ADN #1024 : LE BRUIT

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Le trio LE BRUIT, composé de Johanna Serville, Tom Allen et Morgan Arnault, mêle intensité poétique à des paysages sonores inspirés du shoegaze, du post-rock et du stoner rock. Ils nous dévoilent leurs influences musicales par la voix de Johanna.

Lankum – Go Dig My Grave

Un sacré choc lors d’une nuit d’été bien trop poisseuse au feu Pointu Festival en 2023. La terre a semblé s’arrêter de tourner pour laisser la voix extraordinaire de Radie Peat transpercer chaque cellule de chaque personne présente. Magie qu’on admire en silence… chhhhht.

Amyl and The Sniffers – U Should Not Be Doing That

Les punks australiens d’Amyl and the sniffers : bombe d’énergie, de fun, de lâcher prise qui rend addict comme de la nicotine. A voir absolument sur scène et faire la fête !

King Gizzard & The Lizard Wizard – Rattlesnake

L’Australie encore avec les furieux de KG&LW que je ne peux pas du tout suivre avec leurs quoi ?! 25 albums studio en 15 ans ?? 

Non, je ne peux pas du tout les suivre, c’est vrai, alors j’écoute ce titre/album en boucle chaque fois que l’envie me prend. 

En attendant, évidemment que j’irai les voir jouer religieusement à chaque fois que j’en aurai l’opportunité parce qu’ils m’envoient, à coup sûr, en orbite sur toutes les planètes qu’ils côtoient.

Bonnie Banane – Cha-Cha-Cha

Bonnie c’est une frangine, sauf qu’on ne se connait pas. Je dois avouer que je l’admire comme une folle. Sa liberté, son surréalisme, tous les codes qu’elle pompe vulgairement à tout le monde pour les recracher et en faire un truc délicieux qui ne ressemble qu’à Bonnie. Wow. Quelle meuf !

Une énigme totale que je crèverais de résoudre. Je sais ! Dites-lui qu’il faut que je lui propose un road trip ensemble en 205 sur les nationales de France avec un pack de bières, des chips et des cd !

Pj Harvey – To bring you my love

Ce titre possédé est un classique culte du rock. Un riff de 4 notes que personne ne peut oublier, sa puissance chamanique qui mord aux tripes, et sa sensualité animale libératrice. Il représente pour moi le génie de cette artiste, puissante parmi les puissantes.

Elle utilise sa voix dans tous les registres, ne se force pas à hurler pour rentrer dans des codes, mais hurle si elle en a envie. Elle parle d’amour fou, alors que ce sujet est honteux sur la scène alternative.

Nous sommes dans les années 90, la place des femmes dans le rock n’a jamais été aussi difficile d’accès, et PJ Harvey, sans rien chercher à prouver quoi que ce soit, devient une évidence et le restera. Elle a acquis une immunité et un respect absolu, quasi divin dans le milieu. Ses collaborations en témoignent : Thom Yorke, Björk, Josh Homme, Nick Cave…

Si jusqu’ici le rock est un truc d’homme. La guitare électrique est un truc d’homme, la crédibilité alternative, encore plus que n’importe quoi d’autre, est quasi inaccessible. Pas pour PJ.

PJ fait non seulement du rock lourd, avec un son de guitare qui arrache la tête, sans rien renier de sa féminité qu’elle explore différemment à chaque album. PJ change la donne entièrement : elle se fout totalement de plaire ou non aux hommes. Elle se fout qu’on la désire, et nous la désirons tous.tes !

Led Zeppelin – Kashmir

Ce morceau parce qu’ il traversera les siècles. Ce groupe  parce qu’il est La Légende. L’exemple et le contre exemple. La fascination et la déception. L’ osmose et la passion musicale intégrale et la liberté qui les mènera à leur perte. 

De simples adolescents demi-dieux richissimes, sans contrôle parental, dont certains se consacreront tellement à la destruction, qu’ils se foutront de cracher à la gueule du don que l’Univers leur a donné : créer ensemble. 

HairAquarius

Regarder Hair avec son crush un lendemain de teuf, en étant tout love love et tout ramolli. Pur Kiff ! L’intro du film me fait battre le cœur très très fort ! Cette ligne de basse nom de nom ! et wow ! Renn Woods, chanteuse. déesse. 20 ans. Mic drop !

The Kills – Pull A U

Le son brut et sexy du duo iconic The Kills. Irrésistible. Ça me ferait danser jusqu’au matin de n’importe quelle nuit.

David Bowie – Five years

Une chanson de 1972 sur la fin du monde, plus moderne que jamais.

Cette fin du monde qui nous hante chaque matin lorsque nous jetons encore une bouteille de lait en plastique dans la poubelle du monde, arraché à des vaches en plastique dont on va assassiner le veau. 

Bowie, les bras tendus vers l’humanité, lui hurle son amour. 

 “I’d never thought I’d need so many people.”

Janis Joplin – Kozmic Blues

Je ressens encore le choc dans mon corps de 12 ans d’âge en découvrant cette version live de Kozmic Blues dans un documentaire sur Janis Joplin. Ne comprenant pas un mot, mais recevant chaque syllabe comme des impacts de foudre. Son âme immense qui lui transperce le corps. 

Juin 1970, 4 mois seulement avant sa mort, 27 et 127 ans à la fois…

Otis Redding – I’ve Been Loving You Too Long (To Stop Now) – Monterey Pop Festival – 1967

Y être. Voir cet homme, sa manière de mouvoir son corps sur la musique. Sa voix. Voir Otis et mourir. Amen. 

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