ADN #1106 : Years Of Shame

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. A l’occasion de la sortie de l’album Primary chez Icy Cold Records, Brice et Berne sont passés nous raconter leurs influences.

THE JESUS AND MARY CHAIN – On the Wall

Brice : Je me souviens parfaitement du moment où j’ai découvert cette chanson, en achetant ce vinyle de B-Sides. Dès que je l’ai mise sur la platine, je l’ai enchaînée une bonne dizaine de fois, incapable de m’arrêter. À chaque reprise, je me surprenais à remettre le bras sur le disque, fasciné par quelque chose que j’adore dans cette chanson : le mix parfait entre la batterie ou la boîte à rythme, les différentes couches de guitare qui se répondent, et cette nonchalance unique de Jim Reid qui rend le tout incroyablement hypnotique. Chaque écoute me révélait de nouveaux détails et renforçait mon attachement à ce morceau. Je viens beaucoup de l’indie et du shoegaze, donc c’est une énorme influence pour moi.

TRISOMIE 21 – The Last Song

Brice : Assez classique, mais incroyablement unique. C’est le genre de chanson que j’ai envie d’écouter en boucle, peu importe le moment ou mon état d’esprit. Que tu sois heureux, triste, au boulot, en train de te balader ou dans les transports, elle fonctionne toujours. J’ai longtemps hésité à mettre une chanson des Cure, mais ça me semblait trop évident, et puis j’aurais pu en mettre énormément (rires). Trisomie 21 représente pour moi une alternative à toute cette musique mélancolique des années 80 : ça dégage une nostalgie d’une époque que je n’ai pas connue.

Musicalement, c’est une énorme influence pour moi : les guitares, la basse, et cette mélancolie subtile créent une atmosphère qui m’inspire encore aujourd’hui. Car cette chanson parle quand même d’un type qui a du mal à ressentir pleinement la vie et l’amour dans un monde souvent vide ou déconnecté. C’est très parlant et encore d’actualité.

THE SOFT MOON – Far

Brice : Je pense que vous ne serez pas vraiment surpris de voir ce groupe dans notre sélection. Ce morceau, et plus encore cet artiste, nous a profondément influencés. Je me souviens l’avoir découvert en 2010, avec son tout premier album, dans le bar où travaillait Berne, j’avais à peine 20 ans. On a écouté Circles de mémoire, et on s’est dit : « Wow, mais c’est quoi ce truc ! ».
Et puis pour en revenir au morceau, il combine tout ce que j’aime : un mix ultra lourd avec basse super ronde, chorus qui bave etc. C’est ultra percutant.

J’ai eu la chance d’ouvrir pour lui à plusieurs reprises avec différentes formations, et je l’ai vu plusieurs fois en live. C’est un artiste que j’écoute très régulièrement… On peut même dire que je suis un vrai fan boy !

Berne : Oui The Soft Moon évidemment !

Le mec était la relève à lui tout seul des titans de la Coldwave / Darkwave / Indus des années 80 et 90. Il m’inspire encore et toujours et ça restera toujours une grande fierté d’avoir fait leur 1ère partie avec DEAD à l’époque de leur album Zeros, on était fous avec Brice !

Et ouais ce morceau Far est complètement dingue, un BPM tellement rapide que ton coeur s’emballe dès que le titre commence… Je l’ai écoutée en boucle cette chanson avec ses lyrics très énigmatiques “Take me far away to escape myself!”, ça résonne encore beaucoup dans ma tête aujourd’hui.

GARY NUMAN – Down in the park

Berne : Enorme titre de Gary Numan sorti en 1979, à l’origine avec son groupe Tubeway Army, la chanson est juste folle et s’inspire d’un livre de SF de Philipp K Dick, fantasme futuriste et technologique où des androids à peau humaine tuent des humains dans un parc pour l’amusement de spectateurs qui ragardent ça tranquillement derrière la baie vitrée d’un restaurant, j’adore !

Le morceau n’a jamais été un tube mais c’est vraiment mon préféré de ce que je connais de Gary. New wave déprimée mais qui reste solide sur le dance floor, une manière de chanter vraiment spéciale pour l’époque… Masterpiece !

DEPECHE MODE – Black Celebration

Berne : Titre éponyme du cinquième album de DM sorti en 1986, un album bien plus sombre que les premiers avec ce morceau complètement dingue en ouverture où on entend la voix de Dave Gahan complètement déformée, ralentie et passée à l’envers, t’as vraiment l’impression que la chanson commence sur un bad trip ou sur un fix d’héro.

Pour moi Black Celebration c’est un peu la bascule de DM, le moment où ils deviennent Dark dans leur carrière et personnellement peut-être aussi, apparemment c’est le moment où la drogue commence à faire partie de leur vie.

Est-ce-que le morceau parle de rites funéraires, de drogues, de prolétariat, d’optimisme désenchanté, de survivre d’un jour à l’autre dans un monde où l’on a le temps de rien…? Peut-être de tout ça en même temps ? C’est ça qui est cool quand t’écris une chanson, tu peux rester un peu flou tout en parlant de plein de choses.

 

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