California Calling, l’album solaire de Møme et Ricky Ducati

Entre nostalgie assumée et émotion à fleur de peau, Møme et Ricky Ducati signent un album lumineux qui prolonge l’esthétique rétro de Flashback FM, dans un voyage suspendu entre les années 80 et aujourd’hui.

Il y a des albums qui s’écoutent comme on feuillette un vieil album photo, et d’autres qui ressemblent plutôt à une cassette retrouvée dans la boîte à gants d’une voiture lancée sur la Pacific Coast Highway. Le nouvel album de Møme et Ricky Ducati appartient clairement à la seconde catégorie. Un disque lumineux, rétro, profondément émotionnel, qui prolonge l’univers de Flashback FM tout en l’amenant ailleurs : vers quelque chose de plus intime, plus fragile aussi.

Dès Do You Know Me, le décor est planté. Jeux de voix, nappes de synthés planantes, reverb généreuse : on entre dans un monde où les années 80 sont un langage. Ce morceau parle d’un amour vécu sans le poids du passé, avec cette idée simple et belle de se donner entièrement à l’autre, quitte à se rendre vulnérable. Le morceau est entraînant, presque euphorique, comme un générique d’ouverture qui nous inviterait à suspendre le temps.

Cette nostalgie douce s’épaissit avec Burnin’, morceau charnière où la joie commence à se fissurer. Toujours ces synthés vintages, toujours cette voix qui épouse parfaitement les textures électroniques, mais le propos change : on sent qu’une relation touche à sa fin. Les souvenirs heureux remontent, brûlants, et les envolées électroniques finales viennent amplifier ce sentiment de manque, comme une dernière danse avant de se dire adieu.

Avec All Night, l’album se fait plus contemporain dans ses basses étouffées, sans jamais renier son ADN rétro. La voix, traînante et lumineuse, semble nous envelopper, presque nous bercer. On flotte, hors du temps, dans un morceau qui agit comme une parenthèse nocturne, quelque part entre club introspectif et rêverie solitaire.

Après cela, In Your Arms est sans doute l’un des titres les plus solaires du disque. La French Touch y est palpable, mais parfaitement intégrée à cette esthétique 80s que les deux compères maitrisent désormais à la perfection. C’est une véritable déclaration d’amour, portée par des boucles de synthés qui s’étirent en fin de morceau, comme pour ne jamais quitter cette étreinte musicale.

Le court Home, agit comme un refuge. Synthés en avant, voix douce, presque murmurée : on y parle du réconfort du foyer, de cet endroit où l’on peut enfin souffler. Un interlude précieux, minimaliste, qui renforce la dimension émotionnelle de l’album. Puis vient Blue Summer, explosion de lumière et d’évasion. Impossible de ne pas imaginer un été californien, fenêtres ouvertes, soleil rasant sur l’asphalte. La guitare sur le drop apporte une texture supplémentaire et donne au morceau une ampleur presque cinématographique. C’est l’un des pics émotionnels du disque, celui où la nostalgie se transforme en pur sentiment de liberté.

Don’t Forget Yourself remet le corps en mouvement. Morceau dansant, entraînant, mais au propos lucide : parfois, une rupture est nécessaire pour ne pas se perdre soi-même. On y trouve un équilibre subtil entre énergie dansante et introspection, rappelant que la danse peut aussi être un acte de survie.

Avec VCO, instrumental en montée progressive, les ponts se tissent avec l’univers de Panorama, premier album de Møme. Synthés, guitares, drop efficace : le morceau évolue lentement avant de nous embarquer, mêlant touches rétro et pulsations électroniques plus modernes.

Déjà dévoilé en amont du projet, Paranoia agit comme une capsule temporelle. Les sonorités montent graduellement, guidées par cette voix toujours aussi lumineuse, jusqu’à un drop qui donne l’étrange sensation de voir les années défiler sous nos yeux. Un morceau suspendu, presque hypnotique.

Enfin, Way I Move vient clore l’album sans chercher l’explosion finale. Calme, épuré, sans véritable drop, le morceau laisse les sonorités électroniques et les effets de voix suivre le fil du chant. Une conclusion pleine de promesses, ouverte, comme si l’histoire n’était pas tout à fait terminée.

Ce nouvel album de Møme et Ricky Ducati est une réussite : un disque lumineux et nostalgique, qui parle d’amour, de perte et de reconstruction. Un voyage rétro, sensible et sincère, qui confirme la capacité du duo à transformer les souvenirs en matière vivante, vibrante, et profondément actuelle.

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