Sam Sauvage s’était déjà fait remarquer en 2023 avec un premier EP sobrement intitulé Prémices fortement inspiré du Belge Stromae. Il a fallu qu’il procède à l’éponymie pour faire des étincelles. Sam Sauvage a délivré un nouvel EP (chez Cinq7) aux sonorités 80s qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs. Terriblement attachant, plein d’humour et de tendresse, il ne cache pas ses goûts désuets qui lui permettent de parler à toutes les générations.

Sa voix grave nonchalante à souhaits, sa coiffure ébouriffée et sa silhouette désarticulée ont attisé notre curiosité lorsqu’il a révélé les images de son clip Les gens qui dansent (J’adore). C’est ce morceau qui ouvre son nouvel EP. Certains y entendront un Patrick Coutin des années 2025 et ça ne serait pas si déconnant. La chanson est entrainante, dansante et Sam Sauvage s’amuse à chanter de manière approximative. On se laisse prendre par cet aspect swing robotique et ça marche.
Avec Pas bourré, Sam Sauvage fait un clin d’œil à une certaine jeunesse. Sam Sauvage la côtoie pour mieux l’observer à la porter en chanson. Pas bourré révèle une poésie mélancolique, ses synthés tranchent nettement avec Les gens qui dansent. Avec son tempo ralenti, Sam Sauvage inscrit sa musique dans un format plus contemplatif. L’autodérision du retour post soirée où on appréciera la lucidité désabusée du garçon.
On n’avait pas encore entendu les premières notes de Dans le photomaton que l’on pensait à Amélie Poulain. Et la plaisanterie douce veut que le morceau s’ouvre sur des sons qui font penser aux manèges. Plus délicate, Dans le photomaton évoque le désir, l’intimité dans la cabine. Musicalement, Sam Sauvage prend une dimension plus variété.
Ali roule de nuit reprend la dynamique dansante. Cette fois-ci, dans la nuit – un moment visiblement apprécié par le garçon -, Sam Sauvage nous fait rencontrer Ali. La rencontre de deux solitudes. Ali roule de nuit nous fait retrouver des synthés pétillants et l’ambiance quelque peu feutrée nous conditionne à l’intérieur du véhicule. Les airs de guitares agissent comme des petits virages.
Et c’est avec La fin du monde que l’on se met à penser aux premiers morceaux de Bashung. Si son titre prête à croire à une ambiance sinistre, le dandy ne cache pas son espoir d’une volonté collective de changement que la jeunesse porte en elle. Les synthés très aériens surgissent de nouveau pour inscrire le morceau dans une énergie positive, enthousiaste parfaitement consciente de son environnement « Le monde s’écroule sous nos pieds, ça nous empêche pas d’danser ».
Sam Sauvage montre une écriture soignée dans une musique inspirée des années Frenchy but chic qui capte sa génération autant que son époque dans toutes ses nuances. Oscillant entre énergie et mélancolie, le jeune chanteur n’a pas fini de séduire et faire danser les foules. Après 6 Pop Up du Label – tous affichés complets -, une Maroquinerie et un vrai tour des festivals cet été, il est plus que recommandé d’aller le voir lors de sa Cigale le 31 mars prochain.
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