ADN #1085 : Jungle Sauce

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Aujourd’hui, on part à la découverte des influences musicales du trio nordiste Jungle Sauce.

Crédit photo : David Tabary

Lalalar – İsyanlar

Mathis Heyman (Guitare) : J’ai découvert ce titre au détour d’un shazam dans un bar bruxellois où nous venions de jouer.

Le riff ultra entêtant, l’ambiance alternant entre énergie rock et plage psychédélique, le groove massif mais non moins dansant, le tout agrémenté de ses quelques synthés planants bien sentis eurent tôt fait de conquérir mon cœur et de faire de Lalalar l’un de mes groupes préférés.

Le parfait équilibre qu’ils ont trouvé entre guitares saturées, synthés/drums électroniques et mélodie fédératrice et chantante sans pour autant être prévisible m’est d’une grande inspiration lorsque je compose avec Jungle Sauce. 

Je ne peux que recommander chaudement aux lecteurs d’aller écouter d’une traite leur album “Bi Cinnete Bakar” qui est à mes yeux (et surtout mes oreilles) une masterclass pour qui aime la musique sombre, mais qui fait danser.

Jungle by Night – Attila

Marin Moreau (Clavier) : Ce groupe néerlandais est l’un de mes favoris, j’aime leur liberté de carrière et de direction musicale. Attila est l’un des morceaux qui me fait le plus danser, et l’un de ceux qui m’ont le plus inspiré pour Jungle Sauce.

Liv Oddman – SAHA

Raphaël Moreau (Batterie) : Ce morceau me touche particulièrement de part sa simplicité musicale. On est là pour écouter les paroles tandis que l’arrangement musical soutient sans soutenir je trouve. Quelque chose d’incertain mis en avant par l’effet instable du LFO sur le Synthé. On sent comme une grande montée positive sur un texte réaliste, un peu morose. J’adore ce contraste. Les paroles me parlent. C’est une violente douceur et c’est un sentiment que je partage actuellement. Un mixe entre bienveillance et hostilité, c’est à mes yeux un écho à notre société actuelle.

Treaks – BLOOD FAMILY

Mathis : Le concert de Treaks au Printemps de Bourges 2024 est l’un de mes meilleurs souvenirs du festival.

Ça faisait (très) longtemps qu’un groupe de rock ne m’avait pas cueilli de la sorte ! Et quelle joie lorsqu’ils ont sorti leur album un an plus tard et que j’ai pu profiter de leur musique à la maison ! 

J’adore le jeu de guitare ultra créatif de Clothilde Arthuis avec ses gros riffs coup de poing, ses motifs incisifs et les éléments noise qu’elle incorpore dans le tout (Allez écouter (et voir le clip de) leur titre Tiny Brain pour bien comprendre de quoi je parle) . 

Je trouve que leur son organique, brûlant, grinçant et plein de petits artefacts (qui grattent le fond de l’oreille bien comme il faut) constitue la bande son parfaite pour se défouler après une journée bien nulle et morose où l’on est épuisé aussi bien par les tracas du quotidien que par une actualité parfois fort peu enthousiasmante… Ils sont pour moi des artistes rock francophones émergent à suivre de près pour qui aime la musique qui tabasse. 

Crédit photo : David Tabary

Black Sea DahuIn case I fall for you

Marin : Un de mes morceaux de l’année, une claque en live et une des plus belles chansons du monde selon moi.

Sleep Token – The Summoning

Raphaël : J’ai une attache particulière au MétalCore depuis à peu près toujours. Ces riffs lourds, des voix harmonieuses, des break-down de l’espace aha. 

J’ai découvert Sleep Token au hasard car j’avais balancé une playlist métalcore similaire à Motionless In White, au passage qui n’a rien à voir mais Sleep Token faisait parti de cette playlist, ça m’a eu immédiatement. 

La lourdeur et la technicité du morceau me parlent énormément voire me fascinent, peut-être car je n’arriverai jamais à jouer ce genre de musique mais les métriques et les parties de batterie sont sophistiqués. Cela crée un mouvement rythmique un peu « bancal » pour que, lorsque le break-down et le refrain arrivent, tout se rééquilibre et montre la puissance. Un refrain archi pop et des topline dignes des popstars agrémentent l’ensemble. Perfect Match !

Ce groupe est plein de surprises. A la moitié du morceau, une longue plage texturée donne une touche progressive au morceau. Finalement, Sleep Token représente parfaitement le MétalCore dans son ensemble.

Alice Phoebe Lou – Witches (live)

Mathis : J’adore la voix d’Alice Phoebe Lou et ce titre ne cessera jamais de me faire remuer la tête en cadence. 

J’aime tout particulièrement la version en live session où on la voit l’interpréter avec son groupe dans ce qui semble être un petit local de répétition. L’arrangement est tout simple, l’orchestration est dépouillée (guitare, basse, batt, rhodes, un p’tit synthé, la voix d’Alice et basta), les musiciens jouent on ne peut plus en place, et ça marche. 

Ces sonorités rock indé sont pour moi d’une grande inspiration lorsqu’il s’agit de faire une musique entraînante tout en voulant rester dans un son léger et solaire. 

Je garde un souvenir mémorable du concert d’Alice Phoebe Lou au Grand Mix en 2023 qui a été l’un de mes concerts préférés de cette année-là, et autant vous dire que j’étais tout content lorsqu’ils ont joués Witches en bis finale. 

HengeMushroom One

Marin : Pareil, une découverte folle en live cette année, j’adore ce morceau il me parle beaucoup.

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