Guerta signe son retour avec MÉTHYLÈNE 1.2

Guerta nous a marqué par son passage à Nouvelle École et il revient aujourd’hui avec son nouvel album. Jusqu’au quart de finale, il a fait parler le talent. En effet, pas de trophée, mais un message clair : Guerta est un rappeur à la plume affûtée qui a plein de choses à nous dire. Il a prouvé qu’il avait largement sa place dans le paysage du rap français et ce n’est que le début ! 

Fracas et premiers éclats

Dès l’ouverture de l’album, MÉTHYLÈNE – INTRO pose les bases. L’intro est épique, presque cinématographique. La transition entre la mélodie et l’arrivée du kick est parfaitement maîtrisée : Guerta entre en scène avec intensité et annonce clairement la couleur. L’album démarre fort.

Il nous fait une démonstration de rap pur avec FARMER. Le morceau est efficace, bien kické, sans fioritures. Pas besoin d’en faire trop : le flow parle de lui-même et confirme sa solidité technique.

Le feat qu’on attendait tous avec TRZ débarque sur LILO BROWN. Avec ce morceau, Guerta montre une autre facette de son univers. Il s’adapte naturellement au style de son acolyte. La production aux sonorités orientales nous embarque immédiatement. L’alchimie entre les deux rappeurs est évidente : chacun trouve sa place, sans écraser l’autre. Un titre fort, qui reste en tête et donne envie d’y revenir.

Cœur en guerre

Changement d’ambiance avec SOLDAT. Porté par une mélodie au piano, le morceau se veut plus émotionnel. En effet, Guerta y aborde la guerre et la douleur de celles et ceux qui y sont confrontés sans l’avoir choisie. Au fil du titre, la musique s’intensifie, à l’image du propos. 

RAFTEL fait monter l’énergie dès les premières notes. La production rythmée donne une vraie dynamique au morceau. Guerta nous montre qu’il sait rapper mais aussi chanter. Le titre reflète sa sincérité et sa capacité à mêler émotions et énergie pour un résultat touchant mais aussi puissant.

Le rap est une arme

Avec RATP, en featuring avec C.Sen, le ton est percutant. La production installe une atmosphère tendue parfaite pour mettre en valeur le flow de Guerta et C.Sen. En effet, dans ce morceau, le rap est au centre. On parle de graff, d’art, de culture urbaine. La technicité de C.Sen accentue l’intensité du titre et ça fonctionne à merveille. Un morceau fort, engagé et qui met en lumière un art de rue encore trop souvent controversé.

Impossible de passer à côté de LE RAP A NIQUÉ MA VIE. Le morceau qui a ému aux larmes SCH. Un rap à l’ancienne, sincère et puissant. Guerta y parle de passion, de sacrifices mais aussi de parents inquiets et d’un rêve souvent perçu comme dangereux. Chaque mot résonne avec justesse. On ressent à quel point le rap est vital pour lui. Ce titre prouve une chose : si le rap lui a “niqué la vie”, il l’a surtout sauvée.

L’album fait aussi écho à Nouvelle École avec CYPHER. On y retrouve l’esprit de l’émission, mais surtout son couplet devenu iconique, accompagné de ses acolytes Eve La Marka et TRZ. Un clin d’œil cohérent, qui s’intègre parfaitement au projet.

Coup de poing avec PROCÉDURE HABITUELLEGuerta et 2L livre un véritable engagement. Une ode sombre et réaliste sur l’état actuel de la France. Le feat avec 2L semble presque évident tant leurs énergies se complètent. Les deux ne s’arrêtent jamais de kicker, racontant une situation tristement banale, que l’on visualise sans effort. Le rap reprend ici son rôle premier : dénoncer. Et c’est une réalité qui n’a, malheureusement, pas tant changé depuis Zyed et Bouna, Oussekine ou encore Adama. Un morceau de rap conscient qui sera toujours nécessaire.

Dernier acte

REMETS ENCORE, permet de souffler un peu et allège l’album. La production est simple mais pas simpliste, et le texte plus posé apporte une respiration qui fait du bien. CLICK, en featuring avec Eve La Marka, s’inscrit parfaitement dans l’univers dance-hall et donne immédiatement envie de bouger. Guerta laisse suffisamment de place à son feat pour respecter à la fois son univers et celui d’Eve La Marka.

L’album se termine en beauté avec GRISAILLE qui clôt ce projet tout en émotion. Une magnifique mélodie au piano, qui rappelle SOLDAT ou LE RAP A NIQUÉ MA VIEmais avec une montée en puissance progressive. La production devient plus entraînante, sans jamais étouffer le propos. Guerta parle d’amour, de rap, de ses origines mais également de cette obligation de devoir toujours faire deux fois plus quand on vient d’ailleurs. Un morceau fort, positif, et parfaitement choisi pour conclure ce projet.

Avec cet album, Guerta affirme un univers bien à lui, mêlant émotion, sincérité et engagement. Les featurings sont maîtrisés, chaque artiste trouve sa place et Guerta apporte sa touche sans jamais écraser l’autre.

Notre conseil : rendez-vous au Petit Bain le 30 janvier pour écouter son album en live !

On sera là, et vous ?  

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