ADN #1025 : Allo Christine

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Aujourd’hui, on part à la découverte des influences musicales d’Allo Christine.

Neil Young & Pearl Jam – Rockin’ in a free world

Je commence par le tout début. Je devais avoir 3-4 ans quand mon daron m’a montré une cassette, à l’époque, d’un concert de Neil Young et Pearl Jam qui jouent cette chanson ensemble, c’était tellement sauvage et garage. Ça a été le point de départ de quelque chose je crois, c’était mon premier lien avec le rock. Tu sais c’est ce jour où t’arrêtes d’écouter des chansons pour enfant et t’as l’impression d’entrer dans le monde des grands. Aujourd’hui encore quand je l’écoute j’ai une petite larme j’avoue.

Les paroles sont exceptionnelles, tout est dit en une phrase quoi. Keep on rockin’ in a free world, c’est trop fort. Y’a pas trop d’équivalent en français mais vraiment ça t’appelle, ça te dit de fuck le système et les politiques, juste écoute-toi et fais du rock. C’est un peu ce que j’ai envie de faire passer comme message dans mes chansons, des hymnes de fêtes mais toujours le poing levé.

La Grande Sophie – Devenir grand (on savait)

Changement de registre complet. Mais même période pour ma part. C’était ma prof en maternelle qui nous avait fait écouter ce CD de La Grande Sophie. Très très stylé. L’album est hyper réussi, ça sonne archi bien, un peu comme tout dans ces années-là je trouve, fin 90 début 2000. J’entends un peu une rencontre entre l’analogique et le numérique qui se tirent un peu la bourre, mais qui donne ce son vraiment unique qui a un peu disparu ensuite. Dans cet album il y a un truc bien générationnel dans le son et dans tout l’univers, les paroles etc. Le délire un peu trentenaire perdu ça résonne, même si j’y suis pas encore. Ça me fait voyager, et ça me rappelle des souvenirs émouvants. 

C’est un point de départ aussi je pense, j’écris beaucoup à partir de souvenirs d’enfance, j’aime bien aller chercher cette même insouciance qu’il y a dans ce titre.

Fontaines D.C. – Liberty Belle

Après avoir grandi avec, pendant quelques années je me suis un peu éloigné du rock, au sein de projets aux styles assez différents. Et quand je découvre le premier album de Fontaines DC en 2019, j’ai pété un plomb, un peu comme tout le monde j’imagine. C’était frais, nouveau mais quand même référencé, ça parle à toutes les générations, enfin c’était fou l’arrivée de ce groupe. Ça m’a tellement accompagné pendant la période Covid.

Quand je les ai vus pour la première fois un peu plus tard juste avant la sortie du troisième album, ça a été un vrai déclic. J’ai commencé à travailler sur Allo Christine à ce moment-là. Mais genre c’était radical : l’énergie, le son, tout… je me suis dit « Putain je veux grave faire ça ».

J’ai choisi ce titre car c’est celui que j’ai appris par cœur et que je chante tout le temps avec ma copine. Ça m’a pas quitté, j’écoute toujours énormément. Et faut vraiment suivre l’évolution, ça se renouvelle tout le temps à chaque album, c’est vraiment la classe. Ça m’a même chauffé à passer un peu de temps à Dublin et en Irlande… le fou. Du coup j’y suis très attaché maintenant, et je sais quoi écouter sur la route !

Indochine – Un singe en hiver 

Comment ne pas parler d’Indochine. Ça m’a tellement accompagné dans ma vie, et ce depuis petit. S’il y a un groupe avec lequel j’ai rendu ouf tout le monde, c’est celui-ci.

Tu sais quand tu découvres un truc et que t’en fais une obsession ? Bah là ça a été ça.

Je faisais du rock avec mes copains quand on était des gamins, avec Indochine j’étais content de voir et d’entendre qu’on pouvait faire cette musique en français. Et puis dans les années 2000, il y avait un truc provoc, un peu glam, assez licencieux mais toujours très politique, j’étais comme un ouf, ça m’avait pas mal fasciné. Cette liberté et ces voyages dans l’écriture je m’en inspire beaucoup maintenant. Et je crois que ça me suit encore même dans ma musique, je m’en rends pas trop compte mais on me dit que ce que je fais ça ressemble un peu, apparemment je suis le seul à ne pas l’entendre…

Cette chanson elle a était écrite par Jean-Louis Murât genre en 2000 ou 2001, et je sais pas trop de quoi ça parle, mais j’ai l’impression qu’il y raconte la représentation qu’il a de la « machine » Indochine et sa diégèse. Du coup moi j’y retrouve vraiment dans le texte le feeling que j’ai pour le groupe, mon attache à son univers et son histoire, toutes les petites références qui font un peu partie de moi maintenant, tu vois ce que je dire. Elle me touche grave pour ça cette chanson.

Blur – For Tomorrow

Celle-là, c’est pour plusieurs raisons. Déjà elle est pour Tarik, guitariste d’Allo Christine, avec qui on partage la même addiction pour Blur : quand on s’est rencontré, on a parlé pendant genre 2 heures de à quel point Blur c’était mieux qu’Oasis… Même si on est des gros fans d’Oasis aussi attention ! Aussi, ça me fait une référence anglaise : je t’ai parlé de rock US, français, Irlandais même Canadien, alors que c’est, je pense, la scène britannique qui m’influence le plus au quotidien, aujourd’hui c’est Blur les ambassadeurs.

Pour l’histoire, c’est mon pote Oscar, avec qui je partage la pochette du single Dans la télé, qui m’a fait découvrir Song 2 quand on était petit. J’écoutais ce titre en boucle, mais à l’époque j’étais plutôt team Oasis, et en voulant en découvrir plus de la discographie de Blur, j’ai piqué à mon daron le best-of qu’il avait en CD, je suis tombé sur For Tomorrow, j’avoue ça a été instantané, j’ai tellement kiffé. J’ai plus lâché depuis.

Je t’aurais bien parlé de LCD, Moby, Portishead, ou les Clash entre autres qui sont des références ultimes aussi, mais peut être moins dans l’ADN de ce que je fais. J’écoute énormément de reggae aussi en ce moment, je crois que c’est le style, au sens large, qui me fait le plus de bien ces derniers temps. Mais surtout, au milieu de tout ça, j’aimerais juste évoquer la scène francophone plus contemporaine aussi qui m’inspire vraiment tous les jours, je pense à Iliona, Nina Versyp, Kalika ou encore Ojos… C’est vraiment le futur, dans des styles divers et variés. 

Et tu vois, je trouve que dans ses différents projets, Blur comme dans les autres, Damon Albarn touche littéralement à tous ces styles, et le fait toujours avec brio et en phase de fou avec son temps, particulièrement dans Gorillaz. Comme beaucoup, je suis carrément fan de son travail et fasciné par sa carrière et sa créativité qui a juste influencé de près ou de loin tout le monde aujourd’hui. Blur était la première pierre de l’édifice.

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