Le Fleuve : Le retour aux sources de Lou Leon

Lou Leon, nouvelle voix dans la folk française, dévoile un premier EP doux, organique, et profondément sincère. Le Fleuve, recueil de cinq chansons, marque un nouveau départ pour l’artiste, aussi connu comme la moitié du duo lyonnais, Ganache. Ces cinq titres sont un terrain d’exploration pour le multi-instrumentiste, qui dessine les contours de son projet solo. On s’est plongé dans ce disque aquatique et on en ressort avec une sensation de calme, une tendre nostalgie, et de belles choses à vous partager. 

L’authenticité comme boussole

Pour son premier projet solo, Lou Leon (prononcer « León ») nous emmène en bord de Loire. Le fleuve, qui passait près de sa maison d’enfance, est indissociable de ses premiers souvenirs. C’est donc tout naturellement qu’il a inspiré le titre de son disque.

Après des années à écrire en anglais, l’artiste décide il y a deux ans de s’essayer au français. Le premier texte à voir le jour est celui de L’Essor, qui ouvre l’EP. Écrire dans sa langue maternelle lui permet de se « rapprocher d’une forme de justesse », explique-t-il. Et de fait, Le Fleuve est un véritable exercice d’authenticité. Au fil des morceaux, on se fraye un chemin dans son univers artistique. Plusieurs fois, on croit entendre un clapotis au milieu des guitares – c’est que l’eau n’est jamais loin, dans le monde de Lou Leon.

Une métamorphose en cinq temps

L’eau et le soleil inondent les cinq titres de l’EP. Dès la première écoute, on est transporté vers une journée d’été. C’est dans ce décor que s’animent les souvenirs. L’auteur-compositeur se plonge tantôt dans l’oisiveté enfantine, avec Reptile, tantôt dans les premiers émois amoureux, sur Une île.

Au-delà de la douce nostalgie qui parcourt le disque, il y est surtout question de métamorphose. Lou Leon raconte le passage à l’adolescence, puis à l’âge adulte, et les bouleversements qu’il entraîne. Le fait de grandir, de changer, tout en gardant au fond de soi celui qu’on a été. Et s’autoriser à le laisser remonter à la surface de temps en temps : « Tout est en dedans, puis jaillit comme ça », chante-t-il dans L’Essor.

C’est bien cela que représentent l’eau qui s’écoule et le soleil qui brûle. « Brûle brûle, brûle le soleil, brûle ma peau / Je me mue et m’émerveille à nouveau », répète-t-il à la fin de Reptile. À l’image d’un serpent, que le temps débarrasse de ses écailles, ou d’un oiseau qui perd ses plumes, on sème des bouts de soi, sans jamais se perdre complètement.

Au fond, Le Fleuve nous parle de cycles. Le cycle éternel de la vie, représenté par Ouroboros, symbole d’un serpent qui se mord la queue. Le cycle de l’eau bien sûr, des jours et des saisons. Si le thème est vaste, Lou Leon l’aborde avec poésie et vulnérabilité – certainement inspiré par son retour récent dans la ville qui l’a vu grandir. 

Un son vivant, sans artifice

L’introspection passe autant par les textes que par la musique, presqu’entièrement jouée par l’artiste lui-même. L’EP, composé et enregistré entre son salon Nantais et un studio Lyonnais, est baigné de textures et de sonorités organiques. Pour obtenir ce son « vivant », le multi-instrumentiste s’est accompagné de Théo Das Neves, du studio Sample and Hold. À l’aide d’anciens magnétos, de cassettes ralenties et de vieux micros, ils ont donné une teinte analogique aux cinq morceaux. Résultat : des arrangements épurés, sans artifice, mais étonnamment riches, pour peu qu’on y prête une oreille attentive.

La guitare est au centre du projet. Lou Leon lui consacre d’ailleurs un morceau instrumental, Past Lives, à mi-chemin. La voix, naturelle, porte joliment ce récit intime. Ajoutez à cela des touches discrètes de synthé et quelques chœurs, et vous dérivez tranquillement sur Le Fleuve

Vous connaissez peut-être l’adage qui dit qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. De la même manière, chaque plongée dans cet EP vous fera découvrir les subtilités qui se cachent derrière une simplicité apparente. C’est la beauté de la folk, et de la musique de Lou Leon, dont on a hâte de découvrir les projets à venir. 

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