ADN

ADN #1168 : Küdeta

ADN : Acide du noyau des cellules vivantes, constituant l’essentiel des chromosomes et porteur de caractères génétiques. Avec ADN, La Face B part à la rencontre des artistes pour leur demander les chansons qui les définissent. Küdeta sera présent sur la scène de Rock en Seine dimanche. À cette occasion, le groupe nous dévoile ses influences musicales.


PJ Harvey - Rid of Me

Elea : C’est une artiste qui m’impressionne depuis toujours. Son aura, ses choix artistiques, son écriture… tout est sincère, puissant et assumé. À chaque fois que je la vois sur scène, je ressens un mélange d’émotions difficiles à expliquer.

Ce que j’aime chez elle, c’est son charisme. Elle peut captiver une salle entière sans en faire trop. Ses textes sont bruts, cinglants, mais toujours très réfléchis. 

S’il y a une performance qui m’a marquée plus que les autres, c’est Rid of Me en live à l’Olympic Park de Sydney. Ce n’est pas seulement la chanson que j’aime, c’est ce qu’elle en fait sur scène. La voir s'emparer de l’espace avec sa guitare électrique, partir dans une sorte de transe, jusqu’à ce qu’on entende presque le silence du public, c’est juste fascinant.

La première fois que j’ai vu cette performance, j’ai eu une évidence. Je me suis dit : « C’est ça que je veux être. » Pas forcément faire la même musique, mais réussir à transmettre quelque chose d’aussi fort, d’aussi libre et d’aussi habité.

Dua Lipa - Pretty Please

Adrien : J’aime beaucoup Dua Lipa, mais je ne suis pas un fan hardcore non plus. Par contre, je fais de la MAO (musique assistée par ordinateur) et de la compo, et je suis absolument fan de cette prod/compo.

Pour moi, tout est parfait, le morceau tourne autour de la basse (je suis bassiste donc c'est toujours un kiff), la prod est très épurée, ce qui laisse beaucoup de place à la voix très classe de Dua Lipa, mais ce qui est fou c'est surtout la dose de détails dans le morceau absolument parfaite.

Il n’y en a jamais trop, mais il se passe toujours quelque chose de nouveau, même quand on n’entend rien en plus, on le ressent, bravo Ian Kirkpatrick, bravo Dua, j'aurais rêvé de participer à un morceau comme celui-là. 

Radiohead - In Rainbows

Alex : Radiohead est le groupe que j'écoute depuis le plus longtemps sans jamais m'en lasser et In Rainbows est l'album auquel je reviens toujours. Ce qui me retient, ce ne sont pas seulement les chansons : c'est la façon dont elles sont construites. 

Chez eux, la forme raconte la même chose que le texte. Sur Weird Fishes/Arpeggi, les arpèges des deux guitares tournent en boucle comme un courant qui entraîne vers le fond, la batterie pousse sans jamais retomber, et quand le morceau se casse enfin en deux, on entend physiquement la remontée à la surface. Le sens ne passe pas que par les mots, il est dans l'arrangement.

C'est pour ça que je réécoute ce disque depuis des années : j’y découvre encore des choses. Rien n'y est décoratif, aucun effet en trop : chaque sonorité est là parce qu'elle dit quelque chose. C'est ce mélange de précision et d'émotions que je cherche moi-même en musique. J’ajouterais que la sortie de cet album a été avant-gardiste et qu’il y a aussi une version live session incroyablement inspirante de Radiohead, In Rainbows From the Basement (April 2008), ce qui selon moi, fond des artistes complets !  

The Doors - The End

Thibault : J'ai choisi Jim Morrison parce que je me retrouve dans certains aspects de sa démarche artistique. Ce qui m'inspire, ce n'est pas son mode de vie, mais sa manière d'aborder la création : le voyage intérieur, la poésie, l'improvisation et la recherche de nouvelles sensations à travers l'art.

J'aime aussi l'univers psychédélique qu’il proposait, J'apprécie également son style et sa présence sur scène. Il avait une attitude nonchalante, naturelle et très charismatique, qui lui donnait un côté à la fois mystérieux et séduisant.  

Caroline Polachek - Welcome To My Island

Elea : Caroline Polachek, elle me fait tout simplement “peter my crane”. L’une des chansons qui m’a le plus marquée, c’est  Welcome To My Island. Dès la première écoute, elle m’a attrapée et ne m’a plus lâchée.

J’adore sa manière d’utiliser le vocodeur : juste ce qu’il faut, sans jamais dénaturer sa voix. Il y a aussi son phrasé, son sens du rythme, les hauteurs de notes qu’elle va chercher… Tout est hyper maîtrisé.

Cette chanson a un côté rétro, hyper feel good, qui donne envie de partir quelque part. Comme le dit le titre, elle nous invite dans son île, dans son univers. Et c’est exactement ça qui m’inspire chez elle : elle a créé un monde qui lui appartient. On le retrouve dans ses clips, dans sa façon de danser, dans son esthétique.

Je ne sais pas vraiment l’expliquer autrement : quand je ne vais pas bien, je mets cette chanson à fond dans mon appart et je danse n’importe comment. Ça me fait un bien fou !

Et fun fact : un jour, mon mec faisait une crise de panique dans l’avion. Je lui ai mis en boucle dans les oreilles pendant tout le temps que ça passe et ça l’a aidé !

 

Découvrir Küdeta :



Retrouvez Küdeta sur Facebook et Instagram


Partager :