Coup de projecteur sur APR1l. Longtemps resté très discret sur ses compositions, ce jeune auteur-compositeur-producteur les laissait dériver comme des bouteilles à la mer, à destination des âmes vagabondes croisées sur les plateformes de streaming. Aujourd’hui, il franchit un cap : pour la première fois, APR1L se met en image à travers le clip de son nouveau single, que nous vous dévoilons en exclusivité.

Son premier titre, New Year, New Me, faisait déjà figure de mantra pour une nouvelle vie, dès sa sortie en 2019. Depuis, après plusieurs EP et singles sortis dans une relative confidentialité, APR1L a continué de partager des créations oscillantes entre ballades acoustiques et pop accrocheuse, rappelant les premières aspérités de A.G. Cook ou la sensibilité introspective de Bon Iver. À leur image, il s’est longtemps enfermé dans sa bulle, peaufinant ses textes tout en affinant ses techniques de production.
Porté par l’essor de l’hyperpop, récemment consacrée par le succès de brat de Charli XCX, APR1l pousse désormais ses esthétiques musicales plus loin, plus fort, et affirme une identité artistique en pleine mue. Premier coup de force : la sortie de DIVA, véritable déferlante de folie furieuse qui tranche radicalement avec ses précédentes productions, portée par un refrain à la fois bruitiste et irrésistiblement dansant.
Le second temps fort s’est joué sur scène le 17 janvier dernier, lors de sa prestation au Chinois, à Montreuil, organisée par le nouveau collectif Bruits Rouges, initié par Paul Parking de The Psychotic Monks. Vêtu d’un crop-top Branleur Forever, clin d’œil assumé au titre de Marek Zerba, et d’une jupe d’écolière, APR1L débarquait entourer de sa bande de musiciens. qui donnaient plus d’ampleur et de puissance à ses compositions. Son show a marqué les esprits, tant par sa prestance que par la puissance de ses morceaux, fusionnant hyperpop, rock et rap avec une liberté réjouissante.
Aujourd’hui, place au troisième temps fort. Avec Ketamine Jane, APR1L nous embarque dans une course à l’adrénaline. D’un format court, comme lui seul en a le secret, le morceau capte l’attention dès les premières mesures pour foncer droit vers un refrain à impact immédiat. Jane y est décrite comme une personnification de son énergie et de son état d’esprit : toujours en avance, toujours en fuite. On la croise partout, dans toutes les soirées, sans jamais parvenir à vraiment la saisir. Le corps avance, mais l’esprit glisse ailleurs.
La chanson épouse ce rythme effréné : rapide, chaotique et nerveuse. Dans le clip associé, APR1L court sans but précis dans les rues du 19ᵉ arrondissement, métaphore évidente de cette agitation permanente. Porté par l’urgence de la fête, il s’engouffre dans le brouillard nocturne à la recherche de l’étincelle qui viendra pimenter son ivresse de noctambule. Le clip laisse aussi entrevoir une parenthèse de son concert au Chinois, accentuant cette impression de coupure et de vie menée à cent à l’heure.
Musicalement, Ketamine Jane se définit comme une pop survitaminée et déviante. Le refrain accroche immédiatement l’oreille : « Jane’s never stopping for anybody in this joint », porté par des couplets presque rappés, assumant saturation et tension. Le morceau transforme la fête en mouvement perpétuel, dans un état paradoxal, inconfortablement plaisant. On est happé par cette énergie euphorique et instable, avec une seule envie : suivre Jane, sans jamais s’arrêter.
Avec la dizaine de titres dévoilés au Chinois, une chose est sûre : APR1L ne compte pas lever le pied. D’autres sorties sont déjà prévues cette année. Stay tuned.