Rencontre avec The Belair Lip Bombs

La Face B a rencontré The Belair Lip Bombs à la Rock School Barbey, à Bordeaux, lors de leur tournée européenne. Un groupe fun et spontané, à l’image de son son : un indie rock solaire, instinctif et terriblement attachant. Porté par une énergie communicative et un vrai sens de la mélodie, le quatuor australien déroule des chansons qui donnent immédiatement envie d’y croire et de danser. Une rencontre évidente et réjouissante, et surtout une certitude : on n’a clairement pas fini d’entendre parler des Belair Lip Bombs.

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« L’album est sorti depuis trois semaines, et voir des gens chanter les paroles dans des pays où on n’a jamais joué, c’est complètement fou. » — The Belair Lip Bombs

La Face B: Bonjour les Belair Lip Bombs. Vous êtes actuellement en tournée en Europe. Comment le public français réagit-il à vos concerts jusqu’à présent ?

Maisie Everett: À Paris, le public était incroyable.

Dev – Daniel Devlin: C’était mon concert préféré de la tournée jusqu’à présent, le concert parisien.

Jimmy Droughton: Et c’était aussi une très belle salle. Comment s’appelait-elle déjà ?

La Face B: Le Point Éphémère, super salle ! Comment la tournée européenne se compare-t-elle à une tournée en Australie ?

Jimmy Droughton: Je pense que l’hospitalité européenne dépasse largement ce qu’on connaît en Australie. Là, derrière nous, il y a des baguettes et pains incroyables, des fromages, de la charcuterie, des tomates. En Australie, pour un concert de taille similaire, tu aurais juste 24 bières dans un petit frigo à l’arrière de la salle.

Maisie Everett: Très hospitalier. Mais aussi, le public est plus… enfin, c’est génial de tourner partout. On joue des concerts incroyables partout dans le monde. Mais ici, les gens qui viennent voir des groupes plus petits comme nous comprennent le chemin parcouru pour venir jouer devant eux. On ressent vraiment cette reconnaissance du public.

Dev – Daniel Devlin: Oui, clairement.

La Face B: Ils sont là pour vous encourager, pas pour vous piéger en tout cas.

Dev – Daniel Devlin: Oui, c’est cool. C’est un bon état d’esprit. Je pense que ce sont les publics les plus attentifs devant lesquels on joue. Au Royaume-Uni et en Australie, on peut avoir des concerts plus chaotiques et festifs. Mais en Europe, en général, il y a beaucoup de respect de la part du public, et on apprécie vraiment ça parce que ça nous garde aussi très investis.

La Face B: Comment le public réagit-il à votre nouvel album depuis sa sortie le 31 octobre ?

Maisie Everett: Vraiment très bien, je pense. Oui, beaucoup de gens viennent nous voir après les concerts. On va souvent au stand de merch pour rencontrer les gens et signer des disques, et toutes les personnes à qui on a parlé ont vraiment aimé le nouvel album.

Jimmy Droughton: Oui, c’est fou. Il est sorti depuis seulement trois semaines, et voir des gens chanter les paroles dans des pays comme le Danemark, où on n’a jamais joué, c’est génial.

La Face B: C’est dingue quand les gens connaissent vos paroles par cœur. Vous annoncez un titre et ils sont à deux doigts de s’évanouir. C’est vraiment fun. Vous avez dit que le groupe ne partage pas une seule influence commune, ce qui rend votre son très fluide. Si vous deviez décrire votre musique à quelqu’un qui vous découvre aujourd’hui, comment la définiriez-vous ?

Maisie Everett: Je dirais du rock indie à guitares, mais avec plus de pop.

Mike Bradvica: De la Guitar pop.

La Face B: Très indie. Il y a aussi quelque chose de très nostalgique dans certains morceaux.

Maisie Everett: Oui, c’est assez nostalgique. À la base, c’est du rock indie.

La Face B: Vous êtes aussi Australiens. En quoi le fait d’être un groupe australien façonne le son des Belair Lip Bombs ? Y a-t-il une énergie particulière du rock australien ?

Maisie Everett: Oui, il y a clairement un son australien. Et même plusieurs sons australiens. Il y a une scène punk très forte, avec sa propre vibe. Et puis la scène indie, surtout celle de Melbourne au milieu des années 2000, avec ce côté très jangly, influencé par les années 90. Beaucoup de groupes de cette époque nous ont vraiment inspirés.

Dev – Daniel Devlin: Je pense que la scène Dole Wave, inspirée par Flying Nun et les groupes néo-zélandais, avec ce côté très mélodique, se retrouve clairement chez Lip Bombs. Mais il y a aussi le rock classique, comme AC/DC, qui est très influent. Toute cette musique australienne, et plus largement de cette partie du monde, s’infiltre naturellement et de façon organique.

La Face B: Y a-t-il des artistes ou scènes australiennes qui ont marqué votre éducation musicale ? Vous venez de Melbourne.

Maisie Everett: Oui, comme Dev le disait, les groupes Dole Wave comme Twerps et Dick Diver, et puis des groupes un peu plus récents comme Rolling Blackouts Coastal Fever, qui font partie de nos favoris.

Dev – Daniel Devlin: Oui, beaucoup de groupes indie rock DIY. Ça a clairement ouvert la voie à ce qu’on fait aujourd’hui. Mais on a tous des réponses différentes, c’est pour ça qu’il n’y a pas une seule influence. On n’écoutait pas tous la même chose en grandissant.

Jimmy Droughton: Oui, il y a énormément de groupes que trois d’entre nous adorent, et qu’un autre aime beaucoup moins. Des petits îlots de sons. Ça se ressent aussi quand seulement trois d’entre nous jouent à un moment donné. On adore tous les débuts de Kings of Leon, par exemple. Et le rock des années 90 aussi, il y a un vrai point de rencontre là.

Maisie Everett: The Strokes, c’est drôle, c’est le groupe auquel on nous compare le plus. Mais pour Mike et moi, en tant que guitaristes, on n’a jamais vraiment été très fans.

Jimmy Droughton: Je pense que quand quelqu’un qui n’est pas trop dans la musique me demande à quoi ressemble notre son, je dis The Strokes parce que c’est une réponse facile, un raccourci que tout le monde comprend.

Maisie Everett: Beaucoup de la musique qu’on écoute aujourd’hui est faite par des groupes qui ont été influencés par The Strokes.

Mike Bradvica: Ou l’inverse. Beaucoup de choses que j’aime sont influencées par Television et ce genre de groupes, qui ont eux-mêmes influencé The Strokes.

La Face B: Y a-t-il un morceau sur Again qui vous semble le plus australien ?

Jimmy Droughton: “Another World”, peut-être.

Mike Bradvica: Je dirais “Time”, très rock aussie classique.

Jimmy Droughton: Je suis d’accord pour “Another World”. Beaucoup de rock radio australien commence avec un riff imparable et un refrain très accrocheur. Ce morceau a ça, et il a aussi un petit côté surf.

La Face B: Parlons de Again. C’est votre premier album sorti chez Third Man Records, et vous êtes leur tout premier groupe australien signé. Comment cette collaboration a-t-elle commencé ?

Maisie Everett: On les a rencontrés à South by Southwest à Austin l’an dernier. Puis à nouveau au festival The Great Escape à Brighton. Il y a eu tout de suite de très bonnes vibes, ils aimaient vraiment le groupe. C’était un cas classique de bonnes personnes rencontrées au bon moment.

Belair Lip Bombs: Oui, exactement.

Dev – Daniel Devlin: Ce sont juste de très bonnes personnes, et on veut seulement travailler avec des gens bien. Ils ont tout de suite adoré Lush Life et se sont investis immédiatement dans le groupe, contrairement à d’autres labels. Donc la décision a été facile. C’est un super label.

Jimmy Droughton: Tout s’est mis en place naturellement.

La Face B: L’album marque une forme d’arrivée. Comment votre style a-t-il influencé la direction globale de Again ?

Dev – Daniel Devlin: Rythmiquement, c’est assez différent de Lush Life, mais pas forcément à cause de moi. Le producteur, Joe White, a eu une grande influence. Je suis aussi un batteur différent de Liam, l’ancien batteur, donc il y a des différences, mais dans l’ensemble, ça reste assez proche.

La Face B: Again élargit votre palette sonore — vous utilisez notamment une boucle synthé sur “Hey You”. Qu’est-ce qui vous a poussés à explorer de nouvelles textures ?

Maisie Everett: On a beaucoup plus expérimenté avec les claviers et les pianos. Le piano est présent sur la plupart des morceaux. On a aussi testé différents amplis et guitares. On voulait que chaque chanson ait son propre son et que l’ensemble paraisse plus abouti.

La Face B: Le son de Lush Life était plus DIY, et maintenant, même visuellement — notamment dans les clips — tout est plus soigné. Il y a sur l’album un sentiment de quête ou de manque. Était-ce intentionnel ou est-ce quelque chose que vous avez réalisé après coup ?

Maisie Everett: C’est quelque chose qu’on a réalisé après. On ne fait jamais ce genre de choses de manière intentionnelle. Mais il y a une raison pour laquelle ces dix morceaux-là se retrouvent sur l’album : ils partagent tous ce sentiment de recherche.

La Face B: L’ensemble est très cohérent. Si on entre plus en détail dans les morceaux, en commençant par “Hey You”. C’est votre premier titre à utiliser de la synth-pop. Saviez-vous dès le départ qu’il deviendrait le single principal ?

Maisie Everett: Je pense qu’on l’a su assez rapidement, oui.

Dev – Daniel Devlin: Oui, au départ, le premier single devait être Don’t Let Them Tell You It’s Fair, mais on a changé assez tard. On savait tous que ce serait le plus gros morceau de l’album. En l’écrivant, on essayait presque consciemment d’en faire un single, quelque chose de très produit.

La Face B: C’est drôle que vous disiez ça, car le clip est beaucoup plus élaboré. Pouvez-vous nous parler de la vision derrière ce clip ?

Maisie Everett: Au moment où on a tourné le clip, on savait que ce serait le single principal. On a voulu mettre l’essentiel du budget vidéo sur ce morceau et vraiment mettre en avant tout le groupe. C’était le premier titre de l’album, la première nouvelle musique depuis deux ans, et notre première sortie chez Third Man Records. On voulait que ce soit poli, abouti et beau.

La Face B: Voilà qui vous êtes, merci.

Belair Lip Bombs: Oui ! (rires) Excellente introduction !

La Face B: “Cinema” et “Smiling” sont très visuels et nostalgiques. Les écriviez-vous avec des images en tête ?

Mike Bradvica: Smiling, pas vraiment. Le morceau s’est fait très vite, il s’est presque écrit tout seul. Cinema, c’était différent. On a bloqué dessus pendant environ six mois. On avait le couplet, mais impossible de trouver un refrain sans tout gâcher. Une fois qu’on l’a trouvé, tout s’est enchaîné. Il n’y avait pas vraiment de vision au départ, mais une fois terminé, on s’est dit : “OK, ça sonne très années 2000, très nostalgique”, presque comme un morceau de bande-son de FIFA.

Maisie Everett: Avec Cinema, on voulait en faire le morceau le plus pop et le plus compressé de l’album.

Dev – Daniel Devlin: Je trouve ça cool parce que ça fait ressortir certaines influences pop de Maisie qu’on n’entend pas toujours ailleurs. Jimmy et moi écoutons aussi beaucoup de musique dance, donc c’était sympa d’explorer ce côté plus groovy.

Jimmy Droughton: En live, je voulais vraiment que les gens dansent dessus. Le pogo, c’est cool, mais voir les gens danser, c’est une sensation géniale.

La Face B: Revenons à votre écriture et à votre composition. Le processus commence souvent avec toi, Maisie, avant que le groupe ne construise autour. Est-ce toujours le cas ? Comment un morceau devient-il une chanson estampillée des Belair Lip Bombs ?

Maisie Everett: La plupart du temps, oui. On est tous dans une pièce ensemble, je commence par jouer quelque chose de très simple. Ça devient un jam, et s’il y a quelque chose de bien ou de groovy, on décide alors de le retravailler et d’en faire une chanson. Ça commence toujours par un jam.

La Face B: S’il y a cette étincelle.

Belair Lip Bombs: Exactement, oui.

La Face B: Lush Life a été décrit comme mixpunk, jungle pop et new wave. Pour Again, cherchiez-vous consciemment une identité sonore précise ou préférez-vous éviter les étiquettes ?

Maisie Everett: On préfère éviter les étiquettes. Pour nous, les morceaux sont tous assez différents. Mais on a eu quelques critiques disant que l’album sonnait plus uniforme, ce qui est intéressant. On ne voulait pas se mettre dans une case, pour garder la liberté d’explorer d’autres choses sur les futurs albums.

La Face B: Vous avez reçu d’excellentes critiques en Europe — quatre ou cinq étoiles. Vous pouvez être fiers.

Dev – Daniel Devlin: Les critiques négatives sont bien aussi. Ça veut dire que les gens s’intéressent suffisamment à l’album pour en parler.

La Face B: Un peu de trivia pour finir. Quel morceau de Again avez-vous le plus hâte de jouer en live ?

Maisie Everett: If You’ve Got the Time, c’est mon préféré à jouer sur scène.

Dev – Daniel Devlin: Oui, pareil.

La Face B: Quel personnage de fiction incarne l’énergie des Belair Lip Bombs ?

Maisie Everett: Oh ! Bonne question. SpongeBob.

Dev – Daniel Devlin: Buffy contre les vampires.

Mike Bradvica: Daria.

La Face B: Quel personnage de l’univers Marvel porterait fièrement un t-shirt des Belair Lip Bombs ?

Belair Lip Bombs: Ant-Man. Paul Rudd serait fan de Lip Bombs.

La Face B: Quel personnage de film ou série ajouterait “Smiling” à sa playlist heartbreak ?

Maisie Everett: The Summer I Turned Pretty — Belly.

Dev – Daniel Devlin: Le personnage de Joseph Gordon-Levitt dans 10 Things I Hate About You.

Jimmy Droughton: Shia LaBeouf dans Disturbia. Il aimait Kings of Leon, donc peut-être qu’il nous aimerait aussi.

La Face B: Si on choisit “Hey You”, dans quel type de film ou de scène l’imagineriez-vous ?

Maisie Everett: Mike, c’est toi le cinéphile.

Mike Bradvica: Les films de James Gunn — il a toujours des choix musicaux excellents et très éclectiques.

Maisie Everett: J’aimerais bien l’entendre dans Le Pôle Express.

La Face B: Si le groupe ne s’était pas appelé d’après des roues de skateboard, quel aurait été votre deuxième choix ?

Dev – Daniel Devlin: Vous en aviez forcément un.

Maisie Everett: Probablement, mais The Belair Lip Bombs s’est imposé naturellement. Il est arrivé sans effort. Il faudrait que je remonte dans des messages vieux de sept ou huit ans pour retrouver les autres idées.

Mike Bradvica: Mon père avait proposé Westgate.

Maisie Everett: C’est le nom d’un pont à Melbourne.

La Face B: Si chacun de vous devait choisir un morceau de Again qui vous représente en tant que personne, lequel serait-ce ?

Maisie Everett: Don’t Let Them Tell You It’s Fair.

Dev – Daniel Devlin: Cinema ou Burning Up. Ils ont pris beaucoup de temps à être finalisés, et on en est très fiers.

Mike Bradvica: If You’ve Got the Time.

Jimmy Droughton: Cinema. J’aime la musique qui va de l’avant, et je suis comme ça aussi.

La Face B: Si les fans devaient repartir avec un seul sentiment après vos concerts, lequel voudriez-vous que ce soit ?

Mike Bradvica: L’inspiration.

Maisie Everett: L’inspiration — et se sentir bien, tout simplement.

La Face B: En regardant en arrière sur cette période Again, quel est le moment dont vous êtes le plus fiers jusqu’à présent ?

Maisie Everett: Le fait de tout donner — venir jouer à l’étranger, rencontrer de nouveaux publics, découvrir de nouveaux endroits. Je suis fière de nous pour ça.

Jimmy Droughton: Les objectifs ne cessent d’évoluer. J’ai l’impression que tout est toujours en construction, toujours en progression, et j’en suis reconnaissant.

La Face B: On a l’impression que vous êtes partout — NME, Dork, des photographes dans toute l’Europe. Des cultures différentes, mais le même enthousiasme. C’est fort.

Belair Lip Bombs: Oh wow, merci beaucoup, c’est très gentil.

La Face B: Dernière question — quelle est la suite pour vous ?

Dev – Daniel Devlin: On a quelques mois de pause et on emménage dans un nouvel espace de répétition à Melbourne. Ensuite, une tournée australienne — nos plus gros concerts en tête d’affiche jusqu’à présent. On sera de retour en Europe l’été prochain et aux États-Unis en mars et avril. Beaucoup de tournées à venir.

La Face B: Et vous allez jouer l’album en live pour la première fois en Australie.

Maisie Everett: Ce qui est génial. On a tellement hâte.

La Face B: Et pour finir — qu’est-il arrivé à ta jambe ?

Mike Bradvica: Une nuit très arrosée à San Sebastián. Jimmy et moi sommes alles aux urgences, et soudain cinq personnes se battaient pour savoir qui allait me bander le pied.

La Face B: Une nuit alcoolisée à San Sebastián, ça devient assez mythique. C’était vraiment un plaisir de vous rencontrer — Merci beaucoup! Au plaisir vous revoir l’été prochain !

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Enfin, retrouvez les articles d‘Alexia Arrizabalaga-Burns dans La Face B

Version en Anglais

La Face B: Hello Belair Lip Bombs. You’re currently touring in Europe. How have French audiences been responding to your shows so far?

Maisie Everett: In Paris, the crowd was amazing.

Dev – Daniel Devlin: That was my favourite show of the tour so far, the Paris show.

Jimmy Droughton: It was a beautiful venue too. What was the name?

La Face B: Le Point Éphémère! How does touring in Europe compare to touring back home in Australia?

Jimmy Droughton: I think the European hospitality far outweighs anything that we get in Australia. Looking behind us, we have amazing baguettes, cheeses, cold meats, tomatoes. But back home, a similar size show, you would have 24 beers in a small fridge at the back of the venue.

Maisie Everett: Very hospitable. But also the audiences are more… um, well, it’s great touring everywhere. We play amazing shows everywhere in the world. But I think people over here that come to see smaller bands like ourselves, they understand how far we’ve come to play for them. You can really feel the appreciation from the audience.

Dev – Daniel Devlin: Yeah, for sure.

La Face B: They’re here to cheer you, not to trap you anyway.

Dev – Daniel Devlin: So that’s cool. It’s a good attitude. I think they’re the most attentive crowds that we play to, European crowds. In the UK and Australia, we might play some more rowdy kind of fun shows. But generally in Europe, you get a lot of respect from the audience, which we really appreciate because it keeps us engaged as well.

La Face B: How are audiences reacting to your new album since its release on October 31st?

Maisie Everett: Really good, I think. Yeah, we’ve had a lot of people come up to us after the show. We’ve been going to the merch stand to meet people and sign records, and everyone we’ve spoken to has really enjoyed the new record.

Jimmy Droughton: Yeah, it’s been crazy. It’s only been out for three weeks, and seeing people singing the lyrics at shows in countries like Denmark, where we’ve never played—that’s brilliant.

La Face B: It’s insane when people know your lyrics by heart. You’re going to say a song name and they’re just going to faint. It’s really fun. You’ve said the band doesn’t share one single influence, which keeps your sound fluid. If you had to describe your sound to someone discovering you today, how would you define it?

Maisie Everett: I guess just guitar indie rock, but with more pop.

Mike Bradvica: Guitar pop.

La Face B: Very indie. You have a sound that feels very nostalgic in some songs.

Maisie Everett: Yeah, it’s quite nostalgic. I think it’s indie rock at the base.

La Face B: You’re also Australian. How does being an Australian band shape the Belair Lip Bombs sound? Is there something distinct about Australian rock energy?

Maisie Everett: Yeah, there’s definitely an Australian sound. There are different kinds of Australian sounds. There’s a really strong punk scene that has its own vibe. Then the indie scene—especially the Melbourne indie scene from the mid-2000s—has this jangly, 90s-influenced feel. There are a lot of bands from that era that really inspired us.

Dev – Daniel Devlin: I think the Dole Wave scene, inspired by Flying Nun and New Zealand bands, that really melodic stuff definitely seeps into Lip Bombs. But also classic rock like AC/DC is very influential. A lot of Australian music, and music from that side of the world, seeps in naturally and organically.

La Face B: Are there any Australian artists or scenes that shaped your musical upbringing? You’re from Melbourne.

Maisie Everett: Yeah, like what Dev was talking about—the Dole Wave bands like Twerps and Dick Diver, and then slightly newer bands like Rolling Blackouts Coastal Fever, who are personal favourites.

Dev – Daniel Devlin: Yeah, lots of DIY indie rock bands. That definitely paved the way for what we’re doing. But we probably all have different answers, which is why there’s no single influence. We all listened to different things growing up.

Jimmy Droughton: Yeah, there are so many bands that three of us adore, and then one of us isn’t really that keen on. Little pockets of sound. That reflects when only three of us have an instrument at a time too. We all love early Kings of Leon—that’s a big shared one. And 90s rock, there’s a bit of crossover there.

Maisie Everett: The Strokes—it’s funny, that’s the band we get compared to the most. But for me and Mike, as the guitarists, we were never really that into them.

Jimmy Droughton: I think when someone who isn’t into music asks what we sound like, I just say The Strokes because it’s a lazy, easy answer people understand.

Maisie Everett: A lot of the music we listen to now is by bands that were inspired by The Strokes.

Mike Bradvica: Or vice versa. A lot of stuff I like is inspired by Television and bands like that, which also influenced The Strokes.

La Face B: Is there a song on Again that feels the most Australian to you?

Jimmy Droughton: “Another World,” maybe.

Mike Bradvica: I’d say “Time,” just classic rock.

Jimmy Droughton: I agree with “Another World.” A lot of Australian radio rock starts with a killer riff and has a really hooky, catchy chorus. That song has that, and it’s a bit surfy too.

La Face B: Let’s talk about Again This is your first album released under Third Man Records, and you’re their first-ever Australian signing. How did that collaboration start?

Maisie Everett: We met them at South by Southwest in Austin last year. Then again at The Great Escape Festival in Brighton. It was just good vibes from there—they really liked the band. It was a classic case of meeting the right people at the right time.

Belair Lip Bombs: Yeah, exactly.

Dev – Daniel Devlin: They’re just good people, and we only want to work with good people. They really loved Lush Life and had an immediate investment in the band that other labels didn’t. So it was an easy decision—a great label.

Jimmy Droughton: It just fell into place.

La Face B: The album marks your arrival. How did your style influence the overall direction of Again?

Dev – Daniel Devlin: Rhythmically it’s quite different to Lush Life, but that’s not necessarily because of me. The producer, Joe White, had a big influence. I am a different drummer to Liam, the previous drummer, so there are differences, but overall it’s pretty similar.

La Face B: Again expands the sonic palette—you use a synth loop on “Hey You.” What pushed you toward exploring new textures?

Maisie Everett: We experimented more with keyboards and pianos. Piano is tracked on most of the songs. We also tried different guitar amps and guitars. We wanted each song to have its own sound and feel more polished.

La Face B: The earlier sound on Lush Life felt more DIY, and now even visually—especially in the music videos—it’s more polished. Across the album there’s a sense of searching or longing. Was that intentional, or something you realised afterward?

Maisie Everett: It’s something we realised afterward. We don’t intentionally do anything like that. But there’s a reason those ten songs made it onto the album—they all share that sense of searching.

La Face B: It’s very cohesive. If we go deeper into the tracks—starting with “Hey You.” It was your first track to use synth-pop. Did you know from the start that it would become the lead single?

Maisie Everett: I think we knew pretty quickly, yeah.

Dev – Daniel Devlin: Yeah, initially it was going to be Don’t Let Them Tell You It’s Fair as the first single, but we changed it quite late. I think we all knew this would be the biggest song on the record. When we were writing it, we were trying to make it like a single, in a way—to make it sound produced.

La Face B: It’s funny you say that because the music video is a lot more elaborate. Can you tell us about the vision for the music video?

Maisie Everett: By the time we shot the video, we knew it was going to be the lead single. We wanted to put most of our video budget into that clip and really focus on everyone in the band. It was the first song from the album, the first new music in two years, and our first release on Third Man Records. We wanted it to feel polished, finished, and beautiful.

La Face B: This is us, thank you.

Belair Lip Bombs: Yeah! (laughs) Great introduction!

La Face B: “Cinema” and “Smiling” are very visual and nostalgic. Were you writing them with imagery in mind?

Mike Bradvica: Smiling, not really. That song came together pretty quickly—it kind of wrote itself. Cinema was different. We were stuck on it for about six months. We had the verse but couldn’t crack the chorus without making it worse. Once we figured that out, it all fell into place. There wasn’t a clear vision at first, but once it came together, we were like, “Oh, this feels very 2000s, very nostalgic,” almost like something from a FIFA soundtrack.

Maisie Everett: With Cinema, we wanted it to be the poppiest, most compressed song on the album.

Dev – Daniel Devlin: I think it’s cool because it draws on some of Maisie’s pop influences that don’t always come through in other songs. Jimmy and I listen to a lot of dance music too, so it was fun to flex that muscle and get a bit more groovy.

Jimmy Droughton: Live, I really wanted people to dance to it. Moshing is great, but seeing people actually dancing—that’s a really cool feeling.

La Face B: Going back to songwriting and composition—your process often starts with you, Maisie, before the band builds around it. Is that always the case? How does a song become a Belair Lip Bombs song?

Maisie Everett: Usually, yeah. We’re all in a room together and I’ll start playing something really simple. It builds into a jam, and if there’s something good or groovy in it, that’s when we decide to refine it and turn it into a song. It always starts as a jam.

La Face B: If it has that spark.

Belair Lip Bombs: Exactly, yeah.

La Face B: With Lush Life being described as mixpunk, jungle pop, and new wave—did you consciously aim for a specific sonic identity on Again, or do you avoid labels altogether?

Maisie Everett: We like to avoid labels. To us, all the songs sound quite different. But we’ve had some criticism where people say it sounds more generic as a whole, which is interesting. We didn’t want to box ourselves in—that way we have freedom to explore different things on future albums.

La Face B: You’ve had fantastic reviews in Europe—four or five stars. You should be proud.

Dev – Daniel Devlin: It’s great getting criticism too. It means people care enough to review the record and have something to say.

La Face B: A bit of trivia to finish. Which track from Again are you most excited for fans to hear live?

Maisie Everett: If You’ve Got the Time—it’s my favourite to play live.

Dev – Daniel Devlin: Yeah, I agree.

La Face B: Which fictional character has Belair Lip Bombs energy?

Maisie Everett: Oh! That’s a good question. SpongeBob.

Dev – Daniel Devlin: Buffy the Vampire Slayer.

Mike Bradvica: Daria.

La Face B: Who from the Marvel universe would proudly wear a Belair Lip Bombs T-shirt?

Belair Lip Bombs: Ant-Man. Paul Rudd would be a Lip Bombs fan.

La Face B: Which coming-of-age movie character would add “Smiling” to their heartbreak playlist?

Maisie Everett: The Summer I Turned Pretty—Belly.

Dev – Daniel Devlin: The Joseph Gordon-Levitt character in 10 Things I Hate About You.

Jimmy Droughton: Shia LaBeouf in Disturbia. He loved Kings of Leon, so maybe he’d like us.

La Face B: If we pick “Hey You,” what kind of film or scene would you see it in?

Maisie Everett: Mike, you’re the movie buff.

Mike Bradvica: James Gunn films—he always has great needle drops and eclectic taste.

Maisie Everett: I’d like to see it in The Polar Express.

La Face B: If the band hadn’t been named after skateboard wheels, what would your second choice have been?

Dev – Daniel Devlin: Surely you had one.

Maisie Everett: We probably did, but it was so obvious with Belair Lip Bombs. It just came naturally. I’d have to scroll back through messages from seven or eight years ago.

Mike Bradvica: My dad suggested Westgate.

Maisie Everett: That’s the name of a bridge in Melbourne.

La Face B: If each of you chose one song from Again that represents you as a person, which would it be?

Maisie Everett: Don’t Let Them Tell You It’s Fair.

Dev – Daniel Devlin: Cinema or Burning Up. They took a long time to finish, and we’re proud of that.

Mike Bradvica: If You’ve Got the Time.

Jimmy Droughton: Cinema. I love forward energy music, and I’m like that too.

La Face B: If fans could take away one feeling from your live shows, what would it be?

Mike Bradvica: Inspiration.

Maisie Everett: Inspiration—and just feeling good.

La Face B: Looking back on this Again era, what moment are you most proud of so far?

Maisie Everett: Just giving it our all—coming overseas, playing to new people, and new places. I’m proud of us for that.

Jimmy Droughton: The goalposts always keep moving. It always feels like it’s building and going up, and I’m grateful for that.

La Face B: It feels like you’re everywhere—NME, Dork, photographers across Europe. Different cultures, same enthusiasm. That’s powerful.

Belair Lip Bombs: Oh wow, thank you—that’s very kind.

La Face B: Last question—what’s next for you?

Dev – Daniel Devlin: We’ve got a couple of months off and are moving into a new rehearsal space in Melbourne. Then an Australian tour—the biggest headline shows we’ve done. We’ll be back in Europe next summer and in the US in March and April. Lots of touring.

La Face B: And you’ll be playing the album live for the first time in your home country.

Maisie Everett: Which is brilliant. We’re so keen.

La Face B: And finally—what happened to your leg?

Mike Bradvica: A drunken night in San Sebastián. Jimmy and I went out, and suddenly five people were fighting over who got to bandage my foot.

La Face B: A drunken night in San Sebastián sounds iconic. It was a pleasure meeting you all—hope to see you again next summer.

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