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Dead Poet Society : «Nous tenions à préserver notre univers sombre et étrange »


Avec Monarch, leur troisième album sorti le 2 octobre, Dead Poet Society ne demande pas la permission : le groupe revendique son propre royaume. Entre vulnérabilité et défiance, le quatuor y pousse plus loin que jamais les tensions qui font son identité. Rencontre avec Jack Underkofler, voix et guitariste d’un groupe qui cultive la mélodie comme l’obscur.


ENGLISH VERSION DOWN BELOW


La Face B : Tout d’abord, comment ça va depuis la sortie de l’album ?

Jack : Trop bien. Ouais, je vais super bien ! J'ai une répétition à laquelle je dois me rendre juste après l’entretien. Donc ça va super. (Rires)

La Face B : As-tu attendu avec impatience des retours des auditeurs ?

Jack : Nous adorons nos fans, mais nous ne faisons pas de la musique pour eux. Nous faisons de la musique pour nous-mêmes, avec notre propre son et nos fans nous aiment pour cette raison.

La Face B : En parlant de rester fidèle à votre son, parlons de la confection de l’album. Paul Meaney était derrière la production. Comment le fait de travailler avec lui a-t-il changé votre approche en tant que groupe ?

Jack : Travailler avec Paul Meaney, ça nous a aidés dans le sens où c'était agréable d'avoir quelqu'un qui voulait que nous restions ce que nous étions. Il ne voulait pas que nous soyons autre chose que nous-même, nous tenions à préserver notre univers sombre et étrange. Il est génial pour faire ça. C'est une personne qui pense de manière très profonde. Il s'exprime superbement bien et il est très réfléchi dans sa manière de communiquer. C'était tout simplement génial de pouvoir travailler avec quelqu'un qui était si déterminé à ce que tu restes toi-même.

La Face B : Paul est membre de Mutemath, un groupe qui mêle rock et musique électronique. Vous aviez déjà des influences électroniques dans votre musique, mais est-ce que travailler avec lui vous a donné envie d’explorer davantage cette facette de votre son ?

Jack : Peut-être passivement, pas de manière proactive. Mutemath est un super groupe, mais je n'étais pas un fan inconditionnel ou quoi que ce soit, rien contre eux, c’est juste que je n’avais pas vraiment écouté avant de commencer à travailler avec lui. Mais drôle de coïncidence car le goût pour la création chez Mutemath semble vraiment bien s'accorder avec notre façon d'écrire et de considérer la musique. Je pense que notre entente a dû amplifier ce son électronique.

La Face B : Y a-t-il une chanson à laquelle vous avez presque renoncé ou qui a pris beaucoup plus de temps que les autres à être finalisée ?

Jack : Je dirais Psalm 136.

La Face B : Pourquoi ça ?

Jack : Il y a eu beaucoup d’itérations, d’arrangements différents, de versions assez contrastées pour amener cette chanson là où elle devait être. C’était vraiment une chanson très importante pour moi. J’ai été très clair quand je sentais qu’on n’était pas encore au bon endroit. Il a donc fallu continuer à travailler dessus jusqu’à ce qu’on trouve la bonne direction.

La Face B : Tu as mentionné que cette chanson joue avec les contrastes, et je pense que c'est quelque chose que l'on peut entendre tout au long de l'album. Cette tension a toujours été une grande partie de votre son. Vouliez-vous pousser ces contrastes encore plus loin sur cet album ?

Jack : Oui ! Je pense que, d’une manière générale, nous avons cherché à aller le plus loin possible dans la finesse et la profondeur de nos sons, en nous inspirant de nos émotions, de nos expériences personnelles et des événements de nos vies. Nous voulions capturer tout ce qui nous donnait des frissons et nous faisait vibrer.

La Face B : Sur chaque morceau, il y a un instrument qui semble avoir son moment. Est-ce une règle consciente lorsque vous écrivez ? Donner de l'espace à chaque musicien ? 

Jack : Nous n'essayons d'impressionner personne, je pense que les musiciens qui essaient d'impressionner les gens sont vraiment idiots et pathétiques. Je me fiche que quelqu'un pense que je suis le pire chanteur ou guitariste de la terre. Ce n'est pas ce qui fait de la bonne musique. Je pense que c'est simplement ce qui ressort naturellement à différents endroits. Je pense que la basse était vraiment un instrument clé dans cet album. Jack et moi avons écrit quelques riffs de basse, tout comme Dylan, ce qui a défini le son de tous les morceaux.

La face B : Comment commence généralement une chanson pour vous ?

Jack : C’est généralement une ambiance qui lance tout. Nous allons simplement poser un rythme avec un riff ou quelques accords et ensuite, si quelque chose nous fait dire « oh, merde, ça c’est cool! », nous essayons de créer une mélodie en chantant dessus. Généralement, c'est vraiment difficile de chanter par-dessus, donc ça force à créer des mélodies uniques.

La face B : un travail d’équipe et d’orfèvre finalement. 

Jack : Oui, exactement.

La Face B : Tu es parti vivre à Los Angeles depuis un bon moment maintenant. Monarch s'ouvre avec Hollywood on Fire.  As-tu trouvé ce que tu es venu chercher ?

Jack : Je ne sais pas si Los Angeles est un endroit pour moi. En fait, je peux te dire avec certitude que ce n'est pas le cas. (Rires). Hollywood on Fire ne parlait directement de mon appréciation ou mon aversion pour Los Angeles mais je dirais juste que Los Angeles a l'ambiance d'un parking d’un 7- eleven. C’est toute l'ambiance de L.A. qui m’ennuie. C'est drôle de voir des gens et des touristes du monde entier visiter cet endroit et être universellement confus et tristes du fait qu'ils ont dépensé de l'argent dans un billet d'avion pour atterrir ici. Et peut-être que cela a trouvé son chemin de manière inconsciente dans Hollywood on Fire.

La Face B : Boston te manque ?

Jack : Tout le temps. 

La Face B : Muse a récemment annoncé que vous les rejoigniez pour leur tournée Européenne. Vous avez dit en entrevue que Muse était un groupe qui vous avait façonné et influencé. Comment avez-vous réagi en apprenant que vous alliez partager la même scène ?

Jack : C’était l'expérience la plus surréaliste que j'ai jamais vécue dans ma vie. Qu'on nous apprenne que nous allions ouvrir pour Muse, c’est fou. C’est l'un de mes groupes préférés de tous les temps.

Pendant mes études, il y avait cette vidéo live qu'ils avaient enregistrés au Rome Olympic Stadium quand l'album Second Law est sorti, je l'ai regardé un nombre incalculable de fois, du début à la fin. Je rêvais de savoir ce que ça faisait d'être sur cette scène pendant qu'ils jouaient. Le fait que nous puissions le faire dans la vraie vie maintenant, ça me donne un peu envie de vomir. Mais en même temps, c'est très excitant.

La face B : c’est vrai que Matt Bellamy t'a vraiment influencé dans ta façon de chanter.

Jack  : Oh oui ! Bien évidemment. Je veux dire, tous les artistes ont de nombreuses influences. Mais je pense que, quand tu cherches à définir ton propre univers, tu dois aussi te rappeler que tu admires ces artistes, mais que tu n’es pas eux et que tu n’as pas forcément envie de leur ressembler. Cela dit, on est tous le fruit de nos influences, et il en fait clairement partie. 

La face B : Que veux-tu que quelqu'un ressente lorsque la dernière note de Monarch s'estompe ?

Jack : Je veux que les gens sentent qu’ils ne sont pas seuls, qu’il y a quelqu’un qui comprend ce qu’ils ressentent, et que la colère qu’ils éprouvent parfois est légitime. C’est normal de traverser ce genre de moments.


ENGLISH VERSION


La Face B : So first thing first, how are you doing since the release of your album?

Jack : Doing awesome. Yeah, I'm doing great ! I have a rehearsal to get to just after the interview. So like I said, I'm doing awesome. (Laughs)

La Face B : Did you wait for feedbacks from listeners ?

Jack : No, I mean, we love our fans, but we don't make music for them. We make music for ourselves And our fans like us for that reason.

La Face B : Speaking of staying true to your sound, let's talk about the making of the album. Paul Meaney was behind the production. How did working with him change the way you approached things as a band?

Jack : Working with Paul Meaney, It helped us in the fact that it was nice having somebody there that wanted us to be what we were. Didn't want us to be anything but the weird dark band that we are. He's awesome at doing that. He's a very deep thinker. He's very well spoken, and he's very calculated in his own approach to communicating. And it was just an awesome thing to be able to work with somebody who was so determined for you to be you.

La Face B: Coming from Mutemath, a band that blends rock with electronic sounds, did Paul influence you to explore the electronic side of your music further? You already had some electronic influences, but did working with him push you to take them even further?

Jack : Maybe passively, not preemptively. You know, Mutemath is a great band, but I wasn't an avid fan or anything. Nothing against them. It's just I didn't really listen to him before we started working with him.

But funny enough, it was his taste in creation from Mutemath seems to have worked really well with how we write and pursue music. And so I think that his natural taste amplified our sound.

La Face B : Is there maybe a song that you almost gave up or that took way longer than the others to get it right in the album?

Jack : I would say Psalm 136.

La Face B : Why is that?

Jack : It has so many different iterations and arrangements, it’s very contrasting, and versions to get that song to where it was, and it was just a really important song to me. I was very vocal when I thought it wasn't in the right spot. And so we had to keep working on it. 

La Face B: You mentioned that this song has a lot of contrasts, and I think that’s something you can hear throughout the whole album. There’s this constant back and forth between power and melody, vulnerability and defiance. That tension has always been a big part of your sound. Did you want to push those contrasts even further on this album?

Jack : Yeah ! I think in general, we just tried to go as refined and deep as possible in all of our sounds and the way we felt about events happening in our lives or personal experiences and what gave us the chills. What sounds made us move.

La Face B : On every track, I think there is an instrument that seems to get its moments in front. Is that a conscious rule when you write? Giving every musician space ? 

Jack : You know, it isn't like a showcase of talent when we write. We’re not trying to impress anybody, I think musicians trying to impress people is so dumb and lame. I don't care if somebody thinks I'm the worst singer or guitar player on earth. That isn't what makes good music. I think that it's just naturally what shines through in different spots. I think bass was really important part instrument or key instrument in this album. You know, I wrote a few bass lines or bass riffs. Jack and I kind of wrote a couple bass riffs in this album so did Dylan that kind of defined the sound.

La face B : How does a song usually start for you?

Jack : It is usually a vibe that starts everything off. We'll just lay down a beat with a riff or some chords and then if something makes us go, « oh, shit ! » then we'll try toplining something just like, hey, try singing over that and I'll try singing over it. And usually it's really hard to sing over, so it forces kind of like unique melodies out.

La face B : a team effort of meticulous craftsmanship. 

Jack : Yeah,exactly.

La Face B : You moved to Los Angeles for quite some time now. Monarch opens with We Set Hollywood on Fire. Did you find what you came here for? Or did the city burned you too ? Did you find your place there, you know?

Jack : I don't know if LA is a place for me. In fact, I can tell you with certainty that it is not. (Laughs). Hollywood on Fire didn't have to do with my liking or disliking of LA. But I would just say, like, LA has the vibe of a 7- eleven parking lot. (Laughs)

That is, that is the entire vibe of LA. It is funny watching people, like tourists from all over the world come to this place and be universally confused and sad about the fact that they spent money on a plane ticket here. And maybe it subconsciously found its way into Hollywood on Fire. And that's where I wrote about it like that.

La Face B : So you, you do miss Boston ?

Jack : All the time. 

La Face B : Muse recently announced that you were joining them for the Europa tour. You said in an interview that Muse was a band that shaped you and that influenced you. What was it like to find out that you'll be sharing the same stage with this band?

Jack : It was the most surreal experience I think I've ever had in my entire life. Being told that we were opening for Muse, they’re one of my favorite bands all time.

Like, throughout college, there was this live video they had at the Rome Olympic Stadium when the Second Law album came out and I have watched that live video at uncountable amount of times from front to back.

It was just all I ever dreamed about was like, what it was like to just be on that stage while they were playing. The fact that we get to do it in real life now it kind of makes me want to throw up. But like, at the same time, it's very exciting.

Matt Bellamy really influenced you on your way of singing. 

Jack : Oh, yeah ! I mean, There's many influences that you have, but I think one of the pursuits of defining your own thing is that you have to tell yourself, you know, you love those artists, but you are not them and you should not sound like them. But I think that no matter what, you are a culmination of your influences and he's definitely one of them.

La face B : What do you want someone to feel when the last note of Monarch fades out?

Jack : I want someone to feel that they have someone out there that understands the way they feel and that whatever they feel anger wise in their life is justified. And it's okay to feel those times.


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