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Francofolies de La Rochelle : nos 8 concerts préférés de l'édition 2026

Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
© Manon Le Nalbaut

Du 11 au 14 juillet, les Francofolies de La Rochelle ont une nouvelle fois fait vibrer la ville au rythme d’une programmation aussi éclectique que singulière. Pendant quatre jours, nous avons découvert des artistes capables de nous faire danser, réfléchir, voyager ou simplement nous émouvoir, de l’énergie débordante de Piche à la poésie de Gaël Faye, en passant par l’univers hypnotique de Superpoze ou le retour électrique de Skip The Use. Des concerts, des rencontres et une multitude de moments suspendus qui ont marqué cette édition. Retour sur nos 8 concerts préférés des Francofolies 2026.

Yael Naim - Samedi 11 juillet 

Yael Naim nous a conviés au Théâtre Verdière pour nous faire découvrir un univers aussi singulier que merveilleux. Derrière la douceur de sa voix se cache un ambitus d'une étonnante ampleur, qui nous a littéralement coupé le souffle.

Son énergie et sa bienveillance semblaient presque palpables, et c'est aussi ce qui fait d'elle une artiste inoubliable. Au-delà de son talent indéniable, elle possède cette rare capacité à toucher son public avec une humilité et une sincérité qui transcendent la simple performance.

 Elle ne se contente pas de faire rire ou d'émouvoir : elle invite aussi à la réflexion. À travers ses titres, elle nous pousse à nous interroger sur des questions essentielles que nous avons parfois tendance à oublier, comme notre manière d'agir concrètement pour préserver la planète.

À travers une scénographie aussi épurée que sublime Yael Naim nous a transporté dans sa tête l’espace d’une petite heure. Et on a bien envie d’y rester encore un peu plus longtemps. 

Nous avons passé un moment hors du temps en sa compagnie aux Francofolies. Et on ne peut dire qu’une seule chose, Yael Naim a une aura qui dépasse l’entendement et qui ne pourra faire autre chose que de vous donner le sourire. Vous quittez son concert en fredonnant la mélodie qui vous aura le plus touché. Et une chose est sûre : il y en aura forcément une. Alors merci Yael et merci les Francofolies 

Superpoze - Dimanche 12 juillet

S’il y avait bien un concert à ne pas louper cette année, c’était celui de Superpoze. Au Théâtre Verdière, il nous a offert un concert d’une beauté à couper le souffle, construit autour de synthèse modulaires et d’une impressionnante maîtrise technique. Pas de voix pour nous guider, seulement des textures, des pulsations et des mélodies qui évoluent en permanence sous nos yeux et dans nos oreilles.

Et cette fois, le producteur caennais n’était pas seul. Il était accompagné d’un pianiste et d’un batteur, pour une formule en trio particulièrement rare en tournée. Une configuration qui donne une tout autre dimension à ses compositions : les machines dialoguent avec les instruments, les sons se répondent et l’improvisation semble pouvoir surgir à chaque instant.

Observer Superpoze manipuler ses machines est presque aussi fascinant que la musique qui en sort. Chaque geste est précis, calculé, et chaque réglage participe à la construction du morceau. Les nappes électroniques se transforment progressivement, gagnent en intensité, puis retombent pour laisser place à de nouvelles textures. On ne sait plus vraiment ou s’arrête la machine et où commence l’humain.

Le batteur apporte une énergie physique qui vient contrebalancer la précision des machines, tandis que le piano apporte une dimension plus sensible et mélodique à l’ensemble. Le trio fonctionne comme un véritable organisme vivant, capable de passer d’instants contemplatifs à des montées beaucoup plus puissantes.

Avec Superpoze, on ne vient finalement pas seulement écouter un concert. On assiste à une véritable performance, grâce à une véritable prouesse technique qui nous rappelle que la musique électronique peut aussi être humaine, spontanée et vivante que n’importe quelle autre.

Pendant un peu plus d’une heure, nous avons ainsi été transportés dans son univers sans paroles, mais où chaque son racontait une histoire. Une expérience aussi impressionnante qu’hypnotique, qui nous laisse finalement avec une seule envie : comprendre comment il fait.

Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle
Superpoze aux Francofolies de La Rochelle


Skip The Use - Dimanche 12 juillet

Il y a des groupes que l’on écoute, et puis il y a ceux qui nous ramènent instantanément quelques années en arrière. Skip The Use fait incontestablement partie de la deuxième catégorie. Après plusieurs années loin de la scène, le groupe lillois a fait son grand retour il a peu de temps, et il a bien envie de le faire savoir. Trois ans après Human Disorder, Mat Bastard et ses acolytes ont rallumé la mèche avec cette énergie brute qui nous avait tant manqué.

Dès les premières notes, les souvenirs remontent et les refrains reviennent naturellement. Il suffit parfois de quelques secondes pour réentendre une chanson que l’on n’avait pas écoutée depuis longtemps, mais dont on connaît encore chaque mot (comme Nameless World ou People in the Shadow). Skip The Use possède cette capacité rare à transformer la nostalgie en quelque chose de profondément vivant.

Mais ce retour n’a rien d’un simple hommage à ce que le groupe a été. Skip The Use revient avec l’envie de continuer à avancer, de faire du bruit et surtout de rassembler. Leur musique reste profondément physique : elle se ressent autant qu’elle s’écoute. Les corps bougent, les voix s’élèvent, et pendant quelques minutes, le concert devient une immense communion sur leur morceau Ghost, repopularisé via le remix de Mosimann.

Et puis il y a eu cette jolie surprise : le surfeur tahitien Matahi Drollet, rencontré par Mat lors de leur passage aux Francofolies de Tahiti, a été invité à les rejoindre sur scène. Un joli clin d’oeil qui résume finalement assez bien l’esprit des Francofolies : créer des rencontres improbables et faire voyager les histoires bien au-delà de la musique.

Après plusieurs années d’absence, retrouver Skip The Use sur scène avait donc quelque chose de particulier. Une dose de nostalgie, beaucoup d’énergie et surtout cette impression que certaines musiques ne vieillissent jamais. Elles attendent simplement qu’on les remette à fond et qu’on chante, encore une fois, tous ensemble.

Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle
Skip The Use aux Francofolies de La Rochelle


Gaël Faye - Dimanche 12 juillet 

C’est sur la Scène Foulquier que nous avons eu la chance de découvrir Gaël Faye. Connu à la fois pour sa prose d’une justesse désarmante. Nous avons eu le plaisir d’entendre ses mots s'harmoniser en live. Gaël Faye a fait chalouper beaucoup de corps en musique et a permis aux âmes en peine de se réconcilier avec les autres. C'est un artiste qui a le rare talent de mettre en poésie des vérités parfois difficiles à entendre, sans jamais leur faire perdre leur force.

Le public était totalement conquis et nous n’avons pas vu une seule personne quitter la scène Foulquier sans un sourire aux lèvres. Gaël Faye est de ces humains qui sont nécessaire aussi bien pour la culture que pour l’humanité. 

À travers ses chansons, il nous confronte à la dureté du monde, aux dérives de nos sociétés et aux logiques politiques ou économiques qui les nourrissent. Pourtant, jamais son propos ne sombre dans le cynisme. En effet, la poésie et la douceur de son écriture nous invitent à réfléchir sans nous accabler. On en ressort plus conscient, plus lucide, mais aussi, paradoxalement, plus heureux.

Gaël Faye aux Francofolies de La Rochelle
Gaël Faye aux Francofolies de La Rochelle
Gaël Faye aux Francofolies de La Rochelle
Gaël Faye aux Francofolies de La Rochelle
Gaël Faye aux Francofolies de La Rochelle


Piche - Lundi 13 juillet 

Piche a littéralement embrasé le Théâtre Verdière. Dans une salle où la diversité du public faisait autant de bien à voir que l’énergie qui s’en dégageait, elle a offert un spectacle à la hauteur de l’artiste complète qu’elle est.

Sa performance vocale n’a jamais été éclipsée par l’intensité du show. Entre les chorégraphies, les tableaux dansés et une énergie débordante, Piche a prouvé qu’elle était une artiste capable de tout donner sur scène sans jamais perdre son public. À ses côtés, les danseur·se·s ont livré une prestation tout aussi impressionnante, enchaînant les mouvements avec une énergie qui semblait inépuisable.

Le public était totalement conquis, au point de ne plus vouloir quitter la salle. Personne n’a réellement bougé avant que Piche ne nous invite elle-même à partir, preuve du lien créé avec son public en seulement 60 minutes. La standing-ovation qui a suivi était largement méritée.

Toutes les générations étaient réunies ce soir-là, témoignant de l’importance de voir davantage d’artistes de la communauté LGBTQIA+ occuper les scènes françaises et internationales. La représentation est essentielle, et Piche en est une preuve éclatante.

Voir une rappeuse qui fait du drag s’imposer sur une scène comme celle des Francofolies reste encore trop rare. Mais ce moment rappelle surtout que ces artistes ont toujours existé et qu’ils et elles méritent aujourd’hui d’être mis en lumière à leur juste valeur. Piche contribue à ouvrir cet espace avec une énergie et une sincérité qui donnent envie de voir encore plus d’artistes comme elle occuper ces scènes. En si peu de temps, Piche a réussi à imposer un univers qui lui appartient pleinement. Entre performance vocale, danse et humour, elle nous rappelle qu’une scène peut être un espace où tout devient possible. Et après un moment aussi marquant, une seule question reste en tête : jusqu’où ira-t-elle ?

Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle
Piche aux Francofolies de La Rochelle


Anne Paceo - Mardi 14 juillet 

Pour ce dernier jour des Francofolies, nous avons eu la chance de vivre un moment hors du temps en compagnie d’Anne Paceo au Théâtre Verdière.

Accompagnée de ses musicien·nes, elle nous a fait voyager à travers son album Atlantis. Dès les premières notes, nous avons plongé dans un univers où les mélodies, les textures sonores et les voix presque organiques semblaient dessiner un récit qui dépassait les mots.

Nous avons peu à peu quitté notre place de simples spectateurs pour devenir de véritables explorateurs de cet univers englouti. L’océan, si vaste et impressionnant, semblaient apparaître devant nos yeux, comme si nous pouvions sentir l’eau nous entourer et suivre le courant de chaque mélodie.

Rares sont les concerts qui donnent une telle impression de traverser un monde imaginaire tout en restant profondément ancrés dans l’émotion humaine.

Ce qui frappe également, c’est la cohésion qui unit les instrumentistes. Une véritable alchimie se dégage du groupe. En effet, chacun suit une même direction artistique tout en conservant un espace d’expression qui lui est propre.

L’improvisation trouve naturellement sa place au cœur des compositions, permettant à chaque musicien·ne de s’exprimer pleinement sans jamais rompre l’équilibre de l’ensemble. C’est précisément cette liberté maîtrisée qui donne au concert toute sa richesse et sa profondeur.

Anne Paceo impressionne autant par sa maîtrise technique que par sa capacité à créer une véritable parenthèse suspendue. Une manière idéale de vivre cette dernière journée des Francofolies, avec un voyage musical porté par la découverte et la poésie.

Sam Sauvage - Mardi 14 juillet

Sam Sauvage fait partie de cette nouvelle génération de musiciens à l’énergie débordante. La preuve, il a fait mouche aux Francofolies, et pas des moindres. Dès les premières notes de Les gens qui dansent (j’adore), le public est embarqué dans une énergie brute, sincère et électrisante. Sam enchaine les morceaux et réussit un tour de force en emmenant avec lui le public, pourtant assez imperméable par moments.

Mais ce qui fait de lui un artiste marquant, c’est cette faculté à dire les choses sans détour, avec une honnête qui désarme et une véritable poésie. Il ne se contente pas de chanter, il raconte, expose, partage. À travers ses titres, il nous parle de cette génération qui cherche à tenir débout sans se mentir ou encore qui danse pour oublier. Pas bourré, J’suis pas bo ou encore Hypocrise témoignent de cette écriture à la fois légère en apparence et profondément humaine.

Puis il y a les morceaux plus intimes. Je ne t’aime plus, Un cri dans le métro ou Avis de tempête viennent apporter une autre profondeur au concert. Derrière l’énergie et l’humour se dévoile alors un artiste qui sait aussi parler des failles, des ruptures, de la solitude et de ces moments où tout semble un peu trop lourd. Pourtant, jamais la mélancolie ne prend complètement le dessus, même lorsqu’il aborde les sujets les plus sensibles, Sam garde cette lumière qui semble traverser toute sa musique.

Et c’est peut-être là que réside toute la force de son univers. Faire danser sur des histoires un peu bancales, rire de nos propres contradictions. Avec Garder le sourire, le message semble presque évident : il faut continuer, même quand le monde part un peu en vrille.

Sam Sauvage nous a ainsi offert un concert à son image : vivant, drôle, touchant et profondément sincère. Un moment où l’on passe du rire à l’émotion sans vraiment s’en rendre compte, porté par cette énergie communicative qui ne s’arrête jamais. Et lorsque les dernières notes de La fin du monde résonnent, on se dit finalement qu’il y a peut-être une chose que Sam Sauvage sait particulièrement bien faire : nous rappeler que même lorsque tout semble s’écrouler, il reste toujours une bonne raison de chanter, de danser et, surtout, de garder le sourire.

Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle
Sam Sauvage aux Francofolies de La Rochelle


Feu! Chatterton - Mardi 14 juillet

Pour clôturer cette dernière journée des Francofolies, nous avons eu la chance de retrouver Feu! Chatterton, et autant dire que le groupe n’est pas venu simplement jouer quelques morceaux. Dès les premières notes de Compagnons, une véritable parenthèse s’est ouverte. La voix d’Arthur Teboul nous embarque immédiatement, portée par des arrangements qui donnent aux mots une ampleur presque vertigineuse.

Avec Feu! Chatterton, on se laisse porter par leur univers poétique, qui nous transporte et nous font vivre beaucoup d’émotions à la fois. Ce Qu’On Devient ou encore L’Étranger nous plongent dans cette poésie si particulière du groupe, où l’on oscille constamment encore mélancolie, espoir et envie d’ailleurs. Les mots sont précis, parfois lourds de sens, mais la musique leur donne une légèreté qui permet de les recevoir pleinement.

Puis vient Monde Nouveau. Le public reprend les paroles, les voix s’entremêlent et ce qui semblait auparavant très intime devient soudainement une communion collective. C’est aussi ce qui fait la force du groupe : réussir à transformer des réflexions profondément personnelles en émotions que l’on partage à plusieurs.

Entre Mille Vagues (en hommage à leur manager décédé il y a quelques années), Libre et La Malinche, Feu! Chatterton nous a offert un voyage musical aussi puissant que sensible. Un concert où l’on prend le temps d’écouter les paroles, de se laisser porter par les mélodies et la foule, et, parfois, de simplement fermer les yeux.

Une belle manière de terminer ces Francofolies, avec cette sensation étrange d’avoir été ailleurs pendant quelques instants. Et si Feu! Chatterton nous a bien appris une chose ce soir-là, c’est qu’il suffit parfois de quelques mots, d’une voix et d’une mélodie pour regarder le monde autrement.

Feu! Chatterton aux Francofolies de La Rochelle
Feu! Chatterton aux Francofolies de La Rochelle
Feu! Chatterton aux Francofolies de La Rochelle
Feu! Chatterton aux Francofolies de La Rochelle
Feu! Chatterton aux Francofolies de La Rochelle


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