Chroniques

BEN PLG nous raconte L'histoire sans fin

Artiste
BEN plg
Album
L'histoire sans fin
Label
BALTIMORE
Sortie
2 octobre 2026

On retrouve BEN plg sur un projet sincère, touchant et personnel, mais qui parlera à toutes les personnes qui cherchent à s’en sortir, à sortir de la misère. L’album L’histoire sans fin raconte justement cette idée. Cet album raconte la vie de beaucoup de jeunes issus de familles modestes, voire pauvres. BEN plg nous touche en plein cœur et nous raconte des vérités avec beaucoup de justesse mais surtout de talent. Ici, un vrai fil conducteur est présent. En effet, l’histoire se construit au fil du récit. Nous n’avons pas simplement des titres qui s’enchaînent. L’artiste nous raconte son parcours avec authenticité et humilité, et qu’est-ce que ça fait du bien ! Un propos, du sens et de l’amour et c’est tout ce qu’il faut pour un album qui vaut forcément le détour.

L’album commence fort avec les crises d’angoisse de Paiement refusé. À travers ce titre, BEN plg nous raconte avec puissance, le quotidien de nombreuses de personnes. Cette angoisse irrespirable de manquer d’argent malgré le fait d’être sorti de la misère. Le morceau commence en douceur afin que le texte soit compréhensible et limpide. Le but est de ressentir pleinement cette anxiété liée à l’argent, mais aussi à cette société qui nous empêche de nous en sortir. La production musicale monte crescendo, tout comme la voix de BEN plg, qui débite de plus en plus fort et de manière toujours plus incisive.

On continue sur ce thème de l’argent, mais aussi de l’espoir, avec Les pièces jaunes dans la fontaine. On ressent beaucoup de nostalgie, aussi bien à travers la production musicale que dans les mots de BEN plg. Tant qu’il y a des pièces dans la fontaine, les gens continuent d’y croire et la roue peut toujours tourner. En effet, la chance permet d’y croire et tout peut encore basculer. Cette chanson, c’est une ode à l’espoir et à la possibilité de s’en sortir. Mais la plus-value de ce morceau, c’est sa fin. En effet, cette capacité à maintenir le fil conducteur et à créer un pont entre les différents titres montre tout l’intérêt d’avoir un album mais surtout de l’écouter dans l’ordre.

Et c’est comme ça que l’album continue avec Mentir au psy, en présence d’un guest d’exception : Orelsan. La nostalgie atteint ici son paroxysme, alors que BEN plg nous raconte son enfance et son adolescence avec beaucoup de sincérité. Le refrain vous restera en tête pas parce qu’il est agaçant, mais parce qu’il est doux et touchant. On retrouve sur ce feat, Orelsan à l’ancienne, comme avec Notes pour trop tard, ce qui renforce encore cette impression de nostalgie. Ce morceau nous donne envie de nous accrocher, de tenir le coup. Mais surtout de dire la vérité au psy pour que ça passe enfin et que tout aille mieux (même si c’est difficile).

À travers Toujours un gamin, BEN plg nous rappelle que chacun mérite d’être aimé et d’avoir les mêmes chances de s’en sortir. Peu importe les erreurs, peu importe les problèmes. Les enfants ne sont que des enfants et ils méritent aussi de l’amour. Mais surtout, il nous dit que que demain pourra être meilleur uniquement grâce à eux. Alors, il va falloir les aider, les soutenir et être à leurs côtés. Et on en profite sur ce titre pour dire qu’on est à fond avec vous, les lycéens, et qu’on espère que les choses vont changer, car vous faites notre fierté.

BEN plg continue de nous surprendre avec un morceau d’amour absolument saisissant : Si tu pars. On aimerait tous qu’on nous écrive une chanson d’amour aussi belle. Mais surtout en présence de l’iconique Camille Yembe, qui nous offre un couplet empreint de fragilité, qui nous transperce et nous transmet tellement d’émotions ! Comment va-t-on réussir à ne pas pleurer avant la fin de cet album ? C’est la question qu’on se pose actuellement…

Avec Les glaçons, BEN plg nous raconte son parcours dans le rap et son ascension. Après Nouvelle École et son élimination injuste, il a décidé de s’accrocher, et heureusement ! On retrouve ici une production musicale absolument époustouflante. Au départ minimaliste, les couches sonores s’empilent pour créer un univers à la fois mystérieux et onirique. Le morceau évoque un quotidien où l’on continue d’avancer malgré les obstacles. Il rappelle aussi et surtout que la méritocratie n’existe pas et qu’il faut beaucoup de courage, mais aussi beaucoup de mental, pour persévérer et espérer avoir la carrière que l’on mérite.

La chanson éponyme de l’album, L’histoire sans fin, se dévoile enfin, avec l’incroyable Mathilde au refrain, qui ajoute un côté catchy au titre. Croire en soi, c’est nécessaire, et BEN plg nous aide à le faire. Sur ce morceau, il se fait une déclaration d’amour, et c’est tellement important de prendre le temps de regarder le chemin parcouru. Bien sûr, sans oublier d’où l’on vient ni prétendre savoir où l’on va. Mais nous, on espère juste qu’il ira loin dans la musique. Car un album comme celui-ci, c’est un cocon dans lequel on peut se réfugier quand ça ne va pas. Une manière de se rappeler qu’on peut y arriver, même quand on en doute.

Avec Printemps, on découvre une production musicale au piano assez minimaliste, qui laisse les mots résonner sans effort. BEN plg est devant tout le monde, mais tout seul, car c’est aussi ça changer de vie et changer de carrière. Cela conduit parfois aussi à changer d’amis. Un morceau qui parle du bouleversement d’avoir une nouvelle vie et de cette évolution qui sépare parfois les âmes.

BEN plg nous offre ensuite un morceau qui nous permettra de gérer nos accès de colère avec Pour la gloire sur ma peau. En effet, le titre dénonce un gouvernement qui se moque de nous et s’attaque avec panache aux injustices qui touchent tous ceux qui galèrent. Une réalité qu’il a lui-même connue avant de réussir dans la musique. Avec ce morceau, il n’oublie pas d’où il vient et continue de chanter pour ceux dont la voix n’est jamais écoutée (ou plutôt jamais entendue). Il nous parle de la classe ouvrière et des patrons qui abusent de leur pouvoir, avec une force qui se ressent aussi bien dans son kick que dans la production musicale.

Changement d’ambiance avec Laisse-moi te dire. Une musique douce, délicate et sensible, qui nous parle d’un amour incandescent pour un être qui va bientôt naître, on l’espère, pour BEN plg et sa compagne. Dans ce titre, on y ressent cet espoir de devenir père et cette attente mise en musique de manière si poétique. À travers ce morceau, BEN plg se livre et évoque avec émotion l’absence de son père biologique, mais aussi son souhait de devenir ce père qu’il n’a pas eu.

Chanson d’amour poursuit sur cette lancée avec une déclaration absolument bouleversante. BEN plg se confie davantage en parlant des difficultés à avoir un enfant, mais surtout de l’amour qu’il porte à sa compagne. Il ne fait pas une simple chanson d’amour : il garde son authenticité, son kick et son humilité. Ni gnangnan ni antipathique, il nous montre à quel point sa compagne est exceptionnelle et nous fait surtout comprendre qu’à ses côtés, il devient plus fort.

L’histoire sans fin continue avec Musique pour fermer les yeux. C’est un titre qui comme son nom l’indique nous permet de visualiser chaque propos aussi bien par le texte que par une production musicale légère, épurée et délicate. La guitare acoustique laisse les mots exister pleinement. Ce qui ressort de l’album, c’est avant tout l’humilité de BEN plg, qui ne rêvait pas forcément de grandeur. Aujourd’hui, malgré la notoriété qu’il a acquise, il préférerait parfois rester dans l’ombre et on le comprend.

Cette envie de se faire discret contraste pourtant avec l’effervescence qui semble habiter son esprit. En effet, Les avions dessinent dans le ciel mêle poésie et délicatesse. Le titre est une métaphore de son cerveau qui bouillonne et de ses idées qui partent dans tous les sens. Pourtant, BEN plg garde les pieds sur terre, avec des paroles toujours réalistes et sincères. La production musicale, presque éthérée, crée un magnifique contraste qui nous fait comprendre que l’album touche bientôt à sa fin.

Et pour refermer ce chapitre, BEN plg revient une dernière fois sur les émotions qui traversent l’ensemble du projet avec Un caillou de plus. BEN plg revient sur tout ce qu’il nous a raconté plus tôt, avec force et conviction. On ressent à la fois de l’anxiété et une dualité entre la solitude et cet amour qui rythment sa vie. Ce titre marque la fin de l’album avec beaucoup d’intensité, aussi bien grâce à sa production musicale rythmée qu’à ses paroles qui nous touchent une nouvelle fois. L’absence de refrain ne laisse aucun espace, comme une représentation de ce cerveau en ébullition, qui ne cesse de réfléchir et de se remettre en question.

À travers L’histoire sans fin, BEN plg a su nous toucher en parlant simplement, avec intensité, mais surtout avec sincérité et humilité. Comment peut-on écouter cet album sans se sentir concerné ?

L’artiste aborde des sujets de société, mais surtout de la condition humaine. Tout le monde a été un gamin et tout le monde mérite d’être aimé, de pouvoir s’en sortir et surtout de ne manquer de rien. Un enfant ne choisit pas la famille dans laquelle il va grandir, mais l’État a le devoir de garantir les mêmes chances à tous. Actuellement, c’est un total échec, et il y a une solution magique : prendre l’argent aux riches.

Cet album est une ode à la réflexion et à la remise en question. BEN plg nous offre un parcours semé d’embûches qui nous permet de prendre conscience de certains mécanismes, mais aussi de questionner notre rapport au monde. Merci d’avoir réussi à créer un album rempli d’espoir et d’amour, tout en dénonçant les politiques de cet État.

Et tout ce qu’on peut souhaiter à BEN plg, c’est d’avoir la chance de devenir papa prochainement.






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