ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Aujourd’hui, on part à la découverte des influences de M.A.O. Cormontreuil à l’occasion de leur récent passage au Crossroads Festival.

Nextime – Again
Anthonin (guitare-chant) : J’adore les projets qui arrivent à se tenir à un cahier des charges hyper minimal. Là c’est du grunge instrumental. Il y a cette ambiance crépusculaire de 1993 qu’on retrouve chez Nirvana (In Utero) et Dinosaur Jr (Where You Been). Les morceaux sont courts et simples. Ça donne l’impression que c’est facile à faire. Ça me fait penser aux vidéos de skate qui me donnaient envie de skater parce que tout paraissait simple. Écoute Nextime et ça te donnera envie de prendre ta guitare et de monter un groupe.
Fever Ray – Kandy
Marianne (percussions, chant) : Ce que j’aime dans la musique de Fever Ray, c’est la richesse mélodique, le travail des sons de percussions électroniques additionnelles et de la voix de Karin.
Dans l’album Radical Romantics d’où est issu Kandy, on surfe sur des ambiances pop, électro, expérimentales. L’esthétique est encore très travaillée comme dans ses autres projets tels The Knife dans les années 2000. La dimension visuelle sur scène comme dans ses clips m’a toujours attirée, comme son goût pour l’étrange, le dérangeant, voire le trash.
Sur scène elle est entourée de 4 musiciennes et danseuses charismatiques, je recommande leur Arte Concert de 2023, un show d’une allure folle.
Folk Implosion – Nothing gonna stop
Anthonin : Ce morceau est dans mon Panthéon des morceaux les plus cools. Ce titre est sorti en 1994 pour la B.O. de Kids de Larry Clark et je le trouve encore super frais. C’est lo-fi, groovy et léger. Comme avec Nextime, il y a cette impression de facilité qui donne envie de faire de la musique. Lou Barlow est mon idole. Ses différents projets, Folk Implosion, Sebadoh , Sentridoh et Dinosaur Jr, m’ont beaucoup influencé et j’ai même pour ainsi dire calqué sa manière d’avoir des projets à différentes configurations (M.A.O. Cormontreuil et Black Bones pour le groupe, Angel, pour le projet solo, The Bewitched Hands pour le collectif, The Wolf Under The Moon et Oh Yeah Oh Yeah pour le spectacle jeune public).
Aphex Twin – Afx237.v7
Odilon (basse, chant) : Jusqu’alors je ne connaissais que la Dance comme musique électronique, et c’est lors de mon adolescence que des amis m’ont fait découvrir ce titre d’Aphex Twin, accompagné d’une vidéo extrêmement dérangeante intitulée Rubber Johnny réalisée par Chris Cunningham et Aphex Twin en 2005.
En soirée nous diffusions la vidéo et le son sur une grande télé, juste histoire de se faire peur, pour s’amuser. J’étais fasciné par la synchronisation des images et cette musique jungle complètement bizarre, je n’avais jamais entendu une musique de ce genre. J’étais en fait à la fois très mal à l’aise et très absorbé.
Je n’ai pas choisi ce titre pour son côté dansant, ni pour une quelconque influence que cela aurait pu exercé sur moi et ma façon de jouer, mais je retiens l’émotion de la vraie découverte, cette première fois où mon cerveau et mon appréciation musicale ont été bousculés.
MYD – 9 AM.
Anthonin : C’est mon artiste français préféré. L’album et le live sont mortels. Je trouve qu’il y a une connexion avec le mood happy et indie de M.A.O. Cormontreuil. Il a deux choses qui font mouche chez moi : l’émotion et la technique. Le mélange du songwriting et de la musique de club. Ayant été biberonné au lo-fi (Lou Barlow, Daniel Johnston, Chris Knox), l’aspect technique m’était toujours passé au-dessus de la tête. C’est impossible de faire l’impasse quand les machines remplacent le groupe. Ça m’a apporté de la fraîcheur et un nouveau terrain de jeu de me mettre sérieusement à la production avec M.A.O. Cormontreuil.