Rencontre avec Bonne Nuit

Nés d’un groupe de potes de l’adolescence, d’un accordéon aperçu sur une story Snapchat et d’un amour assumé pour la fête, Bonne Nuit a peu à peu muté vers une électro intense et sensible. De leur poésie brute à leur énergie débordante, Étienne et Théodore tracent une route singulière. Au MaMA 2025, ils reviennent sur leur histoire, leurs influences et ce qui nourrit aujourd’hui l’identité du duo.

Photo de Romane Leo Marsault

La Face B : Racontez-nous vos débuts, les prémices, le déclic de “Bonne Nuit”. C’est quoi votre histoire ?

Étienne : Nous venons tous les deux de Vendée, à côté de Cholet, Les Herbiers. Théodore avait un groupe qui s’appelait Origin Club à l’époque, genre en 2014.

Théodore : Ouais, c’est ça. C’était un groupe de potes de collège qui a finalement mal tourné. En gros, Bonne Nuit, c’est ça : des collégiens qui font de la musique dans le club de musique, et puis…Je trouve pas

Étienne : …qui rencontrent Étienne à l’accordéon sur une story Snap.

Théodore : Puis il y a des membres qui partent, il ne reste plus que nous deux à la fin, et on devient Bonne Nuit.

La Face B : Mais c’était déjà électro ? C’était quoi le style ?

Théodore : Non, pas du tout ! On faisait du rock festif, rien à voir.

La Face B : Ah ouais, genre ska punk ?

Théodore : (rires) Tout à fait ! Enfin, on était là-dedans… Enfin, on ne faisait pas vraiment ça, mais on voulait faire ça ! Ska-P, c’était la grande référence !

Étienne : D’où mon entrée dans le groupe avec l’accordéon. C’était le choix orienté ska (rires).

La Face B : Vous êtes souvent décrits comme un mélange de poésie brute et d’énergie électronique. Vous êtes d’accord avec ça ?

Théodore : C’est gentil, c’est beau.

Étienne : Oui, complètement. C’est très flatteur !

La Face B : Pourquoi ces deux termes, du coup ?

Théodore : Ce sont deux beaux termes. Poésie brute dans le sens où nos textes sont écrits avec une certaine naïveté. La poésie, c’est flatteur quand même. Mais c’est vrai qu’on cherche à raconter quelque chose, à laisser un message. Et la poésie, ça prend aux tripes, donc on est flattés. Après, on tente d’avoir quelque chose qui ne soit pas trop “deep”, pas trop travaillé non plus. On veut que ce soit léger… Et j’ai oublié le deuxième terme, c’est quoi ?

La Face B : Vous êtes souvent décrits comme un mélange de poésie brute et d’énergie électronique. Vous êtes d’accord avec ça ?

Théodore : C’est gentil, c’est beau.

Étienne : Oui, complètement. C’est très flatteur !

La Face B : Pourquoi ces deux termes, du coup ?

Théodore : Ce sont deux beaux termes. Poésie brute dans le sens où nos textes sont écrits avec une certaine naïveté. La poésie, c’est flatteur quand même. Mais c’est vrai que l’on cherche à raconter quelque chose, à laisser un message. Et la poésie, ça prend aux tripes, donc on est flattés. Après, on tente d’avoir quelque chose qui ne soit pas trop “deep”, pas trop travaillé non plus. On veut que ce soit léger… Et j’ai oublié le deuxième terme, c’est quoi ?

La Face B : L’énergie électronique !

Théodore : Justement ! On se sert de l’électro pour faire ce qu’on voulait faire avant : avoir un groupe festif. Même si on n’écoute plus vraiment du ska punk ou ce genre d’influences, on se sert de l’électro de cette manière-là.

La Face B : Parlez nous un peu de vos influences. Vous avez déjà cité Ska-P (rires), mais quand on vous écoute, on a du mal à la percevoir (rires). On entend un peu de cold wave, de chanson française, un peu de techno/rave…

Étienne : Nous, on kiffe beaucoup les Rita Mitsouko, Flavien Berger. Dans nos textes, il y a un peu de Philippe Katerine.

Théodore : C’est vrai qu’il y a toute une partie chanson française, genre Feu! Chatterton. Et dans la musique, il y a aussi des choses plus lointaines, comme MGMT.

La Face B : Votre premier single, c’était Le type aux yeux noirs. C’est quoi l’histoire de ce type, du coup ?

Théodore : Quelle est l’histoire de ce type ? En fait, c’est volontairement un peu flou. C’est une histoire de jalousie, sans vraiment savoir si on est jaloux d’un homme ou d’une femme. Le but, justement, c’est que ça reste flou.

Étienne : Qu’il y ait même, limite, une histoire d’amour, des désirs cachés.

Théodore : Oui, c’est le but de ce texte-là : on ne sait pas si on est jaloux d’une autre personne ou si on aime cette autre personne.

La Face B : Une question plus “MaMA” : vous enchaînez 80 concerts, vous êtes lauréats de prix et de tremplins, une Boule Noire sold out, bientôt la Maroquinerie. Quel est votre conseil pour les jeunes artistes qui viennent au MaMA ?

Étienne : C’est vrai que j’étais là il y a deux ans, et je me disais que j’aimerais bien pouvoir jouer ici (rires). En vrai, je leur dirais de ne pas se fixer ça comme objectif, car ce n’en est pas un en soi.

Théodore : Ne pas chercher à ressembler à quoi que ce soit. Dans la réussite d’un projet, il y a certes une part de chance et de rencontres, mais il y a aussi la notion de retranscrire quelque chose d’unique. C’est normal d’être inspiré par ce qu’on écoute, mais je dirais qu’il faut vraiment faire ce qu’on aime, et le son qu’on aime.

Étienne : En tout cas, depuis qu’on a commencé ce projet, on a fait énormément de concerts et on a beaucoup travaillé là-dessus. Je pense que ce qui nous permet de réussir, c’est le travail, et de jouer, jouer, jouer.

La Face B : Vous êtes plus live ou studio ? On a déjà notre réponse visiblement.

Théodore : Alors ouais, mais on a compris récemment qu’on devait se mettre un coup de fouet sur les autres parties que le live et bosser sur les autres aspects. On a la chance d’être intermittents aujourd’hui et d’être à 100 % dans ce projet.

La Face B : Au printemps dernier, vous avez sorti La vie est belle, un son plus techno, presque rave, genre Ascendant Vierge. Vous vous sentez proches de ce mouvement et de cette culture ?

Étienne : C’est vrai que le titre Influenceur d’Ascendant Vierge, quand il est sorti, on était fans. C’était vraiment ce qu’on voulait faire dans la musique et la sonorité, mais aujourd’hui, on évolue.

Étienne : Je pense qu’on est de moins en moins festifs. En tout cas, au vu de notre travail récent, j’ai l’impression qu’on est plus sérieux et dark que festifs et joyeux.

Théodore : C’est vrai que nos chansons sont plus sombres.

Étienne : Plus focus sur l’intensité, en fait ! C’est ça : l’intensité !

La Face B : Mais pourtant, La vie est belle, c’est votre dernier titre ?

Étienne : Oui (rires). Mais c’est vrai que le dernier titre sorti nous semble déjà loin par rapport au moment où on l’a écrit. On pense déjà à la suite, aux prochains morceaux qui sortiront en 2026.

La Face B : Vous trouvez vraiment que la vie est belle, du coup ?

Théodore : Bah non… non. Le but de ce titre, c’est de dire que certains font le choix de regarder la vie de manière positive tout le temps, et ce morceau se moque un peu de ces gens là.

Photo de Romane Leo Marsault

La Face B : Comment vous vous décririez en trois mots pour une personne qui n’a jamais entendu parler de Bonne Nuit ?

Théodore : Vas-y, donne-en deux, j’en donne un.

Étienne : Je dirais euh… ce que les gens nous disent tout le temps en concert : “Quelle énergie ! Quelle énergie !” (rires)

Théodore : Et du coup, je remplacerais “énergie” par “intensité”.

Étienne : Ouais… inteeeense, inteeeense…

Théodore : Bon, intensité, joie et tristesse, si on en garde que trois ?

Étienne : En tout cas, avec notre set, on essaie de faire passer toutes les émotions.

Théodore : C’est vraiment ça qu’on travaille en concert : donner plus de sensibilité à notre live, pour émouvoir un peu plus les spectateurs.

Photo de Leo Romane Marsault

La Face B : Bon, histoire de conclure : c’est un de vos morceaux les plus streamés, est-ce que vous pouvez nous expliquer le concept de Café Clope Caca ?

Théodore : Le Café Clope… le concept, euh… (rires)

Étienne : Le Café Clope, c’est une manière de se moquer un peu du train-train quotidien, de la fourmilière parisienne. Nous, on vient de Vendée, et quand tu arrives à Paris, t’es un peu déconnecté. On a du mal à comprendre pourquoi tout le monde se marche dessus.

Théodore : Pour nous, c’est un morceau triste. En fait, quand on l’a écrit, on n’était pas encore musiciens à plein temps, et on avait peur d’arriver dans cette espèce de routine Café Clope Caca, pour ne pas dire « métro, boulot, dodo« . Le café clope caca c’est le métro boulot dodo.

Étienne : Mais le “caca”, c’est plus parlant ! (rires)

La Face B : Eh bien, c’est une superbe conclusion ! Merci à tous les deux pour ce moment ! Bon concert ce soir !

Théodore : Merci à vous !

Étienne : Merci beaucoup, passez un bon festival !

Retrouvez Bonne Nuit en concert à La Maroquinerie le 19 mars 2026.

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