Les clips de la semaine #291 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Tout de suite, la deuxième partie de notre sélection 291 des clips de la semaine.

OJOS – Futur

Quoi de mieux que les images de Nicolas Garrier pour récapituler l’année folle d’OJOS ? Le garçon a officié avec pas mal d’artistes dont on vous parle sur La Face B, ses images ont toujours révélé des moments extrêmement doux. L’année de la douce folie c’était bien 2025 pour OJOS : ils ont sorti leur premier album qui leur a permis de tourner un peu partout en France dans des salles toujours plus grandes.

Pour Futur qui clôt l’album, Nicolas Garrier est allé fouiller dans ses archives vidéos du groupe, pour mieux regarder dans le rétroviseur et souligner les mots d’Elodie « Le plus beau reste à venir ». Comme pour mieux nous entrainer dans leurs plus beaux vertiges, ils nous font vivre avec eux la route, les coulisses, les entrées sur scène, les siestes. Tout est là et défile sous nos yeux. Et le Futur se construit sur la base du passé pour se faire encore plus radieux.

Musicalement Futur joue sur une dualité – lutter avec ses peurs, ses désirs et ses souvenirs – qui s’exprime dans une pop hyper futuriste et mélancolique à la fois. Futur est comme un reflet d’un dilemme intérieur : un futur espéré et questionné, le vécu et l’expectative. Dans intensité, il y a temps…

Maddy Street – Kicks in

L’artiste franco-britannique Maddy Street s’était illustré.e il y a quelques mois avec un cadavre exquis merveilleux recensant des groupes féminins pour répondre à un programmateur qui s’étonnait de ne pas trouver de groupes de rock portés par la gente féminine.

Iel revient sur les devants de la scène avec le single Kicks in issu de sa prochaine mixtape intitulée No Limits. Fidèle aux origines de son auteur.rice, Kicks In fusionne les références musicales dans un rap bilingue pour raconter une crise existentielle à laquelle vient se mélanger une éco-anxiété. Si la planète brûle, on continuera à danser sur une musique darko funky.

Une créature cagoulée en apparence démoniaque– personnification de l’angoisse – qui contraint Maddy Street à danser la suit partout dans la campagne normande de l’artiste. Impossible de la distancer, elle colle à la peau !

Si vous souhaitez danser avec iel, Maddy Street est à retrouver en concert aux côtés de Pi Ja Ma le 13 février prochain à La Cave à Argenteuil.

Dewey Outside of the Lines

Les quatre parisiens ne s’arrêtent plus ! Bien décidés à conquérir vos oreilles et vos cœurs, Dewey sort un nouveau single, accompagné d’un clip : Outside of the Lines. A l’occasion de la sortie de leur premier album, Summer On A Curb, le 13 février prochain, Dewey se dévoile un peu plus. Outside of the Lines s’ouvre sur une ambiance sonore en flottaison, des guitares fuzz en suspens et une ligne de basse en écho tout au long du titre. Une sensation d’apaisement, de cocon réconfortant, s’empare alors de l’auditeur. Avec ce nouveau morceau, Dewey plonge encore un peu plus dans l’univers shoegaze, et le fait avec brio ! 

Le clip, réalisé par Emma Birski et Alexis Tinevez, met en scène Matthieu Berton, chanteur et guitariste du groupe, dans sa routine quotidienne au réveil. Salle de bain en nuances de rose, de la brosse à dents jusqu’aux chaussons, contrastant avec l’humeur plutôt maussade et endormie du protagoniste. Coincé dans un quotidien ennuyeux, dans un travail qui semble aliénant, Dewey nous pousse pourtant à sortir des sentiers battus “think outside of the lines” ! 

Avec une approche à la fois shoegaze et indie pop, le premier album de DeweySummer On A Curb, nous offrira onze titres autoproduits le 13 février prochain. Un album frais et moderne qui s’offrira à coup sûr une place de choix sur la scène émergente ! 

Maisie Peters My Regards

Avec My RegardsMaisie Peters nous ouvre les portes en grand de Florescence, son troisième album attendu le 15 mai, tout en lançant une tournée de concerts intimistes dont une date parisienne à La Cigale le 23 mars. Titre phare de cette nouvelle ère, la chanson incarne à merveille ce que l’artiste décrit comme une « chanson d’amour puissante, sexy, drôle et pleine d’autodérision ». Une déclaration pop lumineuse, qui marque une évolution assumée dans son écriture.

Musicalement, My Regards s’impose dès les premières secondes grâce à une batterie dynamique et une mélodie de guitare entêtante, qui nous font immédiatement entrer dans le morceau en hochant la tête. La production est solaire, fluide, taillée pour l’instantanéité sans jamais sacrifier la finesse. Le refrain, ultra catchy, s’annonce déjà comme un moment fort en live — fédérateur, euphorisant, fait pour être chanté à pleins poumons. Un titre qui amène du soleil dans la grisaille, porté par une énergie confiante et joyeusement assumée.

Sur le fond, My Regards renverse les codes traditionnels de la chanson d’amour. Inspirée par les grandes figures country du stand by your man, Maisie Peters en propose une relecture moderne et féministe, où elle incarne non plus la muse passive, mais la figure protectrice, comme un Bodyguard. Elle y célèbre un amour sûr de lui, joueur, complice, débarrassé des insécurités et de la jalousie. Un amour qui protège sans posséder, et qui s’amuse de sa propre force.

Le clip, réalisé par Amelia Dimoldenberg — présentatrice culte de Chicken Shop Date — prolonge brillamment cette idée. Pour ses débuts derrière la caméra, elle imagine un Bodyguard inversé, inspiré du film culte de 1992. Mais ici, les rôles sont retournés : Maisie Peters incarne la garde du corps, chargée de protéger une star de cinéma jouée par Benito Skinner (Benny Drama)… face à des groupies hystériques. Le concept, né de la punchline “call me Kevin Costner the way I’m guarding his body”, joue avec humour et intelligence sur la subversion des clichés.

Entre chorégraphies maîtrisées, tension feinte et clins d’œil assumés au cinéma hollywoodien, le clip trouve son équilibre entre comédie, sensualité et narration pop. Amelia Dimoldenberg y injecte son sens aigu du timing et de l’awkwardness (gênance), tout en laissant émerger une vraie élégance visuelle. Chaque plan renforce l’idée centrale du morceau : ici, c’est Maisie qui tient la posture, qui contrôle l’espace, qui protège — sans jamais perdre sa légèreté.

Avec My Regards, Maisie Peters signe un morceau lumineux, intelligent et irrésistiblement accrocheur, aussi efficace musicalement que symboliquement. Entre pop solaire, second degré assumé et mise en scène malicieusement féministe, le titre confirme son talent pour raconter l’intime avec précision et humour. Florescence révèle une Maisie Peters épanouie, sûre de sa voix et de ses choix.

Sombr  Homewrecker

Homewrecker, un nouveau single parfaitement calibré qui confirme son statut de révélation pop internationale. Sorti le 6 février, le morceau s’inscrit dans la continuité émotionnelle de son album I Barely Know Her.

Après le côté fun, intime et séducteur de undressedHomewrecker ralentit légèrement le tempo pour creuser l’ambiguïté des sentiments. La production, épurée et précise, laisse respirer une écriture sincère, portée par la voix singulière et puissante de SOMBR. Une pop de l’aveu, qui évite la provocation gratuite. Musicalement, on est sur une pop pétillante dansante, aux voix uptempo et harmonieuses, qui donne envie de chalouper tout en ressentant une certaine fragilité.

Mais de quoi parle Homewrecker ? Le titre explore la fatalité d’une relation impossible : aimer quelqu’un qui appartient déjà à un autre, sans vouloir être celle ou celui qui détruit. SOMBR y chante la tentation et la culpabilité, sans jamais diaboliser qui que ce soit. Les paroles traduisent ce tiraillement constant entre désir et morale, notamment lorsqu’il répète : “I don’t wanna talk down on your lover / I don’t wanna be a homewrecker.” Un état des lieux à la fois lucide et résigné, où l’amour n’est ni héroïque ni destructeur — il est simplement humain.

Réalisé par Gus Black (Phoebe Bridgers, Laufey), le clip de Homewrecker transpose cette tension émotionnelle dans un western cinématographique aux lumières dorées. SOMBR et Quenlin Blackwell y incarnent deux acteurs pris dans le tournage d’un film, dirigés par un réalisateur autoritaire et instable, interprété par Milo Manheim. Très vite, les frontières entre fiction et réalité se brouillent : regards insistants, gestes trop vrais, jalousie latente.

Le décor western devient alors le terrain de jeu idéal pour les non-dits, les silences, les regards, et les tensions. Le duel final incarne cette confrontation inévitable entre désir et conséquences. Le clip joue brillamment avec les codes du genre pour mieux raconter des émotions contemporaines : le malaise, l’attirance, la peur de mal faire, la jalousie. Chaque plan semble suspendu, comme si tout pouvait basculer à tout moment. La réalisation sublime autant les silences que les mots (parlés et chantés), laissant la musique guider le récit.

Homewrecker s’impose ainsi comme une réussite musicale et visuelle avec un clip intelligent et cinématographique, filmé comme des BTS mis en musique. On alterne tournage, répétitions, pauses, réalité, et scènes de fiction western, entre séduction, jalousie, confrontation… et chanson.

The Lanskies Sexy teacher

Après dix années de silence, The Lanskies refont surface et franchement, ça fait un bien fou au rock français. À l’époque, le groupe avait marqué les esprits avec des titres comme « However » ou « Bank Holiday », devenus de vrais classiques pour toute une génération de festivaliers. Leur retour ne s’est pas fait en douceur mais sur scène, là où ils ont toujours été le plus à l’aise, avec une première salve de concerts très attendue. Comme une évidence, ce comeback les ramènera cet été en terrain connu, en Normandie, au Festival Beauregard. Un retour attendu, assumé, et surtout nécessaire dans le paysage rock actuel.

Premier signal fort de ce come-back, « Sexy Teacher » frappe juste. Le morceau repose sur une rythmique obsédante, une batterie tendue et une basse qui avance droit devant, quelque part entre pulsation dance punk et un rock bien sec. La voix de Lewis Evans, toujours aussi électrique, apporte cette identité presque adolescente qui mélange désir, tension et abandon. Pensé pour le live, le titre monte en pression et ne lâche jamais vraiment son auditeur. Le clip prolonge cette fièvre avec une esthétique fantasmée, où la romance devient brûlante et incontrôlable. Un retour qui regarde clairement du côté des années 80.

Meimuna le bon choix

Sans doute vous est-il déjà arrivé d’imaginer ce qu’aurait été votre vie si vous aviez, un jour, choisi une voie plutôt qu’une autre. Si vous êtes du genre indécis.e, il y a même fort à parier que vous ayez déjà été paralysé.e par la quantité d’options s’offrant à vous. C’est qu’elles sont autant de portes qui débouchent sur autant de chemins inconnus, et que bien souvent, en ouvrir une signifie fermer toutes les autres.

C’est ce vertige et cette incertitude dont nous parle cette semaine Meimuna dans le bon choix. Sur un arrangement doux et organique, elle s’interroge sur ces chemins inexplorés. L’auraient-ils menée vers un plus bel avenir ? A-t-elle « tout raté » ? Cette introspection l’amène toutefois à accueillir ses doutes avec tendresse. Faire des choix, c’est risquer de se tromper, mais c’est aussi s’autoriser à avancer, nuance-t-elle. Et en cas d’incertitude, on peut toujours se laisser guider par les battements de son cœur.

Pour illustrer ses réflexions, elle réalise un clip en stop motion qui, partant d’une photo d’elle, symbolise à la fois l’étendue des possibles et la beauté du chemin emprunté. 

Aucun doute de notre côté, ce nouveau single est annonciateur de très belles choses pour la suite du projet de Meimuna

Jesse Welles Shirley Not

Jesse Welles, chanteur folk américain originaire de l’Arkansas, est aujourd’hui l’une des voix les plus engagées de sa génération. Avec des titres percutants comme Join ICEWelles s’inscrit dans la lignée des grands folk singers américains, mêlant poésie, engagement et actualité.   

Son nouveau titre Shirley Not s’inscrit dans le format qui le caractérise : un morceau satirique qui joue avec les symboles culturels et les personnalités médiatiques pour questionner le rôle des influenceurs et l’impact des discours faciles dans les médias numériques. La chanson fait notamment référence à une figure de YouTube, Nick Shirley, décrit comme un « journaliste cosplay infantile coopté », mettant en lumière la façon dont certains médias simplifient ou détournent des débats importants.  

Ce morceau s’inscrit dans une série de chansons que Welles publie quasi quotidiennement, souvent avec une guitare acoustique et une voix brute, rappelant l’esprit des protest songs traditionnelles tout en les adaptant à l’ère numérique. 

Avee Mana  Tune In

Bienvenue dans un tout nouvel univers, celui de Avee Mana, groupe de rock psyché marseillais. Aux frontières de la pop et du rock garage, ce quatuor présente aujourd’hui Tune In, accompagné d’un clip aussi délirant que l’ambiance sonore du titre. 

Le 20 février prochain, Avee Mana dévoilera son premier long format, Layers, auprès du grand public. Leur force ? Le mélange des styles ! Loin de rester dans un cadre, Avee Mana sort du lot en n’ayant aucune limite. Ainsi, on retrouvera sur Layers des titres pop, punk, indie, et sûrement plein d’autres surprises…

Dès maintenant, découvrez Tune In, pépite indie shoegaze tout en reverb et échos de voix. On plane, on s’évade et on se laisse porter par la fausse douceur des notes de guitares aériennes. Fausse, car il ne faut pas tomber dans le piège ! Arrivés à la dernière partie du titre, les riffs s’échauffent et ne font que s’intensifier avant de laisser la batterie achever le morceau.

THEODORA DES MYTHOS

Chaque nouvelle sortie de Theodora s’apparente désormais à un événement. Véritable Boss Lady de 2025, l’artiste ouvre commence cette nouvelle année avec la même force en présentant Des mythos, un titre personnel où l’assurance se mêle à une lecture affûtée des faux-semblants. Et comme souvent, l’image accompagne la musique avec précision. Elle dévoile un clip à l’esthétique léchée, ambitieux, qui prolonge un univers visuel devenu sa signature. 

Après avoir marqué les esprits avec la réalisation de Fashion Designa, Melchior Leroux reprend les commandes de ce nouveau visuel et pousse encore plus loin une direction artistique très imagée, presque surréaliste. Theodora y apparaît au fil de plusieurs tableaux, comme autant de fragments d’un même récit. L’ensemble compose un clip plutôt sombre, porté par des fonds noirs qui renforcent pourtant son élégance et son efficacité. Une preuve supplémentaire que des images pensées, construites et cohérentes peuvent offrir une dimension nouvelle au morceau. Et cela, Theodora et Melkiaur l’a parfaitement intégré.

Dans ce cadre visuel très affirmé, Theodora déplace légèrement le curseur de son écriture. Sans abandonner le charisme ni la dimension égotrip qui structurent son identité, elle introduit une parole plus introspective, centrée sur une relation passée et sur les cicatrices laissées par les mensonges. Cette inflexion narrative pourrait surprendre, mais elle enrichit surtout la lecture de l’artiste : la puissance n’exclut pas la vulnérabilité.

Avec Des mythos, Theodora consolide ainsi une dynamique engagée depuis 2024, tout en esquissant l’horizon d’un futur projet déjà chargé d’attentes.

Aswell Pour up

Quatrième et dernier extrait de son album à venir BERGER attendu le 27 février prochain, Pour up est conçu comme un toast, le refrain rend hommage à ceux qui comptent vraiment : les homies fidèles, ceux qui ont donné de l’amour sans artifice, ceux que le temps a éloignés et ceux qui ne sont plus là. Pour up est une chanson de gratitude et de loyauté, rappelant qu’au-delà du chemin parcouru, Aswell n’oublie ni d’où il vient ni avec qui tout a commencé.

Filmé dans un garage en mode party d’amis, Aswell revient sur son parcours dans le rap et affirme une authenticité demeurée intacte malgré le succès. Il y confronte la passion brute qui l’anime depuis l’enfance aux périodes plus sombres, marquées par les doutes et les traumas, tout en évoquant le contraste avec sa réalité actuelle faite de stabilité, de voyages et de réussites professionnelles. Reposant sur des drums trap soutenus par un sample de guitare pop, Pour up navigue à mi-chemin entre production digitale et guitare live.

Iron & Wine  Roses

Deux corps s’enlacent et se tournent autour, silhouettes aux cheveux longs, corps élastiques en mouvements circulaires. De leur fusion naît bientôt un arbre qui devient femme à son tour.

C’est le dernier clip de Iron & WineIl annonce l’album à venir pour la fin du mois, et il est réalisé par Gaia Alari. Dessins animés sur du papier, à l’onirisme cryptique finalement très proche de ce qui se joue chez Iron & Wine depuis aussi longtemps qu’on le connaît.

C’est une chanson qui commence par un coup de foudre « run into the one you love forever ». L’état naissant d’un mouvement collectif à deux, comme dirait Francesco Alberoni à qui l’on emprunte l’expression. État naissant aussi intense qu’éphémère. « Beauty lasts about as long as lightning ». État extraordinaire, et pour cette raison même, insoutenable trop longtemps. C’est ainsi que l’on se réveille face contre-terre dans le jardin. Que reste-t-il ? La vie d’avant, celle avant que l’amour ne l’occupe toute entière : était-elle heureuse ?

Au bout du compte, semble dire Iron & Wine, l’atterrissage dépend bien de ce qu’il existait avant le grand saut. Some only as happy as their life. C’est ce que l’on en comprend. Et l’on s’excuse si l’on a fait que projeter. Les chansons d’Iron & Wine sont des poèmes, avec ce qu’il faut d’intrigant, de chiffré, de mystérieux. Elles trouvent ici une réalisation musicale honnête, splendide et brute, organique. Vraie. On a hâte de l’album. On continuera de s’y projeter très fort. 

Tuerie – Peacemaker

Depuis 2024, le Peacemaker Project invite chaque année des voix du rap à s’approprier la Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix (JIVEP), transformant ce moment de sensibilisation en déclaration artistique. Après les passages de Kofs, Sam’s, Mac Tyer ou Benjamin Epps, ou encore Oxmo Puccino pour une interview, c’est Tuerie qui prend aujourd’hui le relais avec Peacemaker. 

On retrouve alors la voix du rappeur de Boulogne au cœur de ce qui ressemble à une dispute de couple, portée par une instrumentation aux couleurs jazz qui glisse vers un R&B feutré, parfaitement adapté à l’atmosphère.

Dans un huis clos en noir et blanc qui n’est pas sans rappeler le film Malcolm & Marie, la tension s’installe progressivement. Tuerie joue avec son timbre, navigue entre les styles, frôle parfois le slam pour mieux nous plonger dans cette ambiance conflictuelle. Les métaphores s’enchaînent, mêlant sa vie d’artiste à des sujets presque universels : l’usure, l’incompréhension, la fracture. 

La voix se voit sublimée par la poésie de l’image. À chaque retour du refrain, les deux protagonistes traduisent les émotions en mouvements, à travers des pas de danse qui incarnent physiquement ce que le rappeur formule. Ce dialogue entre corps et musique vient renforcer la portée du propos et lui donner une résonance supplémentaire.

S’il peut paraître léger lors d’une première écoute, le morceau révèle rapidement la force de Tuerie : dire le réel avec précision, parfois avec une forme de fatalisme, tout en maniant une voix qu’il a affûtée comme une arme. En ramenant la question du conflit à l’échelle intime, presque domestique, l’artiste rappelle que la paix commence peut-être d’abord chez soi. 

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