Chroniques
GURL dévoile un premier album au son accrocheur
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- 25 septembre 2026
Le premier album de la formation parisienne, GURL, est sorti le 25 septembre dernier. Un ouvrage présentant le meilleur du groupe, et où la formation n’hésite pas à sortir de sa zone de confort, de se confronter à d’autres rythmes, explore les lenteurs et silences autant que les moments qui enflamment les écouteurs. Voici donc GURL, composé, écrit, produit entièrement par les trois artistes, dans un cadre intime et personnel où le groupe nous transporte.

2020. L’année d’une célèbre pandémie mondiale, certes, mais également l’année qui a vu la naissance du trio GURL. Avec un premier EP en poche, Garden Party, sorti en 2021 et une présence solide sur la scène parisienne, la formation commence doucement à se faire un nom. En 2022, GURL nous fait découvrir un single nommé My Dream Car. Une spirale rock dansante et entraînante, accompagnée d’un clip mettant en avant des anciennes voitures américaines et australiennes. En clair, le trio continue de se tester, de se chercher, jusqu’en 2023. Puis, silence radio sur les sorties pendant 3 ans, jusqu’à aujourd’hui.
Leur premier album, éponyme, est enfin prêt. Pendant ces trois dernières années, Alexis Riey, Alexis Krasowski et Gabriel Le Reverend n’ont pas chômé. Ils ont écrit, réécrit, expérimenté, prenant leur temps, s’inspirant de leur quotidien et de leurs souvenirs. Treize morceaux extrêmement travaillés, ayant chacun leur propre identité et se mouvant entre les genres. Pas de contraintes de temps ou de pression quelconque, dans un monde toujours impatient et où la musique est devenue source de consommation avide, GURL a pris son temps pour apparaître, et ça fait du bien !
Un univers pop garage assumé
Le démarrage se fait en semi-douceur avec le titre INTRO, où l’on perçoit ce qui semble être des cordes métalliques en reverb, comme si le musicien cherchait la bonne tonalité. Des moments de flottements et de silences, suivis par des voix en arrière-plan, insaisissables. Tel une porte entrouverte vers un nouvel univers, GURL nous introduit en douceur, mais agrippe notre attention.
City Call déboule ensuite dans nos oreilles. Une ambiance rock 90’s, un rythme effréné et une fraîcheur nouvelle semble être la formule parfaite de GURL, sans oublier les riffs de guitares dont ils sont friands. Un tube d’été qui prolonge un peu les beaux jours, avant de passer la main à Winter. Plus lent, plus doux et mélodieux, une transition parfaitement réussie entre les deux morceaux. Winter dévoile une sorte de mélancolie heureuse, des chœurs viennent s’ajouter à la palette musicale du groupe. J’ai personnellement directement l’impression de replonger dans mon Ipod en 2010 ! Un pont méditatif vaporeux nous permet une respiration plus lente avant le dernier plongeon dans l’hiver : “I feel that winter is always, always waiting for me”.

Les guitares repartent de plus belle sur Wrong Place. La voix plus grave, de nombreux éléments affluent sur ce titre avec énormément de densité, de textures différentes, à chaque écoute on perçoit une note ou un battement inédit, démonstration parfaite d’un titre travaillé et perfectionné !
Le cinquième titre de GURL, 195, et particulièrement l’introduction, a, je dois l'avouer, directement fait flancher mon coeur ! Ces premières notes tout en reverb et en écho, puis suivie par une voix claire, résonnant parfaitement avec ces notes, font balancer la tête immédiatement. Puis l’entrée des guitares saturées apporte du volume au titre, et beaucoup d’intensité. Le morceau se termine comme il a commencé, avec des guitares semblant résonner à l’infini…
Puis, Glowing Rocks s’amuse avec les rythmes. Tantôt effrénés, tantôt stoppés. On pourrait s’imaginer dans un parc d’attraction, ou bien à toute allure sur une route de campagne. La batterie se montre plus forte que d’habitude, puis s’efface pour laisser la place aux choeurs sur la fin du titre.
La mélancolie nous rattrape...
La balade romantique de l’album est là : If I Had To Write You A Song est la parfaite interlude dans ce marathon pop garage. La voix d’Alexis déploie toute son intensité, capable de monter très haut comme de se briser pour nous atteindre encore plus. L’écriture est encore une fois très travaillée, et nous plonge dans une contemplation totale.
On arrive à la huitième étape, avec un titre que l’on connaît déjà : Forecast ! Une pépite pop-punk-garage parfaite pour la fin des jours ensoleillés. De quoi redynamiser l’album pour le sprint final, qui commence avec Treasure, où les guitares repartent de plus belles. Une certaine rage se dégage de ce titre, entre riffs criant et guitares saturées endiablées.
La fête continue sur Street’s Dreamer, capsule entre le garage et la dream-pop, les deux genres s’entremêlent, se donnent le relais. Un morceau très original, surprenant, mais qui poursuit sa mouvance 90’s.
Tomorrow I Will démarre sur des guitares folk, et offre un vent de fraîcheur et d'espérance à l’album. Demain peut arriver, qu’on soit le même ou qu’on soit différent, la vie continue. Un de mes préférés de l’album, où les guitares et la voix résonnent en harmonie. Tomorrow I Will dévoile une sensibilité nouvelle du groupe et témoigne de leur maturité musicale. Un très bon choix pour leur deuxième single promo.
Plus que deux chapitres avant de clôturer GURL. Liar repart de plus belle entre batterie puissante et un chant qui ne cesse d’évoluer et d’impressionner. Les guitares s’échauffent dans des riffs entrainants et mélodieux. Un autre point très réussi dans cet album : les transitions. Les morceaux forment un ensemble cohérent, s’enchaînent de manière presque logique, sur treize morceaux, on ne ressent aucune lenteur, aucun ennui !
Castle termine donc cette course intense. Et il résume à mon sens à la perfection l’âme de cet album : une pépite rock garage ensoleillée. Les rythmes semblent s’amuser à nous jouer des tours, les guitares s’occupent de la mélodie entêtante, et on retrouve finalement ces choeurs qui apportent texture et profondeur au morceau. Puis se termine dans un silence progressif, et on aurait bien envie d’appuyer sur replay !
La pochette, simple superposition d’objets, notes, dessins, représente parfaitement leur travail. GURL est un album construit uniquement par les trois musiciens, ce qui le rend personnel, unique. Comme une boîte à souvenirs, ils y ont mis toute leur énergie, leurs émotions et leur vécu.
GURL signe un premier album riche, diversifié et extrêmement travaillé. A l’écoute des morceaux, on ressent le perfectionnisme dont a fait preuve le trio pour la composition de cette oeuvre. Pour un premier essai, le groupe met la barre haut et n’a pourtant pas hésité à expérimenter, à sortir de leur zone de confort. On a déjà hâte de voir quelle suite aura cet album, tournée, festivals ? En tout cas, cette jeune formation a un très bel avenir sur la scène rock française et on a hâte de voir où cette aventure les mènera !
