Les clips de la semaine #292 – Partie 1

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, la première partie de notre sélection 292 des clips de la semaine.

Nina Uzan – Charade

On attendait avec impatience le retour de Nina Uzan. La jeune femme aura pris son temps, mais la voilà prête à reprendre sa place dans nos cœurs et nos oreilles avec l’arrivée d’un nouvel EP pour le printemps.

Avec ce nouveau morceau, Nina laisse le temps s’étioler sur trois minutes, Charade est un morceau à la beauté radical. Presque minimaliste, on se laisse bercer par ses battements, par la voix de Nina Uzan qui susurre pour mieux nous charmer, se dévoile patiemment son histoire par des mots biens choisis et un texte envoutant.

Charade, c’est le mystère de l’amour, le désir naissant, les mots fragiles et directs. Dans le morceau, Nina Uzan se dévoile sans fard, part à la découverte de l’autre alors que le cœur s’emballe et que les émotions se vivent comme une évidence.

La vidéo de Julien Mignot joue parfaitement de cette idée. Entre onirisme et sensualité, on est entrainé dans le désert, un lieu qui se dévoile et qui laisse toute sa place à l’artiste qui se promène comme à la recherche d’un trésor qui se trouve finalement en elle-même.

Un retour assumé et surprenant qui annonce un virage fort et nous donne envie de découvrir très vite la suite.

Mei Semones – Koneko

Mei Semones avait charmé toutes les personnes qui avait posé leurs oreilles sur son album Animaru l’an passé. La musicienne américano-japonaise a décidé de ne pas s’arrêter là et sera de retour en avril prochain avec un nouveau projet intitulé Kurage chez Bayonet Records.

Elle en dévoile cette semaine un premier extrait cette semaine, le très beau Koneko en compagnie de Liana Flores. On retrouve ici tout ce qui fait le charme de la musique de Semones, un océan de douceur qui mêle l’anglais et le japonais sur un rythme de guitare effréné qui mêle la bossa, le jazz et la pop.

Le tout est multiplié par la participation de Liana Flores. L’anglo-brésilienne apporte sa tendresse sur le morceau, notamment sur les couples où les voix échangent et se répondent pour nous entrainer avec une facilité déconcertante dans un morceau qui ne cesse d’évoluer et de se transformer.

Shota Shiratori apporte sa pierre à l’édifice en réalisant un clip aussi charmant que le morceau. On se promène ainsi en compagnie des deux musiciennes, accompagnée d’un chat, dans une maison ou le temps semble s’arrêter. Un décor sublime où elles évoluent, comme dans un rêve parfait avant de s’échapper pour retrouver l’extérieur et la lumière du jour qui décline.

Un clip beau et évident qui réchauffe le cœur en attendant le retour du printemps.

Jeanne Bonjour – Bal de fin d’année

On retrouve avec plaisir Jeanne Bonjour qui nous propose cette semaine la mise en images de son titre Bal de fin d’année, dévoilé fin 2025 à l’occasion de son « concert concept » sold out à La Boule Noire. 

Dans ce morceau, Jeanne Bonjour prend sa revanche et affirme son girl power. Elle évoque une douloureuse expérience amoureuse. Mais surtout, Jeanne Bonjour montre qu’elle a réussit à la transcender jusqu’à inverser les rôles et devenir la vraie queen du bal, faisant fuir son roi déchu avec perte et fracas. 

Pour illustrer le morceau, Sacha Arethura reprend l’idée de la fête, la boule à facettes comme fil rouge. Sauf que la salle de bal s’est transformée en carnaval à ciel ouvert, avec défilé de char puis fiesta joyeuse sur une plage bretonne. On retrouve avec plaisir l’humour et l’énergie de Jeanne Bonjour, décidément communicative. 

Last but not least : le clip se termine sur l’annonce de la sortie de son prochain EP Look, le 27 février. Rendez-vous est pris !

And Also The Trees – The Silver key

Les frères Jones sont de retour sur les routes françaises et indépendamment de leur prochain passage à la Gaité Lyrique à Paris, c’est surtout leur ouverture pour The Cure aux sublimes arènes de Nîmes qui fera l’événement de cette année 2026 – en plus de la sortie imminente de leur album The devil’s door -. Un événement que nous sommes bien décidés à voir de nos propres yeux cet été. 

Le camarade dijonnais de longue date Sébastien Faits-Divers signe le clip très londonnien de leur nouveau single – plus si nouveau, car ce dernier est sorti il y a 3 semaines mais nous n’avions pas pu le traiter –  The Silver key où l’on retrouve cette sublime guitare mandoline qui ne fait qu’amplifier le dosage d’élégance de la bande. Dans ce clip hyper léché, c’est l’univers toujours aussi poétique des Trees que l’on retrouve avec la même délectation. Tous ces ingrédients qui nous font vibrer à chaque rendez-vous : une batterie mesurée, la voix si chic de Simon Huw Jones et cette ambiance exceptionnelle qui nous enveloppe dans un manteau de velours.  

Bleachers – you and forever

Bleachers, groupe mené par le producteur de génie Jack Antonoff, est de retour 2 ans après la sortie de leur dernier album. Ce jeudi 11 février, la bande du New Jersey a annoncé la sortie de leur cinquième album le 22 mai prochain, everyone for ten minutes. Et au passage, nous ont offert un magnifique aperçu de ce nouvel opus : you and forever.

you and forever est une ballade synthétique, qui met l’accent sur le texte magnifique et poétique, Jack Antonoff reste fidèle à ses habitudes sur ce point. On débute avec des harmonies vocales, accompagnées d’une boucle de percussions et de synthés qui s’envolera crescendo à plusieurs moment de la chanson. Dans you and forever, ce sont ces notes répétées tout au long de la chanson, servant de toile de fond au titre, qui en font cet ensemble si cohérent, magistral. On se sent libres de se laisser traverser par l’émotion, par l’espoir.

Le clip qui accompagne you and forever met en scène Jack et Margaret Qualley (qui est sa femme dans la vraie vie !), vivant chacun deux journées assez différentes. Alors que Jack traverse des rues, sous la pluie et le vent, et semble lutter pour arriver au bout de ses peines, Margaret l’attend dans leur foyer. Patiente, elle démontre son talent à la danse, arpentant l’appartement de part en part, dans l’espoir de le voir franchir la porte. You and forever s’impose comme une déclaration d’amour sublime “Darling, just you and forever. Now it’s just you and forever”.
Un final transcendant nourrit le morceau, emportant you and forever dans une autre dimension, celle des morceaux qui bouleversent. Rendez-vous le 22 mai pour la sortie de everyone for ten minutes, prochain album de Bleachers.

Weird Nightmare – Might see You There

Le 4 février dernier, le groupe indie rock canadien Weird Nightmare dévoilait le vidéoclip de Might See You There, deuxième extrait de l’album Hoopla, dont la sortie est prévue le 1er mai 2026.

La chanson évoque l’énergie contagieuse des génériques des années 2000 : rythmée, accrocheuse, portée par une nostalgie assumée. Les paroles font subtilement référence à des classiques de jeunesse bien ancrés dans l’imaginaire canadien, comme les cartes de hockey.

Le vidéoclip, entièrement animé, adopte une esthétique vintage à l’ambiance urbaine et brute. D’une durée de 2 min 02, il mise sur l’originalité et laisse place à l’interprétation. Les formes se métamorphosent avec fluidité, les couleurs se succèdent, les scènes s’enchaînent, et les bouches chantent dans un mouvement presque hypnotique.

À découvrir sans tarder.


Robert Finley – Holy Ghost Party

Avec “Holy Ghost Party”, Robert Finley dévoile un single explosif, en parfaite adéquation avec la ferveur spirituelle de son prochain album Hallelujah! Don’t Let The Devil Fool Ya, attendu le 10 octobre. À 71 ans, le chanteur de Louisiane poursuit sa renaissance musicale sous la houlette de Dan Auerbach (The Black Keys), véritable architecte de ce quatrième opus. Pour la première fois, le gospel irrigue l’ensemble du projet de manière frontale et assumée.

Après plusieurs albums ancrés dans la soul-blues, “Holy Ghost Party” plonge pleinement dans la transe spirituelle. La guitare, omniprésente et presque incantatoire, guide autant que la voix rocailleuse et habitée de Finley. On évolue à la frontière du prêche et de la soul, entre l’église et le groove. Les couplets installent une montée progressive, soutenue par des chœurs lumineux, avant qu’un refrain fédérateur n’explose en célébration collective. La production analogique apporte une chaleur organique et une intensité palpable.

Le morceau s’inscrit dans un album façonné par un véritable super-groupe réuni par Dan Auerbach : Barrie Cadogan (Little Barrie), Malcolm Catto, Tommy Brenneck (The Dap-Kings) et Ray Jacinto ont enregistré les bases rythmiques en une seule journée, galvanisés par la fièvre spirituelle de Finley. Christy Johnson, sa fille, signe les harmonies gospel sur les huit titres, renforçant la dimension familiale et sacrée de l’ensemble.

Mais de quoi parle “Holy Ghost Party” ? Le titre célèbre l’irruption du Saint-Esprit au cœur d’une communion festive. À travers des paroles simples et répétitives — “Having a good time”, “The Holy Spirit came in” — Finley décrit une célébration où la foi devient danse, joie et abandon. Plus qu’un gospel solennel, c’est une explosion d’énergie spirituelle, une foi vécue dans le corps autant que dans la voix.

Réalisé par Tim Hardiman, le clip prolonge cette intensité. Dans une église, Robert Finley prêche face à une assemblée attentive et en mouvement. Au refrain, lorsqu’il touche la Bible, il semble entrer en transe et se retrouve comme projeté dans une antichambre symbolique. La frontière entre concert, sermon et extase s’efface au profit d’une communion collective filmée avec chaleur.

“Holy Ghost Party” s’impose ainsi comme une déclaration d’intention : un gospel moderne, fiévreux, un moment de célébration spirituelle pure, où la musique devient prière et la prière, fête.

Robert Finley sera en tournée en France en février et mars 2026, avec notamment des passages au au Rocher de Palmer, à Bordeaux, au Grand Mix de Tourcoing, à La Belle Électrique de Grenoble, à Château Rouge (Annemasse), à La Sirène (La Rochelle) et à Aix-en-Provence. Une occasion idéale de vivre cette “Holy Ghost Party” en live — Aucun doute que la transe prendra toute sa dimension.

Lysandre – L’odeur de la pluie

L’odeur de la pluie est le dernier extrait de l’album sorti le 13 février 2026 de LysandrePortrait de l’invisible. On a une thématique transports en ce moment au Québec entre Robert Robert et sa Kia Riooui merci, qui filme aussi le paysage qui défile et les moments de vie en voiture, et Lysandre qui filme ce visualizer d’elle en train de conduire. Mais en même temps, est-ce que ce n’est pas une musique parfaite à écouter encore et encore en faisant de la route? En ce week-end de Saint-Valentin, on parle bien évidemment ici d’amour. Mais pas n’importe lequel, celui auquel on ne croit plus et que l’on quitte.

Même si les paroles de cette chanson sont quand même parsemées d’un peu trop de lieux communs à base d’écumes de jours et de soleil que l’on chasse dans son rétroviseurL’odeur de la pluie n’en reste pas moins une bonne ballade efficace avec un refrain accrocheur que l’on veut aussi chanter au volant en fuyant des amours morts et enterrés dans le bois.

Fleur Bleu.e – Le funambule

Des nouvelles des States de nos amis Fleur Bleu.e ! Depuis leur concert leaving Paris au Pop Up du Label le 14 juin dernier, on attendait de savoir ce qui se tramait outre Atlantique. Et ainsi fit révélé cette semaine Le funambule, premier single issu de leur deuxième album Question mark upon the world à venir le 15 mai prochain chez Sunday Records

Dans ce morceau délicat chanté en français, Fleur Bleu.e explore une sensation de fragilité que l’on a tous expérimenté une fois dans sa vie. Le funambule c’est avant tout cet artiste qui marche sur le fil qui le positionne entre la stabilité et le vertige. Avec une sonorité douce et très aérienne – oh un synthé qui bulle ! -, onirique dans sa mise en image signée Louison PennelFleur Bleu.e nous convie à traverser ensemble la sensation de flottement rencontrée par Delphine elle-même en rentrant chez elle. 

S’ils nous tardent d’écouter la suite, on se réjouit qu’une tournée printanière soit d’ores et déjà annoncée et devinez quoi, ils reviennent nous voir à Paris ! Les retrouvailles se célèbreront donc le 25 mai au Point Ephémère.

Grand Eugène – Loin

Le groupe montréalais Grand Eugène présentait, le 12 février, le vidéoclip de Loin, en collaboration avec l’artiste français Miel de Montagne.

À la croisée du dream pop et de la pop alternative, la pièce s’accompagne d’un visuel au charme résolument DIY. L’image rappelle l’esthétique VHS : grain apparent, définition imparfaite, zoom assumé. On y voit la chanteuse au téléphone, tandis qu’un membre du groupe, de dos, l’accompagne au keyboard.

Lorsque Miel de Montagne chante son couplet, on imagine facilement qu’il se trouve à l’autre bout du fil, renforçant cette impression d’intimité à distance.

Simple et minimaliste, le vidéoclip demeure léger, sensible et agréable à regarder.

À noter : Grand Eugène lancera son tout premier album le 20 mars 2026.

Crache – Ces oiseaux

En attendant leur premier album synth-punk Plein soleil annoncé pour le 13 mars chez Howlin Banana, les marseillais de CRACHE dévoilent Ces oiseaux.

Dès les premières secondes, on est happé par l’énergie brute du morceau. Riffs de guitare énervée, batterie effrénée, texte presque crié. Les marseillais crachent leur rage désabusée pour dénoncer la violence de la société, son absurdité et la pression dévastatrice qu’on peut parfois ressentir.

La solution ? Quitter son corps, se transformer en oiseau – libre donc – et se laisser aller là où le vent nous porte… C’est un peu le concept du clip façon DIY réalisé par Nathan Hégo. On a bien un homme oiseau, mais qui au lieu de planer, est bel et bien ancré dans la réalité d’un quotidien qu’il ne reconnaît plus, dans lequel plus rien n’a de sens. On le voit au volant de son utilitaire, en train de faire le plein, au café, dans un centre commercial, etc. En résulte des scènes à la fois cocasses, très drôles mais empreintes d’ironie. Jusqu’où irons-nous ?

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