ADN #1087 : Teenage Bed

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. À l’occasion de la sortie de son album Pause Printemps, Teenage Bed nous partage ses influences musicales.

Bon Iver – Blood Bank

Bon Iver a été un déclic incroyable pour moi. Surtout le premier album, mais aussi l’EP qui a suivi. Je me rappelle parfaitement la première fois que je l’ai écouté sur un petit lecteur CD dans ma cuisine d’étudiant.

Cela m’a introduit à l’esthétique lo-fi et à des endroits de production et de bricolage qui sont aujourd’hui constitutifs de mon travail.

La première fois que j’ai entendu Blood Bank, c’était sur scène lors du passage de Justin Vernon aux Transmusicales en 2008. J’avais l’impression de découvrir le feu.

Attic AbasementAustralia

Dans le milieu des années 2010, j’ai commencé à explorer tout un pan de la production musicale de la côte est des États-Unis. J’ai plongé un peu plus profondément dans la scène lo-fi de là-bas et ai découvert une tonne de groupes assez obscurs ici (Coma Cinema, Shelf Life, Pill Friends, Kitchen…).

Je me sentais un peu seul à être fasciné par leur taf et c’est ce qui a motivé un voyage là-bas où j’ai rencontré plusieurs de leurs représentants. Ça a été déterminant dans mon parcours.

Le plus facile aurait été de vous poser un Alex G ici (assurément le plus connu dans cette scène), mais j’ai préféré la jouer plus confidentiel avec ce sublime morceau d’Attic Abasement.

Land of Talk – Some Are Lakes

C’est mon ami Olivier et Trainfantôme qui m’ont fait découvrir ce morceau. Un vrai tube. Je prends toujours un grand plaisir à le réécouter. Il y a une énergie pop généreuse mais aussi un storytelling profondément intime, mêlé à l’élégance de la pudeur. Rien n’y est vraiment facile, mais tout y est évident. C’est un petit tour de magie que j’aimerais pouvoir exécuter.

Il faut aussi souligner le côté avant-gardiste de la proposition. 2008, c’était 8 ans avant le premier Big Thief.

Bantam Lyons – Pintor

Une bonne partie de mon éducation musicale à la musique indépendante s’est déroulée pendant plusieurs années miraculeuses où j’ai rencontré tout un tas de gens à Nantes. C’est la première fois de ma vie où j’ai senti que ma création musicale faisait partie d’une dynamique qui me dépassait. Ça m’a ouvert plein d’horizons et ça m’a permis de prendre confiance en moi. J’ai aussi appris à apprécier tout un tas de musiques que je ne connaissais pas. C’étaient les années nantaises.

J’ai le plus grand respect pour cet album des Bantam Lyons, c’est un classique à mes yeux. Il n’y a que des amis qui ont travaillé là-dessus (y compris Antoine Biotteau au son) et je ne parviens toujours pas à comprendre comment ils sont parvenus à faire un tel album. Il m’accompagne à chaque fois que je prends ma guitare électrique pour tenter maladroitement de faire un arpège un peu rock.

D’ailleurs le clip de ce morceau a été réalisé par Clovis Le Pivert, une éminente figure de toute cette petite équipe.

Barbara – Dis, quand reviendras-tu ?

J’adore les chansons de rupture pour une raison que je ne m’explique pas. C’est un grand classique et je suis toujours bluffé par la capacité de certains artistes à réduire des situations complexes à quelques phrases bien senties. J’aurais pu citer les premiers Bob Dylan ou encore l’œuvre d’Elliott Smith, mais j’ai choisi cette incroyable chanson de Barbara en version jouée.

Elle me fait pleurer à coup sûr. Elle a quelque chose de puissant et de fragile à la fois. On sent l’amour, la colère, la menace, le désespoir, en même temps qu’une forme de résilience. Tout en même temps. La vie, quoi.

 

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