ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Les parisiens de Dewey s’apprêtent à dévoiler leur album Summer on a Curb chez Howlin Banana Records. À cette occasion, ils dressent les contours de leurs influences musicales.

Momma – Speeding 72
Matthieu : C’est Alex le leader de Hoorsees (et nouvellement A.Gris) qui m’a fait découvrir ce morceau à sa sortie. Honnêtement ça faisait longtemps que j’avais pas pris de claque à ce moment-là. Je suis pas un super gros digger mais j’ai un entourage qui l’est beaucoup et ça facilite vachement la tâche à un gros flemmard comme moi. Je me souviens que j’étais bloqué sur Snail Mail à ce moment-là, notamment sur le morceau Pristine et c’était un peu les inspis des premières maquettes à l’époque.
En découvrant ce morceau et la vibe que ça dégageait, j’avoue que j’ai eu envie d’aller chercher de ce coté là au moment de l’écriture. Il y a beaucoup de citations à des morceaux que j’écoutais quand j’étais ados dans ce morceau : Avril Lavigne, Yuck, Smashing Pumpkins, etc.. En plus les deux leadeuses ont un charisme de ouf. On se croirait sur MTV à 10h du mat’ en 2003.
Hotline TNT – BMX
Thomas : C’est aussi Alex (le même Alex, merci à lui) qui m’a fait découvrir ce groupe dans la voiture quand on était en tournée. J’étais un peu blasé en me disant que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas pris une claque musicale et il me sort ce groupe de son chapeau. J’ai par la suite écouté très obsessivement l’album Cartwheel et ce titre est sorti du lot (parmi d’autres), il m’a ramené à des souvenirs musicaux très prog metal avec sa production numérique et ses accordages barytons
The war on drugs – An ocean in between the waves
Lucas : J’ai découvert The war on drugs grâce à ce morceau, le premier issu d’une session live KEXP. J’avais l’habitude de faire mon ménage chez moi sur fond de sessions live, moitié efficace moitié déconcentré. Quand cette session s’est lancée au hasard je suis tout simplement resté scotché.. Impossible de me défaire de ce tone, cette énergie, que j’ai instantanément retrouvé dans la version de l’album. Le jeu de Dave Hartley à la basse m’a énormément inspiré pour trouver mon identité de bassiste dans l’univers de la pop. Gros coup de coeur !
Glom – Matches
David : Alors moi ce n’est pas Alex de Hoorsees qui m’a fait découvrir ce morceau, mais je l’embrasse quand même 😂. Probablement découvert parmi mes heures et mes jours d’écoutes à gogo sur les plateformes à la recherche de nouvelles pépites, Sean Dunnevant, de son vrai nom, nous sort pépite sur pépite avec des textures et sonorités qui me rappellent facilement mes groupes préférés des années 90, comme un Feel the Pain de Dinosaur Jr. avec une prod bien actuelle et un solo un peu foutraque.

Slow Pulp – At It Again
Matthieu : Pour le coup ça doit être ma copine qui m’a fait découvrir ce groupe. À peu prêt au même moment où j’ai découvert Momma en 2022 je pense. Vu plusieurs fois en concert, disco poncée en long, en large et en travers. Il n’y a rien à jeter. C’est aussi une grosse inspiration en termes de songwriting.
La leadeuse, Emily Massey, est la force tranquille incarnée, les mélodies sont simples et incroyables à la fois. Je pense que je peux chanter le refrain de ce morceau en boucle pendant une heure sans m’arrêter. Après j’ai mis celui-là, mais ça aurait pu être Slugs, At it Again, etc…
Full Body 2 – Wonder limit
Thomas : Une découverte très récente pour moi, je suis complètement obsédé par ce groupe. Je compose ma propre musique à côté depuis quelques années et j’ai été très surpris de découvrir beaucoup de points communs entre certains de mes morceaux et la musique de ce groupe de Philadelphie. Une sorte de shoegaze numérique 2.0 avec un noyau de production électronique IDM. Vraiment fascinant. Pour rapprocher cette influence de Dewey, je dirais que ce groupe m’apporte de l’inspiration sur les choix d’arrangement et de sonorités pour le live.
Noel Gallagher’s High Flying Birds – If I Had A Gun…
Lucas : Ce morceau pour moi c’est tout ce que j’aime de l’univers de Noel Gallagher : une balade britpop inspirante et terriblement entêtante… Ne m’étant jamais trop penché sur l’univers d’Oasis, je me suis par contre très tôt intéressé aux carrières solo des deux frères; je retrouve dans ce morceau tout le meilleur de sa production musicale. Je pourrai en citer plein d’autres de l’album, ou d’autres, mais celle-ci m’inspire vraiment. Encore une fois, le tone de Russell Pritchard à la basse sur tous les albums des High Flying Birds est très inspirant.
Teethe – Holy Water
David : Pour continuer dans la lignée de Slow Pulp ou Momma, ma belle découverte de 2025 cet album des Texans de Teethe, groupe de Slowcore Lo-fi, avec la participation d’un casting digne d’un all star game, avec Xandy Chelmis de Wednesday ou encore Charlie Martin de Hovvdy. Ici, tout semble enregistré et mixé à la maison, et on y prône une certaine lenteur mélancolique avec des rythmes répétitifs, des mélodies minimalistes, et des voix plus plus chuchotées que chantées.