Chroniques

La sincérité de Westside Cowboy

Artiste
Westside Cowboy
Album
It Goes On
Label
Island Records
Sortie
21 août 2026

Découvert en première partie de Geese en début d’année, Westside Cowboy poursuit l’opération séduction avec son premier album, It Goes On. Avec cet opus, les Mancuniens nous rappellent pourquoi il ne faut jamais manquer les premières parties !



Vos poils s’hérissent-ils aussi lorsque quelqu’un vous répond « demande à ChatGPT » quand vous lui posez une question ? Le son des notifications et la perspective de devoir répondre à une dizaine de mails vous donnent-ils aussi des sueurs froides ? Si oui, sachez que vous n’êtes pas seuls ! Dans votre équipe se trouvent les membres du nouveau groupe de rock en vogue, Westside Cowboy, ces derniers signent un premier disque, It Goes On, à leur image. Celle de quatre jeunes adultes passionnés de musique à l’état brut, sincère.


Une présence scénique renversante

Arrivés en mars dernier sur la scène du Bataclan avec une décontraction déconcertante, comme s’ils avaient fait cela toute leur vie, Westside Cowboy a su créer la surprise et conquérir le cœur du public en quelques accords. Pourtant venus voir Geese ce soir-là, les spectateurs n’avaient que le nom de la première partie à la bouche, remuant tous les adjectifs de la langue française pour parvenir à décrire leur performance.


Pour une fois, il fallait être au mauvais endroit de la salle pour dénicher le véritable atout des Mancuniens. Collé contre la barrière, l’oreille gauche au plus près de la fosse et la droite contre les installations sonores, il est difficile de distinguer les voix, et encore moins les paroles, sous les instruments saturés par les caissons. Pas de quoi être attristé par cette configuration, car Westside Cowboy maîtrise les mélodies comme personne : une rythmique galvanisée par une euphorie authentique et brutale qui fait tout le charme du groupe.



Une recette efficace

Alors que nos oreilles ne se sont pas encore tout à fait remises de la proximité et sifflent occasionnellement en souvenir, il nous tardait d’avoir des nouvelles de Westside Cowboy, cette fois-ci avec un projet studio. Rapidement, on comprend qu’on ne retrouvera pas l’énergie transcendante du live qui nous avait tant marqué, néanmoins on mentirait en disant que l’album manque d’authenticité. Dénués de tout artifice, les musiciens restent fidèles à leurs accords de prédilection.


Moins trépidante qu’en concert, la batterie de Paddy Murphy continue de constituer un élément clé du groupe et du style Westside Cowboy, comme le prouve le titre Pin Up Boys. Un style né d’une rencontre entre l’americana et des influences purement britanniques, telles que The Velvet Underground, que les membres du groupe nomment « Britainicana ». La recette du groupe est simple et diablement efficace : deux guitares, une basse et une batterie qui portent tout l'album et éclipsent parfois le chant d'Aoife O'Connell, James Bradbury et Reuben Haycocks. De quoi ravir les geeks qui peuvent citer le modèle et l'année de commercialisation de n'importe quel instrument. Pour les autres, pas de panique : le morceau Coyote sublimé par la voix unique d'Aoife O'Connell et Take My Leaving As I Love You parviendront à voler votre cœur.


À peine la lecture de l'album terminée, jalouse déjà les heureux détenteurs d'un billet pour la date complète au Petit Bain en novembre, qui auront le plaisir de découvrir Westside Cowboy dans leur habitat naturel : la scène.



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