Il faut l’admettre, cet échange ne nous a pas laissés indifférents. Car rencontrer une artiste comme Natanya n’a rien de commun. À seulement 24 ans, l’Anglaise impressionne par sa créativité et une ambition assumée. Natanya n’espère pas devenir une super star, elle en est une. Chez elle, il ne s’agit pas de rêves mais d’une trajectoire déjà en marche, prête à se déployer. Et difficile de lui donner tort quand on observe de plus près son parcours depuis son retour cet été, qui ressemble à la version ultime d’un vision board parfaitement manifesté. Soutenue par celles et ceux qu’elle admire, elle s’élance en tournée aux côtés de Ravyn Lenae, Destin Conrad, Mereba et PinkPantheress, pendant que SZA et Tyler, The Creator partagent son travail.
Natanya est partout. Elle écrit, produit, s’implique dans sa direction artistique, choisit ses équipes avec attention. Ce qui frappe lors de notre entretien, mais que l’on pressentait déjà, c’est l’équilibre qu’elle incarne. Cultivée et réfléchie, diplômée de UCL (un cursus mené en parallèle de sa carrière), nourrie de références solides et portée par une vision limpide de ce qu’elle veut défendre. Elle avance avec assurance tout en ayant les pieds sur terre. Elle est accessible, chaleureuse et semble prendre un plaisir sincère à faire la musique qu’elle aime tout en s’amusant.
Son nouveau projet, Feline’s Return, pensé en deux actes, affirme une certaine dualité. Une première partie qui veut prouver sa place, mal à laise mais déterminée, puis une seconde plus posée, introspective, qui n’a plus à prouver. L’ensemble donne naissance à des morceaux tout simplement addictifs.
Si elle n’était pas déjà entourée en rouge sur votre liste d’artistes à suivre, elle saura au moins vous surprendre en 2026. Son nom sera sur toutes les lèvres d’ici la fin de l’année, alors que se profile un projet plus long dont la forme nous est encore inconnue. Artiste complète, elle nous évoque Doechii, non pas par une quelconque parenté musicale, mais par cette même honnêteté sur son parcours et cette ambition qui ne relèvent pas de l’ego mais plutôt d’une conviction profonde et héritée de douleurs passées. « Si je ne crois pas en moi, qui le fera à ma place« en somme.

Version française / English version below
LFB: Tout le monde parle du soutien que tu as reçu d’autres artistes ces derniers temps. J’ai vu que Tyler, The Creator t’a suivie sur Instagram ce mois-ci, et on sait à quel point il a été une source d’inspiration pour toi. Parmi tout ce qui se passe en ce moment, est ce qu’il y a une interaction qui t’a particulièrement marquée ?
Natanya: Je pense que celle avec Tyler a été la plus émouvante. Quand j’étais plus jeune, je l’admirais énormément. Pendant mon l’adolescence, je n’avais pas vraiment le droit de sortir, mes parents étaient très stricts. Je vivais un peu par procuration à travers sa musique et celle de ses amis. Steve Lacy, Frank Ocean, tout leur univers était une vraie échappatoire pour moi, et c’est aussi ce qui m’a donné la confiance nécessaire pour commencer à produire. Alors quand il m’a remarquée et qu’il m’a donné cette reconnaissance, ça m’a bouleversée. J’ai pleuré. Quand j’ai vu qu’il me suivait, j’ai eu une image très précise en tête. Moi, rentrant de l’école à pied, en train d’écouter sa musique au soleil. C’était complètement fou.
LFB: Est-ce que tu as l’impression qu’il y a beaucoup de regards posés sur toi en ce moment, ou d’attentes ?
Natanya: Oui, clairement. Et le truc, c’est que j’ai toujours ressenti ça, même à une époque où personne ne me connaissait. J’ai toujours eu l’impression qu’on attendait beaucoup de moi. Mais aujourd’hui, les gens commencent vraiment à comprendre ce qui se passe dans mon univers, et ils trouvent ça génial. Forcément, ça crée encore plus d’attentes, alors j’essaie de gérer ça du mieux que je peux.
LFB: Est ce que ça te paraît parfois lourd à porter ? Comment tu gères ça ?
Natanya: Je navigue entre une excitation immense, celle de voir les gens réaliser enfin tout ce que je peux faire musicalement, et une forme de nervosité. En grandissant, tu te demandes toujours si tu vas réussir à refaire aussi bien. Les conditions de ta vie changent, et tu te demandes si, avec cette nouvelle version de ton vécu, tu peux encore procurer aux gens ce même sentiment.
LFB: Un extrait de On Your Time devient viral en ce moment, surtout la partie à propos de Solana (SZA, ndlr). Est ce qu’il y a des chansons ou des albums qui te touchent particulièrement à chaque écoute ?
Natanya: En ce moment, j’écoute beaucoup le premier album de Barbra Streisand. Il y a un morceau dessus, Cry Me a River. Elle en a fait une reprise, et vers la fin, quand sa voix se met presque à grogner, je dois vraiment me retenir de pleurer à chaque fois. C’est mon morceau émotion du moment. J’aime aussi énormément Livin’ Thing de Electric Light Orchestra. Cette chanson me bouleverse à chaque écoute.
LFB: Concernant ton projet, j’ai l’impression qu’il n’y a pas un titre qui se détache plus qu’un autre en termes d’écoutes. On sent plutôt que les auditeurs prennent le temps de vivre avec l’album dans son ensemble et je trouve ça important à souligner.
Natanya: C’est exactement ce que je voulais. Je voulais vraiment que les gens tombent amoureux du projet dans son ensemble. Si j’étais devenue une artiste avec une seule chanson que tout le monde adore et que le reste passait au second plan, ça m’aurait brisé le cœur. On change tous les jours, on grandit, on a des envies, des besoins et des goûts qui évoluent. Imagine que ton public ne puisse pas avancer avec toi à cause d’un seul morceau. Ça n’a jamais été ce que je voulais.
J’ai toujours admiré les artistes qui créent des albums iconiques. C’est pour ça que Michael Jackson restera toujours mon graal absolu. Thriller, Off the Wall, et même tous les albums qui ont suivi. Il a créé des projets dans lesquels tu pouvais vivre, où chaque chanson est mémorable. Amy Winehouse, Frank Ocean, Tyler, The Creator, The Beatles, ce sont des auteurs et des producteurs qui construisent de véritables mondes, dans lesquels tu as envie de rester, pas juste de tremper un orteil avant de repartir. C’est exactement ce que j’essaie de faire.
LFB: Tu as récemment partagé Ur Fool sur tes réseaux, qui est l’un des titres les plus discrets du projet. Comment tu te sens par rapport à ça ?
Natanya: Cette chanson était très importante pour moi quand je l’ai écrite. Je pense qu’elle est un peu plus lente que les autres, donc les gens ne lui accordent pas forcément de crédit tout de suite. Mais si on prend vraiment le temps de l’écouter, elle peut emmener très loin émotionnellement. Unflirt a une voix absolument magnifique donc j’étais vraiment fière de travailler avec elle.
LFB: Comment cette collaboration avec Unflirt a vu le jour ? C’est ta toute première collaboration, et l’une des siennes aussi.
Natanya: On travaillait toutes les deux avec la même personne, c’est comme ça qu’on s’est rencontrées. Quand j’ai écrit la chanson, elle a été la seule personne à qui j’ai pensé. Elle s’est imposée comme une évidence, alors je lui ai proposé de faire quelque chose dessus. Elle a tout de suite été super ouverte et enthousiaste. On est allées en studio ensemble. On se disputait toutes les deux avec nos copains à ce moment là, puis on est allées au pub après. C’était la veille de mon anniversaire. J’ai enregistré le morceau le 4 septembre 2024. Elle est tellement cool, tellement talentueuse, et tellement adorable.
LFB: J’ai aussi pris le temps de parcourir tes réseaux et j’ai remarqué que tu avais un autre compte où tu partages certaines de tes lectures. Quels sont les meilleurs livres que tu as lus cette année, ou ceux qui t’ont vraiment marquée ?
Natanya: En ce moment, mes livres préférés sont les autobiographies. Quand je lis l’histoire de quelqu’un d’autre, je m’y projette complètement. Celle qui m’a le plus touchée, c’est l’autobiographie de Mariah Carey. Elle m’a énormément parlé parce qu’elle était une vraie lumière dans un monde où la vie n’était pas toujours heureuse. Elle était très déterminée et totalement assumée, même face à ce qu’elle n’avait pas à l’époque. Je l’ai lue pendant une période très difficile, et ça m’a aidée à me sentir moins honteuse de moi même en marchant dans la ville. Ce livre a vraiment compté pour moi.
En ce moment, je lis l’autobiographie de Barbra Streisand. Elle est tellement inspirante, très affirmée, et elle n’a jamais laissé qui que ce soit lui dire non. Je me reconnais beaucoup là dedans. Quand tu essaies de trouver ta voie et d’avancer dans une industrie compliquée que tu aimes profondément, ce genre d’histoires peut vraiment changer ta façon de voir les choses. Elles permettent de remettre la difficulté en perspective, parce que tu te rends compte qu’un jour, ce sera aussi ton autobiographie.

LFB: On sent aussi que tu es très attirée par le fait de manifester, les vision boards, ce genre de choses. Est ce que tu crois que, quand on se concentre vraiment sur un objectif et qu’on fait confiance à l’univers, ça peut réellement se produire ?
Natanya: Pas tous les jours, mais souvent, oui. Parfois je m’assois et je me dis que je ne peux pas devenir la plus grande star britannique au monde. Je me dis, pourquoi ce serait possible ? Je ne suis pas passée par la BRIT School. Et puis je me retourne la question. Pourquoi pas ? Qu’est ce qui m’en empêche vraiment ? Et si quelque chose me bloque, pourquoi je ne pourrais pas me pousser à aller au delà ? Je crois vraiment que si tu commences l’année en te disant que tu vas y arriver, cette croyance guide ton corps à chaque étape. Tu commences à faire les changements nécessaires pour que ça arrive. À condition de le vouloir profondément. Beaucoup de gens ne le veulent pas assez, et c’est pour ça qu’ils ne font pas ces changements.
LFB: Quand tu as des objectifs comme ceux là, est-ce que tu les partages avec les gens autour de toi, ou est-ce que tu préfères les garder pour toi, par peur du mauvais œil ?
Natanya: J’essaie de ne pas dire les choses avant qu’elles n’arrivent, parce que je ne les considère pas comme réelles tant qu’elles ne le sont pas. La plupart du temps, je sais que je fais de mon mieux, mais je ne pense pas que quoi que ce soit garanti. Alors je garde beaucoup de choses pour moi. Je ne suis pas non plus quelqu’un de très dramatique par rapport à ce qui se passe dans ma carrière ou dans ma vie. Beaucoup de choses me semblent assez normales. Je suis très émotive et célébrative quand quelque chose arrive, mais après, ça passe rapidement à l’arrière plan et je me dis, et maintenant, quoi ? Je ne ressens pas toujours le besoin d’annoncer les choses à tout le monde, parce que ce n’est pas réel tant que ce n’est pas accompli.
LFB: J’ai aussi vu les videos diaries que tu partages sur YouTube, et on sent que documenter ce parcours est important pour toi. Qu’est ce que cette documentation t’apporte de plus que la mémoire seule ? Est ce que c’est une manière de garder une trace de ton évolution, de mieux digérer ce que tu traverses, ou de laisser quelque chose à ton toi du futur ?
Natanya: Honnêtement, je passe beaucoup de temps seule avec mes pensées. Je m’entends bien avec les gens, mais je suis introvertie sur certains aspects. Beaucoup de mes pensées les plus profondes, mes rêves, mes aspirations, mes réflexions philosophiques sur le monde, je ne les partage pas avec la plupart des personnes dans ma vie. Parfois, mon journal sur mon MacBook est le seul endroit où je peux réfléchir à voix haute, être totalement moi même, sans censurer mes pensées. C’est la principale raison pour laquelle je fais ça. J’adore aussi pouvoir regarder en arrière et voir le processus. C’est la façon la plus simple pour moi de garder une trace de ce que je ressens et de ce que je pense à un moment précis. Et puis c’est une histoire légendaire. Dans vingt ans, ce sera énorme.
LFB: Est ce que tu regardes déjà en arrière et vois une évolution ?
Natanya: En 2024, quand j’ai commencé à faire pas mal des démos de Feline’s Return, je dansais dessus dans ma chambre, toute seule, en me filmant sur photo booth. C’était avant que tout n’arrive. C’est un peu ce qui a déclenché toute la chaîne d’événements autour de Feline’s Return, le projet en lui même. J’adore me revoir en train de célébrer mon travail avant toute la tragédie du reste de l’année. Ça me réchauffe vraiment le cœur de savoir que cette personne si enthousiaste, qui croyait profondément en elle même, si vive et pleine de confiance, est aujourd’hui célébrée.
LFB: Comment fais-tu pour avoir autant confiance en toi ?
Natanya: Je suis née avec cette confiance. J’ai toujours eu ce sentiment de suivre mon propre chemin, pas celui de tous les autres poissons dans l’océan. Parfois, c’est simplement dire à voix haute ce que tu veux ressentir. Parfois, c’est dire à quelqu’un « c’est l’une des histoires les plus fascinantes que tu entendras dans l’histoire de la musique », avant même d’y croire totalement toi même. Plus tu le dis, plus ça devient une vérité de ta vie que tu finis par accepter, parce que l’histoire se déroule comme elle doit se dérouler. Tout le monde a un destin. Moi, je me mets au défi d’aller au fond de qui je suis, et de voir ce qui en ressort.
LFB: Y a t-il un ou une musicienne que tu admires pas seulement pour sa musique, mais aussi pour la manière dont il/elle a mené sa carrière ?
Natanya: Michael Jackson et Beyoncé. J’adore le fait que Michael Jackson ait travaillé dès son plus jeune âge. Il s’est réinventé un jour, il s’est simplement dit « je vais me réinventer », et il a changé son héritage pour toujours. J’aime aussi le fait qu’il n’ait jamais ressenti le besoin d’être plus flamboyant qu’il ne l’était déjà. J’ai lu Moonwalker, et il expliquait qu’il se promenait chez lui en pyjama, mais que dès qu’il sortait, c’est là qu’il devenait le personnage. Ça m’a énormément parlé, parce que je ressens parfois la même chose.
Et Beyoncé… je pense qu’elle a tout fait parfaitement. Elle a travaillé aussi dur que Michael, elle s’est poussée à fond, et elle ne s’est pas autodétruite quand tout le monde est devenu obsédé par elle. Elle a gardé sa famille proche et s’est assurée d’avoir un réseau de soutien solide, ce qui est tellement important quand autant de gens s’intéressent à qui tu es.
LFB: As-tu eu peur de perdre ton public d’avant en proposant quelque chose d’aussi différent avec ce nouveau projet ?
Natanya: Non. Par moments, il m’est arrivé de penser que si mon public n’aimait pas ce que je sortais cette fois-là, cela m’aurait profondément attristée. Je me demandais pourquoi ils ne voyaient pas que c’était mieux. Bien sûr, il est normal que chacun ait ses morceaux préférés, mais quand on fait de la musique en étant aussi jeune que moi, c’est une compétence qui se construit avec le temps. On ne peut que progresser en continuant à pratiquer. Alors, lorsque quelqu’un n’apprécie pas un travail façonné après des mois, voire des années d’efforts et d’évolution, cela devient frustrant. C’est un peu ce qui s’est produit avec Feline’s Return. Au début, le public ne comprenait pas, et de mon côté, je me disais encore une fois : pourquoi ne le voyez-vous pas comme je le vois ?
LFB: Tu sembles très proche de ta communauté de fans. À quel point c’est important pour toi ?
Natanya: C’est essentiel, parce que dans un milieu aussi instable, ce sont un peu les seuls sur qui tu peux compter. Ce sont les personnes qui t’aimeront quand plus personne ne parlera de toi. Ils m’aimaient déjà quand personne ne me mettait en avant. L’une des choses les plus belles, c’est la relation qu’on a construite ensemble. La fan culture, c’est avant tout l’amour et la joie autour de la musique. Je lis les messages sur le Discord et je vois à quel point les gens rient ensemble, et c’est aussi trop mignon. J’ai tellement envie de les impressionner, vraiment.


LFB: Tu as tout co-produit avec Jkarri sur ce projet, et vous travaillez ensemble depuis longtemps. Qui y a-t-il de si spécial dans le duo créatif que vous formez ?
Natanya: L’une des choses que j’ai vraiment appréciées chez Jkarri à mesure qu’on se rapprochait, c’est qu’il m’a laissée être la productrice exécutive que tout le monde me disait que je ne pouvais pas être. Quand les gens me voyaient, si petite et si jeune, ils essayaient de prendre le dessus sur ma vision parce qu’ils ne me faisaient pas confiance. Alors c’est tellement incroyable de rencontrer quelqu’un qui te laisse diriger ton processus créatif et devenir la productrice que tu étais censée être. Beaucoup de filles n’ont pas ce privilège.
Avant, j’entrais en studio avec d’autres producteurs, et dès que tu leur dis que tu joues du piano et que tu produis, ils s’en fichent. Ils te disent juste « tu chanteras sur mes prods ». Mais moi, je veux chanter sur mes propres prods. Et quand quelqu’un te répond « d’accord, tu veux chanter sur tes propres prods ? On fait comme ça. J’ajouterai ce que je peux », c’est extrêmement rare et précieux.
LFB: Comment ce processus de travail se met-il concrètement en place ?
Natanya: Je fais beaucoup de démos chez moi sur mon ordinateur, puis je les apporte en studio. Parfois, Josh est simplement à l’ordinateur en train d’appuyer sur des boutons, mais c’est moi qui dirige le processus, en disant « mets ça là » ou « déplace ça ici ». C’est un peu comme Quincy Jones. Un producteur exécutif qui dirige tout l’orchestre uniquement avec sa voix. C’est exactement le rôle que je prends en studio.
LFB: Sur un plan plus technique, est ce qu’il y a des petits détails de production qui t’enthousiasment particulièrement en ce moment ?
Natanya: Dans ma propre musique ? J’aime vraiment le drama. Chaque morceau a sa propre dramaturgie, son propre climax, et chaque chanson est camp à sa manière. J’adore le fait que, quand j’écoute tout ça aujourd’hui, ça me semble déjà très éloigné de la personne que je serai en 2026. Je peux fermer les yeux et imaginer le paysage du morceau que j’ai créé, ce qui est assez rare. Peu d’albums arrivent à te transporter comme ça. Ce que je valorise le plus, c’est à quel point mon approche de la production est immersive.
LFB: Y a-t-il un morceau sur ce projet dont tu es particulièrement fière en termes de production ?
Natanya: Évidemment, On Your Time est incroyable, mais je suis aussi très fière de Jezebel et de Guitar.
LFB: Quand tu as commencé à travailler sur ce projet, est-ce que tu avais déjà une vision très claire de ce que tu voulais faire avant de te lancer dedans, ou est-ce que cette vision s’est construite au fil des morceaux ?
Natanya: C’était plutôt une question d’ambiance. J’avais un sentiment global d’identité que j’ai utilisé dans chaque chanson. Je savais que je voulais quelque chose d’un peu plus camp. Je me souviens être entrée en studio pour enregistrer les voix en me disant que je ne voulais pas chanter plus que nécessaire, ni m’égarer dans des envolées vocales inutiles. Je voulais que chaque chose soit exactement à sa place. Je voulais que ce soit maximaliste dans la production mais que ça sonne presque minimaliste à l’oreille, ou du moins que ça en donne l’impression. Je ne voulais pas perdre les gens. Je voulais transmettre un message avec le moins de mots possible. C’était vraiment essentiel pour moi.
LFB: À quel moment as-tu décidé que le projet se diviserait en deux parties ?
Natanya: Au moment où j’ai commencé à l’assembler. J’ai tout enregistré en pensant que ce serait un projet de douze titres, mais en en discutant avec mon équipe, on s’est rendu compte que ça n’aurait sans doute pas de sens si on ne racontait pas l’histoire en deux temps, parce que les deux parties ont des énergies complètement différentes.
LFB: Quelle était l’inspiration derrière les pochettes de ce projet ?
Natanya: J’adore l’art pin up, surtout celui du début du XXe siècle. J’avais envie de faire quelque chose inspiré de ça. Je voulais aussi créer ce sentiment d’être mise sous les projecteurs, sur scène. Les deux pochettes reflètent cette idée, mais de manière différente.
La première parle du fait d’être soudainement sous le feu des projecteurs, avec ce léger choc, ce sentiment de ne pas encore totalement être à sa place, de se dire « mon dieu, maintenant je dois chanter ». C’est exactement ce que je ressentais à ce moment là. J’étais incertaine, nerveuse, mais très déterminée. Je voulais saisir chaque opportunité possible pour faire exister la musique.
L’acte deux est différent. Le regard est direct, très sûr de lui. Le projecteur est toujours braqué sur moi, je suis toujours mise sur le devant de la scène, mais je ne suis plus choquée. C’est plutôt « je vais te montrer ». C’est cette sensation qui se cache derrière les deux pochettes.
LFB: J’aime beaucoup l’univers visuel que tu construis autour de ce projet. La pochette, les visualizers. À quel point es-tu impliquée dans la direction artistique ?
Natanya: Énormément. Avant de commencer un projet, je prends toujours le temps de réfléchir à l’univers. Même quand j’écris des chansons, j’incarne déjà un personnage. Je savais que si le projet n’avait pas une identité forte, ça n’aurait aucun intérêt. J’ai un attachement très profond à l’aspect visuel de mon travail. Je suis impliquée jusqu’au montage des vidéos. Je travaille avec une réalisatrice très talentueuse, mais je suis là à faire des notes sur le montage. Certaines de mes idées se retrouvent dans la vidéo finale, d’autres viennent d’elle. C’est un vrai travail collaboratif.
LFB: On a l’impression que tu as vraiment la main-mise dans tout ce qui touche à ta musique.
Natanya: Tu es obligée d’être impliquée à ce point là. Les gens ne réalisent pas que, quand tu deviens artiste, tu ne fais pas juste une chanson, tu construis un monde. C’est toute la beauté de l’art. J’aime la musique, mais j’aime l’artistique dix fois plus que la musique seule. Tout est une question de narration. Comme quand tu vas au West End ou à Broadway et que les lumières s’éteignent. Pendant une seconde, ce n’est pas un film, mais tu as l’impression d’en regarder un tellement c’est immersif. Même au cinéma, quand les lumières s’éteignent, tu ressens ça. Tu dois faire ressentir la même chose aux gens à travers qui tu es. Tu dois leur donner absolument tout pour les plonger dans ton univers.
LFB: Tu as été assez transparente sur la séparation avec ton ancien manager et à quel point cette période a été douloureuse pour toi. Quand tu as commencé à reconstruire une équipe autour de toi, est-ce que tu as été particulièrement prudente ?
Natanya: Je suis restée avec le même label pendant toute cette période, mais après ça, j’ai été très vigilante. J’adore ma manageuse, mais je lui ai dit non trois fois avant de lui dire « d’accord, je travaille avec toi ». Je voulais être sûre que les personnes avec qui je m’entourais prendraient ça au sérieux et feraient les choses correctement.
J’ai aussi été avec une autre société de management pendant un moment. On avait des réunions tous les lundis, mais il n’y avait aucune audace, aucune prise de risque. Ce n’était pas « on est dans une situation compliquée, donc on va tout tenter ». C’était uniquement du protocole. Je les regardais en me disant que ma situation n’avait pas besoin de protocole. Elle avait besoin de courage. D’audace.
J’ai été très prudente, et je le suis encore. Avant de choisir de travailler avec quelqu’un, je dois toujours y réfléchir à deux fois. Aujourd’hui, mon équipe est très stable. Tout le monde travaille dur parce qu’ils ont envie d’être là, et ils continuent de s’investir.
LFB: Veux-tu rester indépendante ?
Natanya: Je ne veux pas rester indépendante parce que je ne veux pas rester au niveau d’une artiste indé. Un jour, je veux pouvoir inspirer des millions de personnes, et à ce niveau là, ce n’est pas possible.
LFB: Tu dois avoir beaucoup de professionnels de l’industrie qui s’intéressent à ce que tu fais, donc tu dois être particulièrement vigilante en ce moment.
Natanya: C’est pour ça que c’est si important d’avoir une équipe solide. Ma famille reste très impliquée. Je parle toujours business avec mon père. Moi, je suis là pour créer le meilleur univers possible pour mes fans, et pour toutes les personnes qui le deviendront. Peu importe la forme que ça prend, c’est cette voie que je suis. Je ne suis pas impressionnée par les choses tape à l’œil. Ce n’est pas pour ça que je suis là. Je veux faire les choses du mieux possible, à tous les niveaux. Je veux être la meilleure artiste que je puisse être. Je ne vais pas travailler avec quelqu’un juste parce qu’il agite quelque chose devant moi en disant « on a tout ça ».
LFB: Avec le recul, qu’est-ce que cette dernière année t’a appris sur toi-même ?
Natanya: Je pense que 2025 m’a appris que tout le monde a un destin. Que tu fuies, que tu te dises que tu n’en es pas capable, ou que tu aies peur, si c’est ton destin, ça arrivera. Souvent, quand je me dis que je ne peux pas faire quelque chose, je me reprends et je me dis « Natanya, mais pourquoi ? ». Tout ce que je pensais ne pas pouvoir accomplir dans des moments d’insécurité, je l’ai finalement fait.
LFB: C’est vraiment inspirant de te voir vivre ce moment de renouveau et de croire autant en toi. Quand tu crois en toi, les autres finissent aussi par y croire.
Natanya: En tant qu’êtres humains, on a tous peur de ce qu’on fait, que ce soit dans la musique, le business ou la vie en général. La vie est dure et effrayante. Il y a quelque chose de très fort dans le fait de voir quelqu’un qui croit en lui. Quand tu lis son histoire ou que tu l’entends parler, ça te donne la force de continuer ta journée. C’est aussi pour ça que je fais tout ça. Je suis heureuse que d’autres se sentent inspirés simplement parce qu’ils me voient essayer. Je vois déjà tellement de choses éclore, et je suis très fière de tout ce qui s’est passé. Si je crois en moi, c’est par survie, par instinct de préservation. Ne pas croire en soi coûte bien trop cher.
LFB: Qu’est ce qu’on peut attendre de toi en 2026 ? Qu’est ce que tu peux nous dire ?
Natanya: Vous pouvez vous attendre à un projet vraiment, vraiment incroyable. D’ici la fin de l’année, vous serez complètement obsédés par moi.
LFB: Tu disais vouloir faire ta propre tournée. Comment est-ce que çela se profile ? Si tu reviens à Paris, j’adorerais te voir sur scène.
Natanya: On est encore en train de tout organiser, mais j’espère pouvoir partir en tournée à la fin de l’année. J’adorerais revenir à Paris. C’est ma ville préférée pour jouer. L’énergie y est incroyable.
LFB: Est-ce que tu es déjà venue ici simplement en vacances ?
Natanya: Une fois, quand j’avais onze ans, mais mes souvenirs sont assez flous. Je me rappelle avoir goûté des escargots et des cuisses de grenouille, mais c’est à peu près tout. Toutes les autres fois, je suis venue pour jouer. Parfois, on a une journée libre et je peux explorer un peu. Oh, j’oubliais une énorme partie de mon été, je suis allée à la Fête de la Musique l’an dernier, et c’était le meilleur moment de ma vie. Le soleil, la joie… Paris est la plus belle ville du monde. Il y a une liberté en France qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs. C’est comme un climat tropical dans une ville européenne, avec des gens qui passent un moment incroyable. J’adore ça.
LFB: Tu es la bienvenue pour revenir cette année.
Natanya: Avec plaisir, et j’aimerais aussi y jouer. Ça fait partie du rêve. Tout, en fait. Je veux tout faire.
English version
LFB: Everyone is talking about the co signs and reconnections you’ve been having with other artists lately. I saw that Tyler, The creator followed you on Instagram this month, and we know how much of an inspiration he has been for you. Was there one interaction that really stood out to you among everything that’s been happening?
Natanya: I think the Tyler one was the most emotional. I really used to look up to him when I was young. I wasn’t allowed out of my house much as a teenager, I had very strict parents. I used to live vicariously through his music and the music of his friends. Steve Lacy, Frank Ocean, their whole universe was an escape for me and it gave me the confidence to start producing. So when he noticed me and gave me my flowers, I was so emotional. I was crying.
LFB: That must feel like a full circle moment for you.
Natanya: I saw a memory of me walking home from school, listening to his music in the sunshine, when I saw that he followed me. It was really crazy.
LFB: Do you feel like you have a lot of eyes on you at the moment, or a lot of expectations?
Natanya: Absolutely. And the thing is, I’ve always felt like that, even when no one knew who I was. I’ve always felt like everyone expects a lot from me. But especially now, people have really started to clock what’s going on in my world and they think it’s brilliant. And with that comes a lot of expectation, so I’m trying to manage it the best I can.
LFB: How do you process that?
Natanya: I vacillate between being so excited that people finally realize how much I can do musically, and being nervous. You grow up and you wonder if you can repeat the same thing again. The conditions of your life change and you ask yourself, with this new version of my experience, can I give people that same feeling all over again?
LFB: This clip of On Your Time is going viral, especially the Solana part. Are there any songs or albums that get you in your feelings every time?
Natanya: Recently, I’ve been listening to Barbra Streisand’s debut album. There’s a song on it, Cry Me a River. She did a cover and near the end, when she growls, I have to stop myself from crying every time. That’s been my emotional one lately. Another song I’ve really loved is Livin Thing by Electric Light Orchestra. It makes me very emotional.
LFB: Regarding your project, I feel like there isn’t one obvious standout in terms of streams. It seems that listeners are sitting with the whole record rather than picking just one song, which I think is very precious.
Natanya: I wanted it so badly. I wanted people to fall in love with the project because if I became an artist with one song people loved and the rest faded into the background, I’d be heartbroken. You change every day, grow up, have different wants, needs, and tastes. Imagine your audience not being able to move along with you with just one song. That was never what I wanted.
I’ve always looked up to artists who made iconic albums. That’s why Michael Jackson is forever my big holy grail, Thriller, Off the Wall, even all the albums after that. He made projects you could live in, every song is memorable. Amy Winehouse, Frank Ocean, Tyler, The Beatles, they’re songwriters and producers who create worlds you want to live in, not just dip your toe in and run away. I’m not trying to do that.
LFB: You shared Ur Fool on your socials recently which is one of the deeper cuts of the project. How do you feel about that?
Natanya: That song was really dear to me when I made it. I think it’s a bit slower than the rest, so people don’t give it immediate credit. But if they really listen to it, it can take them on an emotional journey. Unflirt has such a beautiful voice, so I was really proud to work with her.
LFB: How did that collaboration with Unflirt come together? It’s your first one, and one of hers as well.
Natanya: We both worked with the same person, which is how we first connected. When I wrote the song, she was the only person I could think of. She immediately came to mind, so I asked her if she wanted to do something on it. She was very open and excited about it. We went to the studio together. We were both arguing with our boyfriends at the time, then we went to the pub afterwards. It was the night before my birthday. I recorded it on September 4th, 2024. She’s so cool, so incredible, and so cute.
LFB: I noticed you have another account where you share some of your readings, among other things. What are some of the best books you read this year, or ones that really stayed with you?
Natanya: My favorite books right now are autobiographies. When I read someone else’s story, I completely insert myself into it. One that really touched me was Mariah Carey’s autobiography. It spoke to me a lot because she was such a light in a world where life wasn’t always happy. She was very determined and unashamed of what she didn’t have at the time. I read it during a really rough period, and it made me feel less embarrassed about myself when walking around the city. That book meant a lot to me.
Right now, I’m reading Barbra Streisand’s autobiography. She’s so inspiring, very assertive, and never let anyone tell her no. I really relate to that. When you’re trying to find your way and work through a difficult industry you love, those stories can really shift your perspective. They help contextualize the struggle, because you realize that one day, this will be your autobiography too.
LFB: It seems like you’re really into manifesting and vision boards. Do you believe that when you focus on something and trust the universe, things can actually happen?
Natanya: Not every day, but on a lot of days, yes. Sometimes I sit down and tell myself I can’t be the biggest British star in the world. I’ll think, why would that be possible? I didn’t go to BRIT School. Then I turn around and ask myself, why not? What is actually stopping me? And if something is stopping me, why can’t I push myself to get past it? I do believe that if you enter a year telling yourself you’re going to do it, that belief guides your body every step of the way. You start making the changes you need to make it happen. If you’re truly determined. A lot of people don’t want it enough, and that’s why they don’t make those changes.
LFB: When you have goals like that, do you share them with the people around you, or are you more protective, maybe a bit wary of the evil eye?
Natanya: I try not to say things before they happen, because I don’t believe they’re real until they are. Most of the time, I know I’m trying my hardest, but I don’t think anything is guaranteed. So I keep a lot of things to myself. I’m also not very dramatic about what’s happening in my career or my life. A lot of it feels quite normal to me. I’m very emotional and celebratory when something happens, but after that, it fades into the background and I think, what’s next? I don’t always feel the need to announce things to everyone, because it’s not real until I’ve actually done it.
LFB: It feels important for you to document this journey. What does documenting give you that memory alone can’t? Is it about archiving growth, processing things, or leaving something for your future self?
Natanya: Honestly, I spend a lot of time alone with my thoughts. I get along with people easily, but I’m introverted in some ways. A lot of my deeper thoughts, my dreams, aspirations, and philosophical reflections on the world, I don’t share with most people in my life. Sometimes my MacBook diary is the only place where I can talk things through, be completely myself, and not censor my mind. That’s the main reason I do it. I also love looking back and seeing the process. It’s the easiest way for me to record how I feel and think at a specific moment. And this is a legendary story. In twenty years, it will be a big deal.
LFB: Do you already look back and see the growth?
Natanya: In 2024, when I started making a lot of the demos for Feline’s Return, I used to dance to them in my room on my photo booth diary, completely alone. That was before everything happened. That kind of started the chain of events for Feline’s Return itself, the project. I love looking at myself celebrating my work before all the tragedy of the rest of the year. It really warms my heart to know that the person who was so excited, really believed in herself, so spunky and full of confidence, is being celebrated now.
LFB: How do you build that confidence?
Natanya: I was born with confidence. I’ve always had that sense of walking my own path, not like the rest of the fish in the sea. Nowadays, sometimes it’s just saying what you want to feel. Sometimes it’s telling someone, “This is one of the most interesting stories you’ll ever hear in music history,” before you even fully believe it yourself. The more you say it, the more it becomes a truth about your life that you have to accept, because the story unfolds the way it will. Everyone has a fate. I’m challenging myself to dig deep into who I am and see what comes out of that.
LFB: Is there any musician you admire for their career, not just for the music, but for how they managed it?
Natanya: Michael Jackson and Beyoncé. I love how Michael Jackson was working from such a young age. He reinvented himself one day, just decided, “I’m going to reinvent myself,” and changed his legacy forever. I like that he never felt the need to be more flamboyant than he already was. I read Moonwalker, and he said he would walk around the house in pajamas, but when he went outside, that’s when he became the character. That really resonated with me, because that’s how I feel sometimes.
And Beyoncé… I think she did it perfectly. She worked as hard as Michael, pushed herself, and she didn’t self-destruct when everyone became obsessed with her. She kept her family close and made sure she had a strong support network, which is so important when people care about who you are.
LFB: Were you ever a little afraid of losing your former audience because you were proposing something different this time?
Natanya: No. Sometimes I felt that if my audience didn’t like what I was putting out this time, I would have been so sad. I would think, why can’t you see that this is better? I completely understand that people have favorites, but when you’re making music as young as I am, it’s a skill. You’re only going to improve as you continue to practice. If someone doesn’t appreciate the work I’ve created after months and years of practice and improvement, I feel frustrated. That’s kind of what happened with Feline’s Return. At first, people weren’t seeing it, and I was like, why don’t you see it?
LFB: You seem really close to your fan base. How important is that for you?
Natanya: It’s so important because they’re all you have in a really fickle space. They’re the people who will love you when no one else is raving about you. They loved me even when no one was raving. One of the most beautiful things is the relationship we have. Fan culture is all about leading with love and joy for music, and I read the Discord and see how many people are just laughing, which is also cute. I really want to impress them, so badly.
LFB: You co-produced everything with Jkarri for this project, and you’ve been working with him for a long time. Why are you two such a good creative match?
Natanya: One of the things I really appreciated about Jkarri as we got closer is that he allowed me to be the executive producer that everyone told me I couldn’t be. When people saw me and how tiny and young I was, they tried to flatten my vision because they didn’t trust me with it. But it’s special when you meet someone who lets you direct your process and become the producer you were meant to be. A lot of girls don’t get that privilege.
I used to walk into studios with other producers, and from the moment you tell them you can play piano and produce, they don’t care. They’d just say, “You’ll sing over my beats.” But I want to sing over my own beats. For someone to say, “Okay, you want to sing over your own beats? Let’s do that. I’ll add what I can,” that’s so special.
LFB: How does that process come together?
Natanya: I make a lot of the demos on my laptop at home and bring them in. Sometimes Josh is just at the laptop pushing buttons, but I direct the process, saying “move that there” or “put that there.” It’s like a Quincy Jones thing, an executive producer directing the entire orchestra with their voice. That’s the role I take in the studio.
LFB: On a more technical level, are there small production details that excite you at the moment?
Natanya: In my own music? I really like the drama. Every song has its own form of drama and climax, and every song is camp in its own way. I love that when I listen now, it feels far removed from my 2026 self. I can close my eyes and imagine the landscape of the song I made, which is rare. Not many albums can transport you like that. What I really value is how immersive my approach to production is.
LFB: Is there a song on this project where you’re especially proud of the production?
Natanya: Obviously On Your Time is incredible, but I’m very proud of Jezebel and Guitar.
LFB: When you were starting to work on this project, did you wait to have such a clear vision of what you were going for, or did that just come along with the songs?
Natanya: It was more like a mood. I had a general sense of identity and poured that onto every song. I knew I wanted it to be very precise and camp at the same time. I remember going into the studio to track vocals, I didn’t want to sing longer than needed or meander on a run. I wanted everything to have its place. I wanted it to feel maximalist in your ears but minimalist, or maximalist on the program but feel minimalist in your ears. I didn’t want to confuse people. I wanted to communicate a message with as few words as possible. That was really important to me.
LFB: When did you decide there would be two parts of the project?
Natanya: When I started putting it together. I recorded it thinking it was going to be all twelve tracks, but then my team and I discussed it and realized it probably wouldn’t make sense unless we told the story in two parts, because the two tapes have completely different energies.
LFB: Were there any inspirations behind the covers for this project?
Natanya: I really like pin-up art, especially from the early twentieth century. I wanted to do something inspired by that. I also wanted to create the feeling of being put on the spot, on stage. Both covers reflect that in different ways.
The first one is about being put under the spotlight and feeling a bit shocked, like I don’t quite fit in yet, thinking, “Oh my goodness, now I have to sing.” That’s honestly how I felt at the time. I was unsure, nervous, but very determined. I wanted to take every opportunity I could to get the music out there.
Act two is different. It’s staring directly at you, very confident. The spotlight is still on me, I’m still being put on the spot, but I’m not shocked anymore. It’s more like, “I’m going to show you.” That was the feeling behind both covers.
LFB: I really like the visual world you’re building for this project. I love the cover, music videos and all the visualizers you’ve been putting out. How involved are you in the creative direction of this project?
Natanya: Very. Before I start a project, I always sit and think about the world around it. Even when I’m writing songs, I’m playing a character. I knew that if the project didn’t have an identity, there’d be no point. I have a deep attachment to how the creative looks. Even down to editing the videos, I work with a very talented director, but I sit there making notes on the edits. Some of my notes are in the final video, some of hers are. It’s very collaborative.
LFB: That sounds like you’re very hands-on on everything happening with your music.
Natanya: You have to be hands-on. People don’t understand that when you’re becoming an artist, you’re not just making a song, you’re making a world. That’s the beauty of artistry. I’m a music fan, but I’m a fan of artistry ten times more than just the music. It’s about telling a story. Like when you go to the West End or Broadway and the lights go down, for a second, it’s not a movie, but you feel like you’re watching one because it’s immersive. Even at the cinema, when the lights turn off, you need to make people feel like that about you as a human being. You need to give everything you possibly can to immerse them.


LFB: You’ve been quite open about the fallout with your former manager and how painful that period was for you. When you started rebuilding a team around yourself, were you careful ?
Natanya: I was still with the same label through it all, but after that, I was very careful. I love my manager, but I told her no three times before saying, “I work with you.” I wanted to make sure that whoever I worked with would take it seriously and do it right.
I was with another management company for a little while. We had meetings every Monday, but there was no bravery to do something different. It wasn’t a sense of “we’re in a predicament, so we’ll do anything we can.” It was all protocol. I looked at them and thought, my situation doesn’t need protocol. It needs bravery. It needs audacity.
I was very careful, and I still am. Before I choose to work with someone, I have to think twice. My team now is very consistent. Everyone works hard because they want to be part of this, and they keep coming back.
LFB: Do you want to stay indie?
Natanya: No. I don’t want to stay indie because I don’t want to remain at the level of an indie artist. I want to one day inspire millions of people, and you can’t do that at this level.
LFB: You must have a lot of industry professionals interested in what you do, so you have to be careful right now.
Natanya: Exactly. That’s why it’s so good to have a strong team. My family stays involved. I always speak to my dad about business. I’m here to create the best universe I can for my fans and for everyone who will become my fan. Whatever service that takes, that’s the path I follow. I’m not flattered by flashy things. That’s not why I’m here. I want to do my best at what I love in every way. I want to be the best artist I can be. I’m not going to work with someone just because they flash something in front of me and say, “We got this.”
LFB: What’s something you learned about yourself this past year, looking back?
Natanya: I think 2025 taught me that everyone has a destiny. Whether you run from it, think you can’t do it, or are scared, if it’s your destiny, it’s going to happen. A lot of times when I tell myself I can’t do something, I correct myself and say, “Natanya, but why?” Everything I thought I couldn’t do in moments of insecurity, I’ve achieved.
LFB: It’s so inspiring to see you having this kind of moment and believing so much in yourself. If you believe in yourself, everyone else will believe in you too.
Natanya: As human beings, we all feel afraid of what we’re doing, whether it’s music, business, or life in general. Life is hard and scary. There’s something special about seeing someone who believes in themselves. When you read their story or watch them talk, it gives you strength to continue your day. That’s part of it for me. I’m happy other people feel inspired to try because they see me trying. I genuinely see so much blossoming already, and I’m very proud of everything that’s happened. I only believe in myself because it’s survival and self-preservation. It costs too much not to believe in yourself and keep going.
LFB: What can we expect from you in 2026? What can you say?
Natanya: You can expect a really, really incredible tape. By the end of this year, you’re going to be so obsessed with me. In a much different way than some might be right now.
LFB: You said you wanted to do your own tour. Is that coming along, or not yet? If you come back to Paris, I would love to see you.
Natanya: We’re still planning everything, but I hope to have a tour at the end of this year. I would love to see Paris again. It’s my favorite city to perform in. The energy is incredible.
LFB: Did you ever come here just to visit?
Natanya: Once when I was eleven, but I have very faint memories. I remember trying escargot and frog legs, but that’s about it. Every other time I’ve come has been to perform. Sometimes there’s a free day, and I get to explore. Oh, I forgot a massive part of my summer, I went to Fete de la Musique last year, and I had the best time in the world. The sunshine, the happiness… Paris is the most beautiful city. It’s the coolest thing. There’s a freedom in France that other countries might not always have. It’s like tropical weather in a European city, and people are just having the best time. I love it so much.
LFB: You’re welcome to come back this year.
Natanya: I would love to, and I also want to perform. That’s part of the dream. Everything. I want to do it all.