José González : « Il était temps pour moi d’être un peu plus direct »

José González dévoile cette semaine son nouvel album, Against The Dying Of The Light. Un disque qui s’oppose aux idéologies dogmatiques et aux technologies aliénantes. De sa voix douce, il chante l’urgence de protéger ce qui fait notre humanité, s’autorisant un ton plus direct qu’à son habitude. Dans cet entretien, l’artiste suédois nous embarque dans les coulisses de la création de ce nouvel opus. L’occasion de parler, entre autres, de la place des nouvelles technologies dans la création artistique et des 20 bougies de son premier album, Veneer.

VERSION FRANÇAISE (ENGLISH VERSION BELOW)

La Face B : Le titre de ton nouvel album, Against The Dying Of The Light (Trad : Contre La Mort De La Lumière), ressemble un peu à un manifeste. Il pourrait figurer sur une pancarte, dans une manifestation. Si je comprends bien, la « lumière » dont tu parles correspond à ce qui fait de nous des êtres humains. Ou des êtres vivants, par opposition aux machines. Comment définirais-tu cette lumière que tu souhaites protéger ?

José González : En fait, ça fait référence à deux choses. D’une part, l’étincelle de la conscience – ou de la sentience. Je suis contre la disparition de la conscience humaine. Contre l’avènement d’une technologie qui accapare toutes les ressources terrestres et ne se soucie pas de nous.

D’autre part, il s’agit d’être en faveur des Lumières et contre l’obscurantisme. Nos cultures découlent des valeurs des Lumières. On leur doit les droits des femmes, l’interdiction d’être violent envers les enfants ou de torturer les animaux… Mais nous avons toujours des élevages industriels et des formes d’esclavage. Il faut donc aussi protéger les valeurs des Lumières.

Je m’oppose principalement aux idéologies dogmatiques. Et à celles qui vont à l’encontre de l’épanouissement humain.

LFB : Tu as quand même une approche assez nuancée des nouvelles technologies. J’ai l’impression que si ton manifeste avait un slogan, ce serait cette phrase tirée du premier single : « Kill the codes that feed the hate / Keep the codes that make you thrive ». (Trad : « Tue les codes qui nourrissent la haine / Garde les codes qui te permettent de t’épanouir »). Ton positionnement est donc un peu plus complexe que purement anti-algorithmes ou anti-IA.

José González : Oui, ce n’est pas si simple que ça. En réalité, nous sommes guidés par des « algorithmes naturels », qui existaient bien avant qu’on ne sache les expliquer ou les répliquer. C’est ce que dit Daniel Dennett un de mes philosophes préférés – quand il parle de « free floating rationale » (Trad : « raisonnement flottant »).

Nous sommes donc entourés d’algorithmes, mais nous créons également des machines et des écrans, qui sont addictifs. Et ce n’est pas évident de savoir comment se comporter par rapport à eux avec eux, compte tenu de notre passé évolutif. Pour moi, cela génère certaines inquiétudes, comme : comment vivre dans cette époque de divertissement infini ?

LFB : Et tu abordes ces inquiétudes de manière assez directe dans l’album. Notamment par rapport au précédent, Local Valley, qui était plutôt intime et introspectif. Qu’est-ce qui t’a donné envie de partager tes préoccupations à travers ta musique ? Et quel effet espères-tu que cela ait sur les gens ? 

José González : Tout a commencé avec la chanson Tjomme, sur Local Valley. Ça m’a fait beaucoup de bien de partager aussi ouvertement mes pensées. Musicalement, c’est un morceau assez bruyant, et les paroles sont très directes. C’est en suédois, donc la plupart des gens ne comprennent pas. Mais en gros, ça parle des gens qui sont très sûrs d’eux quant à la façon dont le monde fonctionne, dont il va s’éteindre, et qui ont aussi des idées très arrêtées sur le surnaturel.

J’étais très frustré par certaines choses qui n’évoluaient pas comme je l’espérais, voire qui, dans certains cas, empiraient. Et je me suis dit qu’il était peut-être temps d’être un peu plus direct. Au fil de l’écriture, les paroles ont pris cette tournure-là. J’ai quand même dû m’autocensurer un peu, car je ne veux pas me faire trop d’ennemis (rires). Je veux encourager les gens à réfléchir et à s’interroger. Si c’est trop provocateur, les gens se ferment. J’ai donc dû trouver un équilibre.

Souvent, il y a un décalage entre ce que je dis et ce qu’on entend. Et je pense que c’est ce qui est intéressant : c’est à l’auditeur d’écouter d’abord, puis de lire les paroles, et de voir ce qui résonne, ou non. Comme je chante en trois langues différentes, les curieux devront traduire pour comprendre ce que je dis réellement. Je pense que ça va être une deuxième phase amusante de la sortie de l’album : découvrir les réactions des gens face aux paroles.

LFB : C’est intéressant ce que tu dis à propos de l’autocensure. Parce que tu aurais pu faire un album très dur et abrupt. Mais au fond, ton but c’est que les gens se connectent à travers ta musique. Pour moi, l’album parle davantage d’amour et de solidarité que des choses qui nous séparent. 

José González : Les deux sont présents. Par exemple, Just A Rock et You & We vont de pair. Just A Rock parle de saisir un caillou et de s’y accrocher coûte que coûte. C’est une métaphore des idéologies dogmatiques, le ton est assez accusateur. Ça se termine par « Can’t you see you and we ? » (Trad : Ne vois-tu pas toi et nous ?), ce qui signifie que cette idéologie fait obstacle à une vision collective.

Puis vient You & We, qui est la chanson d’amour de l’album. Sur la pochette, elle est représentée par deux anneaux entrelacés. C’est une référence à la théorie des ensembles en mathématiques. Quand on a deux ensembles – deux cercles – qui se recoupent, c’est intéressant de voir ce qu’il y a à leur intersection – ce que ces deux ensembles ont en commun. Dans You & We, je parle de ça, et je me demande s’il existe une idéologie qui les englobe toutes.

LFB : Tu disais que tu chantais en anglais, en espagnol et en suédois sur cet album. Ces trois langues te permettent-elles de transmettre des émotions différentes ?

José González : Oui. L’espagnol est ma langue maternelle, la langue dans laquelle on me parlait quand j’étais bébé. Elle me semblait parfaite pour Pajarito, qui s’adresse à mon fils. Et pour Ay, Querida, qui est très primitive, assez simple, et qui signifie, en gros « Ma chérie, mon amour, quelle vie on t’a donnée ».

Le suédois est ma langue, j’ai toujours vécu en Suède. C’est la langue que j’utilise pour raconter des histoires. U / Rawls Slöja et Gymnasten sont très différentes de toutes mes autres chansons. Elles ont un ton conversationnel, très direct. Tellement direct que quand je les ai faites écouter pour la première fois à ma compagne, elle m’a dit : « Non, c’est trop direct » (rires). On verra les réactions du reste du monde.

LFB : Maintenant, j’ai vraiment envie d’aller jeter un œil à la traduction ! 

José González : Pour te donner une petite idée, U / Rawls Slöja s’inspire des « murder ballads ». Ce sont des chansons qui racontent généralement des histoires horribles de meurtres. Mais si tu écoutes la chanson sans t’intéresser au texte, c’est de la folk classique. 

Enfin, l’anglais est la langue que j’ai toujours utilisée pour écrire, notamment avec mes amis au début. Principalement parce que c’est la langue la plus parlée au monde. Et puis, quand j’ai commencé, je pouvais me cacher derrière l’anglais. Le suédois me semblait trop direct pour parler de moi-même. C’est assez drôle parce qu’aujourd’hui, quand je suis en tournée au Royaume-Uni ou aux États-Unis, c’est en l’anglais qui est le plus direct pour le public.

LFB : Ce qui m’a frappé en écoutant Against the Dying of the Light, c’est que tu fais appel à des émotions assez complexes. Certaines chansons sont empreintes de mélancolie, mais elles ne sont jamais tout à fait tristes. Ni tout à fait joyeuses. Il me semble que les morceaux proviennent d’une profonde réflexion et d’émotions contradictoires.

José González : Tout à fait. J’essaie toujours de trouver le juste équilibre entre la mélancolie et la joie. De trouver la bonne énergie. Dans cet album, j’ai voulu m’autoriser à être très bruyant par moments – par exemple dans Perfect Storm – tout en gardant une place pour des passages très calmes. Comme l’intro de U / Rawls Slöja, que je voulais rendre aussi douce que possible.

LFB : Ta musique a toujours eu un côté très organique, très « lo-fi ». Mais cela semble encore plus vrai dans cet album. Peut-être parce que beaucoup de morceaux ne suivent pas la structure classique couplet-refrain. On croit entendre un enregistrement live, c’est assez éloigné des normes actuelles de l’industrie musicale. C’est cohérent avec le fait de chérir les imperfections, qui nous rendent humains. De ne pas reproduire quelque chose qui a déjà été fait mille fois. Avais-tu une esthétique spécifique en tête pour cet album, afin de servir ton message ? T’es-tu imposé des contraintes pour le réaliser ?

José González : Je m’impose des contraintes depuis mes débuts (rires). Je veux que ma musique reste aussi proche que possible du guitare-voix. Puis, à un moment donné, je lâche prise et je m’autorise à varier les styles. Mais je ne me laisse pas une grande marge de manœuvre.

Sur l’album précédent, j’ai ajouté des boîtes à rythmes. Cette fois-ci, j’ai intégré davantage d’harmonies, avec les chœurs. Je trouvais que You & We sonnait presque comme une chanson pop, donc je me suis permis de faire ces boucles de voix et de guitare, et d’ajouter du triangle. Sur For Every Dusk, j’ai utilisé une très vieille guitare, et une réverb qui donne l’impression d’être dans une église. 

J’ai tout enregistré avec un micro principal et un micro stéréo, environ trente centimètres derrière, pour capter le son de la pièce. Pour que ça sonne authentique, organique et cohérent tout au long de l’album. 

LFB : Que prévois-tu pour le live ?

José González : Au début de ma tournée, je jouerai solo. Mais j’ai hâte d’être accompagné par d’autres chanteurs. J’inviterai aussi le public à chanter avec moi. Je vais contacter mes fans et voir s’ils peuvent apprendre quelques paroles et harmonies. Quand je suis sur scène, ça ne me vient pas naturellement de demander aux gens de chanter. Ce n’est pas mon genre. Donc il faut que ce soit préparé, mais j’espère que ça se fera naturellement une fois sur place !

LFB : Ton premier album, Veneer, a récemment fêté ses 20 ans. Ça ne me rajeunit pas, car je me souviens très bien d’avoir entendu tes chansons à la radio à l’époque (rires). Écoutes-tu souvent cet album ? Te sens-tu toujours en phase avec ces chansons que tu as écrites il y a plus de vingt ans ?

José González : Le truc avec cet album, c’est qu’il fait tellement partie de mon histoire que la musique a commencé à vivre sa propre vie. À l’approche du 20e anniversaire, j’ai réappris à jouer toutes les chansons, et je me suis rendu compte que je n’en détestais aucune. Ce qui est très rare. Deadweight on Velveteen est l’une de mes préférées, tous albums confondus. Elle fait partie de ces chansons par lesquelles je me suis laissé surprendre. C’est aussi le cas de Line of Fire. Chaque fois que j’essaye de refaire des chansons du même genre, mais ça ne marche pas. Ça doit arriver par soi-même, on ne peut pas le forcer. Ça montre bien que notre musique finit par nous dépasser.

LFB : Est-ce que cela s’est produit sur ton nouvel album ?

José González : J’ai été surpris par For Every Dusk, dont le son est finalement beaucoup plus ample, plus riche que ce que j’avais imaginé. Au départ, j’avais en tête une ambiance de feu de camp, mais le titre a pris une autre direction.

Pour la dernière chanson, Joy, j’ai utilisé l’IA comme assistante pour l’écriture des paroles. C’était quelque chose que j’avais envie d’essayer. J’avais une idée précise de ce que devait être chaque couplet et j’avais déjà les harmonies. J’ai demandé à l’IA de générer vingt ou trente poèmes, puis j’ai sélectionné des passages ici et là. Ensuite, j’ai bien sûr écrit mes propres phrases et réarrangé le tout. C’était une bonne expérience de collaborer pour la première fois avec un non-humain. Je trouve que ça a très bien fonctionné, et ça fait donc partie des morceaux qui m’ont surpris.

LFB : Je pense que ça a du sens, vu les thèmes que tu abordes dans l’album, que tu souhaites y intégrer un peu de technologie. Surtout si c’est pour nourrir ta propre créativité.

José González : Oui, tout à fait. Après, quand j’écoute des artistes IA, comme Jacub en Suède, je trouve ça triste. Je préfèrerais que les humains ne produisent pas ce genre de choses. Mais comme tu le dis, j’ai senti qu’il était important pour l’album d’intégrer une nouvelle technologie dans le processus créatif.

D’ailleurs, je le fais aussi sur le plan technique : j’enregistre avec un amplificateur à lampes pour obtenir un son brut et j’utilise un magnétophone à bandes virtuel sur l’ordinateur. J’ai donc une forme de dualité depuis Veneer : entre futurisme et lo-fi.

LFB : J’ai trouvé certaines chansons de ton nouvel album, comme For Every Dusk, assez optimiste. En fait, tu me donnes l’impression d’être un optimiste pragmatique. Tu dis : voilà où nous en sommes aujourd’hui. Sachant qu’on ne peut pas revenir en arrière, comment pouvons-nous choisir d’être meilleurs et d’œuvrer pour plus d’empathie, de solidarité, etc. Te définirais-tu comme quelqu’un d’optimiste ? Est-ce que tu trouves ça facile d’écrire des chansons optimistes ?

José González : Je dirais que oui. Il y a un livre de Toby Ord, intitulé The Precipice, qui traite des risques existentiels et des risques catastrophiques. Il explique que le risque naturel que nous ne survivions pas aux 100 prochaines années est de 1 sur 10 000. Ce n’est donc pas trop mal. Par contre, le risque d’origine humaine (guerre nucléaire, IA, biotechnologie) est d’environ 1 sur 6.

A partir de là, on peut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Moi, je choisis plutôt d’être optimiste, car l’anxiété ne me sert à rien au quotidien. Donc, quelques chansons de l’album sont très optimistes. You & We, par exemple. Joy aussi, qui se termine sur une note très positive : quoi qu’il arrive dans le monde, on continuera à se retrouver, à chanter, à danser…

LFB : Depuis 2017, tu t’engages publiquement à donner 10 % de tes revenus à des associations caritatives efficaces. Comment cela fonctionne-t-il et qu’est-ce qui t’a convaincu de rejoindre ce mouvement ?

José González : Il y a des gens qui sont parvenus à identifier les organisations qui font le plus de bien avec le moins d’argent. J’ai trouvé que c’était une idée formidable. J’ai donc commencé à faire des dons vers 2012, puis je me suis engagé à donner 10 % de mon revenu disponible quelques années plus tard. Ça s’inscrit dans le mouvement de l’« altruisme efficace », qui consiste à faire le plus de bien possible avec son temps et son argent. Dans ce cas précis, je suis un altruiste efficace paresseux, car je me contente de faire un don une fois par an (rires). Ça me fait du bien, car je sais que mon argent sert à éviter que des personnes souffrent de paludisme ou de malnutrition, par exemple.

Crédits photos : Romane Marsault

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ENGLISH VERSION

La Face B : The title of your new album, Against the Dying of the Light, sounds a bit like a manifesto. It’s the first one that could be found on a billboard at a demonstration. My understanding is that this “light” is what makes us human, or living creatures, as opposed to machines. How would you define this light that you want to protect?

José González : Yes, you’re right. So, it’s actually twofold. On one hand, it’s about the spark of consciousness, or sentience. And being against the dying of consciousness, against a technology that takes over all of the resources on earth and doesn’t care for us.

On the other hand, it’s about being pro-enlightenment and against dark ages. Our cultures are a result of enlightenment values. For instance, women’s rights, not slapping your kids, not torturing animals… But we still have factory farms and slave-like work. So it’s also about protecting enlightenment values.

My main antagonists are ideologies that are dogmatic and also sometimes just stubbornly anti human flourishing.

LFB : You actually have quite a nuanced approach to new technologies. I feel like if there was a slogan to the manifesto, it would be that line from this first single : “kill the codes that feed the hate / keep the codes that make you thrive”. So it’s a bit more complicated than being against algorithms or AI as a whole. 

José González : Yes, it’s not that simple. Actually, we are driven by “natural algorithms”, that existed long before we could understand or replicate them. Daniel Dennett, one of my favorite philosophers, actually touches on that when he talks about “free floating rationale”. So, we have algorithms everywhere, but we are also creating these machines and these addictive screens. And it’s not obvious how to relate to them, with our ancient evolutionary past. For me, it raises some concerns, like : how to manage these times of endless entertainment.

LFB : And you do tackle these concerns in quite a direct way, in this album. Compared to the previous one, Local Valley, which was rather intimate and introspective. What made you want to address your concerns through your music ? And also what effect do you hope that it has on people? 

José González : It started with the song Tjomme, on Local Valley. It felt very nice to be that open about my thoughts. Musically, it becomes very loud, and lyrically, it’s very blunt. It’s in Swedish, so most people don’t understand it. But basically, it’s about these dudes that are very self-confident about how the world works, how it will end, and also have very specific ideas about the supernatural stuff.

I was feeling frustrated with some things that weren’t going the way I hoped for, and getting worse in some cases. And I thought maybe it was time to be a bit more direct. As I was writing, the lyrics came out that way.

I had to do some self-censoring though, because I don’t want to make too many enemies (laughs). I want to make people think and reflect. If it’s too confrontational, people shut down. So I found a balance. Many times, there’s a clash between what I’m saying and what people are hearing. And I think that’s the interesting part, where it’s up to the listener to listen first and then read the text and see what resonates or not. Because I sing in three different languages, curious people will need to translate, to understand what I’m actually saying. I think it’s going to be a fun second part of releasing the album – having people’s reactions to the lyrics.

LFB : It’s interesting what you were saying about censoring yourself. Because you could have had an album that is just very harsh and abrupt, but at the end of the day, you want people to connect through your music. To me, the album is more about love and togetherness, rather than about the things that keep us apart. 

José González : There are both. For example, Just A Rock and You & We work together. One is about grabbing a rock and not letting go. It’s a metaphor for dogmatic ideologies, it’s quite accusative. It ends with “Can’t you see you and we?”, which means this ideology stands in the way of the bigger picture.

And then comes You & We, which is the love song of the album. On the album cover, it’s represented by two rings that interlock. It’s a reference to set theory. When you have two sets – two rings – that overlap, it’s interesting to see where they overlap, what they have in common. You & We is about that, and wondering whether there is an ideology that encompasses all.

LFB : You were mentioning how you sing in English, Spanish and Swedish on this record. Do those three languages allow you to convey different emotions ?

José González : Yes. Spanish is my mother tongue, the language in which I was talked to when I was a baby. It felt perfect for Pajarito, which is about my son. And for Ay, Querida, which is very primal, quite simple and basically means “My dear, my love, what life you’ve been dealt”.

Swedish is my language, I have always lived in Sweden. I use it for storytelling. U / Rawls Slöja and Gymnasten are very different from all my other songs. They have this conversational, very blunt tone. So blunt that when I first played them to my girlfriend, she was like : oh no, it’s too direct. (laughs). So we’ll see the reactions from the rest of the world.

LFB : Now I definitely want to go check out the lyrics ! 

José González : To give part of it away, U / Rawls Slöja was inspired by murder ballads. They are songs that usually tell horrible stories about murders. But if you just listen to it, it’s classic folk. 

Then, English has been my language ever since I started writing with my friends, mostly because it’s the most spoken language worldwide. Also, when I started, I could hide behind the English, and Swedish felt too direct to talk about myself. It’s quite funny because today, when I tour the UK or US, English is actually the most direct for audiences.

LFB : Something that stood out to me, listening to Against the Dying of the Light, is that you’re appealing to quite complex emotions. Some songs have melancholy, but they’re never fully sad – nor fully joyful. It feels like it comes from a place of deep reflection and conflicting emotions.

José González : Yes. I’m always trying to find the right level of melancholy, versus joy or happiness, the right energy. My ambition with this album was allowing myself to be very loud, for instance in Perfect Storm, while acknowledging the very soft stuff. Like the intro from U / Rawls Slöja, which I wanted to get as mellow as possible.

LFB : Your music has always had this very organic, low-fi quality to it. But it seems even more true for this album. Maybe because a lot of the songs don’t have the typical verse / chorus structure. It sounds live and very far from the industry standards. It’s coherent with the idea of cherishing imperfections, things that make us human. Not replicating something that has been done a thousand times already. Did you have a specific aesthetic in mind for this record, to serve your message ? Did you set any constraints for yourself in making it ?

José González : I’ve been putting constraints on myself ever since I started. (laughs). I want to keep my music as close as possible to just guitar and vocals. Then at some point I give up and allow myself to vary the styles. But even when I try to make them sound different, it’s still within a very narrow range.

On the previous album, I allowed myself to add drum machines. This time, I allowed more harmonies, with the choir, and added a delay on two songs. I figured You & We sounded almost like a pop song, so I allowed it to have those voice and guitar loops, and some triangle. On For Every Dusk, I used a very old guitar and added a delay, to make it sound like a church. 

I recorded everything with one main mic and one stereo mic, around thirty centimeters behind it, to have that room sound. To make it sound authentic, organic and coherent throughout the album. 

LFB : What are you planning for your live shows ? 

José González : On the first tour, I will play solo. But I look forward to having more singers. I’ll also invite people from the audience to sing. I will reach out to my fanbase, see if they can learn some lyrics and harmonies. When I’m on stage, it doesn’t come naturally to ask people to sing. It’s not me. So it needs to be prepared, but hopefully it will feel organic once we’re there.

LFB : Your first album Veneer celebrated its 20th anniversary recently. Which makes me feel quite old because I clearly remember hearing your songs on the radio at the time (laughs). Do you listen to this record often ? Do you still feel in tune with those songs that you wrote more than twenty years ago ?

José González : The thing with that album is that it’s part of my history so much, that the music started to live its own life. When I approached the 20-year anniversary, I learned to play all the songs again, and I realized I didn’t actually dislike any song. Which is very rare. Deadweight on Velveteen is one of my all-time favorites. Every once in a while, I make a song, and I’m surprised at what I did. It was also the case with Line of Fire. I’ve tried to redo similar types of songs, but it doesn’t work like that. It just happens. It says something about music becoming bigger than yourself.

LFB : Did that happen on your new album ? 

José González : Sound-wise, I was surprised that For Every Dusk came out much fuller, richer than I thought. What I had in mind at first was a campfire vibe, but it took another direction. For the last song, Joy, I actually used AI as an assistant for lyrics writing. It’s something I was curious to try. I had a vision of what each verse should be and I already had the harmonies. I prompted twenty, thirty poems, and started to choose here and there. Then I also wrote my own sentences, of course, and rearranged everything. It was a good experience to collaborate for the first time with a non-human. I think it worked out really well, so that’s also a bit of a surprise song.

LFB : I think it makes sense in the context of your album that you would want to include some technology. Especially to expand your own creativity.

José González : Well, of course, when I listen to AI artists, like Jacub in Sweden, I find it sad. I don’t want this to be a part of what we humans do. But I did feel like it was important for the album, as you mentioned, to incorporate some technology. And I’ve been doing that also on the technical side : I record with a tube amplifier to get a raw sound and I emulate a tape machine in the computer. So there’s this duality that I’ve used ever since Veneer. To be futuristic low-fi, somehow.

LFB : Listening to some songs on the album, like For Every Dusk, I actually thought they sounded quite hopeful, in a way. It seems to me like you’re a pragmatic optimist. Basically, you’re saying : this is where we are now. We’re not going backwards. Knowing that, how can we choose to be better and work towards more empathy, togetherness, etc. Would you say you’re a hopeful person, and do you find it easy to write hopeful songs ?

José González : I think I am. There is this book by Toby Ord called The Precipice. It’s about existential risk and catastrophic risk. He explains that the natural risk that we don’t make it through the next 100 years is 1 out of 10 000. So not that bad. But the human-made risk (nuclear war, AI, biotechnology) is like 1 out of 6. Knowing that, you can either see the glass half-full or half-empty. I choose to be hopeful, because there is no point in being anxious on a day-to-day basis. A few songs from the record are very optimistic. You & We, for instance. Joy also ends on a very optimistic note : no matter what happens in the world, we’ll still hang out, sing, dance…

LFB : In 2017 you decided to take the 10% pledge, a public commitment to give 10% of your income to effective charities. How does it work and what convinced you to join the movement  ?

José González : I was inspired by these people that figured out which organizations are doing the most good for the least amount of money. I thought it was an amazing insight to have. So I started giving around 2012, and by 2016 I was giving 10% of my disposable income. It’s part of the “effective altruism” movement, which is about making the most good with your time and money. In this case, I’m a lazy effective altruist, because I’m just giving money once a year (laughs). It makes me feel good, because I know that my money is being used to prevent people suffering from malaria, or malnutrition, for example.

Credits : Romane Marsault

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