Goodbye Karelle : Knuckle Breaker Maxxx en toile de fond pour soulager nos chagrins

Nous ne sommes que dans les premiers jours du mois de janvier 2026, et pourtant, que de nouveautés musicales en ce début d’année ! Parmi elles, se trouve le deuxième album de Goodbye Karelle, Knuckle Breaker Maxxx, un condensé de dépression et de remise en question sur fond d’amours déchirantes et déçues.

Crédits : Jana Beydoun

Est-ce que vous avez remarqué qu’autour de vous en cette fin d’année 2025, nombre de couples se sont séparés ? Que ce soit des amours de 3 mois mais aussi des grosses relations de plusieurs années et bien établies ? Certain.e.s diront que c’était la fin d’un cycle en numérologie et en astrologie chinoise, et que l’on redémarre 2026 avec de nouvelles aspirations et sur quelques bases qui vont nous guider sur les neuf prochaines années. Et je vous le souhaite à toustes ! Parce que l’année 2025 a clairement roulé dessus en marche arrière à bon nombre de personnes.

Et c’est là qu’on aurait aimé avoir Knuckle Breaker Maxxx (traduisez “Briseur de phalanges Maxxx”) pour nous aider à passer à travers tout ça ! En 11 titres, Goodbye Karelle réussit à nous mettre au fond du trou mais de la bonne manière. Véritable catharsis des amours impossibles, inachevées et des drames que l’on rencontre souvent à chaque fin de nuit, cet album fait du bien à l’âme. En finissant de nous achever, on a enfin le fond sur lequel taper pour remonter.

Amour, haine, trahison, mais aussi acceptation de soi sont des thématiques récurrentes de l’album. L’un de ses titres phares, Oxyballad, parle d’amour impossible, inatteignable, avec son refrain, omniprésent, scandé comme un mantra, une prière ou un exorcisme “You’re the river I drown / You’re the ghost in my bottle / And the weight on my crown”. Dans Nice Run Bird, c’est la jalousie qui caractérise ce titre, l’envie de tout brûler, même le fleuriste.

Sur cette chanson, Karelle s’est offert un beau feat en français avec le rappeur Peypo qui, selon son entrevue dans Le Devoir, “flippait des burgers dans un resto déjeuner”. On lui souhaite qu’il fasse aussi bien flipper son album sorti en décembre 2025, REVOLUTION 4 SAD FACES.

Scander des choses, ce n’est pas que l’affaire de Oxyballad, on retrouve cette même manière d’insister sur les mots, sur les émotions, de les répéter jusqu’à ce qu’elles rentrent, jusqu’à ce qu’elles s’intègrent à vous dans Funny People, titre qui accompagne la sortie de l’album, et qui nous martèle “See for me while I’m here / People are funny / And I bet they’re wrong”.

Bon, c’est sûr qu’ici pour la remise en question on est moins dans le thème. Mais, sa vulnérabilité en fait l’une des plus belles pièces de l’album. On sent Karelle écorché.e à vif, se montrant à nu.e, clairement sa chanson fond du gouffre pour taper du pied et remonter. Et on l’entend cette remontée, avec la progression electro qui nous accompagne sur la fin de la chanson et donne instantanément une teinte plus lumineuse après une folk/grunge digne de nos années emo. Goodbye Karelle a un talent certain pour écrire, et surtout de manière brute, sans détour, mais sans non plus tomber dans le premier degré.

On est dans des textes qui nous écorchent autant que l’artiste, et la plus belle phrase de l’album restera dans Fun PartI don’t mind, I will wear my scars / Proudly run everyday / And give a name to all of your blames”.

Dans l’étendue des histoires racontées par Karelle, l’intro fait exception tant elle parle de douceur, d’amour et de matin radieux. Mais peut-être que la fin de cette intro devait nous mettre la puce à l’oreille sur ce qui va ensuite arriver “Oh fuck you / We’ll fuck you up / We’ll fuck you up”. À savoir si l’on parle ici de bousiller l’amour ou non.

Crédits : Boy Wonder

Mais Knuckle Breaker Maxxx ce n’est pas seulement un album qui parle d’amour. Dans ce disque, l’artiste montréalais.e Goodbye Karelle questionne également le genre, et utilise sciemment l’anglais pour ce faire, car il offre une plus grande possibilité de s’exprimer de façon neutre que le français.

Allant de pronoms neutres, au féminin ou au masculin dans ses textes, Karelle joue aussi sur les codes avec sa voix androgyne et lancinante, où l’on se demande si les mots si durs qu’iel emploie ont du mal à passer dans sa gorge, ou si c’est seulement pour accentuer ses textes et ses émotions, parfois même un peu trop comme dans Moving On où on a plus l’impression que la tristesse et le désespoir sont surjoués.

Quand le final devrait être explosif, il finit par nous accrocher un peu l’oreille.Après Hugh Greene & the Lucies Made Me, Goodbye Karelle nous offre un vraiment bon second album avec Knuckle Breaker Maxxx et qui donne envie d’y revenir. Déjà bien établi.e au Québec et notamment aussi avec sa carrière en acting au cinéma, à la télévision et au théâtre, on souhaite à Goodbye Karelle aka Karelle Tremblay de conquérir l’Europe prochainement.

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