Arthur Fu Bandini : C’est encore mieux qu’avant

Arthur Fu Bandini n’a pas attendu l’an 2026 pour écrire la suite de son premier EP Ca n’a jamais été mieux avant. Si le nouvel objet garde le titre, le garçon a eu une (bonne) idée toute simple : apposer (vol. 2). Dès qu’on a su qu’il y avait une suite, on a pris à nouveau le temps de se plonger dedans pour mieux célébrer sa sortie le 16 janvier au Point Ephémère.

Il avait décidé de le mettre en avant comme premier single, Anesthésie générale s’inscrit dans le prolongement de la noirceur. Celle-là même qui commençait à se faire sentir sur L’être à vous. Dans ce morceau, Arthur Fu Bandini touche du petit doigt la chose politique. Sans s’engager particulièrement dans un sens, il se fait observateur du quotidien. Il s’attaque à l’endormissement collectif de nos civilisations. Il avait d’ailleurs choisi d’illustrer le single par un clip à la limite du dystopique où son visage était invisibilisé. On retrouve les inspirations dub du précédent opus. Relativement court, le morceau fait dans l’efficacité.

Les nouvelles technologies n’ont pas fini de le fasciner, la preuve avec Empire IA. Bien qu’à dominante électronique, le morceau comme souvent avec Arthur Fu Bandini, est à la croisée des genres. Avec ces IA IA IA orientalisants, un saxophone s’invite à la fête. Le cuivre donne au morceau une texture quasi psychédélique et nous voilà embarqués dans cette transe d’un genre nouveau.

Ca va ça va prolonge le trip pour à nouveau mieux questionner nos sociétés. La course progressive contre la montre, contre le métronome ? Les synthés au cœur, Arthur Fu Bandini continue son voyage dans les sonorités hybrides qui limitent les possibilités de filiation inspirationnelle. S’il est plus facile de lui trouver des pairs – voire des pères – dans la matière textuelle, l’exercice se corse quand il s’agit de la musique. On se laisse prendre dans la boucle rythmique présente pour mieux traduire la redondance et les textures appuyées comme pour bien marteler le message.

Les premières secondes sonnent comme les notes d’un vieux film noir des années 1970. On retrouve bien assez tôt le dub et un certain rock des années 1980 dans Le souffle de Cassandre. Son tempo lent nous invite à visualiser la fumée qui s’échapperait de la bouche de Cassandre. Pour peu que vous l’écoutiez – si l’on s’en tient à la mythologie, pour une fois, ça serait bien ! -, tendez l’oreille pour apprécier ce groove !

Je sors de moi fait jaillir tout ce qui inspire Arthur Fu Bandini. En moins de 2 minutes, Je sors de moi sonne comme un rappel à son interlude du premier EP. La différence c’est qu’ici, il lui offre un bref texte. Si sortir de soi pourrait laisser penser à la colère en premier lieu, il n’en est rien, c’est une respiration. Enième trip pour Bandini dans les vapeurs du morceau qui le précède ?

C’était bien l’idée d’opérer une pause avant de nous faire foncer dans sa dingue envolée psychédélique intitulée Nos cœurs font du free jazz. Le caractère imprévisible du morceau doit, dans le meilleur des cas, inviter les spectateurs à manifester si ce n’est de l’enthousiasme, de l’entrain.

Poésie quand tu nous tiens… Arthur Fu Bandini n’a jamais cherché à assombrir le tableau déjà bien compliqué. Il a toujours expliqué faire le pari de l’optimisme. Alors voilà que résonnent ses bons mots sur ce morceau : « Au fond de nos regards, danse danse danse la vie ». Le sax s’invite encore pour laisser s’échapper les plus belles notes. Le clavier presque jazzy final agit comme une superbe conclusion.   

Ca n’a jamais été mieux avant (vol. 2) est bien dans la continuité de son grand frère. Arthur Fu Bandini porte un regard lucide sur son époque et ce qu’elle a de peu reluisant. En choisissant de ne pas totalement chanter, il invite à la réflexion. En mélangeant les genres, il ouvre les espaces, il étend le champ autant que le chant des possibles. Il montre une palette singulière qui lui va bien.

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A (re)lire :
> L’ADN d’Arthur Fu Bandini
> Notre rencontre avec Arthur Fu Bandini aux Francofolies de la Rochelle 2024
> Notre chronique de Ca n’a jamais été mieux avant (vol. 1)

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