ADN #1023 : Vincent Bestaven

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Vincent Bestaven a dévoilé fin juin son album Piano Piano. À cette occasion, le musicien nous confie ses influences musicales.

Crédit : Adrien Pontet

Jorge BenJorge Ben

Une pièce essentielle de mon paysage tropical mental avec Os Mutantes et d’autres.
Le mélange entre la samba, la soul et d’autres rythmes plus binaires prend parfaitement autour de la voix et de la guitare de Jorge Ben. Avec le recul, Géant Quotidien est semblable dans sa volonté de mixer des esthétiques différentes dans sa langue maternelle. C’est le genre de disque qui me permet de supporter beaucoup mieux les températures élevées et les odeurs corporelles.

Ry Cooder – Paris, Texas


Le compact-disc de cet album (je précise, j’étais gamin, on n’avait pas de vinyles, on faisait que déménager, c’était trop lourd) a été un compagnon de route lorsqu’on vivait dans le pacifique. J’arrivais à voir un parallèle entre la poussière de la brousse, la chaleur et le sel que je voyais depuis chez moi et le sentiment de solitude et le désert illustré en musique par Ry Cooder dans ce film. C’est avec cette BO que j’ai apprécié la lenteur, l’espace entre les notes et ce qu’il pouvait évoquer.

Pavement – Terror Twilight

Les fans trouvent probablement que c’est loin d’être le meilleur. Rien à foutre.
Moi je préfère les couchers de soleils aux zéniths. J’adore Abbey Road (et écoutez Let it be naked aussi d’ailleurs). Neil Young disait “Every junkie’s like a setting sun”… On contemple un groupe sur le point de mourir, qui donne un dernier éclat au mille contrastes, le tout soutenu par godrich qui sait très bien encadrer ce dernier soubresaut.

King CrimsonIn The Court of Crimson King


Et particulièrement le morceau I talk to the wind. J’étais très touché par la douceur et la lenteur qui s’en dégageaient, les harmonies vocales parfaitement exécutées avec facilité, ces flûtes qui soufflaient en moi un sentiment de liberté et qui incarnaient à mon sens le vent répondant au chant, ce que je comprenais des paroles, sur la recherche de sens, le pas de côté et la contemplation.

Air – Moon Safari


J’ai passé pas mal de soirées à décortiquer cet album en regardant les étoiles, le sentiment d’avoir du lait dans les jambes en savourant la production impeccable et le raffinement des arrangements. Il y a un goût très précieux dans l’utilisation de chacun des instruments, des notes à la production. C’est presque énervant, faut pas l’écouter trop souvent non plus.

At The Drive In – Relationship of Command

Je n’ai jamais été un grand fan de hardcore ni de post-hardcore, c’est peut-être un album plus pop que ça, mais je trouve que là on tient un disque parfait, à l’équilibre fou entre les mélodies, l’efficacité et la violence. Je captais que les guitares étaient savamment désaccordées, ce qui génère une tension très cool ici, et qui est souvent très loupé par d’autres. Dans ce cas c’est très naturel, et ça matche très bien avec la folie théâtrale d’une partie du groupe en live.

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