Møme : « Il y avait vraiment une volonté de respecter ce qu’on aimait »

Pour la sortie de son deuxième album en collaboration avec Ricky Ducati, nous avons rencontré Møme pour échanger sur la création, le travail en duo et l’énergie qui traverse ce nouvel album.

La Face B : La dernière fois qu’on s’est parlé, c’était pour la sortie de Flashback FM. Aujourd’hui, avec California Calling, j’ai l’impression que vous reprenez la route là où vous l’aviez laissée, mais peut-être avec un regard un peu plus intime. Est-ce que tu vois cet album comme une suite directe ou comme une relecture peut-être plus adulte de cet univers ?

Møme : Flashback à l’époque, on l’avait fait en plein Covid. Le projet de Flashback FM au départ, c’était beaucoup plus ressemblant de l’album California Calling dans le sens où on devait déjà être beaucoup plus apparent. On avait dû faire une comm’ avec de la 3D, on avait travaillé avec Pomme à l’époque. Ce n’était pas du tout ce qu’on imaginait au départ. Au final, on a adoré et on a vraiment été très content de partir sur cette esthétique. C’est vrai que là sur ce deuxième album, il y avait un côté un peu plus brut que le premier, beaucoup moins produit. Intime, c’est un mot qui se rapproche un peu, mais l’idée était vraiment de faire quelque chose qui nous ressemble plus. C’est-à-dire quelque chose de plus indie à la base. C’est vrai que c’étaient nos influences communes étaient quand même beaucoup plus indie rock. Là, on est revenu un petit peu là-dedans. Il y a un peu moins d’électronique quand même dans l’album. Il y a un peu plus de guitare, il y a pas mal de vraies batteries aussi sur les morceaux. C’était un petit peu un petit rêve qu’on avait, Ricky et moi, de faire un album comme ça. Pour moi, c’est un peu une suite du premier, mais on va dire plus assumée, plus affirmée.

La Face B : Est-ce que tu penses que ces cinq ans qui ont passé ont changé la manière dont vous avez traité certains sujets comme l’amour ou la nostalgie ?

Møme : Il y a énormément de choses qui ont changé. Il y avait vraiment une volonté de respecter ce qu’on aimait. Avec cet album, on n’a pas cherché à suivre une tendance parce que, vu le style de musique, on était clairement dans un “ nous”. On a toujours adoré ce qu’on faisait ensemble. On a nos propres influences qui sont les mêmes depuis qu’il y a cinq ans, mais on peut vite tomber dans le truc de vouloir faire un petit peu ce qui se fait en ce moment. Le truc que tu vas écouter un peu plus. Tu es vite influencé par ce qui se passe autour. C’est vrai que sur cet album, on voulait juste faire quelque chose qui nous ressemble à fond et on n’a pas cherché spécialement à copier quelque chose ou à être influencé. Après c’est vrai qu’il y a pas mal d’années qui sont passées mais l’album n’a pas été fait en six mois. Ça s’est fait en trois ans. On avait des musiques et on s’est dit que ça serait bien de faire un plus gros projet que juste sortir des singles par-ci par-là. Surtout que je crois que notre collaboration est plus cohérente dans l’idée d’album. Après bien sûr, on a sorti pas mal de singles par rapport à la stratégie marketing du streaming. Mais il y avait vraiment cette volonté de montrer un univers entier. Pas uniquement une musique par-ci par-là.

La Face B : Je décrirais l’album comme une cassette qu’on aurait retrouvée dans la boîte à gants d’une voiture lancée à Los Angeles. Est-ce que cette idée de mouvement, de route et de transition, était consciente dès le départ ?

Møme : Ah clairement. Dans notre vie personnelle, on est tous les deux de jeunes papas. Le truc, c’est qu’une fois que tu deviens parent, tu passes dans une autre phase et tu as plus envie d’affirmer qui tu es. Surtout pour nous cet album, c’était un peu une escapade. C’était un peu un truc de sortir de son quotidien. Même si le quotidien nous plaît vraiment, mais c’est quand même complètement différent de l’innocence que tu as avant d’être parent. Cet album était un peu une façon de de sortir du quotidien et le côté route etc., c’était un peu une représentation facile des vacances un petit peu. Mais c’est vrai que dans notre album, tout comme le premier, il y avait vraiment ce truc de voyage, de road trip. C’est pour ça qu’on a gardé notre voiture blanche sur tout le contenu qu’on a tourné. On a essayé de retranscrire une esthétique vintage, mais sans non plus faire quelque chose de téléphoné. Après c’est sûr, j’aime les vieilles voitures, j’aime les trucs quand même un peu vintages. J’adore cette époque, cette esthétique. Je suis plus porté vers le passé que vers le futur. Musicalement, j’ai l’impression que ce qui se faisait avant est plus solide que ce qui se fait aujourd’hui. Quand je dis solide, c’est pérenne dans le temps. Même si ce n’est pas forcément très innovant, il y a quand même quelque chose qui plaît toujours. Il n’y a pas une volonté de refaire ce qui s’est fait parce qu’on ne fera jamais aussi bien à mon sens, parce qu’on n’est pas dans la même la même époque. Mais il y a vraiment cette influence qui est forte et qui reste. Le voyage permettait aussi de lier un petit peu le tout.

La Face B : Le premier morceau, Do You Know Me, ouvre l’album avec quelque chose de très euphorique, presque comme un générique, comme sur Flashback FM. Mais dans le fond, au niveau des paroles, il y a quelque chose de très vulnérable :  aimer sans le poids du passé, se donner entièrement. Est-ce que c’était important pour vous de commencer l’album par une mise à nu comme ça ?

Møme : J’ai une anecdote de fou. La première track de l’album n’était pas censée être Do You Know Me. C’était une musique qui ne sera pas sur l’album, qui était une musique plutôt épique rock. Ricky m’avait envoyé une a cappella. Pour moi, c’était la musique d’intro. Je savais que c’était celle-là. J’avais fait l’instru et en fait au moment où on a dû boucler les droits, il travaillait dessus avec Empire the Sun. Et ils ont mis leur veto. J’ai hésité à enlever la voix. C’est une intro quand même plus rock, avec des batteries un peu épiques. C’était un peu pour annoncer plutôt une couleur esthétique. Mais après, j’ai choisi, comme tu le dis, ce truc un peu vulnérable. J’avais vraiment envie que même par rapport à mon public, qu’il y ait un rappel un petit peu logique avec tout ce qui s’est passé, tout ce qui arrive. Cette musique, je trouve qu’elle représente quand même assez bien notre collaboration générale. Je trouve que c’est ça qui collait le mieux.

La Face B : On en a parlé un peu avant mais pour toi, c’était plus cohérent de faire un album plutôt que de sortir plein de titres éparpillés ? Est-ce que tu vois cet album un peu comme un cycle émotionnel plutôt qu’une suite de morceaux qui sont indépendants les uns des autres ?

Møme : C’est un cycle émotionnel. C’est une période de ma vie. J’aime travailler avec plein de voix différentes et c’est vrai qu’à ce moment-là quand on a décidé de faire l’album, j’étais un peu dans une phase où je faisais beaucoup de DJ sets. Du coup, je jouais beaucoup de choses qui ne m’appartenaient pas. J’étais un peu rentré dans un truc un peu qui ne me correspondait pas à 100 %. Et je me suis dit que cet album arrivait pile au bon moment, pour faire une sorte de reset. Et pour faire quelque chose qui me ressemble beaucoup plus. C’est vraiment dur quand tu es dans cycle DJ set. Avant de sortir cet album, je sortais des singles sur Armada. J’étais sur plein de labels différents et je ne trouvais jamais vraiment ma place. C’est comme si j’essayais de m’adapter pour essayer de survivre dans ce monde de fou qui est l’industrie de la musique. Et à ce moment-là, c’est vrai que je tournais beaucoup aux DJ set, donc c’était moins cohérent avec l’album pop mais ça me manquait au fond de moi. Donc clairement quand tu parles de cycle émotionnel, c’est exactement pour ça que l’album est arrivé.

C’est aussi pour ça que j’ai pris le risque de produire cet album. Parce que c’est de l’indé totale. Au départ, même Ricky n’y croyait pas. Dans le sens où sortir un album aujourd’hui, c’est vrai que c’est un peu un pari fou. Mais je me suis dit que c’était maintenant que j’avais envie de faire ça. J’avais l’économie pour, parce que je sortais des DJ sets donc ça me permettait de pouvoir investir dans un album. Et j’avais vraiment aussi la volonté de produire de A à Z quelque chose. Ce que je n’avais jamais fait avant. J’avais toujours été en coproduction avec Universal. Après, c’était des singles ou des EPs, mais c’est vrai qu’un album de A à Z avec la DA, avec tout le travail de prod’ qu’il y a derrière, je ne l’avais jamais fait. Ça a été une super expérience mais c’était un peu un défi fou. Je me suis dit qu’il fallait passer par là aussi pour défendre un peu ce qu’on aime, ce qu’on a envie de faire. Et même si je n’avais pas d’attente derrière dans le sens où bon quand tu fais de la musique, tu ne sais jamais quand ça va exploser, si un morceau vas devenir vira, s’il y aura du streaming. J’ai eu la chance de rencontrer mon label Network qui a complètement flashé sur l’album et surtout sur mon projet. Et aussi sur la musique que je fais actuellement, que je produis pour la suite. C’était une bonne aventure, c’est cool.

La Face B : C’est quelque chose qui t’a plu de travailler sur des choses avec un peu plus de recul que tes productions musicales habituelles ?

Møme : Carrément. J’avais la main sur les choses. J’ai pu adapter ma production à mon projet actuel. Je n’allais pas partir sur une très, très grosse production avec tout ce que ça engendre, les risques etc. avec ce style de musique. C’est vrai que ça, c’est quelque chose quand tu travailles avec des labels, ce n’est pas forcément évident. Parfois, je l’ai vu dans le passé, on investissait sur des trucs qui ne valaient pas du tout la peine d’investir. Quand je dis investir, ce n’est pas forcément de l’argent mais c’est aussi du temps et de l’énergie. Et c’est vrai que là, j’ai pu finalement avoir le contrôle sur tout ça. J’ai trouvé ça super cool. Surtout j’ai fait quelque chose que j’aimais. Après j’ai vu aussi les limites. Dans le sens où c’est vrai que parfois, tu as envie de faire des choses encore mieux, tu as toujours envie de faire des trucs de fou. Mais après tu as les réalités du terrain. C’est une expérience de prod’ et je trouve que c’est un peu ce que je n’avais jamais depuis dix ans. J’avais toujours été guidé par mon entourage, par les opportunités, mais je n’avais jamais vraiment fait les choses vraiment moi-même pour essayer de construire quelque chose de A à Z. J’ai adoré faire ça. Ce qui est bien, c’est que la musique avait été faite avant la prod’. Et ça m’a permis de ne pas être sous l’eau et de ne pas faire les choses à la va-vite et n’importe comment. Donc c’est vrai qu’en tout cas quasiment tout ce qu’on peut voir sur cet album, tout a été choisi. Ça n’a pas été le hasard qui est arrivé comme ça. Il y a eu des prises de décision musicales, même au niveau des contenus. C’est un peu à l’ancienne, parce que quand je vois des sorties à l’arrache complet… Aujourd’hui, il y a vraiment un truc complètement aléatoire dans les projets, dans la musique. Mais là, il y avait vraiment une volonté de faire un bel album, un truc qui nous ressemble sans prétention énorme. Parce que c’est vrai que ce style de musique, ce n’est pas non plus le truc numéro un en France. Il faut trouver son public, c’est moins facile qu’avec des titres beaucoup plus mainstream. Donc il y avait vraiment ce choix, en sachant très bien que ça pour le coup on n’a pas le contrôle sur ce qui allait fonctionner. A la base, quand j’ai produit l’album, je voulais travailler avec un nouveau label, avec des étrangers. C’est comme ça que j’ai rencontré Network vraiment au bon moment. Ils produisent des artistes qui ont la même logique que moi donc je me suis retrouvé tout de suite et c’est vrai que ça n’a pas été pas été des efforts pour rien dans tous les cas.

La Face B : Tu es basé à Nice, Ricky est aux États-Unis. Comment on construit un album aussi cohérent à des milliers de kilomètres de distance ? Est-ce que vous avez travaillé de la même manière que sur le premier album ou est-ce qu’il y a des choses qui ont changé ?

Møme : On a toujours travaillé à distance musicalement. Depuis le début. On s’est toujours envoyé les projets et la dynamique a toujours été la même. Ricky m’envoie un petit brouillon et j’en fais un titre. On a fait ça sur les deux albums. Sur celui-là, il y a eu un peu de différence dans le sens où je pense que Ricky a eu moins de place sur cet album. Il ne s’est pas vraiment impliqué d’un point de vue prod’, etc. Il était là bien sûr pour le contenu. Ricky de base, je crois qu’on en avait déjà parlé ensemble, c’est un top-liner. Il écrit de la musique comme un top-liner, il ne défend pas un projet. Il va faire la musique et pour lui, c’est fini.

Donc là finalement, s’il y a une cohérence dans cet album, je pense que c’est surtout parce que j’ai écouté ce qu’il faisait, ses intentions et j’ai vraiment respecté son point de vue artistique. Je suis allé à fond moi dans tout ce que je pouvais faire pour rendre cet album cohérent. J’ai vraiment fait le travail de prod’, de DA finalement. Je suis vraiment allé le chercher, parfois j’ai forcé pour qu’ils m’envoient des seconds couplets. C’est souvent comme ça. Il m’a envoyé des super idées et c’est trop bien mais en fait, il n’y avait qu’un couplet. Derrière il fallait que je lui fasse des top-lines avec ma voix pour qu’il les rechante. Ça rajoute beaucoup de temps, alors qu’au départ, on avait déjà la vibe du morceau. Mais je pense que la cohérence vient surtout du travail qu’il y a eu derrière. Sur chaque musique, je n’ai pas fait qu’une version. Quand je dis une version, c’est un style de musique. Parfois je vais avoir une musique à 120 BPM, parfois je les fais plus en slow, parfois je les accélère. Parfois, j’ai complètement changé de vibe. Il est arrivé que que j’ai deux ou trois versions par morceau complètement différentes. Ça demande quand même pas mal de taf pour justement créer cette cohérence et pour éviter que les morceaux se ressemblent trop dans l’album. C’est un peu le truc qui est un difficile, dans les albums de ne pas faire exactement la même chose. Parce que j’ai mes limites créatives aussi, et puis après tu te tournes en rond. Surtout sur un projet où ça fait longtemps que tu es dessus. Ce n’est pas évident, il faut trouver pour chaque morceau, une raison d’être là, pour pas que ça fasse doublon. Même s’il y a parfois des tracks qui marchent super bien et qui se ressemblent énormément. Mais il faut faire des choix. En plus, on avait beaucoup plus de démos, qu’on n’a pas fini. Je prépare un EP de remix là justement, de nos propres tracks de l’album. On va sortir quatre ou cinq musiques plus orientées dance, plus club. L’idée était vraiment d’avoir deux propositions différentes. Et c’est vrai que j’aime bien aussi les versions club parce que je peux les jouer si je fais des DJ set et ça donne encore une autre perspective, une autre énergie.

La Face B : Je te suis sur les réseaux et je vois que tu fais beaucoup de sport : du CrossFit, running, tu as dû faire l’Hyrox de Nice hier. Je me demandais si le sport est devenu une sorte de pilier dans ton équilibre créatif ?

Møme : Alors créatif non mais de ma vie émotionnelle, ouais. Je réfléchis beaucoup, j’ai la tête qui va à 1000 à l’heure et le sport me sort vraiment de ça. Je débranche le cerveau, je suis dans un autre contexte et je ne suis plus Møme. Parce que derrière Møme, il y a bien sûr la créativité, mais il y a aussi le stress de ne plus être créatif. Ça, c’est un des plus gros stress. Vu l’environnement, vu l’industrie, ça me touche. Parfois je vais faire une musique j’adore, je vois qu’elle ne marche pas, forcément ça me touche un petit peu. De moins en moins aujourd’hui parce que j’ai quand même pas mal de musique qui ont quand même marché. Mais c’est vrai que ça me fait quand même quelque chose quand je sors une musique que j’adore et que finalement, je n’ai pas de visibilité. Disons que le sport me permet de faire un reset à chaque fois. Je fais souvent du sport le midi. Donc parfois je travaille le matin, j’en fais le midi et après je retourne dans le studio chez moi. Et du coup c’est comme si je suis de nouveau frais. En tout cas, depuis 2018 2019 le sport est devenu très important pour moi. Même pendant le Covid, j’ai fait une formation de coach sportif. Au moment de Flashback FM, juste après, j’ai eu une grosse remise en question. Parce que l’album n’avait pas eu les retours que j’espérais. C’était compliqué, il y avait le Covid. C’était un gros changement et je me suis posé la question d’arrêter la musique à ce moment-là. Après je me suis rendu compte que non, la musique j’en fais depuis que je suis tout petit, je ne peux pas arrêter. Mais après c’est vrai qu’il y avait ce truc très anxiogène et le sport m’a permis de sortir de ça. Et bon aujourd’hui je ne le mets pas tout le temps en avant, mais c’est vrai que je suis content quand je fais des exploits. J’ai fait un marathon il n’y a pas très longtemps, j’ai fait un Hyrox. Ça va aussi avec ma génération.

La Face B : Il n’y avait pas eu de tournée sur Flashback FM à cause du Covid. Est-ce que cette frustration a nourri l’envie de penser l’album aussi pour la scène et est-ce qu’il y aura une tournée pour cet album ?

Møme : C’est le gros nerf de la guerre. Oui, il a été pensé pour le live, il y a un drummer, etc. Mais on ne va pas faire de tournée. Pour l’instant, ce n’est pas prévu. Déjà par rapport à nos vies, on a des enfants. Aussi, Ricky n’est pas assez impliqué je pense pour se lancer dans une tournée. Dans ce style de musique quand tu veux faire des tournées, il faut quand même donner beaucoup de soi. Il faut tourner pendant un an sans être payé facilement. Tu ne peux pas te dire que tu pars en tournée et que ta vie reste la même. Non, ta vie change énormément, tu fais des sacrifices familiaux, au niveau de l’argent aussi etc. Et Ricky n’est pas prêt pour ça. Ça a été un peu un coup dur pour moi parce que c’est vrai que j’avais vraiment envie de le faire. Et aussi, j’ai mon booker Allo Floride qui n’est pas du tout motivé pour investir sur une tournée. C’est vrai qu’aujourd’hui, les titres fonctionnent plutôt bien en stream, mais il n’y a pas de viralité sur les réseaux. Ce n’est pas évident. Et c’est vrai que tant que tu n’as pas un truc viral qui arrive et qu’il n’y a pas une évidence d’investir, ils ne le font pas. Après, on n’est pas du tout fermé s’il y a une opportunité par exemple de faire une première partie etc.

Et justement là je suis en train de préparer des tracks plutôt club pour les jouer quand même devant un public. D’ailleurs, je pense que les versions club vont certainement plus plaire à mon public que les versions que j’ai faites à Ricky. C’est vrai que le projet avec Ricky, c’est autre chose. Je sais qu’il y a des gens sur Flashback FM qui n’ont pas trop compris. C’était complètement différent de ce que je faisais avant et peut-être qu’au niveau communication, je n’avais pas assez expliqué que c’était aussi une parenthèse, que c’était comment dire comme un projet collaboratif à part. Ça, ça perd un peu les gens. Je pense qu’on m’attend quand même plus sur quelque chose de plus électronique. Donc voilà, pour l’instant il n’y aura pas de tournée live, même si c’est pensé pour. Mais c’est quelque chose que j’aimerais vraiment faire si l’occasion se présente parce que je viens de la scène à la base. Plutôt rock, et c’est vrai qu’être avec un batteur sur scène, ça a toujours été un peu mon rêve. Un chanteur, un batteur, un power trio, puis avec des machines etc. C’est un peu ce que j’aimerais faire.

La Face B : Quand les gens écouteront cet album, qu’est-ce que tu aimerais qu’ils ressentent en priorité ? Du réconfort ? Le sentiment de pas être seul ? L’évasion ?

Møme : Pour moi, c’est un album un peu feel good. Ce n’est pas un truc ultra profond. Il y a peut-être juste Paranoïa que je trouve profonde, qui est vraiment chargée. Mais après le reste, l’idée c’était plus les vacances, un peu ce truc où je suis en voiture. Ou le matin en partant au travail. Il y a vraiment ce truc dans le quotidien.

La Face B : J’ai l’impression que cet album se termine un peu sans fermer de porte. Est-ce que tu vois ce projet comme un nouveau départ pour le duo ou comme une étape sur un chemin plus long de ta carrière ?

Møme : Je le vois comme une étape. J’adore la voix de Ricky, ce qu’il fait. J’adore notre collaboration. Ça se fait naturellement. Sur cet album, on a produit de la musique sans se poser de questions. Ça, c’est vraiment un luxe aujourd’hui je pense. Parce que c’est vrai que dès que tu produis avec quelqu’un, ça pense tout de suite marketing alors là pas du tout. On était complètement dans la musique, dans ce qu’on aime faire. Donc je le vois comme une étape où je ne ferme pas la porte. On pourrait refaire quelque chose. Après je ne pense pas que ça serait tout de suite parce que même là après cet album, ça fait deux ans que je travaille sur la voix avec Ricky. J’ai envie de changer d’air, tu d’autres collaborations. Je cherche à collaborer avec de nouveaux artistes, des nouvelles voix et après forcément peut-être qu’on reviendra à retravailler ensemble dans quelques années. J’ai l’impression que c’est un peu un truc qui va durer dans le temps. Depuis cinq ans, j’aime sa voix. Dans cinq ans, j’aimerai encore sa voix, ses idées. Je ne ferme pas la porte. D’où la dernière track qui est Way I Move.

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