ai pas envie. J’ai envie d’explorer tout ce qui est explorable dans la musique en termes de registre, de forme et de fond aussi.


La Face B : Ton prochain album sort dans quelques semaines. Comment tu te sens à l’approche de cette sortie ?

Zed Yun Pavarotti : Je me sens bien parce que tout est actif un peu en même temps. Autant les sorties de singles que les concerts. Tout s’organise. C’est un peu compliqué à tout mettre en forme en même temps, mais ça fait partie d’une grande synergie qui a son lot de tensions électriques, donc ça me va. J’espère faire brûler ce gros compteur, mais pour l’instant, je sens qu’il se passe quelque chose, c’est vivant. Je ne suis pas inquiet.


La Face B : Est-ce que tu vis cette sortie différemment de celles des précédents albums ?

Zed Yun Pavarotti : Pas forcément, parce que c’est toujours un peu la même chose, un plan promo, machin. Non, je suis habitué. Après, c’est la nature de l’album qui change un peu. Ce que je dois raconter, moi, c’est un poil différent, par contre, parce que c’est beaucoup plus perso. Et puis ça fait appel à des sujets qui dépassent le cadre musical pur. Donc c’est ce qui m’étonne un peu, d’aborder des sujets d’ordre un peu plus sociétaux, disons.


La Face B : Il y a des sujets en particulier où tu t’es dit « il faut que je les aborde » en construisant cet album ?

Zed Yun Pavarotti : Non, cet album je l’ai vraiment fait pour moi, ce qui n’est pas habituel dans le sens où je l’ai fait exclusivement pour moi. Là j’ai abandonné toute forme d’édit sur la forme. Je n’ai pas eu envie de faire un album efficace. J’ai tenté de me raconter des trucs dont je ne me sentirais pas bafoué plus tard. C’est une espèce de journal intime d’un mec qui traverse un état très compliqué. Je l’ai fait pour moi. Si ça ne plaît pas, tant pis, mais en tout cas j’ai été sincère.


La Face B : En même temps, en général, quand on fait les choses pour soi, c’est là où ça rend le mieux.

Zed Yun Pavarotti : C’est ce qui est miraculeux avec l’humanité. Quand les individus se regardent véritablement et arrivent à se serrer la main et à se jurer une auto-honnêteté absolue, en général les autres humains le comprennent comme si c’était un discours leur étant adressé. Ça passe par l’honnêteté individuelle, mais ça amène forcément des questionnements d’ordre moral qui résonnent chez tout le monde. Sur l’amour, la vie, l’envie de continuer à rester vivant, à agir, à se projeter, à rêver.

Tout le monde est aliéné par ces questions, c’est juste qu’on arrive à les ranger dans des placards bien cachés. Mais ça résonne tout le temps quand on aborde ces sujets franchement.


Photo de Zed Yun Pavarotti, plan rapproché, en noir et blanc
Crédit photo : Milan Quadens


La Face B : Je rebondis sur le terme « Miraculeux ». Comme il y a beaucoup de jeux de sens et de mots dans tes chansons, le titre de l’album « Unmiracle » semble aussi avoir une double lecture ?

Zed Yun Pavarotti : Totalement. Je ne sais pas si les gens ont remarqué ça, mais les titres de tous mes projets sont toujours transposables en anglais. Ça veut toujours dire quelque chose en anglais, même si ça ne veut pas forcément dire la même chose. Par exemple « Grand Zéro », “grand” et “zero” ça existe en anglais. À part « Beauseigne », qui n’est pas officiellement du français. Mais même “beau” ça existe et “seigneur” les Anglais le comprennent en général.

Et là je voulais qu’en français ça soit Un miracle, et qu’en anglais ce soit l’anti-miracle. Et même tout simplement qu’en français, un miracle, en enlevant juste un tout petit espace, tout s’inverse. Il suffit de pas grand-chose des fois pour que la réalité se retourne.


La Face B : Tu m’as dit que cet album, tu l’as vraiment écrit pour toi. Qu’est-ce qu’il raconte que tu n’avais pas encore forcément abordé dans les autres ?

Zed Yun Pavarotti : C’est ça, c’est la question de moi en tant qu’individu, pas en tant que simple observateur. J’ai toujours eu une écriture assez journalistique, trash, d’observateur. Presque de photojournaliste. Mais sur des choses assez banales, voire ridicules, et des choses immenses en contradiction et un peu en même temps. Et là j’ai abandonné ce costume-là.

J’essaie d’avoir un auto-discours, de me parler pour arriver à remettre les pièces du puzzle dans l’ordre. C’était ça la mission, essayer de souligner les moments de vie que je n’arrivais plus à voir. C’était un peu une démonstration pour moi. C’était une manière de me convaincre que j’existais encore, on va dire.


La Face B : Ok, un album très profond du coup.

Zed Yun Pavarotti : Ouais, juste après il y a du pétrole normalement si on descend plus bas.


Photo de Zed Yun Pavarotti de face
Crédit photo : Jason Destraits



La Face B : La mort, c’est un thème qui revient beaucoup dans tes textes. Pas seulement sur cet album, mais sur les anciens aussi. Qu’est-ce qui te donne envie d’y revenir ?

Zed Yun Pavarotti : Je crois que je me suis demandé très tôt, enfin j’ai été même contraint à me demander très tôt si j’avais vraiment envie d’endurer plus que ça.

Ça n’a pas commencé de manière très sympa, mon existence. Je n’ai pas choisi d’être là, et j’avais l’impression qu’il y avait plus de souffrance qu’autre chose, donc je ne comprenais pas. Ça crée un état de flou total. Et en même temps, il y a quand même un élan, tout le monde a un élan de vie très prononcé. Et du coup je pense que ça m’a suivi. C’est un grand questionnement. Jusqu’ici c’est plutôt passé par l’exploration du cadre de la condition humaine et sociale. Et là c’est sur le plan plus individuel et plus métaphysique, disons.


La Face B : Il y a cette phrase qui m’a particulièrement interpellée : « mes rêves sont l’aperçu de l’inévitable ». Qu’est-ce que tu mets derrière cette idée ?

Zed Yun Pavarotti : J’ai un rapport aux rêves très très particulier. Déjà mes rêves sont quasiment exclusivement conscients. Donc c’est assez étrange. Et du coup, je ne suis jamais étonné du fait de rêver. Et en général, ce qui intervient et que je ne maîtrise pas dans mes rêves, ce sont des choses que je suis obligé d’affronter. Mais je pense que les rêves de tout le monde, c’est ça, l’inconscient a tout le temps raison. L’inconscient, très souvent, est juste une espèce de prophète qui attend, et qui ne donne ses prophéties qu’au présent.

Du coup je sais que j’ai un rapport assez auto-prophétique : un rêve peut me permettre de savoir ce que je dois gérer, ou en ne comprenant pas ce que je traverse, me l’apporter très clairement. Et puis, je ne sais pas, c’est peut-être le rapport non corporel à la pensée, cet état de conscience non corporelle, c’est un truc qui m’étonne. Et c’est ce qui se rapproche le plus de ce qu’on imagine être l’après.


La Face B : Donc ça fait des très journées très longues si tu es conscient même en dormant.

Zed Yun Pavarotti : Oui, à un moment j’en avais marre je dois l’avouer.


La Face B : La thématique de l’après me questionne du coup. Tu avais fait des études de théologie à un moment, c’est pour ces raisons-là que tu étais allé vers cette thématique ?

Zed Yun Pavarotti : Totalement oui. À ce moment-là, il fallait que je fasse quelque chose de ma vie. Je faisais de la musique, mais c’était trop microscopique pour pouvoir être viable dans un plan d’avenir. Je me suis dit : prends-toi en main, fais comme tout le monde, fais des études. Déjà parce qu’il y avait les bourses, c’était pratique. Je me suis dit : il faut t’enrichir, fais-toi une mission intellectuelle sur ton existence entière. Et je voulais faire de la recherche après. Je m’étais dit soit tu fais de la musique, soit tu t’acharnes pour devenir docteur en théologie et tu fais des travaux de recherche. C’était de la théologie catholique précisément, parce que je préférais resserrer sur un truc.



La Face B : Et c’est quelque chose qui te suit encore dans ton quotidien, même si t’as arrêté ces études-là ?

Zed Yun Pavarotti : Oui, mais je n’ai plus énormément le temps d’y penser. Ça demande du temps, et beaucoup d’ennui aussi, ça ne peut pas arriver comme ça. Je peux avoir des périodes de réflexion, mais j’ai un quotidien très normal. Là, sur des périodes de travail typiquement, c’est impossible de se plonger dedans. Sinon c’est vraiment être un énorme prouveur au bar et c’est horrible, ce n’est pas du tout l’idée.

Mais j’aimerais des fois avoir vraiment du temps. Si j’avais beaucoup plus de thunes, je me permettrais de me prendre peut-être un an et vraiment je ne fais plus rien, je voyage un peu, je lis des trucs, j’écris un peu. Mais là, c’est vraiment impossible. J’aimerais que ça arrive quand même.


La Face B : Sur Say Goodbye, j’ai trouvé qu’il y avait un contraste intéressant entre un côté un peu malicieux dans le morceau, une prod enjouée avec des bruits de foule. Comment t’as construit cet univers sonore ?

Zed Yun Pavarotti : Ça a été assez évident en vrai. C’est un morceau que j’ai écrit pour ma sœur. En fait, je me mets à sa place dans ce titre. J’ai une petite sœur dont je suis très proche, et elle a déménagé parce qu’elle fait un doctorat à Montréal. C’est la première fois qu’elle partait aussi loin. Changer de continent, personne ne l’avait jamais fait dans la famille. Ça la remuait beaucoup, donc j’ai écrit une chanson en imaginant ce que c’est qu’un départ. Ce que tu laisses derrière toi pour aller voir ailleurs.

Surtout que ce qui lui faisait bizarre, c’est qu’elle était amoureuse de quelqu’un et qu’elle devait quand même partir. Du coup, tu te dis au revoir en sachant que ce sera fini. J’ai voulu écrire un morceau par rapport à ça, en me disant peut-être qu’elle l’écoutera, que ça lui fera du bien, que ça l’accompagnera dans ce trajet. Mais ce n’est pas hyper clair au final que c’est un morceau pour elle, je ne sais même pas si elle le sait. Je crois que je ne lui ai jamais dit.

Et après sur le côté musical, ça a été assez instinctif. J’ai trouvé une espèce de boucle assez courte, mélodiquement ça se répète. Je fonctionne généralement en résidence, je joue des Airbnb où on se rejoint avec mes musiciens de live. Je pose la base et après on s’amuse autour, ils réenregistre ou ils réarrangent avec moi très souvent. Mais ça a été très rapide et très évident. Ça a pris deux-trois heures. Des fois, il y a des évidences, et ce morceau en fait partie. Alors qu’il est assez compliqué techniquement, je suis étonné qu’on ait trouvé ça aussi rapidement. Il y en a mille fois plus évidents et moins complexes qui ont pris des mois.


La Face B : Tu as un exemple de titre ?

Zed Yun Pavarotti : Le dernier, Sur le toit, j’ai fait au moins cinq versions je pense. Et la dernière version, je l’ai faite une semaine avant de rendre l’album. Je n’y arrivais pas, alors que c’est assez simple. Mais quand les choses ne s’alignent pas, c’est compliqué.


La Face B : En général tu penses d’abord en termes de paroles ou de musique ?

Zed Yun Pavarotti : C’est toujours la musique d’abord. Sur ce disque c’est un peu particulier parce que tous les couplets sont plus ou moins non mélodiques. Après rien n’est non mélodique, c’est absolument impossible vu que c’est du son. Mais en tout cas je n’avais pas de recherche de top line particulière. Après, le rythme est quand même une forme de mélodie. Sur La Nouvelle par exemple, c’est quand même une mélodie, sauf que je la dégrade un peu pour que ça paraisse parlé.

Mais ici c’était surtout des plans rythmiques, et il y avait un rapport très textuel, qui est assez inhabituel chez moi. Habituellement je commence toujours par composer et chercher une ligne mélodique. Sur Say Goodbye, par exemple, c’est ce que j’ai fait. Je me suis levé un matin, j’ai trouvé la guitare et j’ai élaboré. Et le texte arrive une fois que j’ai toute la structure mélodique en général.



La Face B : Je trouve ça fascinant chez les artistes, cette capacité à transposer des paroles sur une musique déjà imaginée.

Zed Yun Pavarotti : Le petit tips que je peux donner, c’est que quand j’ai des top lines, j’essaie de coller au maximum au son qui m’est venu la première fois. Par exemple sur Say Goodbye, le « tard » était indispensable, ça n’aurait pas pu être un « u » tu vois. Il faut quand même être attentif à ces trucs.


La Face B : Tu as évoqué ton amour du cinéma. Par exemple, sur le dernier morceau, Sur le toit, tu dis « je suis douze fois en colère », ça m’a fait penser à Douze hommes en colère. Quelle place a le cinéma dans ta vie et ta manière d’écrire ?

Zed Yun Pavarotti : Totalement, c’était une référence. Dans ma vie en général, c’est omniprésent. Je suis un très très gros consommateur de films. Hélas, pas au cinéma. Déjà pour des raisons financières, c’est devenu extrêmement cher le cinéma. Et je suis agoraphobe, donc ce n’est pas terrible. Chez moi, je suis un gros consommateur, mais j’évolue par phases. Il y a des moments où je n’en regarde pas du tout et après je peux passer deux mois non-stop à regarder cinq films par jour.

Mon écriture a toujours été dans une projection très physique des choses. Avec les objets, les choses. Le cinéma, c’est plutôt de la mise en lumière, moi je n’ai pas ce truc-là de mise en lumière. Mais je fonctionne vraiment en construction d’image. Quand tu veux parler d’un désert, tu ne dis jamais « désert », tu dis cactus, tu dis poussière, tu dis vent. À la fin, tout le monde sait que tu es dans le désert. Moi je fonctionne un peu comme ça. Donc oui, le cinéma a vraiment conditionné ça.


La Face B : Je dévie un peu de la musique sur le cinéma du coup. T’as un top 4 letterboxd à nous partager ?

Zed Yun Pavarotti : C’est super mouvant, ça dépend de ce que je traverse. Manchester by the Sea restera tout le temps dans le top trois quoi. Mais c’est d’ordre très personnel, ce n’est pas forcément objectif. Ma tension personnelle correspond à la tension qu’il y a dans ce film, électriquement parlant.

Des fois, il y a des trucs qui viennent, puis qui disparaissent. En général je préfère citer les meilleures dernières choses que j’ai vues. Everything Everywhere All at Once, j’ai trouvé ça extraordinaire. Vraiment fantastique. C’est tellement beau.

Je suis fan de Paul Thomas Anderson aussi, il a fait pas mal de films où la narration disparaît, elle revient. Il y a un côté bad trip un peu, où tu ne sais pas. J’aime bien quand il n’y a pas besoin de vérité. Les choses sont très symboliques et chacun en fait ce qu’il veut. J’écris comme ça aussi, ma discographie ressemble à ça. C’est assez loufoque, avec un côté surréaliste dans l’écriture. Je ne veux pas qu’il y ait de vérité, d’information ou de discours. Je préfère que ce soit une grande danse où on se laisse porter. On ne sait pas ce qu’on en retire, chacun retire son histoire à lui ou à elle.

Donc de je pourrais citer Inherent Vice de de Paul Thomas Anderson pour rester un peu dans ce truc. Et le dernier avec DiCaprio, One Battle After Another*.* C’est un immense chef-d’œuvre.


La Face B : Du coup t’aimes bien les fins ouvertes au cinéma ?

Zed Yun Pavarotti : Ouais je préfère. Mais je ne suis pas contre un gros dénouement. Ah j’aurais pu dire Eternal Sunshine of the Spotless Mind, ça reste quand même un truc de fou furieux. Bon bref, t’en auras cinq. Dans Eternal Sunshine, il y a une vraie fin. Mais en même temps, tu sens que rien n’est vraiment digéré, tu ne sais pas ce que sera l’avenir. C’est une grosse chorale humaine. C’est génial.


Photo studio de Zed Yun Pavarotti
Crédit photo : Jason Destraits


La Face B : Merci de m’avoir accompagné dans cette divagation cinéma. Pour revenir à tes morceaux, est-ce qu’il y a un morceau dont tu es particulièrement fier sur cet album ?

Zed Yun Pavarotti : Je suis fier de l’album en entier en vrai. D’être arrivé à faire ça et d’être arrivé au bout. Mais je dirais Les mots. J’ai un faible pour ce morceau parce qu’il est clair. Et j’ai été vraiment très inspiré. J’ai pris, je pense, 15 minutes à le faire, quasiment en entier. Sur le gros du travail, allez une demi-heure. Et il y a des fois des évidences comme ça. Après forcément je retravaille, il y a des heures de travail derrière pour affiner, mais le morceau existait tel quel à 80%.


La Face B : Dans une précédente interview, tu expliquais que tu ne te fermais pas à l’idée de faire des feats mais que tu n’imaginais pas forcément en faire un sur ton album. Et là, on retrouve Marguerite Tiam sur le disque. Comment est née cette collaboration ?

Zed Yun Pavarotti : C’est né il y a trois ans et demi, je démarrais ma première tournée, je pense. Et j’étais tombé sur une vidéo d’elle, dans un studio de répétition, quand elle avait démarré la musique. Je connaissais un peu sa tête, mais pas sur la face musicale. Et j’ai aimé son énergie.

Déjà elle n’avait pas forcément besoin de faire de la musique, elle avait déjà traité la question de la notoriété, de l’autoconstruction sur le rapport médiatique et populaire. Donc démarrer la musique dans ces circonstances-là, ça créait une liberté un peu différente que je trouvais vraiment stylée.

Et puis c’est un être humain hors norme. On est devenus amis immédiatement. Et vu qu’elle a fait partie de la grande traversée du désert que j’ai eue, elle était au milieu de ce truc aussi, j’ai voulu l’accrocher à mon frigo.


Photo de Zed Yun Pavarotti et Marguerite Thiam sur le clip de « Quand est-ce qu'on oublie qu'on aime »
Crédit photo : Louise Audry


La Face B : Comment vous avez construit ce morceau en particulier ?

Zed Yun Pavarotti : En fait j’ai fait un album avant celui-ci, que je n’ai pas gardé. Et ce morceau en faisait partie. Je lui avais envoyé l’album, et elle était tombée amoureuse de ce titre. Moi j’en pouvais plus, la maquette me saoulait, je trouvais ça vraiment pas bien. Et je lui ai dit : soit je la jette à la poubelle, soit on en fait un feat, c’est le seul moyen qu’elle survive. Et en fait, on a fait le morceau.

Et je pense que c’est de voir à quel point elle l’aimait qui m’a fait comprendre aussi le morceau, que c’était joli. Il m’appartenait plus, j’avais l’impression que c’était vraiment son petit truc à elle et j’étais en mode : allez, si tu veux, on va le réanimer ce truc. Après ça a été assez rapide, on s’est vu en studio, elle a fait le truc, et puis c’était réglé. Mais on se voit grave souvent avec Marguerite, c’est une de mes meilleures amies.


La Face B : En 2023, on t’avait demandé ce que le Zed Yun Pavarotti de 2023 dirait à celui de 2020. Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à celui de 2023 aujourd’hui ?

Zed Yun Pavarotti : Attache sa ceinture, ça va se secouer mon vieux. Je lui dirais ça : attache bien tes bottes. Et rien d’autre, parce que de toute façon il fallait que certaines choses arrivent. Mais juste : prépare-toi bien, étire-toi.


Photo de Zed Yun Pavarotti accroupi
Crédit photo : Milan Quadens


La Face B : Je reviens un peu en arrière, parce que ça vient de me percuter. Tu as dit que tu es agoraphobe, du coup comment ça se passe les tournées ?

Zed Yun Pavarotti : J’ai vraiment l’agoraphobie de proximité. Être sur scène avec des gens devant moi, ce n’est pas du tout un problème. Mais c’est être au milieu, ça peut être avec quatre ou cinq personnes, si je suis entouré. C’est une forme de claustrophobie qui s’active qu’avec des êtres humains. Heureusement que les cercueils sont en bois, si c’était un être humain, je n’aurais pas un repos vraiment éternel.


La Face B : Surtout si tu restes conscient en plus.

Zed Yun Pavarotti : On l’est toujours un peu, je pense. L’âme ne disparaît pas, je pense.


La Face B : Si on arrive un jour à faire des interviews dans l’au-delà, on pourra confirmer ça.

Zed Yun Pavarotti : Ce serait marrant, « et que dirait le Zed Yun Pavarotti mort au vivant ? » Je dirai la même chose, accroche-toi, ça va secouer.



La Face B : Est-ce qu’il y a un morceau, de cet album ou des autres, que t’as hâte de jouer sur scène ce soir ?

Zed Yun Pavarotti : Il y a des morceaux plus agréables à jouer que d’autres, même si je ne les aime pas forcément autant en version studio. Quand est-ce qu’on oublie qu’on aime, j’adore la jouer. Je prends vraiment beaucoup de plaisir à la jouer, plus qu’à l’écouter. J’ai beaucoup moins d’affection pour la version audio.



La Face B : Pour finir, même si je repars déjà avec pas mal de recos cinéma, est-ce que tu aurais une recommandation culturelle à partager en ce moment ?

Zed Yun Pavarotti : Je crois qu’elle est terminée, mais il y avait une expo à Paris qui s’appelle « FCK OFF ». Il y a beaucoup de trucs sur Liam Gallagher, sur tout le rock de manière générale, sur la figure du rock. Je ne sais pas si c’est fini ou pas, mais au cas où.

Sinon, je ne lis pas énormément mais ça arrive de temps en temps. J’avais lu Oppium, ce sont des notes prises par Cocteau pendant une cure de désintoxication à l’opium. C’est assez intéressant, pour comprendre les états psychologiques de quelqu’un d’addict, et surtout ce qui pousse à ça. Après l’opium, c’est vraiment particulier, c’est d’une puissance démoniaque. Mais c’est quand même intéressant pour mieux comprendre l’addiction.


Alors que le before tour a pris fin après 6 dates sold out, Zed Yun Pavarotti entamera le Unmiracle Tour en janvier 2027. L'occasion de le découvrir dans toute la France, et notamment à l'Olympia le 17 février 2027.

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