Les clips de la semaine #298 – Partie 2

La musique ça s’écoute, mais parfois ça se regarde aussi. Chaque semaine, La Face B vous sélectionne les clips qui ont fait vibrer ses yeux et ses oreilles. Sans plus attendre, la seconde partie des clips qui ont retenu notre attention cette semaine.

Super Plage – KAUAI CORE (Feat. SUUNCAAT)

Moins d’un an après nous avoir ouvert la porte de sa GROSSE MAISON, Super Plage est déjà de retour et transporte le printemps dans la moiteur de l’été avec son nouveau morceau KAUAI CORE.

Pour ce nouveau titre, il s’associe cette fois-ci à SUUNCAAT et nous offre un morceau house aux forts accents clubs qui fait monter la température. Une grosse ligne de basse, des voix pitchées et nous voilà transporté à Hawaii, au soleil et avec une énorme envie de faire la fête et de danser.

Impossible de résister au groove que nous proposent les deux artistes, alors on laisse le morceau et son flow prendre possession de nous et on prépare nos meilleurs pas pour enflammer le dancefloor.

Pour l’accompagner, Rosalie Bordeleau nous a concocté une vidéo aux influences 90’s/ windows 98 pour un rendu tout à la fois rétro et onirique. On retrouve donc Super Plage et SUUNCAAT au milieu de fonds d’écrans qui nous rappellent la belle époque, des couleurs extra-saturées et une ambiance bonne enfant qui rappelle bien la vibe du morceau. Alors qu’il fait assez froid en ce début de Printemps, pas besoin de prendre l’avion pour retrouver le soleil, il suffit de lancer KAUAI CORE.

Après des premiers concerts bouillants en ce début d’année, Super Plage sera de retour en avril en France avec un passage au Printemps de Bourges.

Lewis OfMan – Show Business

Si l’on devait définit Lewis OfMan, on le verrait bien comme un serpent qui fait sa mue. Depuis une dizaine d’année, le musicien a cette capacité à se transformer en permanence, à laisser la musique dicter le tempo et la direction où elle l’emmène.

Et il semble que son nouvel album, 50KWTTS, empruntera une veine plus énervée et brute, comme le montre Show Business. À une semaine de la sortie de son troisième album, le titre de Lewis OfMan surprend par une sorte de radicalité toujours très pop, un son sec, imposant et répétitif qui rappelle dans ses sonorités et ses expérimentations les premiers morceaux de Metronomy.

Une nouvelle fois, on se laisse prendre par la musique du français et sa manière de nous entrainer là où on aurait jamais imaginé aller avec lui.

Le clip de Meenkyung Kim reprend cette idée de tempête et nous entraine avec Lewis OfMan face à des éléments qu’il ne semble pas pouvoir maitriser. On pourrait y voir un refus de grandir et de s’adapter au « show business » (ou le monde adulte) et une volonté de continuer à aller contre le vent, à toujours chercher ce qui fait de lui un personnage unique.

Lewis OfMan sera en tourné en France et en Europe pour présenter son nouvel album avec une date sold-out à la Cigale le 21 avril prochain.

Laure Briard – Rocking Chair

Cette semaine, Laure Briard nous entraine dans un voyage dans le temps. Réalisé par sa camarade Norma, la vidéo de Rocking Chair est un véritable court métrage en sépia, une ode au cinéma muet qui nous transporte de l’autre côté de l’Atlantique.

On y suit Laure Briard en voyage sur son Rocking chair, échappant à sa vie, sa famille et ses responsabilités en profitant des paysages, de son tricot et d’un cabaret ici et là pour pousser la chansonnette. On la suit dans son aventure jusqu’à ce que le film nous entraine vers une maison mystérieuse pour un face à face surprenant.

En guise de bande son de ce film ? Rocking Chair, le nouveau titre de Laure Briard et premier extrait de son Voyage Mental, nouvel album prévu pour le mois de juin chez Midnight Special Records.

La musicienne continue de filer ses amours pour une pop aux accents 60’s et aux paroles imagées. Un morceau solaire et qui fait l’effet d’un gros câlin tout doux, qui fait beaucoup de bien et qui donne envie de se poser et de profiter de la douceur d’une musique qui nous touche le coeur.

On a désormais hâte de découvrir l’album en entier et de retrouver Laure Briard sur scène.

Ronnie – La Maison

 L’amour, ça transforme tout. Ça chamboule, ça bouleverse et surtout, ça se construit. C’est peu ou prou ce que nous raconte cette semaine Ronnie dans son superbe nouveau titre, La Maison.

Intensité retenue, élégance pop et teintes shoegaze, La Maison est un morceau qui étire le temps en moins de 3 minutes, qui laisse l’ampleur de sa beauté s’installer pour mieux nous absorber et qui permet à Ronnie de prouver une nouvelle fois toute la nécessité d’une voix qui nous envoute quand elle chante et qui nous transporte dans ce qu’elle raconte et construit.

La Maison est un morceau simple et évident, de ce qui font dresser les poils sans jamais chercher à forcer l’émotion qu’il propose.

Sous la caméra de Florent Planet, Ronnie prend sa maison sur son dos et part à l’aventure, quitte la ville pour marcher vers l’inconnu, des territoires plus grand ou tout est à construire. On la suit dans sa quête, de la nuit vers le jour, jusqu’à retrouver l’autre dans un plan qui pourrait ressembler à un western.

Point de duel au programme, mais plutôt une union, deux mains qui se lient pour que deux morceaux séparés d’une maison viennent former un tout qui se lie et se transforme.

La Maison est issu de WIP, le nouvel EP de Ronnie à venir prochainement.

Tatyana Jane – Brutal/Orbit

Repérée par beaucoup lors de son B2B avec Skrillex au CTM Festival de Berlin, la DJ et productrice Tatyana Jane, récemment signée chez Ed Banger/Because après un passage chez Boukan Records dévoile Brutal/Orbit, deux titres réunis en un seul clip.

Brutal ouvre sur des textures R&B, en feat avec Kay The Prodigy, dans une mise en scène diurne et relativement épurée. Le vide semble dialoguer avec la lumière, dans un esprit presque American Boy d’Estelle et Kanye West. Puis Orbit opère une bascule franche, glissant le clip vers une physicalité beaucoup plus club. Le rythme s’intensifie par strates, autour d’un mur de son et de corps en transe, comme un mécanisme qui s’emballe. Tatyana Jane y apparaît en figure centrale, reine d’un territoire hybride où se rencontrent EDM, bass, techno et afro music.

Réalisé par Elisa Ribeiro, le clip impressionne par son sens du contraste. À travers ce diptyque, Tatyana Jane peint les contours d’un format hybride : des tracks courts pensés autant pour le club, pour le live que pour l’écoute. Une approche qui rappelle des trajectoires comme celles d’Ascendant Vierge ou de Liv del Estal, qui déplacent les lignes entre scène club et écriture plus expérimentale, sans jamais choisir entre les deux.

Alela Diane – In My Own Time

Se faire confiance et suivre ses désirs intérieurs peuvent être des exercices difficiles à maîtriser. Pourtant, lorsque la grâce nous touche, il devient plus aisé de guider ses envies au gré de sa force intérieure et des circonstances, en l’occurrence ici, celles d’une relation que l’on souhaite voir éclore.

Nouvel extrait de son prochain album Who’s Keeping Time?, à paraître le 22 mai, c’est une douce ode folk qui rend hommage à la personne qu’est Alela Diane et à sa manière de maîtriser sa volonté amoureuse. Commencer une histoire d’amour, oui, mais à quel prix ? Celui de se laisser emporter par un rythme qui ne nous convient pas, de sacrifier des moments de solitude pour nourrir cette relation, au risque de ne vivre qu’à travers l’être aimé.

Ces dilemmes, à la fois universels et intimes, font que la relation entre deux êtres rend les instants vibrants. Il existe parfois des réponses générales, mais aussi des chemins profondément personnels à emprunter pour y faire face. La musicienne exprime ce qu’elle porte en elle de libre : la conscience que, malgré l’attachement, son monde intérieur lui appartient. Elle choisit de laisser au temps et à la confiance le soin d’écrire la suite de cette histoire naissante.

Vous pourrez découvrir In My Own Time en live, ainsi que ses nouveaux titres cette année : l’artiste participera notamment à l’Eldorado Americana Festival le 27 juin, puis au festival Days Off le 5 juillet.

Camille – La Terre

On avait quitté Camille avec le succès international de la bande-originale du film Emilia Pérez de Jacques Audiard. La voici de retour avec La Terre, 1er extrait de son nouvel album à venir, The sound of the milk, annoncé pour la rentrée 2026.

La Terre est une chanson douce, au minimalisme précis qu’on connait à Camille. Presque une berceuse qu’on pourrait murmurer à l’oreille de ses enfants. Mais une berceuse amer, dans laquelle Camille parle de la Terre au passé, comme pour mettre à distance la violence qu’elle subit.

Camille livre un magnifique message d’amour à notre planète, et d’espoir en l’avenir à condition de se saisir de l’urgence de la situation. Dans le clip qu’elle co-réalise avec Milena Beurer-Doenst, on voit son visage au premier plan. Elle narre son histoire, incarnant l’image de la Terre nourricière, donnant vie à ses enfants, qui évoluent dans la nature verdoyante, sûre, simple. Sa vision du paradis.

Camille démarrera son Sound of Milk Tour dans toute la France en novembre, mais se produira en formation symphonique dès le mois d’avril dans plusieurs festivals, dont le Printemps de Bourges. L’occasion de revisiter son répertoire et de dévoiler en avant-première quelques extraits inédits de son prochain album.

Memory Spells ft. Jordan Whitlock – Do You Think Of It Sometimes? 

Assise dans le métro, sur un quai de train, un banc, au café, les signes défilent sous nos yeux et je m’y accroche parfois, jusqu’à la porte des toilettes du bar à côté de chez moi. L’espace public est une mine d’or, de couleurs, de sons, d’odeurs et de mots, tant de distractions et de portes, que notre imaginaire choisira d’emprunter ou non. Do you think of it sometimes? est un titre composé à quatre mains par Memory Spells et Jordan Whitlock. Quelques lettres qui dansent sur un coin de mur, et nous voilà emportés au cœur d’une bulle réconfortante. 

Sur la lenteur et la douceur du morceau, la musicienne californienne Jordan Whitlock brode les silences. Elle leur offre de l’espace, et donne à voir ce tableau onirique. Le clip de Do you think of it sometimes? s’apparente à un catalogue d’images en mouvement. On laisse notre regard se perdre dans cette ville habitée par ces mots. La proposition est efficace et poétique. 

Court chemin vers la méditation et l’introspection, ce morceau est également un aperçu de l’univers commun des deux musiciens. Il est extrait de leur prochain album This is what it feels like, qui éclora le 9 avril. 

Mimi Mono – En bas de chez toi

Les balades mélancoliques, c’est un univers particulier. Ça ne s’écoute pas forcément dans toutes les situations, ni à tous les moments. Ça se met de côté et ça se déguste généralement à l’abri des regards, pour panser des plaies ou retrouver le goût doux-amer des souvenirs. Bref, c’est un exercice subtil et donc peu évident, auquel se soumet cette semaine Mimi Mono, le chanteur nordiste spécialiste du vintage. En quelques phrases, il raconte la naissance et la vie d’un amour qui va malheureusement vite se déliter. Au gré de ses “ha ha ha”, qu’il maîtrise mieux que personne, on comprend la douleur qui anime le narrateur de l’histoire. Un morceau magnifique au goût de réminiscence du passé. Côté images, on découvre des fleurs animés qui s’épanouissent puis fanent (la métaphore est assez simple à comprendre), qui hypnotisent pour mieux laisser la place à la musique. Pour ça, merci Mimi, merci Mono.

a.gris – meta piano

Son nom ne vous dit probablement rien mais c’est le projet solo d’Alex Delamard – aperçu dans des projets comme Hoorsees et Heavymodern – qui vient de sortir son premier EP sobrement intitulé Gris ce vendredi chez Géographie sous le nom a.gris.

Il y a quelque chose de japonisant dans ce synthé qu’on retrouverait chez les new wavers Alphaville et leur single culte Big in Japan, qu’on retrouve un peu chez les figures imposantes de Tears for Fears dans cette première sortie intitulée meta piano. Le tempo est flottant, marqué par l’effet saisissant du glitch. Une certaine mélancolie infuse tout au long du morceau. En résulte une chanson dont les influences sont multiples et comme réconciliées.

Pour son clip, a.gris nous fait suivre un protagoniste en pleine montagne, les repères n’existent pas ou plus, on ne connait pas sa trajectoire, il est franchement solitaire, l’humanité n’est plus. Serait-ce la métaphore d’un esprit vidé ? meta piano laisse notre imaginaire s’exprimer et nous invite à penser la création même de l’EP pour lequel a.gris s’est enfermé dans son sous-sol pendant un mois.

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