ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Alors qu’ils viennent de dévoiler leur second album, Surge, les nantais de Swirls nous racontent aujourd’hui leurs influences musicales.

RMFC – The Trap
Guillaume : Un groupe de garage australien mais avec un petit truc en plus dans le son et l’écriture de la guitare qui sort de l’ordinaire. Je crois même qu’il doit jouer sur une douze cordes.
J’aime cette guitare pleine de riffs mélangés aux accords.
Et sur ce morceau en particulier, on retrouve cette basse qui va apporter la mélodie. C’est clairement un tricks chez Swirls donc je trouve que c’est un bon clin d’oeil.
Jay Reatard – Oh It’s Such A Shame
Théo : Jay Reatard pour moi c’est une combinaison exceptionnellement réussie entre le songwriting, l’énergie et des arrangements bien sentis toujours au service du morceau.
Dans cette version live jouée il y a tout ça PLUS une sorte de virtuosité de jeu qui fait que malgré un BPM beaucoup plus important que la version studio, chaque partie est exécutée par le groupe comme un seul homme.
L’outro instrumentale avec la ligne de basse qui module et les guitares qui s’envolent font pour moi de ce morceau une synthèse assez frappante entre l’instrumentation au service du chant et celle qui se suffit à elle-même. Bref, un des grands morceaux de l’histoire du punk selon moi.
Parquet Courts – Borrowed Time
Sam : Si on parle ADN, cette chanson coche pas mal de cases. C’est du slacker punk, l’énergie est hyper brute et sincère et les paroles sont ironiques et touchantes. J’adore le côté tendu qui avance tout le temps puis y’a des petites pauses qui te prennent de court, ça c’est cool.
Des paroles sur la dépression avec une instru uptempo c’est bien vu aussi. L’album c’est une tuerie, là c’est chez KEXP c’est pas dégeu.
Sloan – People Of The Sky
Hugo : Un hit assez méconnu que j’ai dû écouter mille fois dans une forme quasi-rituelle, au casque, allongé au lit au moment de plonger dans le sommeil.
Peut-être la chanson la moins tendue de toute la sélection, mais qui drive quand même sans discontinuer avec cette cymbale ride omniprésente et ce son caractéristique qu’on affectionne particulièrement des guitares Fender généreusement poussées dans des amplis Marshall, jouant des accords semi-dissonants, truffés de cordes à vide.
Morceau à la fois grave et naïf, sensible et nonchalant, j’adhère entièrement. Pa Pa Pala Pa.

Times New Viking – Fuck Her Tears
Guillaume : Un morceau de 2011 de ce groupe de Colombus, Ohio qui m’est revenu sur une vieille playlist sur Deezer.
J’aime vraiment l’intention ici, hyper direct, sincère et sans chichi. Il y a une intensité très naïve qui me fait un bien fou en écoutant ce morceau.
C’est typiquement le genre de morceau dont je m’inspire dans l’écriture de la guitare.
Eddy Current Suppression Ring – Which Way To Go
Théo : Un morceau qui prend son temps, mais ne te lâche pas une seconde. C’est un trio guitare / basse / batterie qui passe en revue pas mal des nombreux registres qu’on peut exploiter uniquement avec ces trois instrument. Et la voix qui fait son va et vient, jamais trop bavarde, toujours pertinente et intense.
Les paroles sont à la fois très simples et ont en même temps un sens philosophique. “Je regarde dans toutes les directions et je ne sais toujours pas par où aller”.
En tout cas moi quand je regarde ce clip je sais que j’ai envie d’aller regarder (ou jouer !) un concert de punk rock dans une cabane de plage un jour d’été.
Sam : Art Brut ça fait partie de notre histoire, ça remonte à nos débuts en groupe, on a découvert ça quand on avait 16 ans. C’est toujours aussi bien, ultra direct, bancal, pas du tout prétentieux.
C’est drôle et nerveux, ça se prend pas trop au sérieux et tout ça ça me parle énormément. Je kiffe le ton sarcastique de ce chanteur, il y a de l’autodérision dans toutes ses paroles. Le clip MTV2 wow c’est nostalgique ça, dad rock représente.
Omni – Southbound Station
Hugo : Je suis fasciné par les imbrications brutes de guitares et de basse qui vont chercher des doigtés impossibles pour jouer des accords qui n’existent pas sur une rythmique sans cesse découpée.
MAIS ! Le tout habilement contenu dans des pépites pop express de 2 minutes chrono à l’énergie brute et accessible. C’est complexe dans le fond mais communicatif et stimulant dans la forme. Belle prouesse !
Southbound est le morceau d’ouverture, mais tout le reste de l’album vaut autant le coup et me paraît indissociable. Pour l’anecdote, il a d’ailleurs constitué le noyau dur de la bande son de mes interminables travaux de rénovation (il s’appelle Multi Task, ça ne s’invente pas), parfait pour lier énergie et minutie.