Avec la sortie de son nouveau projet BASSCULTURE vol. 1, DJ Pone livre un condensé d’énergie brute. Un format court, dense, qui rappelle que le DJing est d’abord une affaire de sensation.

Il y a, dans certaines sorties, quelque chose qui dépasse la simple addition de morceaux. Avec DJ Pone et BASSCULTURE vol. 1, on ne parle pas d’un projet pensé pour cocher des cases ou alimenter des playlists. C’est d’un format court, dense, presque frontal. Dix séquences en un peu plus de 18 minutes, agencées comme un set condensé. Ici, le studio devient cabine DJ, et chaque transition rappelle que l’essence du projet réside dans le mix, dans la circulation des énergies plus que dans la démonstration technique.
Dès Level 1, les basses prennent leur temps. Elles gonflent, s’épaississent, saturent progressivement l’espace sonore jusqu’à créer une tension presque physique. Une voix vient alors s’immiscer, non pas pour couper l’élan mais pour l’orienter. La bascule vers Piano 90 se fait en douceur : la basse demeure, mais elle se pare d’un piano lumineux et l’atmosphère s’ouvre. Les textures se superposent avec finesse, jouant sur la profondeur. Les fréquences graves ancrent le corps, tandis que les notes plus claires élèvent l’ensemble. Si l’on ferme les yeux, on a cette sensation de déplacement continu, comme si le sol avançait sous nos pieds.
La transition opérée par Chroma agit comme un sas. Des nappes tournoyantes installent une forme d’hypnose avant que le rythme ne reprenne de la consistance avec Roza qui prolonge ce flottement initial. Le morceau semble d’abord suspendu, presque immobile. Les sonorités électroniques montent par paliers, laissant place à un moment de contemplation. L’arrivée de voix hispaniques élargit la palette et apporte une couleur inattendue au projet. Dans le mix, les jeux de rythmes créent un sentiment d’instantanéité, comme si tout se décidait à la seconde, sous nos oreilles.
Avec Moogs et Santana, le projet change de densité. Les basses deviennent plus lourdes, plus sombres, presque abrasives. Les voix, retravaillées, surgissent et disparaissent, nous forçant à rester en alerte. On ne sait plus où donner de la tête. Puis le rythme s’accélère franchement : sur Santana, il y a cette pulsation qui entraîne immédiatement le corps. Une voix nous pousse à bouger, et l’emballement progressif installe une forme d’urgence. Les basses frappent de façon nette, comme pour rappeler que la danse restera toujours le point de convergence.
La Pau nous permet de reprendre notre respiration. Les cordes donnent de la profondeur, presque une dimension cinématographique. Les voix, plus légères, apportent une clarté bienvenue. On retrouve une lumière diffuse, un équilibre entre tension et apaisement. Mais l’accalmie est de courte durée : Dirty Soap remet la pression. Les basses sont massives, les nappes plus claires viennent les contraster, et le traitement des voix maintient un suspense constant. Quand le rythme surgit pleinement, il traverse littéralement le corps. L’immobilité devient impossible.
Continuityjoue le rôle de passerelle finale. Les synthés forment une boucle insistante, comme une spirale qui attire vers le dernier acte. On sent que tout converge vers un point précis.
Et enfin, Bass Culture. Explosion de sonorités. Tout s’entrechoque, tout s’assemble. Ce morceau rappelle à quel point DJ Pone maîtrise l’art du mix. Chaque transition, chaque texture, chaque rupture est pensée. C’est une démonstration qui sonne comme une promesse.
BASSCULTURE vol. 1 ressemble à une déclaration d’intention. Un retour aux fondamentaux. À cette culture du son, du scratch, du collage et du mouvement permanent. Plus qu’une simple mixtape, c’est un rappel : le DJing est un art. Et entre les mains de DJ Pone, il reste un terrain d’exploration infini et tout semble encore à découvrir.
Ecouter BASSCULTURE vol.1 :