ADN #1086 : This Will Destroy Your Ears

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. A l’occasion de la sortie de leur troisième album FUNLAND(A Tant Rêver du Roi), This Will Destroy Your Ears nous dévoilent leurs influences.

© Craig Szlatoszlavek
Choix de Mag (batterie)

NIRVANA – Something in the way 

Pas très original, je sais. J’ai découvert Nirvana avec Nevermind pendant mon adolescence. Cet album, comme In Utero, n’a pas pris une ride. C’est le premier album rock que j’ai acheté et je l’écoutais tous les soirs pour m’endormir. Il incarnait parfaitement la frustration et la révolte propres à l’adolescence. Something in the Way, dernier titre de l’album, est lancinant, obsédant, mélancolique et totalement inaltérable.

THE WHITE STRIPES – Fell in love with a girl

C’est en voyant leur concert à Lyon en 2001 — et surtout Meg White à la batterie — que l’idée de me mettre à cet instrument a germé. La vie a fait que je ne m’y suis mise que bien plus tard, mais je n’oublierai jamais ce concert. Leur musique paraît simple, presque évidente, et pourtant terriblement efficace et puissante, portée par une direction artistique intelligente et drôle. Tout ce que j’adore. #MichelGondry

MODEL/ACTRIZ – Cinderella

Ce groupe m’a mis une vraie claque dès la première écoute : un mélange improbable d’électro, de pop et de noise. Une sorte de rock indus qui nous pousse à danser dans l’euphorie, tout en conservant une tension permanente et une agressivité palpable. C’est l’un des titres que je gardais en tête pendant l’enregistrement de FUNLAND

Le rock peut aussi nous emmener sur la piste de danse. 

Choix de Pierre-Yo (guitare et chant)

THE CUREA Forest

En 1988, j’ai 10 ans et je me retrouve dans une soirée avec ma tante, de neuf ans mon ainée, et ses amis. Ils se mettent à danser sur cette chanson et je sens immédiatement que quelque chose se passe. C’est la première fois que j’entends un truc comme ça. Cette voix, cette mélodie, cette tension étrange. Depuis, ma tante m’a offert ses albums des Cure et A Forest est toujours là, quelque part.

SONIC YOUTH Kool Thing

J’ai commencé la guitare dans les années 90, sans Internet et sans conservatoire. La seule solution à l’époque, c’était le partage : « ça, c’est un sol » et « tu connais les barrés ? », en gros. Jusqu’à ce que je découvre Sonic Youth, et qu’Alex (du regretté et génial groupe tarbais LESLIE) m’explique le principe des open tunings à la sauce noise. Révélation totale. Je n’ai plus jamais rejoué en accordage standard. J’accordais ma guitare à l’oreille, au gré des envies. Et ce n’était pas toujours une réussite ! Mais c’est comme ça que j’ai écrit mes premières chansons. Sonic Youth, c’est la liberté.

CROWS – Healing

Pendant l’enregistrement de FUNLAND, j’étais obsédé par Healing. Comment écrire une chanson qui fait bouger les têtes, qui ne relâche jamais la pression, tout en restant profondément mélodique ? La progression de la ligne de chant est fabuleuse. Ce morceau fait partie de ceux qui ont un truc en plus. À chaque écoute, ça me remet immédiatement les idées en place. 

Choix de Léa (basse)

PINK FLOYD – Wish you were here 

Mes parents étaient de grands fans de Pink Floyd, cet album est donc passé maintes et maintes fois à la maison. Pour moi, ce sont des souvenirs méga doux : l’été, toute la maison ouverte, la musique à fond, l’odeur du repas du midi qui cuit, mes frères et moi dans le jardin avec mes parents qui chillent, bref.

Cet album m’a méga marquée. Plus tard, au lycée, je l’ai étudié en classe de musique. Après, c’étaient des soirées d’été au coin du feu avec les copains, à fumer des joints en mode « hippies style », à regarder les étoiles en se disant que c’étaient de putains de génies ! Cette chanson résonne de plein de manières en moi aujourd’hui, elle m’a accompagnée dans plein d’aspects de ma vie.

THE RACONTEURS – Consolers of the Lonely 

Dur dur de choisir un seul morceau sur cet album. J’ai commencé la musique au collège, en 2008, l’année de sortie de ce disque, dans un atelier musique sur le temps du midi. Le tout premier morceau que j’ai appris à la basse, c’était Steady As She Goes. Le surveillant qui encadrait l’atelier, Guillaume, m’avait alors filé une clé USB avec le nouvel album en me disant : « Léa, écoute ça, je pense que tu vas kiffer ». Je pense m’être butée à cet album pendant six mois, en écoute en boucle sur mon MP3. On débriefait nos écoutes ensemble, et ce sont des cool souvenirs : mes premières vraies discussions musicales avec un passionné. Après ça, j’en étais sûre : je voulais faire du rock, ahaha !Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le genre de rock qui me fait vibrer — trop « ricain » à mon goût — mais dès que j’entends les premières notes, c’est une véritable madeleine de Proust.

TEARS FOR FEARS – Shout

On a eu la chance d’enregistrer l’album à domicile, dans les Landes, à Recording United, chez Pierre-Yo et Mag. Le soir, je dormais chez eux, et on mettait souvent du son sur leur platine vinyle. Ce disque a beaucoup, beaucoup tourné pendant cette période !

Choix collectif

PROTOMARTYR – A Private Understanding

Protomartyr, c’est vraiment le groupe qui nous met tous les trois d’accord. C’est direct, d’une noirceur lumineuse, avec une iconographie à la fois forte et habitée, en toute simplicité. Leur musique trouve le match parfait : presque épique, sans jamais être ostentatoire. Et en live, c’est la grosse claque. À quatre, ils produisent quelque chose de dense, presque hypnotique. On rentre littéralement dans la tête du chanteur, happé par cette parole intérieure, tendue, lucide. C’est l’art du contraste porté à son apogée : rudesse et clarté, urgence et retenue, chaos et maîtrise. 

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