ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Avec deux petits singles, les Blue Boys Club ont placé leur EP en haut de nos attentes pour l’année 2026. On leur a donc demandé de nous raconter les influences qui infusent dans leur musique.

Mr. Oizo – Positif
Impossible de passer à côté du travail de Mr. Oizo, et ce serait mentir de ne pas citer Positif comme une grosse influence sur la direction qu’on a voulu donner à l’EP. La proposition musicale est folle, le délire complètement barré, et c’est clairement vers ce niveau-là qu’on essaie de tendre en matière de production.
Un style à la fois épuré et bourrin, avec de la répétition intelligente, des drops savamment dosés… Bref, rien n’est laissé au hasard alors que tout paraît presque simple. C’est exactement ce qu’on adore.
Wet Leg – CPR
Pour le coup, Wet Leg nous a vraiment aidés à poser la voix de Jordan dans un style plus nonchalant, avec une tonalité beaucoup plus basse. À la base, on vient de la scène post-hardcore / metal des années 2000, donc ça n’a pas été simple de se détacher de certains automatismes, autant dans le chant que dans les structures des morceaux.
Chez Wet Leg, il y a beaucoup de moments presque ASMR : tout se joue davantage dans l’attitude que dans la performance vocale. Donc forcément, il y a une vraie influence de ce côté-là. CPR, comme tout le dernier album, a ce côté brut et épuré dans la production, tout en restant percutant et cohérent.
Ça nous a aussi aidés à affiner notre proposition, à prendre des décisions plus radicales sur le fait de sonner fort sans empiler quarante éléments dans le mix. Et puis leur direction artistique est folle.
Korn – Blind
On adore le maïs. Non, sérieux… vous saviez, vous, pour l’origine du nom du groupe ?
Korn, c’est un peu notre premier amour. Et dans un sens, c’est aussi l’ADN du projet. Toute la brutalité, la dissonance, l’ambiance, le côté rap, le mélange avec le hip-hop… Il y a tellement d’éléments de fusion qu’on retrouve chez eux et qu’on retrouve clairement dans notre projet (sauf la cornemuse).
Bon, on a grandi avec ce groupe, donc on n’est peut-être pas les plus objectifs (premier concert de Thomas, quand même), mais on trouve leur proposition musicale d’une richesse folle. On est dans la quintessence du nu-metal : des accordages graves, des riffs sortis de nulle part, et en même temps une approche totalement singulière.
Bref, on est fans. Et Blind, c’est clairement tout ça à la fois, avec ce riff d’intro si particulier et instantanément reconnaissable.
Guru Josh Project – Infinity 2008 (Klaas Vocal Edit)
Guru Josh Project, c’était surtout l’occasion de parler du côté “connerie assumée” de ce genre de morceau, longtemps perçu comme complètement has-been.
Mais justement, c’est aussi ça qu’on aime : le côté lâcher-prise total, le son qui ne se prend pas la tête et qui fait immédiatement son effet. C’est fun, rassembleur, direct, sans chercher à être pointu ou cérébral à tout prix.
Il y a quelque chose de très simple et très efficace là-dedans : ça parle à tout le monde, ça met une ambiance instantanément, et ça rappelle qu’un morceau peut juste être marrant et fédérateur.
En vrai, ce genre de son nous fait rire autant qu’il nous régale. Et parfois, c’est largement suffisant.
Charli XCX – Von Dutch
Le taf de Finn Keane sur ce morceau est vraiment fou. Cette manière de faire coexister des synthés dance ultra-frontaux avec la voix de Charli, c’est difficile à ignorer. Sans parler de la direction artistique de Brat, déjà culte, et sur laquelle on a beaucoup débattu.
C’est clairement une approche qui nous inspire. On essaie toujours de garder un côté pop dans notre univers corpo / punk, sinon ça devient vite un peu inquiétant.
Underworld – Dark and Long
Underworld nous a pas mal inspirés sur le versant électronique de l’EP. C’est à la fois une musique de club presque relaxante, qui pourrait être la bande-son d’un meeting de coach de vie américain.
Mais c’est aussi une musique brute et répétitive, qui exprime parfaitement ce côté routinier du monde capitaliste : quelque chose qui tourne en boucle, comme une habitude qu’on n’a pas vraiment choisie.
On aime justement ce contraste entre le côté hypnotique, presque confortable, et le fond beaucoup plus froid ou mécanique.