C’est à l’occasion de la sortie du troisième album studio de Sorry, COSPLAY, que nous avons retrouvé Asha Lorenz. Retour sur cet échange où on y parle panne d’inspiration, amour, ou encore Mickey, entre autres.

VERSION ANGLAISE PLUS BAS / ENGLISH VERSION BELOW
LFB : Vous venez de sortir COSPLAY, votre troisième album (interview réalisée le 12 novembre 2025, ndlr). En un mot, comment décrirais tu l’état émotionnel dans lequel vous étiez après avoir terminé l’album ?
Asha : Soulagés.
LFB : « Nous sommes morts au moment où nous avons commencé à écrire cet album. » Est-ce que faire COSPLAY a été, pour vous, une sorte de renaissance ?
Asha : Je pense que c’était surtout une façon d’exprimer quelque chose d’abstrait. Les gens l’ont pris un peu au pied de la lettre, surtout avec la barrière de la langue. Mais je crois que cet album reste très personnel, même si c’est plus discret, plus caché dans certaines parties. Donc c’est peut-être plutôt une exploration de qui tu étais avant, une sorte de regard sur soi-même à travers le temps.
LFB : Y a-t-il eu un moment précis, un déclic dans votre vie, qui a mené à sa création ?
Asha : Je ne pense pas que ce soit un seul moment précis. C’est plutôt un assemblage de plein de choses qui se sont passées. Mais vers la fin, quand l’album a commencé à se finaliser, j’avais déjà le titre Cosplay en tête. Puis j’ai rencontré un documentariste et je lui ai demandé sur quoi il travaillait. Il m’a dit qu’il faisait un documentaire sur le cosplay, sur la façon dont les gens adoptent des personnages ou des identités, un peu comme dans le voguing dans les communautés gay. C’est là que l’idée a vraiment pris forme.
LFB : À l’écoute de cet album, on a l’impression que vous avez pleinement embrassé votre liberté, que vous êtes au plus près de vous-mêmes. En le créant, avez-vous réussi à vous libérer de certaines attentes artistiques ?
Asha : Oui, je pense que oui. Naturellement, ça peut parfois déraper un peu. Mais cette fois, comme on refaisait les choses encore et encore, je me suis un peu perdue au milieu du processus. Ça m’a frustrée et je ne me suis plus vraiment souciée de ce que les gens pensaient que nous devrions faire. J’ai utilisé ça pour simplement ressentir ce qui me semblait juste. Et je crois que c’est ce qui a nourri l’album.
LFB : Est-ce qu’il vous est arrivé, à toi et Louis, de vous sentir bloqués créativement, comme si l’inspiration vous manquait ?
Asha : Oui, parfois, même si on créait beaucoup, ça pouvait arriver. Quand tu dois toujours avancer et finir des choses, tout semble parfois tellement différent que tu te sens bloqué. Les chansons ne se connectent pas toujours immédiatement, et ça peut être frustrant de ne pas créer de nouveau matériel. Mais même dans ces moments, quand tu crois être privée de créativité, tu lis beaucoup, tu regardes des films, tu observes… et tout ça finit par ressortir plus tard dans la création, souvent d’une manière inattendue mais belle.
LFB : L’amour a toujours été présent dans votre écriture. Sa complexité continue-t-elle à vous inspirer ?
Asha : Oui, il prend plein de formes différentes. Chacun a sa propre idée, et l’amour, c’est un peu la seule chose qui nous appartient vraiment, et personne ne peut te dire le contraire. Donc si tu crées une chanson ou une œuvre d’art, personne ne peut te l’enlever.
LFB : Et c’est un sentiment qui paraît intimement lié à l’identité. Pour vous, est-ce révélateur de soi, ou un moteur qui vous fait endosser des masques ?
Asha : Je pense que c’est un mélange des deux. On change toujours. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les gens passent plus vite à autre chose dans l’amour, et que les relations deviennent un peu jetables. Pas seulement l’amour romantique, mais aussi l’amour pour nos aînés ou simplement l’amour en général.
C’est plus difficile d’aimer parce qu’on est tellement distraits, et on ressent moins de choses. Du coup, ça rend l’amour encore plus important, c’est vraiment ce qui compte pour moi. L’amour révèle quelque chose sur l’endroit où tu en es dans ta vie ou sur ce que tu dois travailler. Et si ça te pousse à porter un masque, alors oui, le fait de devoir en mettre un montre probablement qu’il y a quelque chose à explorer ou à résoudre en toi.
LFB : Quelques démos plus anciennes ont été intégrées à cet album, mêlant ainsi passé et présent. Selon toi, le progrès artistique passe-t-il par le fait de devoir revisiter ce qui a été fait avant ?
Asha : Je ne pense pas que ce soit toujours vrai. Ça dépend vraiment de ce que tu fais. Parfois, j’écris quelque chose ou je trouve une mélodie, mais ce n’est pas fini. Quand j’étais plus jeune, ça me frustrait de ne pas pouvoir terminer. Maintenant, je pense que si tu laisses de côté, c’est juste que ce n’est pas encore prêt. Les mélodies et la musique ne sont jamais perdues. L’idée te revient plus tard.
LFB : COSPLAY semble exister dans un véritable collage de culture pop, pas seulement en citant des références, mais en les réinventant. Quelle est votre relation avec ces références ? Sont-elles une source de confort, une critique, ou une énergie créative pour vous ?
Asha : Je dirais que c’est créatif. En grandissant, la culture pop était plus universelle. Il y avait une musique, des films partagés par tous. Aujourd’hui, c’est difficile de mesurer le changement parce qu’il y a tellement de variables. Peut-être que je vieillis, mais mon expérience de la pop culture actuelle me semble un peu morte ou… bizarre. On est tellement éloignés de ces références qu’elles deviennent des objets inanimés qu’on peut recontextualiser. Plutôt que de juste copier, tu prends tous les éléments de ce que tu veux copier et tu crées quelque chose de nouveau, qui ressemble à ce que tu avais avant, mais pas exactement.
LFB : Puisque beaucoup de ces chansons explorent l’identité, penses-tu qu’il soit encore possible aujourd’hui de séparer ce que nous sommes de ce que nous consommons ?
Asha : Je ne sais pas… Très bonne question. Je pense que c’est plus difficile, parce que ce qu’on consomme nous est beaucoup plus imposé par les algorithmes. Je me dis souvent que si j’étais dentiste, à écouter la radio ou à regarder Netflix, je serais exposée à une musique tellement vide. Et c’est ce que beaucoup de gens absorbent, même si ce n’est pas leur centre d’intérêt principal. Il y a tout ce contenu qui entre sans vraiment de profondeur. Et je pense que ça déconnecte les gens. Donc oui, c’est plus compliqué aujourd’hui. Mais en même temps, je crois aussi que nos goûts sont presque devenus la partie la plus importante de notre identité. On peut choisir parmi une infinité de choses. Donc la manière dont je consomme influence forcément qui je suis.
LFB : Chaque chanson de COSPLAY semble exister dans son propre univers. Est-ce que vous pensez vos morceaux comme des costumes, des rôles à habiter pour explorer différentes facettes émotionnelles et créer un parcours presque vertigineux, mais profondément authentique ?
Asha : Oui, je pense. Chaque chanson me transporte dans un… presque comme dans un autre… (ne termine pas sa phrase, ndlr). C’est un peu comme un masque, parfois. Ou juste un assemblage de choses qui donne sens à une émotion en moi. Parfois, c’est une image claire dans ma tête. Mais c’est étrange, je ne pratique pas vraiment le chant ou autre. Je me connecte juste à ça sur scène. Parfois ça ne fonctionne pas, et le concert devient difficile si je ne peux pas m’y plonger correctement. C’est comme un livre. Tu fictionnalises des choses pour qu’elles aient du sens ou pour que tu puisses les voir de l’extérieur. Ma mère disait toujours que si je me sentais triste, je devais m’imaginer dans une histoire et prendre du recul. Ça m’a vraiment marquée.
LFB : Vos clips semblent jouer un rôle important dans l’univers de Sorry. Approchez vous la réalisation de ces derniers avec le même état d’esprit que pour l’écriture des chansons ? Ou est-ce que ça vous permet d’exprimer quelque chose que vous ne pouvez pas avec la musique ?
Asha : C’est une couche supplémentaire. Parfois, pour moi, c’est comme une autre couche de la chanson. J’ai un état d’esprit similaire pour les vidéos, elles me procurent le même plaisir que la musique. J’adore le montage. Si on filme quelque chose maintenant, je peux cadrer comme je veux. Ou tu pourrais complètement le cadrer différemment. Donc j’adore… monter et voir toutes les façons dont ces images peuvent être réimaginées. J’y pense beaucoup et je le fais tout le temps. Je peux passer ma nuit dessus pendant des heures jusqu’à ce que ce soit juste. C’est un truc que j’aime, ça me permet d’être recluse et d’en profiter.
LFB : Et vos clips détournent parfois des symboles culturels familiers pour les rendre étranges, presque dérangeants. Qu’est-ce qui t’attire dans cette réinterprétation ? Est-ce une manière de révéler ce qu’ils dissimulent, ou de trouver une forme de beauté dans leur altération ?
Asha : C’est la beauté dans la distorsion. Quand tu altères quelque chose, tu le rends vivant à nouveau. Les symboles très connus finissent par devenir presque invisibles à force d’être répétés. Les déformer, c’est une façon de les réveiller, de leur redonner une tension. Ce n’est pas forcément pour choquer, mais pour déplacer le regard.
LFB : Quelle signification donnes-tu au personnage de Mickey dans Waxwing ?
Asha : Je crois que ça évoquait surtout le désir. Quelque chose d’inaccessible, qu’on ne peut pas vraiment saisir. Et c’était drôle, parce qu’à partir du moment où j’ai travaillé avec l’image de Mickey, j’ai eu l’impression de le voir partout. Comme s’il me poursuivait. Pour moi, c’est un peu le symbole ultime du capitalisme, une image reproduite à l’infini, au point qu’on ne sait même plus ce qu’elle signifie vraiment. Du coup, ça devient presque libre d’être réinterprété.
LFB : T’es-tu déjà sentie effrayée par son image ?
Asha : Oui, parfois. Pas vraiment effrayée, mais troublée. Il y a des moments où tu penses à quelque chose, et ça réapparaît tout autour de toi. Ça crée une sorte d’étrangeté. J’aime les synchronicités, mais il y a toujours ce doute : est-ce que c’est moi qui projette, ou est-ce que c’est vraiment là ?
LFB : Toi et Louis avez une forte dynamique créative, mais cette fois vous avez fait appel à Dan Carey (Fontaines D.C., black midi…) sur la plupart des morceaux. Comment son approche a-t-elle interagi avec votre dynamique de groupe ?
Asha : Il est arrivé vraiment à la fin, donc ça a aidé parce que Louis et moi avions déjà fait beaucoup. On voulait juste harmoniser les voix et que ça fasse sens sur le plan sonore… Pas tellement pour l’écriture, juste pour finaliser. Ça nous a permis de terminer l’album sans interférer.
LFB : Et qu’a-t-il apporté que vous ne pouviez pas faire seuls ?
Asha : Sur le plan sonore, il a enrichi le rendu, rendu le son plus complet, et a aidé à finaliser tout ça… Tu sais, on avait passé un an et demi à devenir un peu fous. C’était bien de finaliser avec quelqu’un d’extérieur. Il a fait tellement de disques que je lui fais confiance pour tester de nouvelles choses.
LFB : Vous vous apprêtez à partir en tournée avec ce nouvel album. Comment envisagez-vous les concerts pour ce disque ?
Asha : On a maintenant des visuels, donc je pense que ça va apporter quelque chose de nouveau. On joue cet album depuis un moment, donc les morceaux ont eu le temps de mûrir sur scène. Et puis je suis sûre qu’il y aura aussi de nouvelles chansons, ce qui sera sympa. Mais oui, j’aimerais que ce soit un peu plus théâtral.
LFB : Enfin, y a-t-il un livre, une musique ou un film que tu as aimé récemment et que tu voudrais nous partager ?
Asha : J’aime bien Isaiah Hall, c’est un vieil EP, où il y a une chanson qui s’appelle spike lee. Mais pour être honnête, je n’aime pas trop dire ce que j’aime.
LFB : Oh, désolée.
Asha : Non, ce n’est pas contre toi. C’est juste que les gens retiennent toujours ce genre de choses, et moi je change tout le temps. Après, on me dit « Ah, tu aimes ça », alors que ce n’est déjà peut-être plus le cas. Donc je préfère dire : envoyez-moi plutôt des recommandations.

ENGLISH VERSION
LFB: You’ve just released your third album : COSPLAY. In one word, how would you describe the emotional state you were in after finishing the album?
Asha: Relieved.
LFB: « We died when we started writing this album. » Did making COSPLAY feel like a rebirth to you?
Asha: I think that was more of an abstract comment. People took it more literally, especially because of the language barrier. But I do think… I think this one is still personal, but it’s kind of hidden in other places.
LFB: Was there a specific moment or spark in your life that led to its existence?
Asha: I don’t think it’s just one thing. I think it’s a collection of lots of different moments. But when it started to get finalized at the end, I had the name Cosplay in mind. Then I met this guy who makes documentaries, and I asked him what he was working on next. He said he was doing a documentary about cosplay, about how the world is in cosplay, starting with gay Vogue. That’s when the idea really crystallized.
LFB: Listening to this album, it feels like you’ve fully embraced freedom. It sounds like the closest you and Louis have come to who you really are. When making this album, did you manage to free yourself from any artistic expectations?
Asha: Yeah, I think so. Naturally, it can get a bit carried away. But I think this time, because we were redoing things so many times, I got lost in the middle of it. I became frustrated and didn’t really care what people thought should happen. I used that to just feel what I thought was the right thing to do. And so, I guess that kind of fueled it.
LFB: Have you ever felt deprived of creativity in any form?
Asha: I think I did at times. Even though we were creating a lot, when you have to keep pushing forward, sometimes it feels like everything is so different. The songs felt really different, and it took time to find a thread that connected them. I think that made me feel trapped because we weren’t writing new stuff. When you have to finish something, it drives you crazy because you need to finish what’s in front of you before moving on. It was taking so long. But I feel like when I think I’m deprived of creating one thing, I might read a lot, or be depressed, or watch loads of films. Even when you don’t realize it, those things seep through and come out later in a lovely way.
LFB: Love is a feeling that has always been present in your writing. Is its complexity something that continues to inspire you?
Asha: Yeah, I think it comes in lots of different forms. Everyone’s got their own idea, and love is kind of like the one thing that is your own, and no one can really tell you it’s not. So if you create a song or a piece of art, no one can take that from you.
LFB: It’s a feeling that also seems to be intertwined with identity. Do you see this feeling as something that reveals our true selves, or more like a feeling that pushes us to sometimes wear masks?
Asha: I think it’s a mixture of both. We’re always changing. Nowadays, my experience is that people move on from love more quickly, because people are disposable for some. Not just romantic love, but even love for our elders, or just love in general. It’s harder for people to love because they’re so distracted, and we don’t feel as much. So, it always feels really important, and it’s the one thing I really care about. Love reveals something about where you’re at in your life or what you need to work on. And if that makes you wear a mask, then, yeah, the fact that you have to wear one probably means that’s something you need to work through.
LFB: A few older demos made it onto this album, blurring past and present. To you, does artistic progress depend on revisiting what’s come before?
Asha: I don’t think that’s necessarily true all the time. It just depends on what you’re doing. Sometimes, I’ll write something or come up with a melody, but it’s not finished. When I was younger, I would get frustrated, wondering why I couldn’t finish it. But now, I think if you leave it, it’s just not ready yet. Melodies and music aren’t really lost. The idea is coming to you later.
LFB: COSPLAY feels like it exists within a dense collage of pop culture, not just referencing things, but reshaping them. What’s your relationship with those cultural references? Are they comfort, critique, or creative fuel?
Asha: I think it’s creative. Growing up, pop culture was more universally shared. There was more universal music, films, or something like that. And I feel like it’s hard to measure the change because there are so many variables. Maybe it’s just that I’m getting older, but my experience of pop culture now feels a bit dead or icky. We’re so far away from those references that they’ve become inanimate objects, which we can recontextualize. Rather than just copying something, it’s like you collect all the elements that are part of what you’re trying to copy, but you’re making something new that’s like what you had before, just not exactly the same.
LFB: Since many of these songs explore identity, do you think it’s still possible today to separate who we are from what we consume?
Asha: I don’t know. Top question. I like it. It’s harder because what we consume is more fed to us by algorithms. I always think about it like if I were a dentist, just listening to the radio or watching Netflix, it’d be such hollow music. That’s what so many people are consuming, even if it’s not their main thing. It’s like all this meaningless stuff going in. And I think that’s making people lose connection. So, yes, it is harder. But I also think now, your taste is almost the most important part of your identity. You can pick from all these different things. So I feel like the way I consume things definitely makes a difference too.
LFB: Every song on COSPLAY seems to live in its own universe. Do you think of each track as a kind of costume? A way to explore different emotions or stories and turn the album into an emotional yet honest rollercoaster?
Asha: Yeah, I think so. Each song kind of takes me into a different… It’s almost like in a different… Yeah, like a mask, sometimes. Or just a collection of things that gives sense to some emotion inside me. Sometimes it’s a clear picture in my head. But it’s weird, I don’t practice singing or anything like that. I just tap into it when I’m on stage. Or sometimes I don’t. Sometimes the show is really difficult if I can’t get into it properly. But yeah, it’s just a way to… It’s like a book or something. You fictionalize things so they make sense, or so you can see them outside of yourself. My mom always said that if I felt sad, I should imagine I’m in a story or something and zoom out. That really stuck with me.
LFB: Videos seem to play a huge role in the Sorry universe. Do you approach directing videos with the same mindset as writing songs? Or does it let you express something you can’t capture through music?
Asha: Yes, it’s another layer. Sometimes, to me, it’s like another layer in the song. I have a similar mindset when making videos, and they give me the same enjoyment as making songs. I love editing. If we film something right now, I can frame it however I want. Or you could frame it completely differently if you did it. So, I just enjoy… editing and seeing all the ways this footage can be reimagined. I think a lot about it and do it all the time. I’ll spend my night doing it for hours until it feels right. So it’s just a thing I like to do. It lets me be reclusive and enjoy it.
LFB: And your visuals sometimes twist familiar cultural symbols into something strange or unsettling. What draws you to rework those icons? Is it about revealing what’s hidden beneath them or finding beauty in distortion?
Asha: It’s beauty in distortion. I also feel like people spend so much money on music videos sometimes, and they all end up looking the same. I find that boring. It’s the same with music. There are ideas or symbols we recognize or things that already carry so much emotional weight. You can use that to your advantage. You can take things that already have so much history and meaning and use them to create something new. I like making things with a smaller budget too, it’s more fun. You can do better with less. And at the end of the day, it’s a music video. It’s supposed to be fun or have character. It should just be an extension.
LFB: What kind of feeling does the Mickey character in Waxwing evoke to you?
Asha: I guess it was just like desire. I think it was something that you can’t really touch. And I think it was just funny because honestly, when I started doing the Mickey Mouse thing, I just started seeing Mickey Mouse everywhere. In my head, it was following me. I think it’s like the ultimate symbol of capitalism. Just things that have been reproduced so many times that you don’t even know what they mean anymore. I guess it’s just something that you can claim to be something else now.
LFB: Have you ever felt scared about it?
Asha: Just sometimes it’s too uncanny. I’ll be thinking about someone or something, and then I’ll see it, and I’m like, “I think it’s funny when synchronicities happen, but you can’t really tell if it’s you or who it is.”
LFB: You and Louis have a strong internal creative partnership, but this time you brought Dan Carey (Fontaines D.C., black midi…) into the mix on most of the tracks. How did his production instincts interact with your established dynamic as a band?
Asha: Well, he just came in at the end, really, so it was helpful because Louis and I had done so much, and we just wanted to tie in the vocals and sonically make it make sense in a more… not even about the writing or anything, it was more just like we almost kind of mixed with him so it didn’t interfere. It just helped us finish it.
LFB: And what did it bring that you couldn’t?
Asha: I think sonically, making it richer, the sound more full, and just helping kind of… you know, I think we spent like a year and a half going a bit crazy, so I think helping finalize something with somebody else is good. He’s done so many records and stuff, so I trust his opinion to just try it.
LFB: You’re about to go on tour with this new body of work. How are you envisioning the live shows for this album?
Asha: Well, we’ve got some visuals now, so I think that will be cool. We’ve already been playing this one for a while, and also I’m sure we’ll have new songs, which will be nice. But yeah, I think maybe a bit more theatrical would be cool.
LFB: Finally, is there a book, piece of music, or film you’ve loved lately and would like to share with us?
Asha: I like Isaiah Hall, and it’s like an old EP, but there’s a song called Spike Lee, and I like them. And to be honest with you, I don’t really like saying what I like.
LFB: Oh, I’m sorry.
Asha: No, no, it’s not against you, but you can say that I don’t really like saying it because people always come back to it, and I feel like I’m always changing. Then suddenly people say, “Oh, you like that,” and I don’t even like that anymore, so maybe I’ll say, “Send me recommendations instead.”
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