À la fin de l’année 2025, Lysten s’offrait un soft-reboot avec REFLECT, un EP uniquement au piano qui s’est imposé à lui comme une évidence. On a eu le plaisir d’échanger avec lui autour de cette sortie, pour parler de piano, d’évolution, de paix intérieure et de son premier album à venir, forcément influencé par cette expérience.

La Face B : Salut Christian, comment ça va ?
Lysten : Ça va. C’est une drôle de période mais ça va.
LFB : Je me demandais comment cet EP s’était imposé à toi ?
Lysten : C’est une bonne question.
LFB : J’ai l’impression que c’est un truc qui est tombé comme une évidence et qui n’était pas prévu.
Lysten : Ce n’était pas du tout prévu. En fait à la base, je suis en train de poser sur un album qui n’est pas prêt et on avait calé la date de la Maroquinerie. Donc il fallait dans tous les cas sortir quelque chose. Pas pour sortir quelque chose, mais pour avoir de la matière pour la promotion et tout. Au début de la base c’était peut-être faire des rework de mon EP BIAS piano, faire cinq titres en mode rework.
Et en fait j’ai tellement kiffé, j’ai récupéré mon piano d’enfance que j’ai ramené à Lille. J’ai tellement kiffé jouer ce truc là que j’en ai fait un EP complet avec plein de tracks. Je me suis dit : bah on ne va pas faire les choses à moitié, autant faire vraiment une DA cool, des sons qui sont un peu léchés et rechercher même dans le son un truc qui me fait kiffer. Du coup, autant faire un vrai projet et l’assumer pleinement. Ce n’est un truc à part, c’est dans la continuité de ce que je fais.
LFB : Si je te dis que je vois ça comme une respiration et une façon de reprendre son souffle avant de repartir sur quelque chose de complètement différent, ça te convient bien ?
Lysten : Ça me va bien oui. Ouais, c’est plutôt ça. Et c’est même pour trouver des inspirations différentes. Avant, je n’enregistrais pas mes pianos sur les EPs. C’était quand même beaucoup de VST. Et là maintenant, ça me donne une approche de la compo et de la créa qui est bien différente. Et même sur l’album, c’est en train de le teinter totalement différemment. Au début, j’étais parti sur un truc bille en tête, assez électronique, presque un peu dansant parfois. Et là, je suis en train de me dire que ce n’est pas ça qui me fait kiffer. Je ne suis même pas bon là-dedans en soi. Donc, autant faire un truc très moody et très joué.
LFB : Ces cinq titres-là, c’est un peu un squelette de ce que tu fais habituellement. Et quand je dis squelette, c’est que c’est vraiment le truc à l’os, la manière la plus pure que tu peux créer de la musique.
Lysten : Tu ne peux pas te cacher, c’est une piste. Tu as juste une piste pour raconter quelque chose. Après il y a plein de micros, l’ambiance et tout mais globalement, tu as une ligne et un thème principal et c’est tout. Et j’ai trop kiffé faire ça. Même juste le fait de balader mon piano un peu partout dans le Nord et de trouver cette maison pour faire la live session. C’était cool. Jouer là-bas, c’était sympa donc le moment était sympa aussi.
LFB : J’aimerais parler de quelque chose qui est important dans la création, c’est l’importance des titres. C’était déjà le cas dans BIAS, parce que finalement, si tu regardes sa forme, il y a une espèce de phrase. Et là, on parlait de respiration, mais chaque titre est un peu ce truc aussi d’imposer l’idée de prendre son temps.
Lysten: Ouais. Même le format de la vidéo, où ça met quasiment une minute à démarrer, les sons sont hyper beaux, hyper lents à partir. J’ai beaucoup de potes qui font du néoclassique, enfin ils font du piano globalement pour des playlists, pour des trucs comme ça un peu à gogo. Et eux tout de suite, ça les a rebutés un peu parce qu’ils se sont dit : mais en fait non, ça met trop de temps à se développer, ta mélodie, ton thème et tout.
Moi le but de la musique, c’est quand même de passer un message, c’est de prendre son temps à la base. Donc si j’ai envie de prendre mon temps, ça va se passer comme ça, et toi si tu as envie de le prendre aussi, tu vas kiffer rentrer dans cet univers là et pas avoir un truc directement avec plein de mélodies, plein de thèmes. Et effectivement sur la setlist tu disais par rapport à BIAS, il y a toujours un sens, une sorte de thématique qui se développe au fur et à mesure et qui remonte sur quelque chose. C’est une respiration.
LFB : Est-ce que tu as l’impression que même contre ta propre volonté, tu as besoin qu’il y ait un concept derrière ta musique pour pouvoir avancer ?
Lysten : Toujours. C’est marrant parce que j’ai vu la discussion avec Superpoze, il n’y a pas longtemps. Il est venu à Roubaix pour faire une session d’écoute de son album, et on fonctionne totalement à l’opposé là-dessus. Il fait plein de musique, et après à la toute fin, une fois que la musique est finie, il se pose la question de qu’est-ce que je mets comme titre ? C’est quoi l’histoire un peu plus grande que je mets derrière ?
Moi je pose l’histoire et ça me bride même trop dans la création. C’est un truc que je vais un peu arrêter sur l’album. Trop vouloir poser quelque chose, poser un contexte, un cadre et une ligne, un fil rouge. Et après ça, je fais la musique en fonction de ce que je vais raconter. Ce qui fait que la compo est extrêmement longue pour moi vu que tu n’arrives pas tout de suite à raconter ce que tu veux exactement tel quel. Tu passes des mois et des mois à tourner autour alors que parfois, il faut juste faire de la musique pour se faire kiffer. Et après tu tries, tu prends ce qui est bon et par-dessus tu mets ton histoire. Je n’ai pas encore trouvé la bonne méthode.
LFB : C’est intéressant parce que ne serait-ce que le titre de cet EP-là, il est hyper évident. C’est marrant parce que c’est un truc où tu parles de reflets intérieurs et tout rentre là-dedans. Ce truc un peu métaphorique de l’immensité du vide intérieur et de comment ça se reflète sur une musique hyper calme et qui se laisse exister en fait.
Lysten : C’est ça. Et pour le coup, le fait d’avoir fait ce truc de piano, d’avoir joué des morceaux très lents quand même, qui mettent du temps… Alors il y a les thèmes qui accélèrent un peu, mais c’est quand même très lent. Je sors d’une période compliquée où le piano était vraiment un pur refuge. Alors je passais mes journées dessus. Je passais 6 heures, 7 heures d’affilée à juste tourner, trouver des thèmes. C’est avant tout une respiration pour moi. Ça a été un énorme kiff de le jouer pour moi. C’est pour ça que quand je le joue encore sur scène, il y a des phases où j’ai encore les larmes aux yeux parce que ça me touche, parce que ça a été un peu mon refuge à ce moment-là. Et je peux profiter de ça.

LFB : Ce reflet intérieur et cette immensité, c’est exactement ça. On prend la musique comme tu nous l’envoies.
Lysten : C’est un refuge, clairement. C’est la première fois que je kiffe faire des balances, parce que je rejoue mon thème, je me repose sur mon piano, je répère le truc. J’ai un piano aussi sur scène, avant je ne l’assumais pas. Avant, c’était des productions électroniques et je jouais du synthé, des trucs comme ça. Je faisais bip-bloup avec des machines et c’était cool, mais j’avoue que là maintenant, avoir un vrai piano, tu peux beaucoup plus interpréter ta musique, la développer différemment. Il y a des phases qui sont que piano. C’est trop un plaisir. A la Maroquinerie, la semaine dernière après 5-6 ans à faire de la musique, c’est la première fois que je suis content d’un concert que je fais. Je me dis que j’ai proposé un truc. Je propose une expérience, ce n’est pas juste un piano.
LFB : Tu reprends du plaisir en fait.
Lysten : C’est vraiment ça. Depuis que je suis passé à temps plein sur la musique il y a un an et demi, j’ai eu neuf mois de tunnel à rien faire. Je n’ai pas réussi du tout à composer. Je n’ai rien fait. J’ai la sensation en tout cas d’avoir rien fait. J’ai fait des trucs, mais pas ce que je voulais, pas dans la bonne direction. Et là, le fait de revenir sur le piano, tout devient hyper naturel.
LFB : Tu as l’impression que tu t’es mis une pression justement à te dire que tu es musicien professionnel ?
Lysten: Il faut y aller quoi. Les pros autour de moi m’ont mis la pression, alors que c’est la dernière chose qu’il faut faire dans ces moments-là. Mais là c’est bon, je suis un peu en paix avec tout ça.
LFB : Mais ce qui est marrant, c’est que la musique que tu faisais avant cet EP prenait son inspiration dans quelque chose de très terre-à-terre, mais qui s’élevait vers quelque chose de plus atmosphérique. Et là, j’ai l’impression que c’est un switch complet. C’est une musique qui vient de quelque chose de très mental et qui pourtant est très ancrée dans le réel et dans le monde.
Lysten : C’est complètement opposé et ça me plaît trop parce que du coup-là, le but après l’album, ça va être de trouver un peu un entre-deux. C’est de faire cohabiter tout ça. Donc des choses plus électroniques qui sont justement un peu moins concrètes on va dire, avec des trucs plus organiques où tu as du défaut et beaucoup de jeu.
LFB : Ce qui est intéressant, c’est que sur tes musiques avant, forcément comme c’est de la musique électronique, il y avait ce truc très produit justement. Alors que là en fait, je ne sais pas comment tu l’as enregistré mais tu entends les oiseaux, la pluie, le parquet qui craque à certains moments. Tu t’entends respirer aussi si tu tends l’oreille à certains moments, et il y a vraiment la nécessité du réel qui rentre dans la création de cet EP. Comment tu l’as enregistré ?
Lysten : Avec des micros. Tout est que sur base de micros. 100% de la matière qui est dedans, c’est réel. C’est sur le lieu où on était, à côté de Montreuil-sur-Mer. Et pour le piano, il y avait 7-8 micros différents, placés à différents endroits. Des micros de mon ingénieur de son, Olivier Vasseur, qui a des trucs absolument géniaux. On commence à trouver ce qui nous plaît en termes de micros pour enregistrer le piano aussi. Et après je me suis baladé pendant quelques jours à choper des matières dehors autour de la maison. Il y a une sorte de petite rivière qui fait trop de bruit.
D’ailleurs, on l’entend même dans le son de l’EP alors qu’on était à l’intérieur. Sur la live session, dehors on l’entend trop, trop fort et à l’intérieur malgré le fait qu’on soit dans la maison, on l’entendait quand même beaucoup. On a un micro MS. En gros, ce sont deux têtes de micro et ça te met dans une immersion totale. Ce n’est pas évident je trouve d’avoir des micros qui permettent de vraiment ressentir un truc très immersif.
LFB : Comment tu as choisi les prises ? Parce que j’ai l’impression que tu n’as pas forcément choisi les meilleures prises.
Lysten : Le concept était extrêmement simple. Je suis allé à la maison, j’avais 5 thèmes en tête. On enregistre, j’ai fait comme la live session, j’ai enregistré l’EP d’une traite, dans son sens. Parce qu’il a un sens, il a une manière de se développer. Un début, une fin. Et je l’ai fait trois fois, et terminé. On s’est arrêté là-dessus. Trois fois d’une traite, trois fois comme ça, et après j’ai sélectionné à chaque fois celle qui me semblait la plus naturelle. Il n’y a rien qui est retouché, il n’y a pas un truc d’audio. On prend la prise et j’ai envie que ce soit un truc un peu final.
Chaque prise est un peu différente, le jeu est un peu différent. J’aime bien l’idée de me dire que le morceau est fini quand tu as décidé que c’était là. Et ça, par rapport à la musique électronique, ça fait tellement de bien. Parce que nous, on passe des semaines à tweaker les petits trucs à droite et à gauche. Tu es tellement sur un détail à la fin qui est important. Mais ça fait trop du bien d’avoir un truc droit au but. C’est la bonne. Il y a un défaut, il faut l’assumer maintenant. Il est potentiellement cool le défaut aussi.
LFB : Et du coup, puisque tu parlais de la session qui sort sur YouTube, voir qu’elle a fait 200 000 vues en un mois. Est-ce que c’est quelque chose qui t’a surpris ?
Lysten : Oui, en fait je me suis dit : qu’est-ce que j’aurais envie d’écouter comme ça si j’ai envie d’être un peu au calme ? Et vingt minutes pour moi, c’est le bon timing. Il y a un an quand ça n’allait pas très bien, je faisais beaucoup d’exercices de respiration chez moi et généralement ça durait quinze-vingt minutes. Donc je me suis dit : qu’est-ce que j’aurais envie d’écouter à ce moment-là ? Bah ça, c’est parfait.
Et en fait du coup oui, je suis hyper surpris. Je suis content que ça prenne comme ça. Mais d’un autre côté, on a aussi fait en sorte que ça puisse rentrer dans ce genre de vidéos. Je pense aux vidéos de FKJ à l’époque, où il faisait juste du piano au calme aussi dans un autre registre. J’avais juste peur vu que l’EP met un peu du temps à démarrer, que l’algorithme nous fasse un big fuck.
On s’en rend bien compte pour le moindre réel, le moindre truc qu’on veut poster, si tu n’as pas un truc dans les deux premières secondes, t’es niqué. Et là, toute la promo de l’EP, ça a été de le faire à l’inverse. On a dit, on essaie de capter les gens différemment, de laisser respirer des plans pendant longtemps. Et on a bien vu que ça ne marchait pas pour certaines choses. Donc on a aussi changé deux, trois trucs sur la fin. Mais ouais, je suis content. J’ai eu 200 000 vues, ça sort de nulle part. Surtout les commentaires. En fait, je reçois des commentaires du monde random de partout qui me disent merci pour ça. Sur Instagram des gens qui m’envoient des pavés sur ce que ça leur fait sur la tête. Mais c’est trop bien, ça fait trop plaisir !
LFB : Si tu regardes la vidéo et ce qu’ils te proposent après, tu as vraiment justement ce concept-là qui est très répandu et que moi je ne connaissais pas du tout.
Lysten : C’est assez identifié au final. Et je n’en écoute pas du tout moi de ça. Mais j’avoue que maintenant je vois, parce que maintenant, ils m’assimilent à d’autres vidéos. Il y a tellement de gens qui font ça. Mais même sans se faire chier. Nous, on se fait quand même faire chier sur les caméras, sur des plans un peu cools, avec un peu de matos et tout. Il y a des gens qui filment ça chez eux, mettent un petit but dessus.
LFB : Ils font un plan au-dessus du piano.
Lysten : Avec une petite colo quand même. Ils en sortent un tous les trois mois et ça fait un million de vues à chaque fois.
LFB : Et toi, comment tu espères que les gens écoutent ton EP ?
Lysten : Idéalement ? C’est une bonne question ça.
LFB : Est-ce que tu penses que ça peut accompagner quelque chose ? Il faut se concentrer sur la musique, l’écouter au casque, l’apporter sur des enceintes ?
Lysten : Pour moi, c’est propice à plein de trucs. Juste la caisse, ce n’est pas trop fait pour la caisse. J’adore la musique dans la voiture, mais j’écoute très peu du piano à la voiture parce que ce n’est pas assez fort, il n’y a pas assez de dynamique. Pour moi, c’est un peu une musique du matin, une musique du réveil tranquille. J’adore me lever avec un truc comme ça. Tu prends ton petit café, t’es tranquille. Tu commences ta journée tranquillement. Ce n’est pas forcément une musique du soir je trouve, finalement. Après, j’ai commencé à voir plein de gens sur Insta, des profs de yoga qui me suivent. Là, c’est le nouveau truc. Je reçois plein de gens qui me disent « Ouais, j’ai tes musiques sur mes vidéos de yoga. ». C’est peut-être fait pour ça aussi, c’’est génial.

LFB : Et justement, pour parler un peu du live, vous avez créé des soirées que vous essayez de développer. Là, il y a ce concept de l’art aussi. Comment tu le vois évoluer le live ? Et justement, quelle différence, en parlant un peu de plaisir, de reprendre et de ce rôle aussi que vous avez.
Lysten : Avec Étienne, on a vraiment envie de développer Echoes, notre concept de soirée. Je trouve qu’on n’a pas assez de dates, on a un peu du mal à trouver des endroits où jouer. Les programmateurs en France, ils sont quand même frileux sur notre esthétique. Tout le monde me dit c’est chanmé, mais on ne peut pas le faire parce qu’à chaque fois qu’on l’a fait, on s’est planté et il n’y a eu personne. Donc on s’est dit : on va essayer de trouver des endroits chanmé comme ça pour le faire en fin de mesure. Ici au final c’est complet, on reçoit quasiment une centaine de messages de gens qui veulent venir.
Il y a quand même matière à faire quelque chose. Là on va le faire à Bruxelles la semaine prochaine. Après on envisage de le faire partout en France l’année prochaine. Parce qu’on a une manière de faire du live qui intéresse les programmateurs dans le sens où tu ne vas pas voir sur les vidéos les gens sauter, les gens exploser. Là, à la Maro, j’essaie de faire des phases un peu plus énergiques à des moments, mais ça ne fait pas danser les gens pour autant. Et j’avoue que moi-même, ça me frustre. En tout cas, jusqu’ici, ça me frustrait. Et là, maintenant, je n’en ai plus rien à faire. Parce que les gens sont tellement transportés dans quelque chose que c’est ça qui est important au bout. C’est que, émotionnellement parlant, ils vivent quelque chose.
Ils voient une expérience. Ils vivent un truc, ça les bouscule d’une certaine manière. À la Maro, j’ai eu 3-4 personnes qui sont venues me voir en mode : je ne sais pas trop te dire pourquoi, mais ça m’a bousculé vraiment, pas négativement, mais ça m’a quand même fait quelque chose.
LFB : Mais ça correspond un peu à la musique, ce bouleversement intérieur que tu ne montres pas forcément.
Lysten: Bah ouais, c’est ça. Et j’avoue que c’est dur de trouver des dates, globalement dans les salles, en dehors des premières parties, sur notre esthétique. Vraiment galère de ouf. Donc on s’est dit qu’on allait le monter nous-mêmes. Et là, je vais faire une scène autre, un peu différente. Ça participe aussi à ça, d’essayer de créer vraiment un concept. Là ce soir, moi sur mon live, c’est Julie Chevalier qui était chef-op sur mon clip.
Tu vas voir qu’elle a monté toute une machine de lumière où elle trafique la lumière en live, en direct, avec des projecteurs, des objets dans lesquels elle le fait traverser et tout. Et elle recapte ça et elle le mettra sur l’écran au fond. Ça participe aussi au truc de faire des choses vraies, vivantes.
Et nous, on a envie de faire vraiment de plus en plus de ça. Peut-être faire de plus petites soirées avec moins de monde. 200, 300 personnes max. On n’a pas la prétention de faire des trucs comme Max Cooper qui va remplir des salles à 2000, 3000. Mais commencer petit parce que notre musique se vit comme ça. Pour l’instant elle se vit d’une manière très intimiste.
LFB : On m’a dit que tu allais être un peu l’artiste fil rouge du We Loft Music. Comment tu ambitionnes ça ?
Lysten : On a prévu plein de trucs, ça va être trop bien. On s’est réunis avec tous les gens de la cave et les bénévoles pour faire la programmation ensemble en mode participatif. Il y a vraiment des trucs très cool. Ça va être trop bien. Et après moi, je vais jouer quatre fois en quatre jours, sur quatre concepts différents. C’est un peu ambitieux. Mais pourtant, il y a un live que je vais faire chez l’habitant, avec certaines personnes, qu’au piano.
Juste piano, et je vais voir, je vais peut-être amener une pote en surprise pour chanter un peu. Je ne chanterai pas. Enfin on verra mais je chanterai beaucoup moins fort qu’elle, ça c’est sûr. Je me cacherai. Il y a un live dans un lieu cool, une teuf en mode DJ set débile jusqu’à 6h du matin, ce qui va être très, très drôle.
LFB : Comment tu vois 2026 ? Est-ce que tu penses que tu vas enfin sortir ton album ?
Lysten: Dans tous les cas, il sortira en 2026. Je cherche un label pour le sortir. Et je me rends compte que dans l’esthétique ce n’est pas évident. Plus ça avance et plus j’ai envie de niquer ces formats-là. Forcément sur le piano, il y a 2-3 morceaux qui durent 2 minutes, 2 minutes 30. Spotify est très content, ça le régale et il le pousse dans toutes les radios et tout, c’est super. Mais là sur l’album, je me fais des kiffes.
Avec Etienne, on a un morceau ensemble qui dure sept minutes pour l’instant. Il faut peut-être shorter un peu mais j’ai des morceaux qui vont durer dix minutes et pour moi, c’est important. Mais les labels me disent tous qu’il faut que je les raccourcisse. C’est bien de faire tes kiffes perso mais jamais personne va écouter ça. Sauf qu’à l’époque il y a 15 ans, tu avais des morceaux de ouf qui duraient dix minutes. Aujourd’hui ça existe moins mais je suis sûr que ça va revenir.
LFB : Tu as plein d’artistes de rock indé, de rock progressif ou de folk qui sortent des morceaux de 7-8 minutes, je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas le faire.
Lysten: C’est ça. Pour l’instant, je galère à trouver un label qui soit intéressé. Après, la belle option c’est que je le sorte tout seul avec Reliefs comme on le fait aujourd’hui. C’est juste que ça demande beaucoup de thunes. Beaucoup de temps surtout. Et j’avoue que pour l’album, vu que maintenant j’en vis, j’ai envie que ce soit reçu de manière un peu large. Et pour pouvoir tourner derrière, il faut quand même qu’il soit bien reçu. Pour ça, il faut quand même avoir des gens qui vont réseauter.
Crédit photos : Cédric Oberlin