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Getdown Services : "On se sentait étrange et isolé à 5 ans, on ressent pareil à 31 ans"

Getdown Services est un groupe qui ne passe pas inaperçu. Le duo mancunien s'est illustré en 2023 par son excellent album Crips où le post-punk prend une tournure de folie. Depuis, il enchaine les dates dans de plus grandes salles. Nous avons pu les rencontrer à la Philharmonie de Paris fin juin quand ils jouaient en première partie des Babyshambles. Mais ils seront également en première partie de Harry Styles à Berlin, sans oublier un Elysée Montmarte le 26 mars 2027. En parallèle, le groupe continue sur sa lancée avec Massive Champions, leur excellent troisième album sortie le 14 août dernier. Au programme de cette interview : eau, reggae, cuisine française et Daft Punk.


ENGLISH VERSION BELOW

La Face B : Salut ! Comment allez-vous?

Josh Law : Ça va bien, merci.

Ben Sadler : Oui, très bien, merci.

La Face B : Vous avez enfin terminé votre longue tournée ?

Ben Sadler : Oui… pas vraiment. (rires)

Josh Law : On a terminé la tournée.. On a enchaîné les États-Unis, puis l'Australie, ensuite on a eu deux semaines de pause, et maintenant on est là.

Ben Sadler : La saison des festivals a commencé, donc on voyage un peu partout, on joue dans des festivals aux quatre coins du monde, y compris en France, mais pas seulement.

La Face B : Quel est votre meilleur souvenir de la tournée actuellement ?

Josh Law : Probablement la côte Ouest des États-Unis. Magnifique. Vraiment magnifique.

Ben Sadler : On est allés dans la ville où Twin Peaks a été tourné. C'était superbe. Toute la forêt autour était incroyable.

Josh Law : C'était très cool.

La Face B : C'était mieux que votre première tournée européenne et votre concert dans un bar à La Zad ?

Josh Law : C'était un peu mieux. Juste un peu.

Ben Sadler : La nourriture était moins bonne. À La Zad, ils nous ont fait un gratin de pommes de terre.

La Face B : Est-ce que cette époque vous manque, quand vous jouiez devant seulement quelques personnes ?

Josh Law : Oui. Les petites salles, c'est plus sympa, je trouve. C'est agréable de jouer dans un endroit où on peut voir tout le monde. C'est chouette. Mais les deux ont leur charme.

La Face B : Vous avez un rituel avant chaque concert ?

Josh Law : Pas vraiment.

Ben Sadler : Un rituel ?

Josh Law : Boire de l'eau. Ce n'est pas très rock'n'roll. (rires)

Ben Sadler : On se regarde dans les yeux, on se tient la tête et on se dit : « Je t'aime. »

La Face B : Vous vous connaissez depuis l'enfance et vous jouez de la musique ensemble depuis presque vingt ans. Pourquoi est-ce que vous pensez que le projet a vraiment décollé ?

Ben Sadler : Je pense qu'il y a beaucoup de groupes qui essaient d'être trop cool, d'avoir l'air sexy. Je ne trouve pas ça très intéressant, et je ne pense pas que les autres trouvent ça très intéressant non plus. Je pense que les gens ont envie d'être divertis, ils ont envie de passer un bon moment.

Josh Law : Regarder quatre mecs sur scène, ce n'est pas très divertissant. C'est aussi facile pour nous de partir en tournée parce qu'on est un petit groupe, donc on peut jouer énormément de concerts. On peut en faire plus que la plupart des groupes, plus facilement. Je pense que c'est une grande partie de la raison pour laquelle ça a décollé : on peut aller là où sont les gens. C'est un spectacle facile à emmener en tournée.

La Face B : Massive Champions, votre nouvel album, est une célébration de votre enfance et de la culture britannique. Pourquoi avoir eu envie de revenir sur ces souvenirs aujourd'hui ?

Josh Law : Je pense que c'est parce que notre situation a changé depuis le premier album. On est plus âgés. Le groupe nous a apporté une certaine réussite. Mais on ressent encore beaucoup des mêmes choses, des émotions négatives qu'on ressentait déjà avant. Ça pousse à réfléchir davantage, et quand on est dans cet état d'esprit, on finit forcément par penser à son enfance.

Ce n'était pas intentionnel de parler de notre enfance, c'est simplement un thème qui revenait sans arrêt. Pendant qu'on écrivait les chansons, ça revenait constamment. On était aux trois quarts de l'album, on s'est rendu compte qu'il parlait de l'enfance, et on a suivi cette idée jusqu'au bout. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais c'est simplement ce qui est sorti, pour être honnête.

La Face B : C'est comme votre chanson Cha Cha Slide. C'est l'histoire d'un enfant. Est-ce que c'était difficile de revenir à ces souvenirs d'enfance ?

Josh Law : Oui, d'une certaine manière, c'était difficile. On commence à repenser à ces sentiments de tristesse qu'on a portés toute sa vie. C'est assez étrange de se rendre compte qu'on n'a jamais vraiment cessé de ressentir ça. On se sentait étrange et isolé quand on avait cinq ans, et on ressent encore ça à trente et un ans.

Une partie de l'album parle justement d'accepter ça. Je pense qu'au final, c'est quelque chose de positif. En même temps, ce n'était pas difficile d'y penser. C'était même assez facile, parce que tout ce qui appartient à l'enfance est déjà en nous. Il suffit d'aller chercher ces souvenirs, ils sont là. Donc ce n'était pas si difficile.

La Face B : Il y a beaucoup de chansons mélodiques, beaucoup de chansons très tendres sur cet album, comme What's On Your Mind ou No One Likes Me. Est-ce que vous aviez envie de montrer davantage d'émotion sur cet album ?

Ben Sadler : Oui, je pense. On avait envie d'écrire sur les émotions d'une manière différente. Comme Josh le disait, notre situation a changé et on a beaucoup plus de temps et d'espace pour réfléchir aux choses. On n'a pas envie de trop se répéter, alors on se retrouve naturellement à être un peu plus sensible et à écrire d'une manière différente.

La Face B : Dans votre chanson Lentils, vous dites : " If I'm too much, fucking go and find less" Pour moi, c'est presque un slogan du groupe. Est-ce que cette phrase résume l'esprit de Getdown Services ?

Ben Sadler : Oui. Je pense que oui.

Josh Law : C'est une bonne analyse.

La Face B : Sur « A Crazy Story », vous racontez une histoire complètement folle. Comment est-ce qu'on écrit une chanson qui ressemble autant à une diatribe qu'un fan aurait pu écrire ?

Josh Law : Cette chanson a commencé comme un simple morceau de guitare instrumental. Ma compagne, Daisy, avait fait un passage en spoken word sur le premier album, et on avait envie de refaire ça. On trouvait que c'était une bonne idée. C'est un bon moment au milieu de l'album.

Il y a un concept assez vague qui traverse l'album, que les gens entendront, je l'espère, quand il sortira. On lui a donné cette idée pour le milieu de l'album et on lui a dit : « Écris ce que tu veux. » On avait cet instrumental, on a posé son texte dessus, et ça a marché. C'est comme ça qu'on a fait cette chanson.

La Face B : Sur I Can't Die Like That, vous abordez ces sujets avec beaucoup d'humour noir. Est-ce que l'humour est votre manière préférée de parler de choses aussi sérieuses ?

Josh Law : Je pense que oui. Ça rend les sujets sérieux plus faciles à aborder parce que c'est un langage que tout le monde comprend, surtout au Royaume-Uni. Je ne sais pas à quel point ça se traduit ailleurs. Notre humour est très britannique.

Je ne sais pas à quel point il se traduit auprès d'autres publics, mais je pense que c'est une bonne façon, pour nous, de nous sentir à l'aise quand on parle de choses sérieuses.

Ben Sadler : Ça permet de garder les choses à distance.

La Face B : Vous produisez toute la musique du groupe. Quand vous commencez une nouvelle chanson, qu'est-ce qui vient en premier : une histoire, une blague, autre chose ?

Josh Law : Quand j'écris les paroles, je ne sais pas. Toi, comment ça commence ? Tu vois quelque chose, et puis tu…

Ben Sadler : Parfois, le simple fait d'avoir une idée suffit. Une idée peut suffire à remplir l'espace, puis tu essaies d'expliquer tout le contexte qu'il y a autour. C'est de ça que tu parles, au niveau de l'écriture ?

La Face B : Oui, parce que votre album est très riche en styles. On entend du disco, du post-punk, du downtempo, de l'électro. Comment est-ce que vous décidez du style musical que va prendre une chanson ?


Josh Law : On compose énormément. L'album compte treize morceaux, mais ils viennent d'une liste de cinquante ou soixante idées. On aime beaucoup de styles de musique différents.

On essaie de faire beaucoup de musiques différentes, puis on choisit celles qui donnent le plus l'impression de fonctionner ensemble. Il n'y a presque aucun genre qu'on ne soit pas prêts à essayer. La plupart du temps, ça ne marche pas.

C'est pour ça que tout sonne un peu de la même manière. Mais on essaiera n'importe quoi. Sauf peut-être le reggae. (rires)

Ben Sadler : Pourquoi pas ?

Josh Law : Parce que ça, c'est pour mon projet solo. (rires) Si on aime un style de musique, on essaie d'en faire. Si quelque chose nous inspire, ou si on a envie de faire quelque chose de différent, on le commence et on essaie d'aller jusqu'au bout. Si c'est bien, on le garde. En gros, on a une longue liste d'idées, puis on choisit celles qui fonctionnent bien ensemble. C'est aussi simple que ça.

La Face B : Vous parlez de culture britannique sur votre album. Quelle est votre chose préférée dans la culture britannique ?

Josh Law : Je pense qu'on a un bon sens de l'humour. Un bon humour. De la bonne nourriture. C'est quasiment la même chose qu'en France. C'est comme la cuisine française, sauf que vous, vous la rendez jolie. C'est ça, la différence.

Ben Sadler : Je pense qu'on a aussi une très bonne culture des pubs. En France, pour une raison quelconque, il y a beaucoup de bars avec plein de tables en verre.

Josh Law : Et énormément de fumeurs. Beaucoup trop de cigarettes. Les pubs, l'humour, la musique. On est bons pour ça au Royaume-Uni. Et c'est tout.

La Face B : Vous jouez aujourd’hui pour la première partie des Babyshambles. Quelle est votre chanson préférée de Babyshambles ?

Josh Law : Ça doit être Fuck Forever. C'est un grand classique. Il n'y a pas de débat.

La Face B : Qu'est-ce que la musique de Pete Doherty représente pour vous ?

Josh Law : On était un peu trop jeunes quand The Libertines ont commencé. On n'a que quinze ans, maintenant, pas vrai Ben ?

Ben Sadler : C'est une blague.

Josh Law : The Libertines sont arrivés en 2001 donc moi j'avais seulement sept ou huit ans.

Ben Sadler : J'ai l'impression que c'est eux qui ont lancé toute la vague indie qui est arrivée ensuite. Nous, je pense qu'on était plutôt fans de ce qui est venu un peu plus tard.

Josh Law : Arctic Monkeys et des groupes comme ça. The Libertines étaient vraiment très bons. J'aime beaucoup leurs gros morceaux, comme Don't Look Back Into The Sun. Ce sont de super chansons.

Ben Sadler : Don't Look Back in Anger, évidemment. (rires)

Josh Law : Et Can't Stand Me Now, et tout ça. Ils n'ont pas été une énorme influence sur nous, mais j'aime l'univers qu'ils ont créé.

Ben Sadler : Pete Doherty est vraiment adorable et très gentil. Et toute son équipe aussi..

La Face B : Aujourd'hui, vous ouvrez pour Babyshambles, mais est-ce qu'il y a un groupe pour lequel vous refuseriez catégoriquement de faire la première partie ?

Josh Law : Probablement Legion.

Ben Sadler : Tu les connais ? C'est un groupe nazi d'extrême droite.

Josh Law : Ou peut-être Burzum. Attends, je réfléchis. Radiohead. J'aime Radiohead, mais je ne pense pas que ça collerait avec notre public. Donc probablement Radiohead. Même si j'aime Radiohead. Peut-être. Qui d'autre ?

Ben Sadler : Putain, Frankie Valli. Frankie Valli. Il est trop vieux. Comment il s'appelle déjà, le chanteur ?

Josh Law : Le type sur lequel Alice faisait toujours du ballet. Johnny... Non, ce n'est pas Johnny, si ? Ce n'est pas Johnny. Je ne sais pas. J'essaie juste d'être drôle.

La Face B : Et le groupe pour lequel vous rêveriez de faire la première partie ?

Josh Law : Daft Punk.

Ben Sadler : Toujours.

Josh Law : À chaque fois. Il faut juste les faire revenir d'entre les morts.

Ben Sadler : Et ensuite on fera leur première partie. Ou alors on sera meilleurs qu'eux. On sera les nouveaux Daft Punk.

La Face B : Vous n'avez qu'à mettre les casques, personne ne verra la différence.

Ben Sadler : Exactement. Nous sommes Daft Punk.

La Face B : Vous aviez joué du Daft Punk au Trabendo la dernière fois, à Paris, je m'en souviens. Et aussi du Joe Dassin, Champs-Élysées.

Josh Law : Oui. On fera peut-être ça ce soir, pour être honnête. Soyons honnêtes. Je ne sais pas si on le fera ce soir. Non, on ne fera pas Champs-Élysées ce soir.

Ben Sadler : Mais on a une surprise à la fin. Avec Daft Punk. Thomas Bangalter va venir nous rejoindre. (rires)

La Face B : Dernière question. Quelle chanson française est-ce que Getdown Services devrait reprendre ensuite ?

Josh Law : Très bonne question. Que diriez-vous de Sexy Boy ? Oui, Sexy Boy. Ou n'importe quelle chanson de cet album. Parce que nous sommes des sexy boys.

La Face B : Et une chanson en français ?

Ben Sadler : La Mer

Josh Law : La Mer. Je ne connais pas la suite. C'est laquelle, déjà ?

Ben Sadler : Laisse tomber les filles, laisse tomber les filles. Ah, il y a aussi celle qu'on entend dans Jackass.

Josh Law : C'est Françoise Hardy.

Ben Sadler : Comment te dire adieu ? Comment te dire adieu ?

Josh Law : Françoise Hardy. Oui, Françoise Hardy. Celle-là. Ou Édith Piaf. Je pense qu'on pourrait faire ça.

Ben Sadler : Ce serait cool.

Josh Law : Oui.

La Face B : Merci pour cette interview.

Josh Law : Avec plaisir. Merci beaucoup.

Massive Champions (cover)
Massive Champions (cover)


ENGLISH VERSION

La Face B: Hello ! How are you guys?

Josh Law: Good, thank you.

Ben Sadler: Yeah, very well, thank you.

La Face B: Have you finished your long tour?

Ben Sadler: Yeah, not really (laugh)

Josh Law: We finished the tour. We did Australia a couple of weeks ago. We had America, then Australia, then we had a couple of weeks, and now this.

Ben Sadler: Festival season started, so we're travelling around, playing festivals in various parts of the world, including, but not exclusively, France.

La Face B: What was your best memory of the tour?

Josh Law: Probably the West Coast in America. Beautiful. Very beautiful.

Ben Sadler: We went to the town where Twin Peaks is filmed. It was gorgeous. All the forest around there.

Josh Law: Very cool.

La Face B: It was better than your first European tour and your show in a bar in La Zad?

Josh Law: It was slightly better. Only slightly.

Ben Sadler: The food wasn't as good. They made us a potato gratin in La Zad.

La Face B: Do you miss these early days, with a few people in front of you?

Josh Law: Yes. Small rooms are nicer, I think. It's nice to play where you can see everybody. That's nice. But both are good.

La Face B: Do you have a ritual before every show?

Josh Law: Not really.

Ben Sadler: A ritual?

Josh Law: Drink water. It's not very rock and roll. (laugh)

Ben Sadler: We look each other in the eyes, hold each other's heads, and go, "I love you."

La Face B: You have known each other since childhood, and you have played music together for almost 20 years. What do you think the project really took off?

Ben Sadler: Why do we think it took off? I think there's a lot of bands that try to be too cool and try to look sexy. I don't think that's very interesting, and I don't think anyone else really thinks that's very interesting. I think people want to be entertained, and people want to have a good time.

Josh Law: Watching four blokes going in is not entertaining. It's easy for us to tour because it's a small band, so we can play a lot of gigs. We can play more gigs than most bands with more ease, so I think that's probably a big part of why it's taken off, because we can come to where people are. It's an easy show to travel with.

La Face B: Massive Champions, your new album, is a celebration of your childhood and British culture. Why do you want to look back at these memories now?


Josh Law: I think because our circumstances have changed since the first album. We're older. The band has given us some success. But we still feel a lot of the same feelings, negative stuff that we felt before. It makes you more reflective, and inevitably you start thinking about your childhood when you're reflecting like that. It wasn't intentional to speak about our childhood, but it's something that just kept coming up. When we were writing the songs, it kept repeating. We got about 75% through the album, realised it was about childhood, and then followed it through. I don't know exactly why, but it's just what came out, to be honest.

La Face B: It's like your song Cha Cha Slide. It's the story of a child. Was it difficult to go back to these childhood memories?

Josh Law: Yeah, it was difficult in a way. You start thinking about these sad feelings that you've had your entire life. It can be a bit strange to realise that you've never stopped feeling that way. You felt strange and alienated when you were five, and you still do when you're 31. Part of the album is about accepting that. I think it's a positive thing overall. It wasn't difficult to think about. It was quite easy, because that childhood stuff is in you. Thinking about your childhood, it's right there if you want to go for it. So it wasn't too difficult.

La Face B: There's a lot of melodic songs, a lot of tender songs on this album, like What's On Your Mind or No One Likes Me. Did you want to show more emotion on this album?

Ben Sadler: Yeah, I think so. We wanted to write about emotion in a different way. As Josh was saying, our circumstances have changed, and we've got a lot more time and space to think about things. You don't want to repeat yourself too much, so you find yourself naturally being a bit more sensitive and writing in a different way.

La Face B: On your song Lentils, you say, " If I'm too much, fucking go and find less " For me, it's a slogan for the band. Does this line sum up the spirit of Getdown Services?

Ben Sadler: Yeah. I guess so. I think so.

Josh Law: It's a good analysis.

La Face B: There's a strange song on your album, « A crazy story ». How do you write a song that's so much like a rant a fan could have written?

Josh Law: That song started as just an instrumental guitar track. My partner, Daisy, did a spoken-word piece on the first album, and we wanted to do that again. It was a nice idea. It's a nice middle point.

There's a vague concept for the album that hopefully people will hear when it comes out. We gave her this idea for the middle of the album and said, "Write whatever you want." We had this instrumental, we put it on top, and it worked. That's how we did that one.

La Face B: On the song I Can't Die Like That, you talk about this with a lot of dark humour. Is humour your favourite way to talk about such subjects?

Josh Law: I think so. It makes it easier to talk about serious things because it's a language that everyone understands, especially in the UK. I don't know how much it translates. Our humour is very British. I don't know how much it translates to other audiences, but I think it's a good way for us to feel comfortable talking about serious things.

Ben Sadler: It keeps things at arm's length.

La Face B: You produce all the band's music. When you start a new song, what comes first: a story, a joke, something else?


Josh Law: When writing lyrics, I don't know. How does it start for you? You just see something, and then you just...

Ben Sadler: Sometimes, if you have an idea of something, an idea can be enough to fill out the space and try to explain the wider context of that. Is that what you mean in terms of the writing?

La Face B: Yes, because your album is very rich in style. You can hear disco, post-punk, downtempo, electro. How do you decide which style of music a song will be?

Josh Law: We make a lot of music. The album is 13 songs, but that came from a list of 50 or 60 ideas. We like a lot of different kinds of music.

We try to make a lot of different kinds of music, and then we pick the ones that feel like they work together the most. There's not much that we won't try, genre-wise. A lot of the time it doesn't work.

That's why it all sounds a little bit similar. But we'll try anything. Maybe not reggae. (laugh)

Ben Sadler: Why not?

Josh Law: Because that's for my solo project. (laugh)

If we like a style of music, we'll have a go at making it. If something has inspired us, or we want to make something different, we'll start it and try to get something finished. If it's good, we'll keep it. Basically, there's a long list of ideas, and we pick the ones that work together. That's basically it.

La Face B: You speak about British culture on your album. What's your favourite thing about British culture?

Josh Law: My favourite thing about British culture? I think we have a good sense of humour. Good humour. Good food. It's basically the same as France. It's like French food, but you make it look nice. That's the difference.

Ben Sadler: I think we have a really good pub culture as well. In France, you have a lot of bars with a lot of glass tables for some reason.

Josh Law: And loads of smoking. Too much smoking. Pubs, humour, music. We're good at that in the UK. And that's it.

La Face B: You're opening for Babyshambles, so you're happy, I imagine. What's your favourite Babyshambles song?

Josh Law: It's got to be Fuck Forever. It's a big one. It has to be.

La Face B: What did Pete Doherty's music mean to you?

Josh Law: We were a bit young when The Libertines started. We're only 15 now, aren't we, Ben?

Ben Sadler: Just a joke.

Josh Law: The Libertines came out in 2001, 2002, so I was only seven or eight.

Ben Sadler: I feel like they were the start of the indie thing that came in. I think we were fans of more of the later stuff.

Josh Law: Arctic Monkeys and things like that. The Libertines were really good. I really like their big hits, like Don't Look Back Into The Sun. They're great songs.

Ben Sadler: Don't Look Back in Anger, of course. (laugh)

Josh Law: And Can't Stand Me Now, and all of that. They weren't a huge influence on us, but I like the world they've created.

Ben Sadler: Pete Doherty's really, really nice. Very nice. Very, very kind. And all his team. I love Pete's team.


La Face B: Today you're opening for Babyshambles, but is there a band you would absolutely refuse to support?

Josh Law: Let's think about this. Probably Legion.

Ben Sadler: Do you know them? They're a really far-right Nazi band.

Josh Law: Or maybe Burzum. Let's think about this. Radiohead. I like Radiohead, but I don't think our fans would... I don't think they would match. Probably Radiohead, I guess. Although I like Radiohead. Maybe so. I don't know. Who else?

Ben Sadler: Fucking Frankie Valli. Frankie Valli. He's too old. Who's that guy? The singer.

Josh Law: The guy that Alice always did ballet to. Johnny... No, it's not Johnny, is it? It's not Johnny. I don't know. Trying to be funny here.

La Face B: Sorry. It's too hard. And the band you would like to open for?

Josh Law: Daft Punk.

Ben Sadler: Always.

Josh Law: Every single time. Let's get them back from the dead.

Ben Sadler: And then we'll support them. Or we'll outperform them. We'll be the new Daft Punk.

La Face B: You can put on the masks and no one will notice.

Ben Sadler: Exactly. We are Daft Punk.

La Face B: You played Daft Punk at Trabendo last time, in Paris, I remember. And Joe Dassin too, Champs-Élysées.

Josh Law: Yeah. We'll probably do that tonight, to be honest. Let's be honest. I don't know if we'll do it tonight. No, we're not doing Champs-Élysées tonight.

Ben Sadler: But we have a surprise at the end. Including Daft Punk. Thomas Bangalter is coming to join us. (laugh)

La Face B: It's my last question. What French song should Getdown Services cover next?

Josh Law: That's a really good question. What about Sexy Boy? Yeah, Sexy Boy. Or anything from that album. Yeah, Air. Sexy Boy. Because we are sexy boys.

La Face B: Is there a song in French?

Ben Sadler: La Mer.

Josh Law: La Mer. I don't know the rest of it. What's that one?

Ben Sadler: Laisse tomber les filles, laisse tomber les filles. Oh, there's that one in Jackass.

Josh Law: It's Françoise Hardy.

Ben Sadler: How Do You Say Goodbye? How Do You Say Goodbye?

Josh Law: Françoise Hardy. Françoise Hardy, yeah. That one. Or Édith Piaf. I think we could do that.

Ben Sadler: That would be cool.

Josh Law: Yeah.

La Face B: Thank you for this interview.

Josh Law: Pleasure. Thank you very much. I hope that was okay for you.

Ben Sadler: Yes.



 

 

 

 

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