ADN #1121 : Judy Bloom

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. C’est à Judy Bloom, jeune pousse de l’indie-rock, de nous dévoiler le sien. Il sortira son premier EP Hush, le 22 mai prochain.

Far Caspian – Ditch

Introduction de l’album autofiction, l’album que j’ai le plus écouté de l’année dernière. À chaque écoute, j’en ressors brutalement réconforté. Ça sonne comme la musique d’un type qui a du mal à s’en sortir et qui, pourtant, parvient à décrire avec tellement de lucidité et de force ce qu’il traverse qu’on est presque sûr que ça ira pour lui. C’est un « morceau contraste », une voix douce sur une instrumentation où chaque note porte la puissance qu’il faut, au bon moment.

Ride – Vapor Trail

Evidemment, je puise beaucoup chez nos voisins britanniques et ça s’entend dans mes titres je pense. J’ai découvert Ride après avoir poncé les Stone Roses. Leur album Nowhere, c’est l’un des piliers fondateurs du mouvement shoegaze. Ils avaient à peine 20 ans quand ils ont écrit cet album, je retrouve ce flottement et cette mélancolie qui traverse ces années de jeunesse où l’on ne sait pas bien où l’on marche. C’est brillant de maturité et en même temps hyper insouciant. C’est le groupe que j’aurais aimé fonder si j’étais au bon endroit à la bonne époque.

Elliott Smith – Roman Candle

Lui et Adrianne Lenker, tu tiens les deux principaux axes d’inspiration de mon écriture. Parce que si mon projet sonne très live studio, tout commence toujours avec une guitare en open de ré et un bout de canapé. Roman Candle, c’est l’un des plus beaux morceaux d’Elliott Smith. Au-delà du thème d’écriture de cette chanson, et de cette oscillation entre la grisaille et la lumière que je trouve captivante, j’ai beaucoup d’admiration pour ce type d’écriture à la fois très cru et très poétique. Dans l’écriture en français, je trouve qu’on est un peu fâchés avec les images et l’abstraction dans les textes, et c’est ce qui m’en éloigne pour le moment.

Radiohead – Reckoner

Oui j’ai tous leurs albums sur ma table de nuit, qu’est-ce que tu vas faire ??? Ce morceau, c’est ni une énigme ni une évidence dans leur discographie. Les paroles ne sont pas vraiment tristes, le rythme n’est pas si déroutant, mais le titre incroyablement émouvant. Je ne sais pas comment l’expliquer, c’est qu’ils en ont moult des titres où tu sais pourquoi c’est formidable. Mais lui, j’en sais rien, et pourtant, il me casse le dos.

Beck – Morning Phase

Les gens ont défoncé cet album lorsqu’il est sorti, peut-être parce qu’il sonnait trop attendu à une époque où l’indie rock/pop pointait le bout de son nez. Moi je l’ai adoré, c’est peut être l’album qui m’a le plus suivi lors de l’écriture de mon EP. C’est un peu mon album anti rageux en fait, pour argumenter sur le fait que ce n’est pas parce qu’un album correspond aux codes d’un genre ou d’un style musical que l’on connaît bien, qu’il est sage et lisse. Heart is a drum ou Waking Light, c’est sublime, on s’en fout que ça soit pas le trait d’audace attendu par les critiques.

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